‹ De la JéjunostomieChapitre 25 sur 33 · DANS LE CANCER · texte numérisé non relu

DANS LE CANCER

Envisageons tout d'abord les résultats de la jéjunostomie dans le cancer de l'estomac.

Pris en bloc, les résultats ne sont pas brillants. Mais comment en serait-il, comment pourrait-il en être autrement? N'oublions pas, en effet, que la plupart du temps la jéjunostomie a été exécutée in extremis, sur des moribonds. Il est vraiment surprenant que dans ces condilions on ait pu obtenir une survie moyenne de quelque durée avec une mortalité opératoire relativement peu élevée.

Nous relevons dans notre statistique 129 jéjunostomies pour cancer de l'estomac avec 38 morts opératoires, soit 29,4 p. 100 de mortalité.

Des autres opérés :.

23 sont morts le 1° mois.

24 — le 2e — 13 — le 3° — 2 De le 4° — 5 — le 5° — 1 — le 6° — 3 — le 8e == { — le 10° — 1 — le 12° —

(TE ns

6 ont vécu plusieurs mois, la date de leur mort n'est pas

signalée dans les observations.

6 opérés vivaient encore après À mois et demi. 3 — — 2 — { opéré vivait encore après 6 mois et demi.

Ce sont là les résultats pris en bloc, mais la valeur d’une statistique globale n'est certainement que relative. Aussi est-il peut-être plus intéressant d'envisager les résultats obtenus parles deux chirurgiens qui se sont le plus occupés de la jéjunostomie et qui l’ont pratiquée un nombre assez considérable de fois.

Maydl a fait 27 yéjunostomies en Y pour cancer de l’estomac avec 4 morts opératoires, soit 14,8 p. 100 de mortalité.

Des autres opérés :

1 est mort dans le courant du 1% mois.

& — — du 2 3 — — du 3e = Lis —- du 5° — Lee — du 6° — 1 == — CODEC 1 RARE — en er ee

soit une survie moyenne de 4 mois et demi.

3 opérés vivaient encore ! mois 1/2 après l'opération.

3 autres opérés sortis améliorés de l'hôpital n’ont pas été suivis.

Dans le service de von Eiselberg, 43 jéjunostomies latérales avec canalisation ont été exécutées pour cancer gastrique avec 14 morts opératoires, soit 32,5 p. 100 de mortalité.

Des autres opérés :

7 sont morts le 1°" mois.

Al — le 2° — 5 — le 3° — 1 — le 4° — 4 — le 5° — Î — le 8 —

soit une survie moyenne de 2 mois et demi environ.

Les résultats obtenus par Maydl d’une part et von Eiselberg d’autre part, sont notablement différents. La raison en est facile à donner. La différence des résultats ne dépend nullement du procédé employé : Maydl exécute la jéjunostomie en YŸ, opération longue, assez difficile et assez grave, ila cependant une mortalité opératoire moins élevée que von Eiselberg, qui exécute la jéjunostomie latérale avec canalisation, opération rapide et facile ; non, la différence des résultats obtenus dépend uniquement de ce fait que les indications auxquelles obéissent ces deux chirurgiens ne sont pas du tout comparables.

Tandis que von Eiselberg réserve la jéjunostomie aux cancers trop étendus pour être justiciables d’une gastrostomie ou d'une gastro-entérostomie, Maydl, au contraire, fait

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de la jéjunostomie l'opération palliative par excellence des cancers de l'estomac, si bien qu’il l’exécute dans des cas où la gastro-entérostomie pourrait être pratiquée, dans des cas par conséquent relativement peu avancés.

De là toute la différence des résultats obtenus. Ges résultats, nous le répétons, dépendent uniquement du moment de l’opération et non du procédé employé. Et c’est là, croyons-nous, la raison pour laquelle les résultats de la gastro-entérostomie sont un peu meilleurs que ceux de la jéjunostomie. |

Dans le service de von Eiselberg la gastro-entérostomie fut exécuté 76 fois pour cancer de l’estomac avec 23 morts opératoires, soit 80,2 p. 100 de mortalité.

Des autres opérés :

2 sont morts le 1° mois. 9 — le 2° — 0 -— le . 3° — 4 — le 4° — 1 AU Fee RTS IEEE { — le 6° — 2 — le. 7 — 5 LENS SEA CE 3 — le 9 — ( — le 115 — EEE le 12% — | — le 13° — 2 — TC" : = lé 15% Ur

soit une survie moyenne de six mois.

Ces résultats, ne sont pas très sensiblement su périeurs à ceux de la jéjunostomie. Et la statistique de Maydl, que nous avons donnée plus haut, peut soutenir la comparaison.

On peut affirmer que la jéjunostomie n'est pas une opération grave et dangereuse par elle-même, La cachexie avancée, le défaut de résistance des opérés, voilà le véritable danger. Chez ces malades, toute intervention est sérieuse, même da plus bénigne en apparence, même la laparotomie exploratrice.

De l'examen des 130 observations de jéjunostomie pour cancer de l'estomac, on peut conclure que peu de malades en somme, rent un grand profit de l'opération.

La survie n’est en général pas de longue durée, et cela tient naturellement à ce que la jéjunostomie est faite très tardivement. Mais nombreuses sont les observations dans lesquelles on trouve notée une amélioration très sensible et une augmentation de poids. Il est fréquent en outre de constater la disparition ou la diminution des douleurs et des vomissements après l'établissement d’une bouche jéjunale, malheureusement ces résultats ne sont pas durables, après un temps plus ou moins long, les phénomènes pénibles pour lesquels on était intervenu réapparaissent, et le malade ne tarde à succomber. Il serait d’ailleurs insensé d'attendre d’une opération faite à la dernière période d’un cancer gastrique une amélioration constante, complète et durable.

= Un fait remarquable que l’on trouve signalé dans bien des observations, c'est que, après jéjunostomie, l'estomac le plus susceptible devient tolérant : et alors qu'avant

l'opération le malade ne pouvait rien avaler sans vomir, aussitôt après il peut boire et manger sans troubles sérieux à sa grande satisfaction.

Ni la jéjunostomie, ni même la gastro-entérostomie ne constituent la chirurgie de l'avenir des cancers gastriques. Il viendra un temps peut-être où, les médecins, convaincus de l'innocence et de l'utilité de laparotomie exploratrice, enverront de bonne heure leurs malades aux chirurgiens, où il sera possible de faire un diagnostic précoce et par conséquent d'exécuter non une opération palliative, mais une résection large et complète, permettant d'espérer une guérison définitive.

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