V. — Le mot religion,^ sur lequel on a débité et l'on dé
bitc encore tant de fadaises, ne signifie pas lien ou liaison, comme Tout cru à première vue les étymologistes, qui se sont empressés de faire la religion synonyme de sociabilité. Religio, religare^ relier, cette homonymie fait fureur. Depuisle 2 décembre, date apparemment de notre renaissance religieuse, je l'ai rencontrée plus de trente fois. Elle est devenue, pour beaucoup de gens sans religion, un argument décisif en faveur d'une religion ou réligation nouvelle. Mais, je le répète, ni le mot religion ne signifie lien, ni la chose qu'il exprime n'est l'union ou la communion des âmes, bien que la religion ne se conçoive guère sans une foi commune et un signe de ralliement. Les anciens étaient fort peu socialistes. La religion, quoiqu'elle recommandât la Justice, parfois même la charité, n'était nullement en eux une inspiration de la philanthropie ; et c'est avec peu d'intelligence que les nouveaux mystiques, pour faire passer leurs théories sociétaires, ressassent une idée qui n'exista jamais que dans leur cerveau, et qui prouve tout juste que la religion est morte, l'inintelligence du vocable indiquant la mort de l'idée.
Religio, ou relligio, dont le radical lig reparaît dans p-lic-are, f-lec-tere, supp-lic-are, ployer, courber, et par dérivation, lier, est un vieux mot qui veut dire inclinaison du corps, révérence, courbette, génuflexion. On s'en servait exclusivement pour désigner l'hommage de l'homme à l'autorité divine. Les auteurs latins ne le prennent jamais dans un autre sens. La question méritant d'être éclaircie,, je citerai quelques textes.
Relligio deorum est une expression courante, qui évidemment ne signifie pas l'association ou la république des dieux, dont les hommes ne s'inquiétaient guère, mais bien le respect des dieux, qui, pour les raisons que j'ai dites, leur importait beaucoup plus.
Quand le mot relligio est employé seul, le génitif deorum est toujours sous-entendu, comme dans ce vers :
Tantum relligio potuit suadere malorum ! Tant la religion put conseiller de crimes !
Le poète parlant d'une guerre religieuse et des massacres qui l'accompagnèrent, il est clair que la religion ne
se peut prendre ici pour le lien social; elle indique le fanatisme de la divinité.
Par la même raison, relligio hominum, religion des hommes, ne se dit point, ne se rencontre nulle part : c'est une contradiction.
César, Guerre des Gaules, liv. vi, n. 16, écrit : Natio est omnis Gallorum admodùm dedita religionïbus ; " Toute " la nation des Gaulois est excessivement adonnée aux " religions. „ Et comme exemple, il cite les sacrifices humains, dans lesquels le principe social n'a rien à faire.
Cicéron, Pro Cluentio, n. 194 : Mentes deorum possunt placari pietate, et religione, et precilus jtestis; „ La colère " des dieux peut être apaisée par la piété, la religion et " d'humbles prières. „ Aussi les Romains n'y manquaient pas. Dans tous les événements, heureux ou malheureux, qui intéressaient à un haut degré la république, le sénat ordonnait des révérences, supplicationes : c'est le mot officiel, synonyme de relligiones. Ce n'est pas d'aujourd'hui que sont inventés les Te Deum. .
C'est d'après cette acception du mot relligio que Cicéron, DeZeg., n. 26, justifie contre les mages disciples de Zoroastre la coutume d'élever des temples à la Divinité :
Nous savons fort bien, dit-il, que l'esprit de Dieu est partout, nbicumqtie diffusion; mais nous croyons, nous autres Grecs et Latins, que cette coutume ajoute à notre piété et impose un respect salutaire, religionem nlilem, aux villes. Car, comme Ta dit avec une si haute raison Pythagore, la piété et la religion envers les dieux ont d'autant plus d'influence sus nos âmes que nous contemplons de plus près leurs simulacres.
