‹ De la justice la révolution et dans l'église; (volume 2)Chapitre 15 sur 46 · MS · texte numérisé non relu

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h* nfUt que U nrrTD|rfioa ila taam* (m PMèliiiiMi polUM|W , fUél>pb]rtk]M (W Mtl Ib gmid tnin, et vin r<enà.

• on tnils Ta|ii(lci In HMoicnUi (le eeU*

iftét avoir, pur un aciu Jr n »ponlan^iiA n^^mêa, mt k mariage, l'ctpril, uWisuiit i U lut du dt^aloppa mt inl«lkctMl, ^udic ce »>in|iole cl t-n diflnbe h

raisoD (tbîlomphtque. ProbU^mr dilTIrile, <)i(iit la m Bige d« nombreuses f onnaûuanrtf, «t ne |>«ul par o liqnent loi Mit »ilM rfoonAe. Gomme il ne (" M*«M cMoMMiie UmL exU'rieure. un rii<- >apenUliBiii. iw rWtU apparente, IVtprit nû le nuriage; «'«■!-&• en qu'il ne reconnaît du mariaKc que la partie pore- ■eot civile, rclalivc à la position <)m parties Tt»ià-Tis 4m livjct a» droit des enfants : «^ qui auimila le mariaiè iun nurclié dans leqiKl l'amoiir n'n ri<D à Taire, la ooofomce des époiii rien à Miir.

Cesl ainsi <)u'à Rome la forme rolitiieii>c du mariage, lacM/arreafio, par laiiiiol In l'cpoux s'engendrait s|iinluellement son é|H)iise avaiil d'engendrer de o'Ilr-ci dt-s cn< fants, tomba en désnéliide. i.a eoemptio, |iiii~ Vusucapw, produisant, quant au for exlêrienr, lis mûmes eiïels, on en conclut avec l'Ijiicii (|ue le contrat tJlail tout, la cérémonie insignitiaiite ; que fciiiii faiçail le mariage élail la volonté de s'unir, consentut facil auplias, plus, ivrlaines stipulations conci'rnaul les apports et an/urlt.

U famille ainsi établie Mir une base duiiteuKe, {luis- <]ue le cAté religieii\ ii'Olail pas luiupris , et r}tie \\n\lii do le comprendre on le détiiissail, la lir-^'itimilé des eiifanls tlevenue équivoque, on loiiçoil tumiiierit il lie^iiil impossible de distinguer li.' mariage «lu ((nicnliina^e, et comment rem[iereiir \ii^iisie, dans l'inlirêl do la population et des niirms, ftil conduit à iloiiticr au conçu-

binai un litre légal. Je m* étonne qu'un écrivain tel que - M. Amédée Thierry {Histoire de la Gaule ^ l. l") ait pu voir dans cet abandon de la confarreatio un progrès: les choses parlaient assez haut cependant.

C'est ici le cas d'appliquer la règle : La forme emporte le fond. Le sacrement dédaigné , le sentiment religieux du mariage ne tarde pas à s'éteindre; l'institution disparaît du foyer, elle n'existe plus que pour la place puhli(]no. De ce moment l'incompatibilité des humeurs, des idées, des sentiments, prend l'essor-, la division, puis le scandale, entrent dans la famille; l'autorité paternelle, que ne tempère plus l'affection, prend un caractère de tyrannie auquel le législateur se croit obligé de mettre un frein; la femme, protégée par les siens, sentant sa force, sVxagérant ses droits, devient insolente, aspire à Tégalité; les enfants, à peine adultes, obtiennent l'émancipation ; la famille devient une pépinière de discorde, et le serment conjugal, sanctionné par le divorce, une promesse tacite de résiliation.

Alors, malgré les phrases pompeuses des juristes, qui continuaient à définir le mariage une participation du droit divin et humain^ il devint clair pour tout le monde que celte prétendue participation se réduisait à une association de biens et de gains, communauté de profils et perles, dont les enfants formaient le principal article. Dans un contrat de cette espèce, auquel suffisait le mi-* nislère du tabellion, les stipulations d'intérêt tenant toulc la place , Tamour laissé à ses propres risques, le mot de mariage retenu par habitude et pour les convenances, l'union des époux, quant à la couche, ne se distinguait en rien de celle des concubinaires, que dis-je? des simples fornicateurs; de sorte qu'entre le mariage, le ctmcnbinage et la prostitution légale, il n'y avait pas de diflercnce essentielle.

