‹ De la houilleChapitre 23 sur 116 · STRUCTURE DES HOUILLES · texte numérisé non relu

STRUCTURE DES HOUILLES

qu'on éprouvera les houilles à coke et à gaz. Dans ce^ di* vers essais, on tiendra compte de toutes les circonstances de la combustion : le temps est, par exemple, un élément très important; et t^Ue houille sera quelquefois regardée comme supérieure à une autre qui aura, cependant, un pouvoir calorifique plus considérable, uniquement parce qu'elle brûlera plus vite, et pourra fournir, dans un temps donné, une plus grande quantité de vapeur.

Nous n'avons indiqué que d'une manière générale les caractères de structure des houilles; en les étudiant avec plus de détail, nous arriverons à en faire ressortir plusieurs faits intéressants, et à fournir quelques éléments de plus pour la distinction des diverses qualités.

Toutes les variétés d'anthracites et de houilles sont stratifiées en couches, et cette stratification, qui détermine leur structure plus ou moins plateuse , se manifeste dans tous les détails de leur texture. Ainsi, on voit, dans les cas^ sures transversales , de petites zones plus ou moins bril* lantes, composées d'un carbone spéculaire, c'est-à-dire homogène et miroitant, alterner avec des zones plus ou moins ternes d'un charbon terreux. Ces zones, dont l'épaisseur varie de moins d'un millimètre jusqu'à plusieurs centimètres, donnent à la plupart des combustibles minéraux cet aspect rayé et plateux qui fait reconnaître facilement le plan de leur stratification.

Les zones brillantes et spéculaires sont formées du corn-

4^ CLASSIFICATION DBS ÉÔMBOSTIBLBS MINÉRAUX.

btisiible le plus pur ; elles contiennent à peine 2 pour cent de cendres, tandis que les zones mates et ternes sont inélangées de 8 ou 1 0 pour cent de parties argileuses. Les premières sont fragiles, mais inaltérables à Tair, tandis que les secondes, plus solides et plus tenaces, sont sujettes h s'altérer et à se déliter. Une houille sera donc d'autant plus pure, et plus puissante en calorique, que les parties brillantes y domineront; mais, en même temps, elle sera d'autant plus fragile. Il ne faut pas, cependant, confondre eette nature fragile des houilles pures avec la structure tfès fiftsurée et menue qui peut affecter indistinctement ItMiies les qualités.

Puisque la qualité d'une houille est déterminée par la prédominance des zones brillantes, on l'appréciera avec plus de certitude en étudiant spécialement ces zones , et laissant de côté les zones ternes. Ahitî, dans l'anthracite, )ee zones brillantes sont nommées anthracite vitreux, tant riles ont l'apparence et la cassure conchoïdale d'un verre noir, opaque; dans les houilles maréchales, ces zones spéculaires sont d'un noir plus brillant et prés^itent Tas-» pect piciforme de la résine; enfin, dans les houilles maigres à longue flamme, l'éclat spéculaire diminue , et l'aspect un peu terne de la cassure peut être comparé a celui de l'encre de Chine.

Les cassures de la houille, sur lesquelles on peut faire ices observations, ne sont pas ordinairement celles qui se produisent avec le plus de facilité , et pour les obtenir, il ftmt se rendre compte de tous les détails de la structure

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naturelle des combustibles minéraux. Lorsqu'on brise la houille, les délits principaux, parallèles au toit et au mur 9 sont ordinairement les premiers a se manifester; mais jl ei(i»te , en outre , d'autres systèmes de délits, à peu prêt perpendiculaires aux premiers, délits qui déterminent la forme rhomboédrique des gros fragments qui, sous le nom de pera^ de carré de houille ou charbon à la main, serveat à former les murailles d'encaissement autour des tas,