En effet, on ne salue guère que les gens qu'on peut voir : le mot de Pythagore est d'une grande sagesse. Virgile, JEneid., lib. n, v. 88 :
Neu populum antiquâ sub relligione tueri.
Le cheval de bois , dit Sinon , ayant été construit par l'ordre de Calchas en remplacement du Palladium, les Grecs lui donnèrent cette dimension gigantesque, afin qu'il ne pût être introduit dans la ville et protéger le peuple, comme auparavant, sous son antique religion. La religion du symbole est mise pour la religion de la Divinité.
JEneid., lib n, v. 175 : Enée donne rendez-vous à ses compagnons sous un vieux cyprès, respecté par la religion des ancêtres :
Antiqua cupressus Relligione patrum multos servata per annos.
IMd., lib. vin, v. 349 : Dès le temps d'Évandre, la religion du Capitole rendait craintifs les paysans :
Jam tuni relligio pavidos terrebat agrestes.
Impossible de voir dans tous ces passages la moindre idée de lien social.
Ibid., lib. xn, v. 176-193: Serment d'Enée, avant de combattre Turnus. Il invoque tous les dieux connus et inconnus, toute religion de Vair et toute divinité de l'océan s
Quseque setheris alti Relligio, et quse cseruleo sunt numina ponto.
La synonymie établie dans ce vers entre numen et relligio prouve ce que j'avance, que ce dernier mot ne s'entendait que des dieux , dont il marquait spécialement et par excellence la respectabilité. On disait aux dieux, en leur parlant : Vestra Relligio , comme nous disons à un prince : Votre Majesté.
Quel est Enée lui-même? Avant tout, un héros religieux, le digne auteur du peuple romain , le digne aïeul des Césars, pius JEneas. Toute X Enéide est le développement de cette idée, dont la politique d'Auguste et la constitution de Rome est le commentaire. M. Granier de Cassagnac {Histoire des classes ouvrières) s'est trompé dans l'interprétation qu'il donne du mot pins, et les passages qu'il cite suffisent pour le convaincre. Pius est un superlatif de religiosus; il signifie respectueux jusqu'au dévoûment, jusqu'au sacrifice. De là le verbe piare, dont nous avons fait expier. Que Turnus périsse, dit Junon au xe livre de Y Enéide, et que son sang dévoué satisfasse à la vengeance des Troyens :
Teucrisque pio det sanguine pœnas.
U s'agit là d'un dévoûment à la façon de celui de Curi. 14
tius. C'est pour cela que le mot^ms, pietas, sert à exprimer l'affection filiale et la tendresse paternelle. Dans la paternité, dit Tertullien, ce qu'il y a de plus doux n'est pas l'autorité, c'est la piété : Gratins est nomen pietatis quàm poiestatis. Les passages de Papinien et des Pandectes expriment la même idée.
Suétone remarque de Tibère, 69, qu'il était circa deos negligentior, quippe addictus onathematicœ , persuasionisqne pleiws cuncta fato agi, " très négligent des dieux, adonné " qu'il était à la magie, et plein de l'idée que tout est gou- " verné par le destin. „ Ne semble-t-il pas que Suétone continue la pensée de Virgile, en marquant l'abîme qui séparait le religieux, le pieux Auguste, de son indévot successeur? En effet, si tout arrive fatalement, les dieux sont inutiles, et leur religion une duperie.
Un dernier exemple. Tite-Live, liv. v, c. 21 et 28, raconte que Camille, assiégeant une place, avait promis à l'Apollon de Delphes le dixième du butin. Les envoyés qui portaient l'offrande ayant été, pendant la traversée, pris par des pirates et conduits à Lipara, la part du dieu allait passer aux mains des corsaires, quand le chef remontra aux siens qu'ils feraient mieux de s'abstenir d'un objet consacré, et de renvoyer libres les messagers romains. Tant, ajoute l'historien, il sut pénétrer la multitude d'une juste religion, *ustâ religions implevit. Le droit des gens n'existant pas pour les pirates, il n'y avait que la considération des dieux qui pût les décider à un tel sacrifice. Où diable, aurait dit Molière, la religion va-t-elle se nicher?