Rien n'est impitoyable comme la logique. Ui voile ïopûaly flammeuniy déchiré; Tamour céleste, promis aux ipouXy changé ipso fado en caresse lascive; la fidélité naritale jetée aux vents , la pudeur féminine tombée en ^égiieuleriey le mariage dut être et il fut pris pour ce qu*il îtait, un marché *de dupes.

Que de raisons aux deux sexes de s*en abstenir ! La vieille Rome avait présenté ce miracle de cinq cent vingt années passées sans un divorce : nous pouvons hardiment en conclure que les adultères, soigneusement dissimulés , furent rares. Quel merveilleux amour, quel respect, quelle charité, quelle force de continence ce seul fait, raconté par tous les historiens comme étant de notoriété publique, officielle, suppose chez les Quirites et leurs matrones!... Une telle race était faite pour conquérir le inonde.

Mais voici qu'avec la religion nuptiale la pudicité s'est envolée; et les mêmes hommes, les mêmes femmes, qui ont étonné le monde par leur chasteté, l'étonneront par leur luxure.

K une époque de dissolution générale, dans un milieu enflévré par le luxe et les jouissances, dénué de vie publique, sans communion sociale, tout créait aux époux des antipathies sans fin, tout leur devenait motif de divorce, tout militait par conséquent contre le mariage.

L'avarice, d'abord, côté faible de l'âme romaine : les frais de maison sont trop lourds; l'entretien des enfants et leur éducation sont autant de retranché pour le bien- (tre personnel. Au-dessus de la maxime Chacun chez soi^ ohmn pour soi, dont le triomphe a amené la désertion ^^ forum et assuré la fortune de César, règne, sévit, le Ifeoce Primo mihi. Tout pour moi! Devant cet indomp-

table égoïsme, que devient l'amour? Un objet de consommation, comme le pain, le vin, la baignoire, le spectadei qu'il faut obtenir au plus juste prix. Donc, point de mariage.

Le dégoût du travail : le noble et le chevalier s'en déchargent sur la plèbe, qui le renvoie aux esclaves. Sans travail, ne fût-ce que celui de la surveillance et de l'administration, point de fortune qui se puisse soutenir; d'ailleurs, point de Justice. Si le riche, indolent et désœuvré, se trouve pauvre, que sera-ce du citoyen sans patrimoine, à qui de vastes possessions ne produisent pas de rente? Se marier, c'est se condamner à travailler: donc, point de mariage.

L'horreur de la progéniture : la femme n'en veut plus, dans l'intérêt de sa beauté ; l'homme, qui met sa vie à fonds perdus, pour qui la République se réduit à la personne du prince, s'en soucie encore moins. Paternité, patrie, patriciat, autant de fables : donc, point de mariage.

La surexcitation de l'idéalisme , qui sous toutes les formes, philosophie, lilléralure, arts, envahit la société; l'empire et ses pompes; la superstition et ses recherches. Une seule pensée gouverne le monde, apparaît au fond de toutes les doctrines, se fait jour dans toutes les œuvres de l'esprit, sert de mobile à toutes les actions, la Volupté. Le concubinage déjà n'y siilfit plus : sans doute il est préférable au mariage, plus économique, plus commode, à l'homme il promet plus de licence, à la femme plus d'égalité ; mais lui aussi fatigue par la monotonie : il faut de la variété, de la mise en scène, une excitation orgiastique; pour rendre à l'amour ses ravissements, une ressource s'offre encore, la débauche.

Arrivé là, toute dignité, toute Justice s'évanouit. Plus (le respect, ni pour Tàge, ni pour le sang, ni pour le lien. Toutes les barrières sont franchies : du concubinage lé-

il de U luUraiwe <\a lupanar, ou, et w, de b TollÎB*^ unourauM qu'enlnlu MHM tBiinm conuM d« pîun-iMd 4 I erioM : wlnllèn. itopre, iaccélc, viol. , !• téne éfroun d« fréquentes intemnio.