Examinons les surfaces de ces gros fragments rbomboédriques. Les surfaces les plus planes sont celles qui sont parallèles au plan de stratification, et repr^ntent ce qu'en termes d'exploitant on appelle le lU d0 carrière. Ce sont des cassures toujours ternes, lisses et tachantes, sur lea* quelles on dislingue très souvent des fragments d'un diar* bon léger et pulvérulent, d'apparence végétale. Les délite perpendiculaires à ce plan ont deux directions, croisées à peu près perpendiculairement entre elles; presque toujours, il y en a une qui est plus prononcée et plus facile que Tautre, et dont les clivages nets dominent quelquefois ceux de la stratification. Ces clivages présentent des surfaces éclatanlas et pailletauses, sur lesquelles on remarque souvent di^s %ones circulaires à stries concentriques, formant de petite cerclas miroitants, que les mineurs appellent yeux de per^ drix^ et dont le diamètre est proportionné à l'épaisseur das zones de houille spéculaire dans lesquelles elles se trouvent. Il semble que cette houille spéculaire devait être dans un état pâteux lorsque les délits se sont formés par la retrait de la dessiccation.

Les cassures les plus difficiles à obtenir, celles qui sont perpendiculaires à la fois au plan de stratification et au plan des principaux délits de retrait, présentent souvent des surfaces inégales et résineuses, sur lesquelles les alternances de houille spéculaire et de houille terne se trouvent très nettement exprimées. Ce sont donc les cassures qui permettent le mieux de juger le degré de purelé et la qualité de la houille.

Dans beaucoup de cas , la structure normale que nous venons d'indiquer est altérée et remplacée par une structure tout à fait brouillée. Les délits se croisent dans tous les sens; ils sont même courbes, et Tabattage ne produit qu'un menu plus ou moins pailleteux , mélangé de fragments arrondis. Cette structure, ainsi qu'on le verra par la suite, parait être une structure modifiée par des accidents ; toutes les houilles peuvent en être affectées, mais on a cru la trouver plus fréquemment dans les houilles grasses. Cela s*expliquerait par cette considération, que, les houilles grasses, étant d'une nature plus friable que les autres, ont été plus violemment atteintes par les accidents. Ainsi, les houilles de la basse Loire ont été fortement accidentées postérieurement à leur dépôt, et très altérées dans leur structure; or, dans des positions analogues, les houilles dures et anthraciteuses fournissent une proportion moyenne de morceaux , tandis que les houilles grasses de Languin ont été absolument broyées , et réduites à l'état de menu pulvérulent.

Certaines houilles affectent une structure fragmentaire à

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plans striés, appelée structure maillée. Les fragments des houilles qui affectent cette structure sont anguleux , parce que les plans de clivage à surfaces striées, suivant lesquels ils se sont séparés, sont presque toujours obliques au plan de stratitication. Les cassures de ces houilles maillées présentent des aspects divers ; le plus souvent, cet aspect est caractérisé par les faisceaux de stries qui sont gravés sur les surfaces; mais, si Ton vient à déterminer des cassures perpendiculaires au plan de stratification , on voit que la houille possède sa structure rayée ordinaire, et que cette structure normale n'a été que masquée par une foule de clivages cannelés, obliques au plan de division naturelle, et qyi ne peuvent provenir que de mouvements postérieur?.' Il est, en effet, à présumer que ces stries ou mailles ont été produites par des glissements, alors que la houille était dans un état de consistance pâteuse. Les divers fragments ont dû glisser les uns sur les autres, et se mouvoir à la ma* nière des masses serpentineuses, fragmentaires, à surfaces douces et onduleuses.

La structure maillée est surtout fréquente dans les houilles du nord de la France, de la Belgique, et de la Prusse rhé«> nane. On la trouve dans les couches de toute qualité, tant dans les houilles anthraciteuses, à Mulheim sur la Ruhr, que dans les houilles grasses, à Ânzin, et dans les couches flenues de Mons. Cependant elle se reproduit rarement dans les couches puissantes de nos bassins du centre , et nous ne pouvons guère citer que la grande couche de la Malafolie près Firminy, dans le bassin de Saint-Étienne, qui présente

f54 CLASSIFICATION DBS COMBUSTIBLES MINÉRAUX.

une structure maillée assez constante et bim caractérisée.