J'ai rapporté tout à l'heure la synonymie de pius et de religiostis. En voici une autre qui répand sur la question un nouveau jour : c'est celle de relligio et tirnor, verecundia, reverentia, la crainte. D'où provenait ce respect particulier de l'homme pour la Divinité? D'un sentiment de crainte, ainsi que Lucrèce l'a dit dans ce vers :
Primus in orbe Deos fecit timor...
B C'est la crainte qui a fait les dieux dans le monde. „ Seulement Lucrèce se trompait en rapportant cette crainte à une impression physique : elle était l'effet du sentiment de Justice qui , dans toute âme neuve , n'est pas sans un
mélange de terreur. Virgile est bien plus dans la vérité que Lucrèce quand il dit :
Si genus humanum et mortalia temnitis arma, At sperate deos memores fandi atque nefandi ;
■ Si vous méprisez le genre humain et les armes mortelles, " croyez qu'il est des dieux qui se souviennent du crime " et de la vertu ! „ La crainte et le respect, en grec et en hébreu , de même qu'en latin , s'expriment par le même mot; rapporté à Dieu, ce nom est synonyme de religion. Tout le monde connaît cette parole du psalmiste : La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse : Initia m sapientiœ timor Domini.
Le mot relligio étant le seul qui ait pu prêter à l'équivoque, il est inutile de chercher dans les autres idiomes des témoignages. Partout l'analogue de relligio signifie marque de respect, adoration, piété, dévotion, culte; ou bien chose sacrée, cérémonie sacrée, ce qui revient au même. Le grec ait proshynêsis , prosternement, qui répond à relligio; eusebeïa, piété, l'équivalent de pietas; hier a, Mereus, sacrifices, prêtre, en latin sacra, sacerdos. L'hébreu parle absolument de même : MschthahJiaoth , ou MscMhahhaouïah, marque la prostration religieuse. " Tu ne leur " rendras pas de religion, „ dit le Décalogue, parlant des dieux étrangers : lo thischthahhaoueh. La Vulgate traduit : Non adoralis ea, ce qui, au point de vue de la corrélation étymologique, manque d'exactitude. L'adoratio est le baiser jeté du bout des doigts à l'idole; il eût fallu, si le verbe avait été usité dans ce sens : Non religaMs te coram eis. Quant k pietas, euseleïa , il a pour correspondant hébreu li/tesecl, que la Vulgate traduit tantôt par sainteté, tantôt par miséricorde. — Ps. iv, 4 : Sachez que Jéhovah protège ses dévots; Vulg. : Scitote quoniam mirificavit Dominus sauctum suum , hébreu hhasid lo. Ps. xi, 2 : Sauve-moi, ô Dieu, car il n'y a plus de religion; Vulg. : Salvtcm me fac, quoniam déficit s ancl us, hébr. hhasid. II Parai, vi, 42 : Souviens-toi des dévotions de David, grand faiseur de révérences, comme on sait, hébr. hhascleï. La Vulgate, qui a perdu le fil de l'idée , porte : Mémento misericordiarum David.
C'est du mot hhasid, piété, dévotion, que furent nommés
les Ilassidéens, espèce de mômiers juifs, que la religion rendait d'autant moins sociables.
Du reste, et quelque intimité qu'il y ait dans l'hébreu entre la religion et la loi, elles ne se confondent pas. En vertu de la religion, Masid, qui lui est due, Jéhovah impose à Israël l'observation de son pacte, paclwrn,fœdus, testamentum , en grec diathêkê, en hébreu berith, dont le sens radical indique le sacrifice qui présidait, chez les anciens, à la conclusion des traités et à la promulgation des lois. Autre chose est, d'après la Bible, la religion de Jéhovah, et autre chose son pacte. C'est à tort que Bergier, et Monseigneur Gousset après lui, ont confondu ces deux termes, et qu'ils ont dit, d'après la fausse étymologie de relligio, que la religion est l'alliance de l'homme avec la Divinité.