I fliiuicriiM comme do la vai«or, qui auxéMat^wi ■'ittoM^pM, dit l<^ poi-lc, U nombrr dt» aoMMt.'Je i ■mue «ir U iQuy4-tu><! de la monhl^ |>ublM|iir ; d l'ot tMnît nia- que la nurcbe de U di|iniVBtM>n dios t majtMioe ne tuive le (mcrit inilii|ué i>lii> liant :

I. RéducUon du maràigo religieux t uar couvcnliM IHireuiGnt ci^iln ;

3. Awimilalion de l'amour conjugal k \'s,ttuwx COMV* lùtairei 3, Désertion du itutrîajje [ukit le coocubinage ; A. Le concubinage abandonna à luii Uxir pour If^M^ littitioo; A 5. PnnuiKitil^ gÉu^rab:. délwuchc cl ct'OM. « Sonimcs-nuui à la lioT I*as iroconi : la logique est in* m cxorable, d il iit>us inauijue une conclusion. I Dans ce iititiitenii;iil rétrograde, 'lue signifi'- la {ftameX \ à quoi répond-elit-ï i|tn;lli: idée sert-elle? quelle est, deraot la fociétc et Jevdiit Iji ojtufi', >a de^linalionl'

La femme, épouse, concubine ou prostituée, moyen de fortune pour quelques-uns, ustensile Je mtinagc ou article de mode pour la masse, objet de couMmination jtour tous ; la femme, hors de la luxure universelle, n'a pas de destinée, jias de raison d'eiistence, ni i>olilique ni économique, ni philosophique ou esthétique, ni familiale ; elle n'a plus même de raison puer]H!'ra1<', |iuisquc le motif principal qui fait fuir le mariage, n-chercher le coneubinage et l'amour libre, est la crainte de la grossesse, l'horreur de 1a[irogéniture.

Allons donc jusqu'au bout.

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La génération déclarée incompatible avec la fiSlieité domestique; la femme d* antre part, en raison de son infirmité naturelle, devenue pins à charge qu'à profit, sans raison d'existence, la sexnalité est de trop. A quoi bon ce dualisme, si contrariant par sa fécondité intempestive? Lanature s'est trompée. Ne pouvait-elle autrement pourvoir à la conservation de l'espèce, séparer le travaO de la génération des jouissances de l'amour? Là femme, dans cette hypothèse, ne conservant de sa constitution actuelle que ce qu'il en faut pour la volupté, deveoani l'égale de i*homme, aurait pu, sans être à charge, con^ server son indépendance, remplir aussi les fonctions poli> tiques et économiques; ou plutôt, tonte distinction de famille, de propriété et de sexe étant supprimée, Thamanité eût vécu dans une communauté de biens et d'amours oi!i la Justice, objet de tant de disputes , eût été aussi inconnue que Tinégaiité même.

Vunisexualité^ tel est le dernier mot de cette dégradation de l'amour. Or, comme il ne se peut rien concevoir par Tenlendement qui ne tende à se réaliser dans le fait, Tunisexualité a pour expression pratique, chez tous les peuples, la pédérastie.

Je voudrais qu'il en fût de notre langue comme du latin, dont Boileau a dit :

Le laUn dans les mots brave rhonnéteté.

Il est des choses dont on n'inspire bien l'horreur qu'en en parlant comme le peuple, dans les termes les plus énergiques , toute expression détournée pouvant paraître une atténuation du crime plutôt qu'un égard aux bienséances* Puisqu'il m'est défendu d'imiter Juvénal, je prie le lecteur d'avoir égard à la contrainte où me réduit l'usage, et dé suppléer de son mieux à la modestie de mes paroles.

l* HiTtstunbme s ranft t« [Wché « iK KOI qui rrifqil vriiiçoson: contre le ddi à ' fiMnor, 1^(/. II. 1.1. il l'ajggé aiyo«il ■lier iucqa'i la mon, j«- ivgrciia qttx rctbi l eanuncpt* ft w rm^ngif panai nooi, Miil liai tw( d'iodulgnirp. Ji^ loadrais qiiVIk fftt, daiM (ai, ■Btntléc au viol. et l'unie df «intit ani da ■m le nicut ferait d'y tniutvr iin aiiti<ltri«>, si In pBl!» qu'on ta lirr, ol i]u<' faliiV^ crai \mplaL boniiroot aam triple xujet d'uiilM luuii^rm.

