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Ham, qui exécuta la première jéjunostomie, le 19 juin 1878 dans le service de M. le professeur Le Dentu, à lhôpital Saint-Antoine, sur une malade de Dujardin-Beaumetz, présentant tous les signes d’une sténose pylorique.
Il avait fait paraître dans le courant de l’année un article dans le Æullelin général de thérapeutique; chaleureux plaidoyer en faveur de la jéjunostomie, opération rationnelle au point de vue physiologique, bien réglée au point de vue chirurgical et qu'il place à côté de la gastrostomie.
Si la jéjunostomie est bien d’origine française, il faut avouer que c’est surtout à l'étranger qu'elle a été étudiée, et appliquée. k
Tandis que de 1878 à 1898, en France, on ne s’occupe pas de cette question, si bien que l’on ne rencontre que trois observations éparses et isolées (de Peyrot et de Mon- (az), à l'étranger, au contraire, paraissent un grand nombre de publications qui ont servi de base aux thèses de Verdin et de Bosquet (1898-1899).
En 1898, M. le professeur Terrier, à la Société de Chirurgie, après avoir montré que la première intervention de ce genre appartient bien à Surmay, de Ham, après avoir donné lecture d’une observation nouvelle, dit à quelles indications répond, à son avis, la jéjunostomie et expose la technique opératoire.
A la suite de cette communication, M. le professeur Le Dentu, témoin oculaire de la première intervention de jéjunostomie, apporte son hommage à la mémoire de Surmay et rappelle une observation personnelle de jejunostomie faite à Necker pour cancer de l'estomac.
En 1898 et 1899, dans leur thèse, MM. Verdin et Bos-
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quet résument l’état de la question etrelèvent les observations parues jusqu'à ce jour.
La jéjunostomie en était encore à ses premiers pas et les procédés opératoires plus nombreux que les indicalions.
En 1898, M. Jeannel, dans son livre: La chirurgie de l'intestin, consacre un court chapitre à la jéjunostomie. Il insiste plus longuement sur cette opération dans une deuxième édition parue en 1901, et décrit en détails les nombreux procédés de fistulisation jéjunale.
Silence absolu jusqu'en 1902.
Encore une fois M. le professeur Terrier monte à la tribune de la Société de Chirurgie, donne lecture d’une nouvelle observation de jejunostomie, et indique une modification apportée au procédé primitif qui n’était en somme que le procédé de Surmay bien réglé dans ses différents temps.
Le 10 février 1904, M. Schwartz lit à la Société de Chirurgie son rapport sur un mémoire de Riche intitulé : « De la jéjunostomie et spécialement de la jéjunostomie en y ». Il en profite pour faire un rapide exposé de l’état actuel de la question. Il prône la jéjunostomie en Y parce qu’elle lui paraît la plus sûre et la plus propre à assurer la continence. Mais il la regarde comme une opération de nécessité, comme un pis aller et lui préfère la gastro entérostomie antérieure ou postérieure, toutes les fois qu'il est possible de l’exécuter, Nous assistons alors à une discussion des plus intéressantes à laquelle prennent part MM. Quenu, Walther, Tuflier et Hartmann, qui apportent leurs observations et donnent leur opinion.
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De cette discussion, il ressort très netternént que la jéjunostomie doit être regardée comme üne opération d’exception applicable à des cas très rares dans lesquels ni la gastrostomie, ni la gastro-entérostomie ne sont possibles ; comme une wlfima ratio opposée aux cas où tout autre chose est impossible. Cependant quelques mois plus tard. M Quenu, discutant à la Société de Chirurgie la valeur de la gasto-entérostomie dans les ulcères hémorragiques de l'estomac, se demande si devant les résultats peu encourageants obtenus, il ne faudrait pas se résigner à une nouvelle opération dans les cas d’ulcères saignants en évolution, si l’on né pourrait pas par une jéjunostomie, mettre l'estomac au repos c& arrêter la marche de lulcère.
Puis nous voyons paraître, dans la Semaine médicale de juillet 1904, l'article si documenté, si précis de M. Lejars. Il réhabilite la jéjunostomie, avec Maydi, von Eiselberg, il étend ses indicalions, nous montre les résultats obtenus dans certaines formés d’ulcères peptiques, dans les brülures de l'estomac, et avec sa grande clarté habituelle, il nous expose les différents procédés opératoires, en fait la critique et donne ses préférences à la jejunostomie latérale avec canalisation de Eiselberg-Witzel.
En 1904, M. Montprofit fait paraître quelques notes sur la jejunostomie dans la fRevue de gynécologie et chirurgie abdominale.
Pour lui le cancer inopérable de l'estomac n’est pas üné indication dé la jéjunostomie. Il préfère s'abstenir lorsque toute gastrectoinie où gastro-entérostomié est impossible.
Signalons éncore : Le rapport de M. Guinard à la Société
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de Chirurgié juin 1906, sur deux cas de jéjunostomie par Lorsion, pratiqués par M. le docteur Souligoux.
