‹ De la houilleChapitre 19 sur 116 · ANTHRACITES · texte numérisé non relu

ANTHRACITES

ment, brûle avec une flamme bleuâtre, courte, et exhale une odeur dans laquelle ie soufre se trahit presque toujours avec plus d'intensité que dans les autres combustibles minéraux. La combustion de Tanthracite est lente, ses fragments décrépitent souvent, mais ne changent pas de forme en brûlant ; la flamme bleue cesse lorsque la com* bustion est avancée. Les fragments se couvrent alors de cendres, et si le tirage n'est pas très fort, le feu s'éteint en laissant un grand volume d'escarbilles.

Cette combustion difficile et sans flamme empêche Tusage du véritable anthracite de prendre une grande extension. Dans les foyers domestiques, il est d'un emploi quelquefois assez commode, en ce que le feu n'a pas besoin d'être sou* vent remué, mais la mise en feu est difficile, et l'aspect de ces foyers est tellement triste, qu'on ne se sert d'anthra* cite qu*à défaut de houille, ou par suite d'une très grande différence de prix. Pour les usages industriels, l'anthra* cite, sans être d'une application aussi facile et aussi commode que la houille , peut cependant se plier à presque toutes les exigences du chauffage ou de la métallurgie quand on opère avec un courant d'air forcé. Dans les foyers des générateurs de vapeur, l'anthracite brûle parfaitement sous l'action d'un ventilateur ou d'un jet de vapeur; dans les hauts-fourneaux des États-Unis, son usage est presque général pour toutes les variétés qui ne décrépitent pas.

Lorsque l'anthracite perd sa pureté, et se charge de matières terreuses, il perd en même temps son éclat et devient

terne et graphiteux, tout en conservant les caractères pyrognostiques qui le distinguent des autres combustibles. Mélangé de 20 à 30 pour cent d'argile, il peut encore brûler, mais sans flamme et avec lenteur.

Le passage de Tanthracite au schiste anlhraciteux s'effectue d'ailleurs comme le passage de tous les combustibles aux argiles schisteuses qui les accompagnent. Ainsi, on a exploité, dans les parties tout à fait inférieures du terrain houiller du Nord, vers Ghâteau-l'Abbaye, des couches d'anthracite comprises dans les bancs supérieurs du calcaire carbonifère ; ces anthracites étaient composés de petites zones pures et brillantes d'un anthracite vitreux et spéculaire, alternant avec de petites zones d'une matière d'un noir mat, qui n'était autre chose qu'un anthracite terreux , chargé d'argile et de sulfure de fer. Les passages minéralogiques se faisaient, soit vers l'anthracite pur, soit vers le schiste anthraciteux , par la prédominance des zones brillantes ou des zones mates, de telle sorte que la couche se trouvait naturellement divisée en plusieurs petites couches ou planches distinctes, les unes assez pures pour le commerce, les autres, moins pures, mais suffisantes pour les besoins de la localité ; d'autres, enfin, étaient tout à fait terreuses, et ne valaient pas la peine d'être extraites de la mine.

Les anthracites sont les combustibles caractéristiques de presque tous les bassins carbonifères antérieurs à la formation houillère; il en existe aussi dans cette formation ellemême , mais toujours à la partie inférieure , de telle sorte

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