Chez les inriras Romain*, d<< rn^Ri» (|ue àttâ hm da Nord, Gaulois, Ccrnidin^, Scandlnava ntUe «emblc otoir t-t)- h |>v«i |>rti Inconnue ije ^bar prcave qne la rfroliillon nrritér k Roor mm Jésus-Clirisl, i la suite du crime de P: ■I Grecs. Icun matlr«s (i arta p1 MIcs n la Itonulns ûa Ami n l«ni[i» do la rqtuj yuHltrenl eoU« variAU de l'art d'atmcr, coni .

âhnfîon pmpn*, cl par pure émulallon dt^ rLji teau |}tHnl aux Biilgarrs ou Coulgr-.'s, dunt le nutu est devenu an moyen &gt swninymc de soilomilo ou jiod^rjslo, j'at* tribue leur infection A la iii/-mo origine : iv n'est pu il'aujourd'hui que les civili&éï inoculent aux nations dans l'enfance leur déliauchc et loiir vM>le,

Hais les Crées cux-in>'meh!>') élaient-it.s iidunnésdeleur propre nature, ou n'tn atii aiml-ils pas pris d'ailleurs l'halilludeT Je penche ]Kiur celle dciiiiiTe opinjoii. Les (irecs appartiennent au t;roii|«;ilcs i itces celljqu's ou ilruidiques, belliqueuses et clja>les. Leurs preiniiTS initiateurs, Olen, Linus, l'ancien Or[i|iée, dcscenrius île Tlii jcc, lessemlilentbten plus aux barilf> il'Ossum ciu"ju\ iiivslagogues phrygiens, assyriens et aiili^s. 1^ i^énie eslfutiquc des Grecs, incomparable |>uui la piiiolé, la subiult.', la dignité, m'est encore un arpnnienl lie liur cliastt'lé natu-

relie. C*est par rionio, contiguê à rOricnt, qno la Grèce fut infectée de ce mal, en même temps que de ses innombrables divinités et de ses mystères. C'est en lonie que Tamour unisoxuel, comme rappelle Fourier, fut d*abord chanté et divinisé; puis, le mythe formé, une philosophie s'ensuivit ; et ce que des poètes avaient célébré, il se trouva bientôt des penseurs pour le réduire en maximes. Or, c'est surtout cette poétique de pédérastes qu'il s'agit d'expliquer, autant pour l'intelligence de l'antique cor- .ruption que pour la cautérisation de la nôtre.

11 y a trente ans, Tidce seule de cette frénésie me don« nait des nausées ; il m'eût été impossible d'y arrêter pendant une minute mon attention : combien moins me serais-je avisé d'en entreprendre, si j'ose ainsi dire, la ps^ychologie! Mais la pudeur de l'homme de cinquante ans ne peut être celle de l'adolescent de vingt; et nous avons trop d'intérêt, amis de la Révolution et pères de famille, a ce que tous les mystères du cœur humain soient enfin dévoilés, toutes les sources de Timmoralité reconîiues, poïir reculer devant aucune investigation, si répugnante pour la nature, si navrante pour la raison qu'elle soit.

Jo trouve dans la pédérastie, comme dans toutes les afl'octions du corps vl de l'âme, divers degrés de malignité, qu'il importe de reconnaître.

D'abord, elle peut résulter de la privation prolongée jointe à l'incontinence des sens. Sous ce rapport, elle ne me parait pas différer beaucoup de la masturbation à deux, si commune dans les maisons d'éducation et que (hncuii s'explique. Un autre de ses analogues est la bestialité, dans laquelle il ne faut guère voir non plus qu'un supplément du coït. Dans ces conditions, peut-on

dire que la péiérastic existe? C'est une turpitude qu'il vaudrait mieux punir du bâton que de la prison, et qui» à moins de récidive, ne tire pas à conséquence.

Plus souvent c'est rcffet d'une volupté furieuse que rien ne peut plus assouvir. Alors, que le magistrat sévisse : l'acte sodomitique est le signe d'une dépravation saHS remède.