Les écrivains du siècle de Louis XIV s'expriment comme les Latins, les Grecs, les Hébreux.
Toute religion, dit Labrtiyère, est une crainte respectueuse de la Divinité.
Tout ce qui compose le culte des dieux (cultus, de colère, cultiver, parer, honorer, religionner) se déroule en une série homogène : offrandes, sacrifices, libations, prières, hymnes de louanges, invocations, propitiations, purifications, pardons, expiations, vœux, processions, feu sacré, eau lustrale, consécrations, statues, temples, etc. Faites de la religion le lien ou l'alliance sociale, et tout cela devient inintelligible, absurde.
Pour achever la démonstration, disons enfin que, parallèlement aux formes et aux cérémonies du culte, le droit avait aussi ses formules, lesquelles, pour être moins pompeuses, n'en tenaient pas une moindre place dans l'existence du père de famille et du citoyen : comme si, en réglant ce qui convient à la dignité des dieux, le législateur n'avait fait que préluder au règlement de la dignité de l'homme ; comme si la religion n'était que la forme mystique de la Justice, ou la Justice la réalité de la religion.
VI. — Le respect est donc l'élément de la religion, il est toute la religion. A quelles conditions peut-il exister? Suffit-il d'ériger une statue, un signe quelconque, et de
dire, comme Aaron ou Jéroboam : Israël voilà tes dieux, pour que le peuple se prosterne et adore? Bien fou qui le croirait. Les prêtres des différents cultes ont l'habitude de s'accuser les uns les autres et de se reprocher leur idolâtrie : cette calomnie mutuelle prouve simplement qu'ils ne se connaissent pas.
L'homme n'accorde de religion à rien de ce qui tombe sous les sens. Une divinité visible, tangible, mesurable, est une contradiction.
Le Dieu, protecteur du droit, que toute multitude placée dans des conditions favorables tend à se créer, et dont le prêtre n'a plus ensuite qu'à fabriquer le symbole ou l'idole, ce Dieu n'est d'abord autre chose que l'Essence, supposée réelle quoique invisible, de ce qui apparaît à cette multitude, à l'instant où se fonde le cuite, comme bien suprême et principe tout-puissant, être souverain. En qualité de souverain être, cette Essence, que l'entendement conçoit par delà le phénomène, et que l'imagination revêt bientôt d'une âme, d'un moi, d'une figure, devient ensuite sujet ou êubstratum de la Justice : c'est à elle, en conséquence, que le croyant adresse ses révérences et ses vœux.
Ainsi, après la religion d'Ormuzd, ou de la Lumière intelligible, symbolisée par le feu, il y eut la religion d'Osiris, ou de la Vie, symbolisée par le bœuf et les autres animaux ; puis la religion de la Beauté, qui fut, sous le nom d'Aphrodite, celle des Grecs; puis la religion de la Famille, célébrée à Rome sous le nom de Vesta ; puis la religion du Christ, c'est à dire de la Rédemption ou de la liberté. On connaît encore la religion de la Force, Thor ou Hercule; de la Richesse, Mammon, Ops ou Jéhovah, etc. Toutes ces divinités ne sont que des réalisations de concepts, servant à exprimer, selon le sentiment des peuples divers, soit le souverain bien, soit la souveraine puissance ou la souveraine sagesse, lesquelles souverainetés sont prises ensuite pour protectrices des sociétés qui se dévouent à elles, et considérées en conséquence comme sources du droit et gardiennes de la vertu.
Supposons qu'aujourd'hui, le christianisme écarté, il reste dans les âmes assez de sentiment religieux et de force poétique pour faire convoler le peuple en une foi nouvelle, et que l'idée de cette foi soit le Progrès, par exemple, ou
la Femme libre, ou toute autre fantaisie produite par le courant de l'opinion : il ne manque pas de sectes, au moment où j'écris, qui aspirent à traduire en dogme théologique, et par une conséquence nécessaire à figurer en idole, les éléments plus ou moins obscurs de leur iliuminisme.
