CHAPITRE III
CARACTÈRES MINÉRALOGIQUES ET CLASSIFICATION DES COBIBUSTIBLBS HINÉRAUX.
Béflnilion des trois types : anthracile, houille et lignite.— Leurs propriétés physiques et industrielles. — IMverses variétés de bouille : houilles sèches antbraciteuses , houilles maréchales, houilles flambantes, propres à la fabrication du gaz, cannel>coal, houilles maigres à longue flamme. -— Structure et analyse mécanique de la houille — Lignite parfait et lignite ligneux. — Tourbes. — Composition des combustibles minéraux. — La composition chimique conduit à la même classification que les propriétés physiques, et celte classification est également celle qui résulte des conditions géognosliques de leur gisement. — Gaz qui s'échappent de la houille. — Le grisou et l'acide carbonique; circonstances de leur dégagement. — Échauffement et combustion spontanée des houilles et des lignites, leur altération par les influences almosphériques, suppression fréquente des affleurements des couches.
Rccherdies sur l'origine des combustibles minéraux. — Débris végétaux trouvés dans les roches houillères, leurs caractères et leur classification. — Analogie avec certains végétaux des contrées intertropicales.— Dispositions sous lesquelles se présentent ces fossiles; végétaux couchés et végétaux deboul. — Existence des empreintes dans la houille elle-même. — Origine de la houille. — Théorie de la formation des couches. — Hypothèses diverses ; calculs de M. £lie de Beaumont sur les épaisseurs des couches. — Explication théorique des superpositions de couches combustibles et de la puissance considérable des dépôts effectués sur des espaces restreints. — Formation des anthracites.
CtemetèrM «UtlBCtlfs ées eombasilblM aUMémax.
On peut désigner comme combustible minéral toute substance noire, lithoïde, dont le carbone est l'élément principal, et qui brûle avec plus ou moins de facilité.
Cette définition comprend non seulement les combustibles habituellement employés, mais encore certaines substances accidentelles, les bitumes, par exemple, dont les usages et les conditions de gisement sont tout à fait distincts. Nous ne nous occuperons ici que. des combustibles minéraux bien caractérisés, et qui jouent un rôle important dans rindustrie«
De tout temps on a fait une grande différence entre les diverses qualités de houille, et distingué les variétés sèches et anthraciteuses des houilles grasses et collantes. Guettard, Buache, Morand séparent dans leurs ouvrages ces deux variétés de houille : les unes, dit Morand, sont sèches, et propres à la cuisson des briques et de la chaux; les autres grasses, bitumineuses, sont propres aux usages de forge, et à la production d'un charbon spécial, désulfuré ^
En dehors de ces deux catégories, les anciens minéralogistes n'avaient guère pu établir de distinction entre les diverses variétés , parce que l'absence de collections empêchait de comparer entre eux les charbons des divers pays. Lorsqu'il s'agissait de caractériser les espèces, on
* On lit dans Morand l'analyse suivante d'un charbon d'Ecosse, analyse qui résume assez bien les connaissances de cette époque sur la composition des houilles. « L*examen chimique a fait voir dans huit livres de ce char- « bon treize onces d'une liqueur ou d'un esprit; une once de sel volatil, « six onces d'huile de couleur noire, ayant l'odeur du pétrole appelé pé- « trole noir ; six livres et demie de résidu. La terre noire qui reste dans « la retorte est , ajoute Morand, une terre noire charbonneuse qui brûle « k l'air libre en étincelant, comme le charbon de bois, sans donner de la tt flamme ni de la fumée, n
On voit, d'après ce passage, que Morand, qui avait étudié spécialement les houillères belges, ne connaissait le coke que très indirectement.
càractèbes oistinctifs des combustibles minébaux. 137
énumérait saccessivement celles qui étaient admises en Angleterre, en Allemagne et en France.
Aujourd'hui, comme dans le siècle dernier, ce sont les industriels qui ont classé les charbons, d'après leur manière de se comporter au feu; les distinctions minéralogiques, tout en concordant avec les leurs, seraient beaucoup moins précises. Cherchons, en effet, les espèces minéralogiques dont les caractères présentent des différences toujours appréciables, et nous n'obtiendrons que trois types bien distincts, auxquels un combustible minéral quelconque puisse être assez facilement rapporté par la seule inspection de ses caractères extérieurs. Ces trois types sont : Vanlhracile^ la houille et le lignite.
Ces trois combustibles peuvent être considérés dans des étate très différents de pureté. Tantôt ils seront purs, c'està-dire qu'ils contiendront à peine quelques centièmes de cendres; tantôt ils seront mélangés de divers éléments empruntés aux roches voisines, en quantité tellement variable , qu'on pourra établir des passages minéralogiques entre les combustibles purs et ces mêmes roches. Ces mélanges de combustibles avec des roches, consistant ordinairement en argiles schisteuses, sont toujours assez faciles à reconnaître par la teinte terne du noir, et par la densité du combustible , densité d'autant plus grande que le mélange terreux est plus considérable. Mais, comme ces mélanges altèrent souvent les caractères minéralogiques des divers combustibles, au point d'en rendre la distinction impossible , il faut , pour comparer entre elles les espèces
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et les variétés, prendre pour types celles qui peuvent être considérées comme pures, c'est-à-dire qui ne contiennent pas plus de 2 à 3 pour cent ^ cendres.
VanthracUe pur est souvent désigné sous le nom d'an* tbracite vitreux, et c'est, en effet, Tépithète la plus convenable qu'on puisse appliquer à cette substance compacte, d'un noir intensej à cassure ordinairement conchoïdale, et dont les surfaces sont susceptibles de recevoir le poli. L'anthracite est complètement opaque, malgré sa texture compacte, homogène et semi-vitreuse. Les cassures sont, le plus souvent, déterminées par des délits naturels, ordinairement plans. Ces délits sont de deux sortes : les uns, suivant le plan de stratification, ternes, tachants et couverts d'un enduit graphiteux ; les autres, à peu près perpendiculaires, à surfaces miroitantes, d'un beau noir et ne tachant pas les doigts.
Un anthracite pur contient environ 92 pour cent de carbone. C'est à cette simplicité de composition qu'il doit son aspect compacte , sa densité de 4 ,36 à 1 ,40 , sa couleur d'un noir intense, un peu graphiteux, enfin son éclat sombre, demi-métallique. La poussière de l'anthracite est toujours noire.
Ne distinguâfron pas Tanthracite à la seule inspection des échantillons , on le reconnaîtrait immédiatement à la manière dont il se comporte au feu. Il s'allume très difficile-