‹ De la justice la révolution et dans l'église; (volume 2)Chapitre 1 sur 46 · DANS L4 8É\ 0UT10N · texte numérisé non relu

DANS L4 8É\ 0UT10N

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Trois jours après, les députés confirment leur résolution par serment; la France jure avec eux. Le 14 juillet la Bastille. est prise, le 4 août la féodalité signe son abdication, le 6 octobre la royauté est traînée à Paris. La Révolution allait.... Elle va toujours.-

L'idée que je me propose de développer dans cette Étude est quelque chose comme ce que demandait Sieyès.

J'ai prouvé dans mes deux premiers volumes que TÉglise ne connaît pas la Justice, que mêmement elle lui est hostile, que cette hostilité provient de son scepticisme, lequel a lui-même sa source dans la pensée religieuse ; qu'au surplus il en est ainsi de toutes les constitutions ecclésiastiques; en sorte que l'unique obstacle au développement de la Justice est la théologie, de même qu'en 1789 la féodalité, sous toutes les fornies, était le seul obstacle à ce que le Tiers fût quelque chose.

Que faire donc? Je réponds comme Sieyès : Coupez le cable.

J'ai prouvé, contre la calomnie des mystiques, que l'homme est doué d'une faculté positive, la conscience, qui le porte incessamment à Justice et ne demande qu'à agir seule , sans excitation ni contrainte ; — Ck>upez le câble.

J'ai démontré qu'en vertu de cette faculté et en dépit dos contradictions dont la loi humaine fourmille, la raison, interrogée sur le bien et le mal, n'hésite jamais; que c'est notre préoccupation religieuse qui, nous faisant chercher la raison du droit dans les choses au lieu de la chercher dans les personnes,, engendre les incertitudes du législateur : — Coupez le câble.

J'ai expliqué, j'ose le croire, mieux qu'on n'ayait fait jusqu'à ce jour, la nature et la fonction de la liberté;

et par la déduction qui en a été faite le lecteur a pu se convaincre qu'il n'y a véritablement qu'une chose qui, paralysant le libre arbitre, arrête Tessor de la Justice» c'est la crainte de Dieu et Tidolàtrie de l'univers : — Coupez le câble.

Reste à savoir maintenant si, les liens qui retiennent son âme captive étant rompus, l'homme est en effet capable par l'énergie de sa conscience de s'élever dans la vertu; si la balance du bien et du mal, depuis tant d« siècles et par la permission divine inclinée à gaifche, peut être définitivement et par un acte de la sagesse mortelle penchée à droite, en un mot si notre sens juridique possède réellement l'efficacité nécessaire. Car ce n'est pas tout de briser la chaîne de l'esclave et d'ouvrir son cabanon ; il faut qu'il puisse marcher.

Une première fois, au commencement de l'ère chrétienne» la question fut posée. Et nous avons vu par quel concours de circonstances le sentiment général se prononça pour la négative; comment, en conséquence, sur le néant présumé de la vertu humaine s'établit la théorie de la grâce et tout le système chrétien.

Depuis un siècle la proposition est revenue à l'ordre du jour. On a contesté la vérité de la* solution chrétienne, on a relevé rinQueaoe malheureuse sous laquelle elle s'était produite ; et voici qu'une philosophie plus humaine, soutenue par une Révolution pleine d'audace, professe hautement l'idée contraire. On nie que la religion, naturelle ou révélée, il nHmporte, soit utile à la morale; on soutient que la Justice n'a pas besoin de ce i^nfori, et j'ai montré par le détail qu'il n'y a de vraie vertu que celle qui est pure de toute théologie. Ainsi le jugement qui donna naissance au christianisme est c^; avec le Christ il est aisé de voir que tous les dieux, PSMés, prés^ts et futurs, sont frappés de dèeVvè^Tve.^^ ^\

le sacrifice perpétuel aboli. Ni les jacobins ni les ques n'auraient les poumons assez forts pour noi fier de nouvelles idoles. L*humanité, Rousseau est vertueuse par nature; il lui suffit, pour prod actes de sa vertu, d'être libre. Ce qui le prouv( fait finmense, incompris des anciens, et que les en s^accumulant pouvaient seuls révéler, à savoi l'homme est essentiellement perfectible, la civ progressive, que de plus l'amélioration qui se incessamment dans le régime et la moralité de ne peut être attribuée à l'influence religieuse; spontanée, elle procède directement de la consci< nations, proportionnellement à la liberté et ci inverse de la foi.

Voilà ce qu'enseigne la philosophie nouvelle. I est vrai, vous reconnaîtrez avec moi, Monseigm l'idée religieuse n'a plus rien à faire au monde; ' le christianisme toute tentative de culte serait ur à la raison, à la Justice, à la liberté, digne de 1 balion des peuples et de la vindicte des tribuna je r6[)ète avec Sicyès : Coupez le câble.

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