‹ De la houilleChapitre 62 sur 116 · BASSIN DE BLANZT ET BU CREUZOT · texte numérisé non relu

BASSIN DE BLANZT ET BU CREUZOT

La réalité de ce prolongement du terrain houilier n'a pas été démontrée par les travaux souterrains, mais les preuves géologiques sont telles que le fait est aujourd'hui généralement admis.

Le bassin de Blanzy et du Greuzot est situé dans le département de Saône-et-Loire , et traversé obliquement par la ligne de faite qui sépare les versants de la Saône et de la Loire. Le terrain houilier est, en grande partie, recouvert par des dépôts secondaires qui laissent de Tincertitude sur la forme et l'étendue du bassin dans lequel il a été déposé.

La partie découverte de ce terrain constitue deux lignes d'affleurements parallèles , qui paraissent former les deux lisières longitudinales du bassin, dont toute la partie centrale aurait été recouverte par les dépôts du trias. Ces dépôts, composés de grès bigarrés et de marnes irisées, for- 4nent une zone de 8 à 12,000 mètres de large, qui sépare les affleurements houillers : les pendages dominants de ces affleurements tendent l'un vers l'autre, et conduisent naturellement à l'hypothèse d'un raccordement souterrain. Celte hypothèse est d'autant plus réelle, qu'en plusieurs pointe les travaux des mines se sont engagés sous le trias, et ont constaté l'existence sous-^jacente du terrain houilier.

La forme du bassin est encore assez nettement dessinée par les encaissements granitiques qui dominent les âfOeiH rements latéraux . Si l'on monte, par exemple, sur les

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relèvements granitiques situés au-dessus de Saint-Bérain , de Montchanin, de Blanzy, etc., on saisit facilement les contours du bassin, qui, malgré les saillies et les inégalités des grès bigan*és de la partie centrale , représente encore aujourd'hui une dépression sensible, encaissée dans les terrains primordiaux. En suivant cet encaissement, on voit à ses pieds le terrain houiller indiqué par une série de travaux de recherche et d'exploitation, qui, depuis Saint- Léger jusqu'aux puits des Porrots, a plus de 40 kilomètres de longueur; plus loin, sur le second plan, la couleur rou* gefttre du sol modelé en collines arrondies indique la superposition des grès bigarrés, et, plus loin encore, l'horizon est fermé par une série de collines plus élevées qui sont les versants granitiques des Ecouchets, et ceux de la MaroUe au-dessus du Creuzot. Ces versants se continuent au-dessus des relèvements houillers des Petits-Châteaux, de Pully, près Gueugnon, et de Beauchamp qui n'est plus qu'à 12 kilomètres de la Loire.

Si donc on réunit par la pensée ces deux lignes d'aOleu-% rements houillers, encore dominés par les granités, et dont les pendages principaux tendent l'un vers l'autre, on est conduit à admettre que ce bassin, de plus de 60 kilomètres de longueur, doit avoir été entièrement couvert par les terrains houillers, et que, postérieurement à leur dépôt, il a été encore comblé par des terrains secondaires.

On pourrait donc foncer un puits sur les grès bigarrés qui, du Creuzot à Montchanin, de Blanzy aux Petits-Chàteaux, couvrent la partie centrale du bassin, avec la cer-

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titade de trouver les dépôts houilters soufr-jacents. Mais, vers les limites extrêmes, on reste dans la plus grande in<^ décision sur l'étendue possible de ces dépôts houillers. La disposition est, en effet, inverse de ce que nous Tavons vue pour le bassin Brassac, où les extrémités sont restées dé» couvertes , tandis que les lisières longitudinales sont cachées; ici, au contraire, ce sont les lisières longitudinales qui affleurent au jour, tandis que les deux extrémités disparaissent sous la zone des dépôts triasiques ; de sorte que le bassin dans lequel ces derniers dépôts ont ^té formés suivait le même grand axe, mais devait être plus étroit et plus long que le bassin houiiler.

Il suffit d*examinor la carte (PI. Xm), pour voir combien de problèmes peuvent être posés sur la continuité souterraine du terrain houiiler, et combien les recherches doivent être incertaines vers les extrémités du nord-est et du sud-ouest. Au milieu de ces incertitudes, les données four-» nies par les lignes physiques ou géologiques de la surface deviennent d'un grand intérêt, car ce sont les seules bases sur lesquelles on puisse fonder quelques hypothèses.

Dans toute la partie connue, les limites du bassin pré^ sentent une concordance remarquable avec les lignes hydrographiques. Ainsi, la lisière du sud-est coïncide, dans presque tout son parcours, avec deux vallées dont les eaux, coulant en sens inverse, dessinent, en quelque sorte, sur une carte géographique, les contacts du granité et du terrain houiiler. Ce sont les vallées de la Dbeune et de la Boùr« bince; la première sur le versant de Saône, la seconde

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8ur le versant de Loire. Ces deux vallées, réunies aux étangs de Longpendu, sur la ligne de faite, forment une seule ligne/ qui suit la direction des couches houillères depuis Saint-Bérain jusque vers Genelard et Perrecy-les«* Forges.