La disposition des stries des diverses houilles maillées présente des dilTérences notables. Dans les unes, les stries aoilt courtes, interrompues et entrecroisées comme les mailles d*un filet; dans d'autres, au contraire, elles ont plusieurs décimètres de continuité. Les bouilles à grandes mailles tombent, à Tabattage, en morceaux beaucoup plus gros que lea houilles à mailles fines, et cellea^i manquent 4*^autant plus de solidité que leurs mailles sont plua courtes.

L'état de menus est, au premier abord, celui qui doit se présenter comme le plus défavorable pour juger la qualité d'un combustible; et cependant, comme les menus sont t.o^îours formés de petits morceaux, on peut encore y re* conoattre les parties spéculaires et en apprécier la proportion. Un manu brillant, pailleteux, ne tachant pas les doigts, fragile et léger, sera presque toiqours un bon menu de forge ; un menu terne , mais également léger et non tachant, à fragments durs, annonce une houille maigre à longue flamme; enfin, un menu tachant lea doigts, dur et lourd, indique toujours une houille impure et mélangée de parties schisteuses.

De cet examen de la structure dea houilles, il résulte que plus elles août plateuses, moins ellea aont pures ; tandis que les fissures perpendiculaires au plan de stratification paraissent, au contraire, d'autant plus multipliées que les houiU^ sont plus pures. C'est, en efiet, a cette multiplicité des fissures da retrait que les houilles très pures doivent leur grande fragilité; et c'est aussi dans ces houilles

LIGNITCS ET TOURBES. 155

que les surfaces de clivages pFcsenteirt une multitude de miroitements et de zones circulaires.

La proportion des matières terreuses joue un rôle im* portant dans les propriétés des houilles, car lorsqu'elleii sont pures et arrivent à ne contenir que 2 ou 3 pour cent de cendres, leur qualité s'élève généralement d*un demi* degré. Ainsi, une houille maigre à longue flamme atteindra la qualitéd'une houille demi-grasse ; une houille demi-grasse deviendra maréchale; une houille maréchale s'élèvera à une

qualité exceptionnelle comme celle de la grande couche de Meons à Saint-Étienne. Réciproquement, la qualité de la houille s'abaisse avec la pureté : telle houille demi-grasse, comme celles de Blanzy, Bezenet, €k)mmentry, se transformera en une houille maigre flambante, par cela seul qu'elle se chargera de 8 à 9 pour cent de matières terreuses. En même temps, de fragile et de fendillée qu'elle était, elle deviendra dure et plateuse.

MAgnitem et tovrbes.

La dénomination de lignite s'applique à des combustibles très divers, en ce sens, que les uns sont véritablement des minéraux , tandis que d'autres ne sont que des bois fossiles.

Le ligniie parfait est celui qui n'a conservé aucune trace de tissu organique ; nous en trouvons le type dans les ter*rains tertiaires des environs de Marseille et de la Toscane. Comparé à la houille, ce lignite est toujours d'un noir mat et terne ; sa cassure est conchoïde lorsqu'il est pur et compacte; sa structure est plus pUteuie que celle de la

156 CUSSIFICATIOM DES COMBUSTIBLES MIMÉRAUX.

hoaille, et les sarfaccs de ses délits de stratification sont souvent argileuses et luisantes. En menus, il est encore plus terae qu'en masse, et lorsqu'on vient à Técraser, la poussière est toujours rousse.

Le lignite parfait ne contient que 70 à 73 pour cent de carbone; il pèse 1,25. Au feu, il brûle sans se d^onner, avec flamme, mais en émettant une odeur différente de Todeur bitumineuse de la houille. Cette odeur particulière, due à un reste d'acide pyroligneux, prend aux yeux, tandis que celle de la houille affecte la goi^e. Lorsque la flamme cesse, la combustion est presque finie ; c'est donc un combustible qui, suivant l'expression des chaufleurs, passe rapidement sur la grille et ne tient pas au feu. Le lignite ne fournit pas de coke; ses fragments se résolvent en cen* dres presqu'aussitôt qu'ils n'émettent plus de flamme.