La thèse de Brasseur, « de la jéjunostomie et principalement de la jéjunostomie en Y au cours de l’ulcère de l’estomac en activité » (Lille, 1905-1906), dans laquelle ôn trouve un historique à peu près complet de la quéstion. Brasseur pose rapidement les indications de la jéjunos- tomié dans le cancer, les brûlures de l'estomac, et iñsiste sur les bienfaits de la bouche jéjunale dans l’ulcère fluide.
La thèse de Letorey; « Traitement chirurgical d'urgence des brûlures dé l'estomac, Lyon, 1905-1906 », aux conclusions de laquelle il nous est impossible de souscrire. Avec un parti pris évident, M. Letoreéy,qui à oublié sans doute de lire les observations qu'il a cependant sous les veux, traite de bélle manière la jéjunostomie qu'il considère commé peu physiologique, ét incapable d'empêcher la dépérdition des liquides biliaires qui s'écoulent, dit-il, continuellement par la fistule ou refluent par la bouche. Il propose la pylorostomie eten rapporte trois observations avec trois morts,
L'article de MM. Jeanne et Bruñon dans le ubletin médical du 14 juillet 1906, relatif au traitement des vomissements incoercibles de la grossesse paf la jéjunostomie. Ils relatent tout au long une observatioti et la font suivre de quelques réflexions sur la pathogénie des vomissements de la grossesse, les résultats de l'avortement provoqué et posent en deux iots les indications de la jéjunostomie.
En réponse à cét article, le 25 juillet parait dafs la, Revue médicale de Normandie une critique de M. Marti, un peu sévère peut-être, accompagnée d’une trop coùrte
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étude de la jéjunostomie dont le procès est fait sans dossier bien considérable et la condamnation prononcée sans. appel.
Et les intéressantes communications de MM. Lejars et Quénu (Société de Chirurgie, juin 1906) qui montrent les bénéfices que l'on peut tirer de la jéjunostomie dans certaines formes de gastrites ulcéreuses.
Notons enfin un article très documenté de notre ami Chevrier, prosecteur distingué des hôpitaux de Paris, paru dans la Gazette des hôpitaux, 10 janvier 1907, dans lequel il propose, se plaçant au point de vue fonctionnel, une classification originale des procédés opératoires et expose avec une très grande clarté un procédé personnel de jéjunostomie valvulaire.
En France, c’est à peu près tout. A l’étranger, en Allemagne surtout, de nombreux travaux paraissent, travaux documentés, basés sur un grand nombre d'observations.
Avec Cackovic, Moynihan, avec Maydl, Kelling, von Eiselberg, la jéjunostomie prend: un essort considérable. Les indications s’élargissent, ce n’est plus toujours une opération de nécessité, vivant des contre-indications de la gastro-entérostomie, elle devient dans certains cas une opération de choix.
C'est le 9 mars 1883. que Robertson d’Oldham fait la deuxième jéjunostomie.
Le 27 novembre 1885, Golding Bird communique à la Clinical Society of London, une nouvelle observation de jéjunostomie, il s'agissait d’une tumeur pylorique. Le malade vécut 9 jours, etil est bien certain que Golding Bird aurait obtenu, le premier, un succès opératoire complet si
l'introduction maladroïte de la sonde n'avait occasionné une fausse route et provoqué une péritonite.
Dans la discussion qui suivit la communication de Golding Bird, Pearce Gould fait mention d'un cas de cancer pylorique pour lequel il pratiqua le 8 septembre 1885, avec peu de succès d’ailleurs, la jéjunostomie.
En 1887. Maydi, de Prague, publie son premier procédé de jéjunostomie analogue à celui de Surmay, indique l’incision de choix et la manière de rechercher le jejunum. Il critique la duodénostomie et la rejette.
Greiy Smith propose une autre méthode opératoiré exécutée en 1891 par Mayo-Robson, el rejette la duodénostomie d’une exécution plus difficile.
En 1888, Albert, de Vienne, publie deux cas de jéjunostomie à la Surmay pour carcinome du pylore très étendu.
En 1891, Jesset commuique à la Clinical Society of London, deux observations de jéjunostomie pour cancer pylori que, il applique à la jéjunostomie le procédé que Senn avait proposé pour la gastro-entérostomie (plaques d’os décalcifié).
Larkin la même année se sert dans un cas de ce procédé.
En 1891, Hahn applique le premier el avec succès la jéjunostomie aux brûlures de lœsophage et de l'estomac. Plusieurs chirurgiens suivent la conduite de Hahn et quelques observations de brûlures gastriques traitées par jéjunostomie sont publiées par von Eiselberg, Maydl et Karewski avec des résultats favorables.
En 1892, Maydl publie un nouveau procédé, procédé en Y, qui porte son nom. En 1898, il fait paraitre un mémoire