FORMATION DES COUCHES DE HOUILLE
mettant une pesanteur spécifique moyenne de O'^yTO, cela donnerait 85,86 mètres cubes de bois, qui pourraient former sur toute la surface de l'hectare une couche continue et sans interstices de 0", 008486 d'épaisseur. Transformée en houille, d'après les évaluations précédentes, cette couche de bois reviendrait à une couche de houille de 0",008486 X 0",2280 = 0'",001 935 ou environ deux mil^ Hmèires d'épaisseur.
(c II est probable que la plupart des futaies ne renferment pas trois fois autant de matière ligneuse qu'un taillis de vingt-cinq ans bien garni; par conséquent, la plupart des futaies doivent contenir moins de carbone qu'une couche de houille de môme étendue et de 6 millimètres d'épaisseur.
c( Il existe probablement peu de futaies, même parmi les plus épaisses, qui contiennent autant de carbone qu'une couche de houille de môme étendue et d'un centimètre d'épaisseur. La surface des terrains houillers reconnus en France forme jÎï de la surface totale du territoire. Si l'on tient compte de la stérilité de certains terrains, ou verra qu'une futaie de la plus belle venue possible qui couvrirait la France entière serait loin de contenir autant de carbone qu'une couche de houille de 2 mètres d'épaisseur étendue dans les seuls bassins houillers connus.
« Ces résultats, qui, je le répète, sont de simples approximations, suffisent cependant pour donner une haute idée du phénomène, quel qu'il soit, par suite duquel a eu lieu l'accumulation de matière végétale nécessaire pour produire uue couche de houille ayant 1 mètre, 2 mètres, et jusqu'à
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âb ihètrlBS ii'é^aiâseut*^ ëomme celle du bassin hoUillër de rÀvéyrôh .
<K Ld qii'éâtibh de saroit* comment ce carbone a pu s'accutntlter exercé leii géologues depuis longtemps. On a quelquefois supposé que les couches de houille pouvaient résulter de Tenfouissenlent de radeaux de bois flotté ; mais leô calculs précédents conduisent à reconnaître que ces radeaux devraient avoir eu une épaisseur énorme et tout à fait itaadmissible.
a Le bois, lorsqu'on le coupe en bûches d'une loiigueur uniforme, et qu'on le range en stères, présente de nombreux ihWrèticés qu'on évalue à plus des ^ du volbme total ; le bois n'en t*emplit donc réellement que les ,^. Pour des bran'chages, la somme des vides est encore plus grande, bans un ràdleàu naturel , les troncs ne pourraient être aussi bien rangée que dans du bois en stères, et l'on peut supposer ^ns exagération qu'un radeau naturel renfermerait j^, où la moitié de son volume de vide : par conséquent, un pareil radeau, s'il pouvait se réduire en houille, sans aucune perte dé carbone, en donnerait une couche dont l'épaisseur serait j-x0",2280 ou 0°*,1 140, c'est-à-dire moins du huitième de la sienne. Ainsi, une couche de houille épaisse d'un mètre supposerait un radeau de 8*", 76 d'épaisseur; une couche de houille de 2 mètres supposerait un radeau de 17", 52; une couche de houille de 30 mètres supposerait un radeau de 263 mètres. Il faut, en entre, remarquer que la houille provient de végétaux d'une faible densité, et, pour leAir compte de cette différence, il faudrait
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tripler les épaisseurs, c'est-à-dirë supposer des radëatix de 26°, 52 et 788 mètres, ce qui dépasse les Htnites du possible. D
L'impossibilité de la formation de la houille J)ar le charriage des végétaux, ainsi démontrée par les calculs de M. Élie de Beaumont, se trouve confirmée, dès qu'oh examine les conditions auxquelles ces phénomènes aut^ient dâ satisfaire. Comment, en effet, les accumulations de bois auraient-elles pu se produire assez régulièrement pour fot-mer des couches parfaitement stratifiées, qui souvent, sur uhô étendue de plusieurs kilomètres, ne présentent pas, dan* leur épaisseur, des différences d'un demi-mètre. Quant à supposer que l'accumulation a été gi-aduelle, ainsi que cela arrive à l'embouchure de quelques fleuves , on rencontre encore plus d'objections. Ces charriages n'auraient pu être eflfectués sans un toélange considérable d'éléments arénàcés : les charriages actuels, tels que ceux de l'embouchure du Mississipi, ne nous présentent, en effet, les végétaux que noyés dans une énorme proportion de linfion ; un cours d'eau, fiU-il aussi lent que la Seine, n'aurait pu entasser l'immense quantité de bois qu'il faut pour former une couché ayant seulement un mètre d'épaisseur, sans tes mélanger d'uhe quantité de limon bien supérieure au carbone charrié. Or, dans la plupart des couches bien réglées, TensembTe des matières terreuses, appréciable par lés cendres et pàv les résidus du triage, ne dépasse pas 10 à 20 pour cent.
L'hypothèse du charriage des végétaux étant écartée, il faut nécëssair'etnent admettre celle de la vé^tation sur
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place, et revenir à rassimilaiion des houillères aux tourbières; mais il reste à expliquer les différences qui existent entre les houilles et les tourbes, qui, bien que produites par des phénomènes analogues, n'ont cependant que bien peu de caractères communs.
La houille présente, en effet, Tapparence d'une roche minérale, stratiGée et, en même temps, mélangée de principes qui ont dû être amenés par les eaux sédimentaires. Or, toutes ces conditions de composition et de structure peuvent avoir été déterminées sous l'influence de mouvements des eaux animées d'une vitesse minime, mais suQisante pour séparer les parties pures de celles qui l'étaient moins, et les stratiûer. Ainsi, nous admettrons qu'une couche de houille devait former, dans le principe, une masse spongieuse comme la tourbe, et que les eaux, mises en mouvement à travers son tissu, ont donné lieu à ces départs et à ces transports moléculaires qui ont complété la désorganisation des végétaux.
Ces mouvements des eaux à travers les houilles nous sont encore démontrés par les nodules de fer carbonate , les rognons arrondis, de grès et de schistes, qui s'y trouvent intercalés; car c'est seulement par le mouvement des eaux que les molécules tenues en dissolution ou en suspension ont pu se réunir sous un volume aussi considérable. Dans le département du Nord, les nodules de fer carbonate, interstratiGés dans la houille, affectent souvent la structure oolitique, structure qui indique encore un certain mouvement dans les eaux qui les déposaient.