Les lignites de Fuveau, du Rocher bleu, etc., aux environs de Marseille, ont l'aspect et presque la qualité d'une houille maigre à longue flamme; ils ont été appliqués avec succès au chauffage des bateaux à vapeur. Ces lignites appartiennent ao terrain tertiaire moyen , et l'on a retrouvé , dans les mêmes terrains , au nord de l'Italie, des qualités encore supérieures. Le lignite de Monte-Bamboli, dans les maremmes toscanes, est ce qu'on peut appeler un lignite de forge, car il est fusible comme la houille maréchale, sans perdre, cependant, aucun des caractères minéralogiques du lignite «

Les combustibles auxquels on a souvent donné le nom de houille, tels que ceux des marnes irisées, à Gemonval

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et Noroy, ceux du lias près Miihau, ceux du terrain wealdien près de Minden dans le Hanovre, ne sont en réalité que des lignites parfaits, dont la qualité n'est pas supérieure à celle des lignites de la Provence.

Si nous nous élevons dans la série des terrains , et si nous examinons les dépôts ligniteux de la vallée du Rhin, qui appartiennent aux terrains tertiaires les plus récents , nous voyons les combustibles faire un pas sensible vers les combustibles végétaux. On n'y trouve plus, en effet, que des Hgniies ligneux. Les Allemands appellent ces lignites ligneux braunkohïe ou charbon brun; épithète qui en exprime le caractère physique le plus saillant. Au milieu d'une masse charbonneuse , toujours argileuse et très impure, ces bancs de lignite contiennent une multitude de débris ligneux dans lesquels le tissu végétal est très reconnaissable; dans beaucoup de cas, on a même pu reconnaître certaines espèces d'arbres, d'après les débris de feuilles et de fruits. Ce combustible a, le plus souvent, l'apparence de plaques ligneuses irrégulières, tantôt d'un noir d'ébène, tantôt d'un brun rougeâtre ; il brAle avec flamme, et en répandant une forte odeur pyroligneuse. L'acide acétique que produit la combustion attaque fortement les poêles et les tuyaux en fonte ou tôle, et rend ainsi très limités les usages de ces lignites. Depuis quelques années, on les a cependant utilisés dans certaines usines, en les brâlant dans des gazogènes, et employant les gaz produits à l'affinage des métaux.

Dans certains cas, le lignite est terreux, et ne présente

qu'une masse argileuse d*aa noir terne, qui ne peut être employée que moulée, sous forme de briquettes, et séchée à la manière de la tourbe.

Du lignite, nous sommes conduits aux dépôts tout à fait superficiels et récents, qui contiennent des lourbeij soit ffuilleiéeê et ligneuêes^ c'est-à-dire formées par Taccumulation de grands végétaux, soit, et le plus souvent, mousiemes^ c'est-à-dire c.omposées de végétaux herbacés. Ce combustible ne peut plus même porter la dénomination de combustible minéral, car les traces de son tissu organique sont trop générales et trop prononcées. C'est une matière spongieuse, qui ne peut être employée qu'après dessiccation, soit qu'on l'exploite au louchet, soit qu'on l'enlève avec des dragues, au fond des marécages.

