‹ De la JéjunostomieChapitre 20 sur 33 · IV. JÉJUNOSTOMIE LATÉRALE AVEC CANALISATION · texte numérisé non relu

IV. JÉJUNOSTOMIE LATÉRALE AVEC CANALISATION

Le procédé de Maydl et ses dérivés ont le grave inconvénient d'être des opérations longues et compliquées. D'autant plus qu'il faut tenir compte que, d’une façon générale; la jéjunostomie s'adresse à des malades gravement atteints, souvent épuisés, quelquefois moribonds qui supportent mal une opération de quelque durée, elles ont en outre l’inconvénient d'exiger une anesthésie générale profonde.

C'est pour cela que Von Kiselberg, cherchant un procédé simple et rapide, capable néanmoins de réaliser une continence parfaite, appliqua à l'intestin l’opération de Witzel en 1895. C’est ainsi que fut créée la jéjunostomie latérale avec canalisation. L'année suivante Karewsky publia à son tour un travail sur l’application du procédé de Witzel à la jéjunostomie, il ignorait la communication faite à ce sujet au congrès de chirurgie allemande par Von Eiselberg et le mémoire qu'il avait fait paraitre sur cette question.

Voici ce procédé de Witzel-Kiselberg tel que le décrit M. Lejars qui l’appliqua avec succès un certain nombre de fois.

1° Laparotomie médiane sus et sous-ombilicale de 10 à 15 centimètres. L’ombilie est au milieu de l'incision ;

2° Recherche de l’angle duodéno-jéjunal et on attire au dehors la première anse du jéjunum qu'on circonseril el

isole avec des compresses aseptiques ;

3° Cette ansè est disposée longitudinalement suivant le grand axe de la plaie ; 4e A son extrémité inférieure on ponctionne l'intestin juste assez pour glisser dans l’orifice une sonde Nélaton n° 14 qu'on enfonce de 8 à 10 centimètres dans la cavité intestinale, puis un catgut faufilé tout autour est serré el noué sur elle ; |

5° La portion libre de la sonde est appliquée sur toute la longueur du segment intestinal et par un surjet séromusculaire, on ramène au-dessus d'elle et l’on réunit deux plis, deux crètes de paroi qui complètent le canal et réalisent l'inclusion. Le surjet commence au-dessous du point de pénétration de la sonde et se poursuit sur une longueur de 8 à 10 centimètres ;

6° Fixation de l’anse à la paroi par deux points transversaux, un supérieur, un inférieur et trois points latéraux en U, chargeant d'une part les tuniques externes de l'intestin tout près du surjet d’inclusion, de l’autre le péritoine pariétal et la couche musculaire de la paroi :

7° Réunion de la paroi. Pour prévenir toute expulsion de la sonde, celle-ci est fixée à l'intestin et à la peau par un catgut.

KHeidenhain ne fixe pas l’anse jéjunale à la paroi, il la réduit et la laisse libre, c'est là croyons-nous une pratique dangereuse et qu’il est bon de ne pas imiter. |

Le procédé de Witzel-Eiselberg est un procédé excellent, regardé par un grand nombre de chirurgiens comme le procédé de choix. Il est simple, rapide, n’exige pas la narcose générale, el dans la grande majorité des cas assure une continence absolue.

EN; ee “

On lui à fait quelques reproches et il faut avouer qu'après lecture, des observations ils ne paraissent pas sans fondement.

a) On à noté un rétrécissement de l’anse, portant le canal séreux, capable de provoquer des accidents et il semble bien que cela se soit produit dans un cas de Karewski et un autre de Mikuliez.

b) On a signalé la coudure du jéjunum au-dessus du canal séreux déterminant une occlusion intestinale. Lempp, dans son mémoire en rapporte deux cas appartenant à Von Eiselberg.

c) Le canal séreux peut s’infecter secondairement et provoquer des accidents inflammatoires soit du côté des parois abdominales, soit du côté du péritoine.

d) Enfin, autre inconvénient du procédé, inconvénient qui n’est pas négligeable, c'est la nécessité de la sonde à demeure.

Le patient est condamné à porter constamment une sonde dans sa fistule jéjunale. C'est là une perspective peu agréable et uné source d’ennuis. L'on a vu, en effet, la sonde être rejetée au cours d’un voyage, ne pouvoir être remise en place immédiatement, et la fistule jéjunale se fermer très rapidement, spontanément avant que la guérison du malade soit complète.

En prenant certaines précautions on peut, dans une certaine mesure, éviter les rétrécissements et les coudures. Comme le recommande Eiselberg, il est nécessaire de placer le canal séreux à 30 centimètres du pli duodéno-jéjunal et de ne jamais faire plus d’une ligne de suture au-dessus

Page 1