Ce parallélisme des thalwegs principaux avec la direction des dépôts houillers, et, par suite, avec les lignes de contact de ces dépôts et des couches du trias, se trouve marqué, vers la lisière du nord-ouest, par des lignés moins continues, mais rendues assez précises par le relief du sol. Ainsi, TArroux, de Toulon à Gueugnon, se détourne de sa direction normale pour se jeter sur la ligne de contact du terrain houiller et du trias ; et de Montcenis à Couches, tous les vallons suivent la direction des couches houillères du Creuzot.

' En interprétant toutes ces observations on arrive à condure : 1 ® que partout où la superficie du sol est formée par le grès bigarré, il y a probabilité de Texistence sousjacente du terrain houiller ; 2"* que. vers le nord-est, les limites du bassin houiller doivent se trouver à peu près vers le point de disparition des grès houillers et bigarrés sous les calcaires jurassiques, cette limite étant indiquée par Tallnre naturelle des lignes géologiques, par la disparition de rencaissement granitique, et justifiée par Tétat d'appauvrissement dans lequel on a trouvé les dépôts houillers à Cbarecey et dans tous les environs où des recherches ont été faites; S"" que, vers le sud-ouest au contraire, le hasm houiller doit s'étendre, à la fois, sous les grès bigarrés et

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.SOUS les calcaires jurassiques. Dans cette direction , Texr tension du terrain houiller sous le grès bigarré est démon«> trée par les affleurements de Beauchamp, situés sur la lir sière septentrionale, et par Tallure des couches qui y sout exploitées; quant à l'étendue de cette extension , on ne peut que présenter des hypothèses^ aucun travail n*ayant é(é entrepris sur la lisière méridionale du bassin an delà de la concession des Porrots. On remarquera cependant, qu'an moment où la zone méridionale du terrain houiller disparaît sous les terrains secondaires près de Perrecy, la larr geur du bassin, mesurée de Giry à PuUy, atteint son maximum; or, comme la lisière septentrionale se continue jusque vers la Loire, la lisière méridionale doit nécessairement I{i rejoindre depuis Perrecy, par une direction qui peut être prise, soit en joignant les derniers affleurements houillers des Porrots , au confluent de TArroux et de la Loire, soit en suivant la direction indiquée par la vallée de la Bourbince, qui descend vers Paray, puis s'infléchit vers roueeit de manière à donner pour limite méridionale du bassin une ligne transversale d'environ 20 kilomètres de longueur.

Entre ces deux hypothèses, la difierence est coasidj^ rable. Nous pouvons regarder la première, qui bornerait à peu près l'étendue du bassin houiller à celle des gr^ bigarrés, comme un minimum assurant déjà au bassin une étendue de 60,000 hectares, minimum probablement dépassé. La seconde ajouterait environ 15,000 hectares-} elle a en sa faveur la continuation naturelle des lignes avec lesquelles les limites du bassin houiller concordent

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partout où elles sont connues. Ainsi, la vallée de la Bonrbince se trouve, il est vrai, en partie dans le terrain jurassique, mais la crête granitique qui encaissait à la fois cette vallée et le terrain bouiller se continue dans la même direo* tion, en se maintenant un peu plus écartée. La continuation de ce mouvement du sol, indiquée par la Bourbince et rOadracbe, tend à faire supposer que le bassin a une forme triangulaire analogue à celle du bassin de la Loire; mais plusieurs géologues, et M. Manès entre autres % ont été plus loin encore, et ont admis que le terrain bouiller de Bert, qui se trouve à 25 kilomètres plus au sud, pourrait bien être le Telèvement méridional de ce grand bassin. Celte dernière hypothèse, la plus large de toutes, supposerait au grand axe des dépôts plus de 80 kilomètres de longueur, et pla^cerait ce bassin bien au dessus de tous ceux du centre de la France, sous le rapport de retendue.

En résumé, le régime souterrain du bassin se présente dans trois conditions dont la probabilité décroît à mesure que rétendue se développe : la première donnant pour limites les lignes menées de Perrecy à Digoin et à Beauchamp; la seconde les lignes de Perrecy à Paray et de Paray à Digoin; la troisième de Perrecy à Paray et à Bert, et de Bert à Beauchamp.

Dans Tévaluation de la probabilité qu'offre chacune de ces hypothèses, il est un élément de calcul que nous avons employé pour le bassin de Brassac et dont nous ne pouvons

> Mémoire sur les bassins hotiillers de Sa&neet-Loire, par M. Maiiès, 1844.

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