Nous avons dit que la formation des anthracites avait précédé celle de la houille, et nous pouvons ajouter que la formation des iignites est constamment postérieure à celleci ; de telle sorte, que ces trois types combustibles, qui forment une série minéralogique continue, sont classés de même dans la série géognostique des terrains. Cette succession régulière des combustibles, à peine troublée par quelques anomalies, est conGrmée par les observations que l'on peut faire sur les diverses variétés. Ainsi, dans les bassins bouillers, non-seulement il est vrai que l'ensemble des couches de houille anthraciteuse est inférieur à l'ensemble des couches de houille grasse, mais, dans un même faisceau de couches, on observe déjà des différences marquées : telle couche, supérieure à une couche de houille très maigre, le

CL48SIFICÀTI0N DBS COKftUftttBLSt MlMBAUt. 159

sera déjà un peu moins ; la couche qui se trouve au-ded8Us marquera un nouveau pas vers les houilles grasses, eCHiiflii de suite ; de telle sorte que la transition se trouve iifeft» gée et qu'il y a passage , nott-seulement sous le rappQM minéralogique, mais aussi sous le rapport géognostfque.

Il en est de même dans la série des lignites. Ils sont d'MK tant plus parfaits, c'est-à-dire se rapprochent d'anlast ^us des qualités de la houille, qu'ils se tix)uvent daas 4>i tSf > ■ rains plus anciens, et c'est seulement dans les teiratfistdM à fait récents que l'on trouve ces accumulations ÔB lignites ligneux, ou de tourbies, dans lesquelles on peut reoMnalIre non-seulement l'origine ligneuse, mais jusqu'à TessettCt 4kè bois qui en constituent la masse.

ClaMtSciliion des coinbastiMes mlnémax.

Dans la plupart des bassins houillers, les exploitations produisent une série de charbons de qualités différentes. La classification de ces qualités s'est établie, suivtitit les caractères distinctife que nous avons précédemment décrits, en houilles maigres anthraciteuses, houilles maréchales, houilles demi-grasses plits ou moins gazeuses, houilles «aigres à longue flamme ; mais ces dénominations n*ont, en réalité, qu'une valeur relative. Telle variété, dite maigre dans le bassin de la Loire, serait considérée, dans le nord de la France, comme demi- grasse, parce que la houille maigre anthraciteuse n'existe réellement pas dans la Loire. •De même, dans les bassins de Saôoe'^et4xHre et de TAllier, on applique la déoomifiation de houilles maréchales à des

variétés qui De sont^ en réalité^ que des dem i -grasses , et qui ne méritent que^ comparativement aux houilles maigres à longue flamme, la qualité qu'on leur attribue. Nous avons donc dû chercher à préciser la valeur des divers termes employés pour désigner la qualité des houilles, en Jes appliquant à des types pris dans tous les bassins ; et c'est ainsi que nous sommes arrivés à une classification qui jrésume^ à la fois, leurs caractères minéralogiques et leur j^QCcession géognostique.

V Anthracite. On peut prendre les types des variétés les plus anciennes dans les terrains du Forez, à Fragny et Bully; dans les terrains devoniens de la Sarthe et de la Mayenne ; dans le calcaire carbonifère .du département du Nord| à Chàteau-r Abbaye ; enfin, dans les bassins houiU lers de la Pensylvanie. Par exception, on trouve Tanthracite dans les terrains secondaires métamorphiques , à I^mure, par exemple.

2'' Houille anthraciteuse. C'est la houille maigre exploitée dans le département du Nord, à Fresne, Vieux-Condé, Vicoigne, etc. , où elle forme les couches inférieures du bassin, de même qu'à Charleroi et Namur; c'est la houille maigre du bassin de la Rulir, où elle constitue également les couches inférieures; c'est encore la houille sèche des couches inférieures des bassins de Galles et du Staflbrdshire, où on l'emploie directement à la fusion des minerais de fer.

3"" Houille maréchale. On en trouve les types à Saint- Etienne. La couche Saignât de Roche-la-Molière , la cinquième couche du Treuil , sont les houilles de forge les

mieux caractérisées de ce bassin. Il faut encore y rapporter les houilles grasses ou houilles à coke ^ dont le type peut être pris, soit dans la couche de Meons, près Saint- Etienne, soit à la Péronnière ou à la Grand'Croix, près Rive-de-Gier. On y rapporte également les couches de Mons, dites fines forges, dont le système est au-dessus de celui des houilles maigres anthraciteuses.

