ÉTRANGLEMENTS, RENFLEMENTS, CRAINS ET COUFPLËES
silloDDés, ainsi que le toit et le mur, de miroirs et de stries caractéristiques. Prenons, pour exemple, ta couche supérieure du Monceau (Saône-et-Loire), dont lea accidents multipliés ont été très bien étudiés par M. Harmet *. Cette couche , de 1 2 mètres de puissance , est divisée en trois parties, par deux barres d'argile schisteuse qui s'y maintiennent avec une grande régutarilé; dans un étranglement qu'elle subit, les barres, brusquement infléchies, sont brisées, et leurs fragments sont dispersés dans la houille menue qui forme la partie étranglée (fig. 28). N'est-il pas évident que la structure eiUété toute diSérente dans un éLrau-
Kig. ÎB. — Cmipe lertiraled'im ^Iranglemml dun> la coiMhc du Honreai'.
glement produit par des causes contemporaines du dépàt? Cette même couche offre plusieurs exemples de ces étranglements ; ils sont déterminés par l'accroissement des barres rocheuses qui se dilatent aux dépens de la houille; la houille elle-même se mélange de parties schisteuses, et la
* Corn spondance des ^Iëtcs brevetéa de l'École des ntiaeii» de SaiDl- Éicnne. Année 1644.
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eoache dnniiiiie de poisEance, sans désordre, sans qne les lois de la etralificalioo ccffient d'être rigooreaseiiienl sniiies cl exprimées par la houille, par les barres et par les rodies lia toit et do but.
La coacbe da Creozot l' SaÔne-et-loire : nous pccsenle aoni des exemples de renflements el d'êtran^ements qui dérivent des deox principes. Cette cmm^, dooi la puisnnce est de 10 à 14 mètres, est inclinée à 7V et au-delà. Un pareil relèremeal n'a pu être opéré sans que répaisGear de la bouille ait subi des modifications cooadérables, et nons dterons la coope prise par le fmil» et la wmekime (Gg. 29) cranme exprimant les conditions d'nn rrafiemenl bien évidemment lié aox l^iénomènes de compression; car, apTPt avoir dépassé, sur ce point, une puissance de 40 mèlres, la coucbe s'étrangle, à p«o de distance, an moment même où elle Bobit on contoarneroent. Mais si, d'nne part, nons devons admettre qo'nne coacbe de cette épaisseur n'a pu être ainsi relevée el contournée sans éprouver des perturbations considérables, d'autre part, il ne faut pas
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atlriboer à ces perlurbatioas toutes les variations que pré- - sentesoD épaisseur. Ainsi, dans certains cas, sa régularité est troublée par des intercatatioDs de barres rocheuses qui la divisent en plusieurs couches et tendent à augmenter sa puissance. Iji coupe par le Puiis-Dix (fig. 30) fournit un exemple de ces accroissements naturels qui, dans toutes les couches de ce bassin , sont accompagnés d'intercalations de barres. Dana beaucoup de cas, ces barres se joignent aux roches du toit ou du mur, de manière à diviser complètement la couche en deux ou trois parties.
Tous les accidents que nous venons de citer nous montrent les couches de houille successivement supprimées par les crains ou dilatées par les renflements : dans ces deux cas, l'accident est simple, et Ton peut se rendre compte des phénomènes qui Font déterminé; mais, quelquefois, les déformations d'une couche, surtout lorsqu'elle est puissante, prennent un caractère plus compliqué, et il devient alors très didicile de les interpréter.
La couche du Monceau nous présente plusieurs exem-
Fip. 30.
