PLIS ET CONDITIONS DE L ALLURE DES COUCHES
Les plis n'ont pas, en effet, la netteté de ceux du Nord ; ]es couches sont sujettes à des ondulations de puissance et d*aUure qu'un plan fait sur une si petite échelle aurait peine à faire apprécier , mais qui , d'ailleurs , n'ont été précisés par les travaux que sur quelques points où les exploitations ont été établies.
Le but principal de l'étude des plis est d'arriver à déter* miner d'avance la transformation d'allure qui en résulte, et de prévoir ainsi le parcours souterrain et le tracé superficiel d'une couche. Les éléments principaux à connaître sont pour chaque pli : 1^ la direction et l'inclinaison du plan des ennoyages; 2^ l'inclinaison de la ligne d'ennoyage. Pour déterminer ces éléments, la marche la plus sûre est d'embrasser dans la même étude plusieurs couches assez distantes les unes des autres; on évite ainsi les causes d'erreur qui peuvent résulter d'observations faites sur des espaces circonscrits.
Lorsque les plis sont à courts rayons, de quelques mètres, par exemple, comme la plupart des plis indiqués par nos coupes de Charleroi (PI. Y et VU), les lignes d'ennoyage, et par suite les plans dans lesquels elles se trouvent, sont parfaitement précisés. Mais dans des plis onduleux et dans les plis à grands rayons, comme ceux de la plupart de nos bassins du centre, la détermination est diflScile et demande beaucoup d'habitude et d'expérience locale. Dans le bassin du nord de la France et de la Belgique , les plis n*ont même pas toujours la précision que nous avons indiquée ; ils sont quelquefois à grands rayons, et Tincertitude est
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alors la même que pour les plis ooduleux. Ainsi, en examinant la coupe des cinq couches traversées par le puits n®4 du grand Buisson, près Mons(PI. YI), on voit que ces cou« cbes sont ployées sous de grands rayons ; de telle sorte que, si Ton voulait tracer les plans d'ennoyage diaprés deux des couches du faisceau supérieur, on resterait fort embarrassé; tandis qu*en prenant des couches suffisamment éloignées, telles que la veine deux laies et la veine à ferlé , les plans d*ennoyage seront assez bien précisés pour qu*on puisse fixer Tallure d'une couche supérieure ou sous-jacente.
Outre leur rôle dans Tallure générale des couches, les plis présentent encore quelque intérêt comme accidents de détail ; les modifications qu'ils déterminent dans l'allure n'ont pu s'effectuer, en effet, sans qu'il y ait eu des désordres produits dans les conditions de puissance et de stratification des couches de houille, et des dépôts qui les accompagnent. Il y a une solidarité constante entre la position des couches et les étranglements ou renflements qu'elles éprouvent, et cette solidarité est beaucoup plus facile à constater dans les petites couches, si régulièrement stratifiées du grand bassin septentrional, que dans les couches puissantes qui nous ont servi à mettre en évidence lés formes des étranglements et renflements.
Ainsi, dans les plats en maltresse allure de Valenciennes, Monset Charleroi, les couches ont généralement toute leur régularité; mais les droits présentent très souvent des allures en chapelet, par suite d'une grande multiplicité de crains. La houille est aussi plus brisée dans les droits, et