V Houille demi -grasse. Cette variété comprend une partie des houilles à coke dont le rendement dépasse rarement (r,60. La houille du Creuzot, dans le bassin de Saôneet-Loire, les bonnes houilles de Sarrebruck sont dans ce cas. Les charbons durs, dits rafforls^ à Saint-Étienne et Rive-de-Gier, sont encore de bons types de cette variété ; enfin, les flenus de Mons, les houilles employées pour la fabrication du coke à Blanzy, à Commentry et à Bezenel, se confondent, à la fois, avec celte variété et celle qui suit.

5** La HOUILLE A GAZ forme une variété spéciale dans la plupart des bassins riches en combustibles, et, quoique cette variété ne se distingue guère de la précédente par les caractères minéralogiques, les industriels ont bien su Tisoler. Le charbon des Littes à Saint-Étienne est le type de ces charbons à gaz, qui prennent accidentellement la texture compacte, et constituent alors le cannel-coal.

6"" Houille maigre flambante. C'est la houille de la

couche supérieure du Monceau prèsBIanzy; elle fournit un

gaz abondant, mais un coke peu consistant. Commentry,

Épinac et Brassac fournissent iaussi des charbons qui se

rapportent à celte variété.

iti2 CLA&SiriCATIOM DES COMBUSTIBLES MINÉRAUX.

7" Lignite parfait. \^ type doil eo être pris dans le basf- 810 des Bouches-du-Rhôoet àFaveau, au Rocher-Bleo, etc. Im maremmes toacanes eo fournissent égalemeot d*excel- ^otes qualités, notamment à Moote-Bamholi. . 8^ Le LIGNITE LIGNEUX, dool les exemples se rencontrent, soit à la Tour-du-Pin ou aux environs de Chambéry, soit dans les nombreuses exploitations des bords du Rhîo, au* dessus de Bonn et sur les plateaux du Westerwald, est un combustible moderne , mais antérieur au creusement des vallées actuelles

9* La TOURBE est le combustible des vallées aetuellei^; celles de la Somme, de L*Aisne, de la Loire-Inférieure, présoulcut toutes les variétés.

l/industrio a créé, dans les combustibles minéraux, beaucoup plus do subdivisions que nous n'en indiquons ici, ntiiia cos subdivisions sont purement locales On conçoit d*(iillour8 que, dans les usines où Ton brûle d'énormes quantités de houille, soit pour faire le coke, soit pour le puddiage et In récliaufTage du fer, pour faire du gaz ou chauffer des rhuudiôres , on ait été amené à faire des distinctions qui é(*liappont aux définitions minéralogiques. Ainsi, dans tous los types généraux précités, le commerce de Saint-Étienne dislingue la première, seconde et troisième qualité, sans compter les sous-divisions, telles que bonne première, bonne première seconde, bonne seconde, etc.. On classe également les charbons par le nom des puits qui les four- Qissent. Qui ne connaît à Saint-Étienne le magnifique charlK)n des Plattières et celui de TËlang, tandis qu'à Rive-

CLASSIFICATION DES COMBUSTIBLES MINÉAAt}S« 163

de-Gier les puits qcri exploitent les bâtardes sont notés en sens inverse?

Dans tous les bassins, on désigne par des dénominations spéciales les charbons impars, mélangés de parties schis« teuses. Ces charbons ^ soit qu'ils constituent des couches différentes, so)! qu'ils proviennent du triage^ ne peuvent être exportés/ et sont généralement consommés sur place, par les machines à vapeur employées pour l'exploitation, oo par les ouvriers. A Saint-Étienne, ce sont les charbons erus ou nervêux; à Blanzy, c'est ce que l'on appelle de la chauffe. En Belgique , la houille terreuse et altérée des atlleurements est désignée sous la dénomination assez expressive de lertoule.