Coupe de U couche ilu Creuul, par
Pullr-Dlt.
pies de ces accideDts, tellement complexes , qu'ils semblent, au premier abord , coDstiluer des anomalies inexplicables. Cette couche, que nous avons déjà mentionnée comme ayant une puissance normale de 12 mètres, une inclinaison de 1 5 à 20 degrés, a été suivie, sur une longueur en direction, de 3,000 mètres, et sur une longueur de 450 mètres, suivant Tinclinaison ; de nombreuses failles sillonnent sa surface, mais elles ne sont pas très importantes, et la pensée, replaçant les diverses parties dans leur position normale, reconstruit facilement cette belle nappe houillère, une des plus étendues que Ton puisse mentionner. La PI. lY représente deux coupes transversales, prises dans la partie supérieure de son inclinaif^on. Cette partie du terrain a subi des bouleversements considérables. Tantôt le pendage de la stratification est brusque ou renversé, tantôt, il se manifeste des ruptures et des déformations dont les deux coupes peuvent donner une idée. Dans la coupe n"^ 1 , on voit que la partie supérieure de la couche a été doublée sur elle-même, en forme de fer à cheval, et que la houille de la partie inférieure a été étirée en vertu de sa malléabilité ; dans la coupe n"" 2, la couche a été brisée et reployée. Ces deux exemples expriment, en quelque sorte, le maximum des déformations.
On a remarqué qu'un crain était très souvent précédé par un renflement, fait qui est la conséquence de lu théorie. Un crain de peu d'étendue, tel que celui que nous avons représenté dans les couches de la Péronnière (PI. II), ne peut pas déterminer des renflements bien sensibles dans
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ÉTRANGLEMENT?, RBNPLEIIENT6| CRAINS ET COUPPLÉBS. 257
les parties avoisinantes ; mais lorsqu'il a sapprimé la houille sur un espace considérable , le renflement est très prononcé, et il en résulte cette forme lenticulaire, que Ton a toujours observée dans les portions de couches ainsi accidentées et découpées en chapeleU par des crains multipliés. De là aussi ce proverbe si fréquemment répété par les mineurs : la couche êe renfle , elle va $e perdre ; parce qu'en effet la suppression n'est jamais si imminente que lorsque la puissance atteint brusquement ses limites extrêmes.
Une couche étranglée par un crain a presque toujours laissé une trace charbonneuse entre le toit et le mur ; dans ce cas, le travail du mineur qui la poursuit est très simple : il maintient sa galerie de recherche dans le plan de la couche, après avoir adopté, suivant la direction ou suivait l'inclinaison de ce plan, la marche qui lui a paru la plus convenable. Mais, pendant toute la durée d'une recherche de cette nature, et surtout lorsque les travaux se compliquent et se prolongent sans résultat, il peut craindre de ne plus retrouver la couche, et d'être arrivé non pas à un crain, mais au point de sa cessation naturelle.
La cessation naturelle d'une couche s'annonce généralement par des caractères bien différents de ceux des crains : c'est d'abord le développement des barres et nerfs schisteux, développement qui a lieu, non plus de manière à renfler la couche, mais aux dépens de la houille elle-même; c'est, en second lieu, le mélange graduel et intime des parties terreuses aux éléments de la houille, et le passpge de
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celle-ci aax schistes charbonneux. Ajoutons que la limite, au lien d*étre nettement déterminée, est graduelle, et indiquée par un enchevêtrement latéral qui n*offire aucune ligne précise.
Tels sont les caractères de la couche du Creuzot, au-delà du puits Mamby, point où elle cesse, après un parcours en direction de plus de 1 ,500 mètres. Cette couche présente, sur cette longue ligne de développement, les accidents les plus variés en fait de renflements, d*étranglements, d*intercalations de barres, etc.; mais, au moment de la suppression naturelle, les symptômes deviennent tout à fait différents; la couche s'amaigril, devient nerveuse et terreuse ; et tous les travaux dirigés à divers niveaux pour la retrouver ont prouvé qu*elle se terminait bien réellement par reflet d'une cessation naturelle , et non par un accident.
C'est surtout dans les bassins bien réguliers que Ton remarque cet amoindrissement graduel des couches. Ainsi, nous avons représenté (PI. II) le développement de la grande couche de Rive-de-Gier dans son maximum de puissance. Ce qui indique que la Péronnière est bien le point central du développement de cette couche, c'est que tout y atteint son maximum ; les deux couches qui forment la masse charbonneuse totale y ont 12 mètres chacune; le nerf blanc rocheux qui les sépare est une assise de 1 5 à 20 mètres; la qualité même de la houille y est plus grasse que partout ailleurs. A mesure que Ton se dirige vers Rive-de-Gier, ces caractères se conservent, mais dimi-