‹ De la houilleChapitre 32 sur 116 · FORMATION DES COUCHRS DE HOUILLE · texte numérisé non relu

FORMATION DES COUCHRS DE HOUILLE

L'identité presque générale de la structure des houilles démontre que les influences qui l'ont produite ont été partout les mônoies. Ces mouvements des eaux doivent donc être attribués à des phénomènes généraux et partout identiques. On peut supposer y par exemple, qu'ils résultaient des phénomènes climatériques. Un climat chaud et humide, comme celui qui existait alors, devait déterminer des pluies considérables et intermittentes; de là les oscillations régulières et générales des eaux contenues dans des bassins fermés et circonscrits. C'est en appelant ainsi à notre aide rintervenlion d'un mécanisme lent et régulier, prolongé pendant des périodes de temps considérables , que notre esprit peut, sinon expliquer tous les phénomènes de cette époque géologique, du moins en concevoir la possibilité.

Ainsi, pour résumer ces idées théoriques, supposons des végétaux houillers en place, envahis par des dépôts arénacés. Ces dépôts les entourent, les brisent, pénètrent dans leur axe vide, et les moulent avant que la décom- ])Osition ait pu commencer. Lorsque cette décomposition se produit, le bois, en perdant la plus grande partie de son oxygène, hydrogène et azote, diminue de volume, tandis que les vides qui en résultent sont comblés par la matière encore molle des dépôts. Cette diminution de volume, et les tassements qui en résultent, déterminent les indices d'affaissement que présentent la plupart des grands végétaux verticaux, et les stries de glissement qui se trouvent dans toutes les argiles abondantes en empreintes. A mesure que les végétaux se décomposent, les eaux s'emparent

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4*i|pp partie du carbone isolé et le distribi^ent dans les députe, où on le trouve, quelquefois mêoiQ, rassemblé en veipulps et pn petits apt^as lenticulaires, formés évidemipent spps la (}PH^'^ ipHn^Pce des lavages sédimentaires et de rafiipité des mpiéç^^les charbonneuses.

Supposons actupllement une masse tourbeuse, formée par les végétaux berbacés de Tépoque houillère, et les eaux se mpi^vant lentement dans le feutrage de ces végétaux, comme nous les voyons aujourd'hui se mouvoir sout^rrainement dans des sables et galets; le phénomène de la stratification agira alors en même temps que celui de la décomposition ; les parties de même nature se rechercheront ej^ vertu de leur aOinité, et s'isoleront alternativement en zones spéculaires et zones ternes ; en un mot, la houille se produira telle que nous la voyons, et toute trace de tissu ligneux disparaîtra.

Les couches de houille durent être les foyers d'émissions considérables de gaz provenant des fermentations et des décompositions végétales ; et ces émissions gazeuses durent se continuer même après l'enfouissement des couches sous les dépôts superposés. Nous trouvons la preuve de ce fait dans la présence de l'hydrogène carboné, qui imprègne souvent la houille et même les schistes du toit, et nous ayons même attribué à des émanations analogues les huiles dont sont pénétrés les schistes bitumineux. Toutes ces émanations, postérieures à l'enfouissement de la houille, prouvent que sa minéralisation s'est, en quelque sorte, complétée pendant la période de sa dessiccation.

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D'autres cooséqupqces dq renfopissement des houilles durant encore avoir leur pa^t d'influence sur le résultat final ; c'est d'abord la pression considérable exercée par les dépôts superposés, pression qui da( cpntri^uer à donner à la houille sa densité et son état d'agrégation ; c'est, isn second lieu, une surélévation de température due à la chaleur centrale. Les terrains de transition sur lesquels reposent les dépôts houillers ont nécessairement laissé passer dans l'atmosphère une quantité considérable de la chaleur centrale; cela est rendu évident par cette considération, que la progression du refroidissement du globe a été très piarquée depuis la période houillère; dès lors, le calorique perdu a dû traverser l'écorce solide déjà formée, et les jdépôts houillers ont subi l'influence de cette transmission. C'est à cette influence que nous attribuons les difiçrences signalées dans la nature minéralogique des houilles , à mesure que l'on s'élève de la base du terrain vers les dépôts supérieurs. Les couches combustibles inférieures sont plus sèches parc)9 que leur minéralisation a été complétée sous l'influence d'une pression plus forte et d'une température plus élevée; tandis que les couches supérieures, qui ont subi une action métamorphique moins énergique; ont retenu un,e plus grande quantité de gaz.

Toutefois, nos conclusions th^riques sur la formation des couches combustibles rencontrent une difliQulté i:éeUe dans l'épaisseur des dépôts accumulés sur des espaces circonscrits. Comment expliquer, en efl'et, ces accumulations de 1,000, 2,000, 3,000 et jusqu'à plus de 4,00.0 mètrep

de dépôts^ alors que la condilion essentielle de ces dépôts parait avoir été, constamment, de présenter une surface unie et très rapprochée de la surface horizontale des eaux ? Dans le bassin de la Loire, les couches de houille commencent à se développer immédiatement après la stratification des conglomérats et grès à gros éléments ; elles existent ensuite au nombre de plus de 30, alternant avec des dépôts arénacés qui,» dans leur partie centrale, ont une puissance probable de plus de 800 mètres. Or, puisque la houille qui existe ainsi à tous les niveaux du terrain n'a pu se former que sous une lame d'eau, il reste démontré, par cette distribution des couches de houille dans tous les étages, aussi bien que par celle des arbres verticaux , que le niveau des eaux , ou le niveau des dépôts, ont varié, de manière à reproduire celte condition d'une lame d'eau sur un fond horizontal, malgré l'accumulation graduelle des dépôts arénacés.

Si les dépôts houillers avaient moins de puissance, on pourrait admettre que le niveau des eaux a pu se maintenir naturellement au-dessus du niveau des dépôts; ainsi, dans certains bas-fonds, les eaux atmosphériques et les eaux d'infiltrations latérales, ne trouvant pas d'issues, maintiennent des lagunes sur des fonds qui s'exhaussent, soit par l'accumulation des tourbes, soit par la formation intermit^ tente de dépôts limoneux; mais on ne peut étendre des causes aussi bornées à des bassins comblés par 1,500 ou 3,000 mètres de dépôts.

N'est-il pas plus rationnel de supposer, qu'à l'époque houillère, une cause qui n'existe plus aujourd'hui a pu

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