On a encore adopté, dans les bassins houillers^ diverses dénominations qui sont appliquées à l'état derla houille, lorsqu'elle est tirée en morceaux plusou moins gros. Dans leNord ^ un charbon est dit houille ou gailleite^ lorsque ses morceaux sont assez gros pour être pris et chargés à la main; dans les houillères du Centre et du Midi , c'est ce qu'on appelle le pera^ Le charbon en morceaux moins gros, dont plusieurs tiennent sur une pelle, est dit gailkieux dans le Nord, et chapelé dans le Midi. On distingue encore le grêle ou jrrehison^ qui reste sur les cribles dont les barreaux sont écartés de trois à quatre centimètres; puis enfin, le mettu, qui passe à travers ces cribles. Le UnU-venanê^ ou mal^auy est un charbon dont on n'a extrait que les charbons à la main.

Cette nomenclature commerciale a beaucoup d'importance dans l'appréciation de la valeur d'une conche, car

celte valeur est, en grande partie, déterminée par la proportion de pera et de chapelé qu'elle fournit à l'abattage. Un charbon qui tombe en gros fournira, par exemple, 1 5 pour 100 de pera, 35 de chapelé et 50 de menu; dans les conditions moyennes, on arrivera aux proportions de 10, 30 et 60; mais lorsque le charbon est friable, on n'arrivera qu'à 15 ou 20 pour 100 de chapelé contre 80 de menu. La valeur des pera et chapelé étant généralement double de celle des charbons menus, on conçoit que ces différentes conditions exercent une grande influence sur les produits de l'exploitation.

Il ne faut pas, d'ailleurs, oublier qu'il n'y a pas dans la houille de qualités absolues, si ce n'est la pureté. Une houille grasse et maréchale sera regardée comme atteignant le maximum de qualité, si on l'applique à des usages de forge ou à la fabrication du coke , tandis que sa nature collante deviendra un embarras pour tous les usages de grille. Pour ces emplois de grille, comme, par exemple, le chauffage des chaudières à vapeur, il faut des houilles demi-grasses ou des houilles maigres flambantes, qui seraient, au contraire, très médiocres si on les appliquait à la forge. Les usages de la chaufoumerie exigent les variétés les plus maigres; non-seulement on en tire un plus grand effet utile, mais les produits obtenus, tels que les briques et la chaux, sont de meilleure qualité, parce que la cuisson a été lente et progressive. La Belgique, qui importe chez nous quinze cent mille tonnes de charbon gras et de flenus, vient, au contraire, chercher dans les exploitations de

Fresne, Vieux-Condé, etc., une partie des charbons maigres nécessaires à ces fabrications.

Ainsi donc, ce qu'on recherchera toujours dans une houille, c'est la pureté; mais l'expérience seule indiquera les variétés qu'il faudra choisir pour tel ou tel usage : pour la grille, il n'est pas, par exemple, de meilleur charbon que celui qui est fourni par la grande couche de Rive-de- Gier, qui est demi-gras, flambant, dur, et qui a beaucoup de tenue au feu; pour la forge, la cinquième couche du Treuil est un type bien connu, qui se soude parfaitement, permet de faire la voûte au-dessus de la tuyère, et fournit peu de mâchefer. Dans le premier cas, la bouille doit être employée en morceaux; dans le second, le menu est préférable.

Depuis l'extension des chemins de fer, on s'est beaucoup appliqué à améliorer la qualité des cokes, et, par conséquent, à distinguer les bouilles qui fournissaient les meilleurs. On a, d'abord, posé en principe que les cokes les meilleurs étaient les plus purs, les plus homogènes, les plus durs et les plus denses. La pureté des cokes et leur homogénéité résultent évidemment de celles des houilles; mais la dureté et la densité doivent être attribuées, en grande partie du moins, au procédé de fabrication. Il est des houilles exceptionnelles, comme celles de la grande couche de Meons, près Saint-Etienne, qui sont naturellement pures et homogènes, et qui, carbonisées sans aucune précaution, fournissent des cokes bien fondus et frittes, durs et solides, sortant du four en gros fragments peu aiguillés, et ayant une densité telle qu'ils ont plus de tenue

au feu que tout autre coke. Que de pareils charbons attei» gnent une plus-value considérable, cela est naturel; mais ne peutron pas obtenir des qualités presque égales avec des houilles qui ne présentent pas des conditions naturelles aussi complètement favorables ?

