HOUILLES
Les houilles sèches anthraciteuses comprennent une nombreuse série de variétés qui fofment le passage à la houille grasse; telle est la série des houilles désignées, dans le nord de la France et la Belgique, sous le nom de charbons maigres. Ces charbons ne sont pas propres à la fabrication du coke, et ne brûlent qu'avec peu de flamme.
La dénomination de charbons maigres s'applique aussi aux houilles maigres, flambantes et gazeuses, qui établissent le passage de la houille grasse maréchale aux lignites. Dans ces houilles la proportion des gaz augmente progressivement de manière à constituer trois variétés principales, savoir : 1" le charbon /tenu de Mons ou charbon à gaz de Saint' Etienne; 2^ la houille compacte ou cannel-^oal; 3"" la houille maigre à longue flamme.
Le flenu ou charbon à gaz ne diiTère presque de la houille maréchale que par une propriété moins collante, et un rendement moins avantageux en coke ; il est plus solide et convient mieux à la grille qu'à la forge; à la distillation, il fournit un gaz plus abondant et plus éclairant que toute autre houille.
La houille compacte j ou cannel-coal, est une variété accidentelle de ces houilles gazeuses ; elle ne colle pas, mais elle est encore plus avantageuse pour la production du gaz. Elle s'allume facilement, et brûle avec une flamme blanche et claire, qui l'a fait aussi nommer candle-^oal ou charbon candelaire; en Angleterre, c'est le charbon d'appartement par excellence. Sa texture compacte et homogène, sa structure plateuse, son aspect terne et ligni-
146 CLASSIFICATION DB8 COUHUSTIBLES MINÉUAUX.
ieûtf en fbttt réellement une anomalie mméralogique.
Le cahndlHH>Al9 est ainBi' nommé du nom de la mine qui le fournit^ à WoMlty dans le Làncashire; il y constitue une seule couche dont Tépaisseur totale est de 1 ,90, et qui Sût partie d*un éysième ou faisceau de couches de houille généralement grasse. G*est une variété accidentelle , pré^ •entant dans sa propre stratification une association avec la houille grasse. La couche est, en effet , divisée en quatre bancs distincts % dont Tépaisseur est à peu près égale, et aniLquels les exploitants ont donné les noms de bitndj éiUMfn^oafi bin eldûMm-^feen. Le blend^ ou faux cannai, a l'apparente du cannel , mais e*est un charbon impur, peiMiht, employé seulement au chauffage domestique, et que Ton abandonne, en partie, dans les galeries; le cannel-coal eat îa variélé pure et compacte si recherchée par les usines à ga£; lè bin est \ine houille impure et schisteuse; enfin, le ^xon-green ëdt un bon chaii)on de forge.
Le cannel-coal a élè trouvé accidentellement en France, danè la grande masse de Montramberi et des Littes (bassin de la Loire). Il y constitue une assise de 0,1 0 à 0,60, dont le développement n'est pas régulièrement soutenu , mais qui reproduit tous les caMClères du typé du Làncashire. La houille ordinaire de cette grande couche de Montram* bert est d'ailleurs grasse et très r^rherchée pour la fabri^ cation du gaz ; elle se rapprodie beaucoup du canneUcoal sous le rapport de la composition.
• Mémoire sur les canaux souterrains et les houillères de }Vorsley, par MM. Fourucl el Isidore Dyèvn?. iSiS.
La houille maigre à longue flamme ne 86 distingua d^a houilles grasses a gaz qu*iBn ce qu'elle est plus plateose et d'un noîr moiu brillaDt. Lorsqu'elle s'isole eu petites zones pures et spéculaires, elle a souvent Tappareuce eov*pacte et un peu terne du cannel-coal; mais cea earactèrtie
ne la signalent qu'inoomplétenienty et on ne la recoAMtt réellement qu'à Tusage : elle s'allume facilement^ bràle vivement, avec une flamme longne et claire sans que les fragments se collent ou se déforment, et ne laisee qu'uA <x)ke léger et sans consistance. Cette houille convient, ee* sentiellement à tous les chauffages qui exigent une flanmê longue; c*est donc un excellent charbon de grille; îl passe assez rapidement, il est vrai, majs il est capable de donner des coups de feu énergiques. Le type peut en être pris à Lucy dans Saône-et-Loire, où elle est très pLa* teose, très dure à abattre, tombant bien en gros, mais ayant une tendance prononcée à s'exfolier et à se déliter à l'air. Elle ne contient que 75 pour cent ^ carbone.
La houille maigre à longue fliamme se lia par des patir sages mînéralogiques à la houille grasse à gaz. Ces paa«sages sont établis par les variétés dites demi-grasse$ qoÎ existent à Blanzy et Commeutry, où elles sont employées pour la fabrication du coke. Ces cokes soot toujours moine bomc^ènes, moins frittes, plus légera, plus aiguillés a| plus fragiles que ceux qui proviennent des h^HiiUea gransni maréchales.
On voit, d'apj es cette ^«mération des (ti vei^aw wiéiéê de bouille, qu^il doit être très difficile de les reoMmllia
par le seul examen de leurs caractères minéralogiques, bien que leurs propriétés combustibles et leurs aptitudes industrielles soient très différentes. La couleur de la poussière foomit quelquefois dea indications utiles : les houilles anthraciteuses, par exemple, auront toujours une poussière noire/ tandis que celles des houilles très gazeuses passeront souvent au brun et au brun roux. Mais ces caractères ne sont pas constants, car il exista des charbons très gazeux dont la poussière reste noire. Si , donc, on parvient dans les bassins houillers à distinguer les qualités de la houille, c'est parce que, en réalité, on reconnaît la provenance de tel puits, de telle couche, par les différences de dureté , par la forme et l'aspect des fragments , par des caractères, en un mot, qui n'ont qu'une valeur locale, et qui ne pourraient être appliqués dans un autre bassin.
Pour bien apprécier les qualités d'une houille, il faut en faire un essai pratique ; car si l'analyse chimique peut fixer sur la proportion des cendres, sur celle du carbone et des gaz, elle ne fournira aucune donnée certaine sur IM qualités et la tenue au feu, non plus que la qualité du coke.
L'essai pratique d'une houille doit se faire, autant que possible, par une application à l'emploi auquel on la destine. Ainsi, les houilles destinées aux appareils évaporatoires doivent être essayées sous une chaudière à vapeur, et estimées d'après la quantité d'eau vaporisée par chaque kilogramme. Les houilles maréchales seront appliquées au chauffage d'une pièce de forge; et c'est par la distillation