D'abord la religion, ainsi déterminée dans son idée, se poserait comme simple affirmation de cette idée. Puis, en vertu de la tendance de l'esprit à chercher la réalité ou le siibstratum de ce dont il a l'idée, on se demanderait quelle est la cause dont les effets apparents donnent lieu à l'idée, quel est le sujet de cette cause, quelle en est l'essence, quel en est le corps, quels en sont les attributs. Enfin, l'importance accordée à l'idée s'attachant au sujet qui la fournit et prenant la forme du respect, de la crainte ou de l'amour, on aurait, du même coup, le dieu et le souverain, toutes les conditions transcendantales de la Justice.
C'est ainsi que nous voyons tous les jours des novateurs, athées hier ou panthéistes, retomber insensiblement dans la religion, et affirmer : 1° un Dieu, c'est à dire une essence de la nature et de l'humanité, idéale, incompréhensible et indémontrable, et comme telle, sainte et respectable ; 2° une Foi, c'est à dire un ensemble de dogmes métaphysiquement déduits de la conception première, à ce titre supérieurs à l'expérience et à la raison ; 3° une Immortalité, car, comme nous aurons occasion de le faire voir, si le sujet de la Justice est Dieu, la sanction morale est également Dieu, en qui dès lors s'accomplit la destinée de l'homme.
Nous reviendrons sur cet intéressant sujet de la constitution clés dieux et de leur haute juridiction : il suffit, quant à présent, d'avoir marqué d'une façon authentique le rapport qui unit la Religion et la Justice.
Déjà l'on voit que la première n'a pas de raison d'être sans la seconde : la théologie en convient elle-même. C'est pour notre justification que le Christ, Fils de Dieu, s'est fait homme, qu'il a souffert la mort et qu'il a institué son Eglise. On pressent que la religion pourrait bien n'être qu'une mythologie de la Justice : car, si la première est respect, la seconde est dignité; il suffit, pour les identifier, de supprimer l'intermédiaire que l'une pose comme
auteur et garant de l'autre. Mais cette identification exige des siècles, et nous ne sommes qu'aux débuts de l'hypothèse.
En résumé, la société antique comprenait deux choses : d'abord le droit de l'homme, clignitasjîis, qui s'exprimait pjar la manifestation de ses prérogatives, la distinction du tien et du mien, et n'impliquait aucune révérence. Devant l'homme, l'homme restait debout; il saluait de vive voix, an\ et ne s'inclinait pas. Il y avait ensuite le respect des dieux, relUgio, qui se manifestait par l'agenouillement, signe d'infériorité, et avait pour objet d'obtenir, par la crainte de ces invisibles essences, le respect du droit, c'est à dire d'inculquer la Justice.
L'homme de l'antique Italie, d'ailleurs si religieux, faisait ainsi du droit la chose principale, de la religion l'ac- >ire. Bien mieux, la religion servant à consacrer le :lroit faisait elle-même partie du droit, c'est à dire du privilège ou de la dignité patricienne; elle en constituait, )our ainsi dire, la première division. De là la double expression de droit divin et droit humain, pour exprimer le uivilége de la consécration religieuse, sans laquelle la prérogative individuelle restait comme non avenue. Delà inssi la définition que Modestin donne du mariage, /«w, Umatti et divmi comiminicatio , participation du droit Himain et divin, pour dire que l'épouse partageait toutes es prérogatives, civiles et religieuses, de .son mari. Cette uborclination, très réelle, de l'élément religieux à l'élénent juridique, n'était pas dans la pensée du législateur )eut-être; elle était dans l'institution. L'humain, dans ce ystème, l'emportait sur le divin; et la religion n'ayant sa aifion d'être que dans la Justice, le sacerdoce n'était aussi [u'une attribution du magistrat.