' ÏJà pureté peut s'obtenir par le lavage des menus, soit au crible hydraulique, soit dans des caisses à courant continu, lavage à Taide duquel on sépare de 5 à 10 pour 100 de petits nerfs ou fragments schisteux qui auraient altéré la pureté du coke. Ce point obtenu, peut-on, avec des houilles demi-maréchales, comme celles que Ton désigne à Saint-Etienne sous la dénomination de bonnes secondes, comme la plupart dés houilles grasses de Mons, d'Abscon, de Saint- Vaast sous Anzin, comme les demi-grasses très gazeuses de Blanzy et de Commentry, obtenir des cokes aussi solides et aussi denses que ceux qui sont fabriqués à Meons, ou ceux que Ton obtient à Rouen et à Dieppe avec les bonnes houilles grasses de Nev^castle ?

Il est à peu près admis , aujourd'hui , que le coke fait en grandes masses, dans des fours contenant 5,000 kilo* grammes, par exemple, dont la cuisson est conduite convenablement pendant quatre-vingt-seize beures au moins, gagne beaucoup en solidité et densité. L'allumage doit être prompt et vif, pour que le premier dégagement des gaz se fasse avec abondance ; puis, lorsque le coke commence à se souder, le feu doit être ralenti de manière à ce que la earbonisation ne s'achève que très lentement. Sans avoir atteint la qualité des cokes spéciaux, on est parvenu à

COMPOSITION GHiMIUtlE DKS COMUUSTIBLES. 1()7

améliorer ainsi, d'une manière sensible, ceux des houilles demi-grasses. C'est, au surplus, la nature qui s'est chargée de nous indiquer ces procédés. En effet, lorsque certaines couches de houille ont pris feu, l'incendie, en se prolongeant lentement, a formé du coke pour ainsi dire naturel et fabriqué dans des conditions particulières ; ces conditions ont été la lenteur excessive de l'opération de carbo-. nisation, et une certaine pression maintenue par les roches du toit et du mur, qui empêchaient la houille de se dilater. Dans cette double circonstance , il s*est produit , à Commentry par exemple, des cokes tellement denses, qu'on ne peut les brûler aujourd'hui dans un foyer libre. Puisque les houilles de Commentry, qui ne fournissent, par les moyens ordinaires, que des cokes légers et très aiguilles^ ont pu, dans ces conditions spéciales, en fournir de très denses et de très durs, il faut évidemment , pour produire des effelsianalogues, rapprocher autant que possible les procédés artificiels du procédé naturel qui a si bien réussi.

Oomposltton cblmiqoe des combastiMe*.

Nous n'avons indiqué que d'une manière approximative la composition, en carbone et substances gazeuses ^ des combustibles minéraux; cette étude importante a, depuis longtemps, attiré l'attention des chimistes. Aussitôt que les procédés d'analyse eurent atteint un certain degré de précision, on reconnut que les proportions des éléments conslitiiants étaient régies par des lois constantes, et ces lois, une fois étu<liées, conduisirent à une classification en tout

identique à celle qui résulte de TexameD des caractères mincralogiques, classification qui s'est déjà confondue, comme nous venons de Tindiquer, avec la classification géognostique.

Le travail chimique le plus récent et le plus complet sur les combustibles minéraux, est celui qui a été publié par M. Regnault en 1 837. Le tableau suivant groupe les chiffres principaux obtenus par les analyses de ce savant, de manière à faire ressortir la classification chimique à laquelle il est arrivé; pour rendre les chiffres plus facilement comparables, on y a fait abstraction des cendres qui forment toujours, dans les houilles, une proportion variable de 2 à 8 pour cent.

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