Que des misérables, manquant de femmes, se procurent entre eux de telles jouissances; que d'autres, plus scélérats, pour qui le crime a des charmes, s'en vantent , tout cela se conçoit. Mais jamais la philosophie ne s'empara du vol, du parjure, de l'assassinat, pour en faire l'objet de ses théories ; jamais la poésie ne prit de tels monstres pour objet de ses chants : même en matière d'amour, l'adultère, le viol, l'inceste, répugnent au poète. Comment la sodomie, dernier terme de la dépravation erotique, fit-elle jadis exception? Comment de grands poètes en vinrent-ils à célébrer cette monstrueuse ardeur, privilège, à les entendre, des dieux et des héros? Y aurait-il dans cet accouplement contre nature, dans ce frictus de deux mâles, de deux femelles, une jouissance acre, qui réveille les sens blasés, comme la chair humaine qui, dit-on, rend fastidieuse au cannibale tout autre festin? La pédi^rastie serait-elle un succédanée de l'anihropophagie?;..

Sur ces horreurs il faudrait entendre ceux qui en font passe-temps ; mais ils se cachent, leur aspect dégoûte : imipossible d'obtenir, de soutenir une explication. A défaut de dépositions orales, j'ai consulté les témoignages écrits; j'ai interrogé ces anciens qui surent mettre de la poésie, de la* philosophie partout, et qui, parlant ^ une société habituée aux mœurs socratiques , ne se g^ent guère. Voici à quelles conclusions je suis arnvé : elles oonBrment de tout point la théorie doTuvé^

plus haut de raniour et du mariage, et de leur dégradation.

Il ('st consolanl pour la moralité humaine de reconnaîlro que tous les vices, môme les plus infects, ont pov point de départ une erreur du jugement produite par une illusion de Tidéal, et que c'est en poursuivant le beau et le bien, mais par une fausse route, que le cœur se souille et que la conscience se déprave. Ce que je vais dire, sans rendre le moins du monde excusable une passion en tout état de cause hideuse, aura du moins l'avantage d'alléger singulièrement le crime de lenx (|ui les premiei^s s'en firent les chantres et les panégyristes, en même temps qu'elle nous avertira, nous civilisés du dix-neuvième siècle qui déjà penchons du coté où s'abîma l'amour antique, de nous tenir sur nos gardes.

Je |>asse sur Texplication de saint Paul, qui croit avoir tout dit (juand il attribue le phénomène qui nous occupe au t'ulto des faux dieux :

u r/est pour avoir remplacé, dit-il, la gloire du Dieu incorruptible par vies simulacres d'hommes et d'animaux, c'est pour avoir ser\i la créature au lieu du Créateur, qu'ils en sont venus à outrairer leurs propres corps, et qu'ils ont été livrés à des passions d'ignominie. [Rom., chap. i".>

Il était tout simple que le christianisme, attaquant l'ancienne religion et la société fondée par elle, imputât au polythéisme les abominations dont il venait purger la terre. Mais sans compter que le christianisme n'a pas réussi dans son entreprise, et que les passions dUgnominir se sont perpétuées dans l'Église du Christ comme dans la synagogue de Déliai, il est clair que l'explication de saint Paul n'explique rien. Quel rapport y a-t-il entre l'iJolàtrieetle péché de sodomie? c'est ci? quejevoudnis savoir, et que l'xVpôtre ne me dit pas.

Ull

Le dÉdain rèd|woqiio dos wiA, rt U ilépnntioa M rMNMir qui en fal U conWiqucaoe, tut u cauM, tl'tbonl duf resocsrii« facilité de rvlalioDi qu'i«att rrt^ )r p»paiiM», el qu'il ^tuil <liu» taa K^nio àe ait-r, an puioi ^ ne m^e de l'iiit^i^ rt de la dignité ilo la (cnunei ■•ni», dans ridéalUinc univcncl, «lu'uiif Jutlîcc lrD(i hiblu ■ereMnait |i«a.

J'ai idrlé aîlltun do T' Vallunc puliliquc, de Tid^fiimc artiiti>|ue et lillMire, de l'idéaliMiw in^lii[i|ijyfii« riHicieus- L*idf4l»tiM) éruiiquc rcrnic la »éfie; il no^ Uam le dernier mol de toute* l«f r^ro(radalioni i«^

iTaol loul, itenaaicnl 'n anoMit», l'immim! m peut litre Mua amour ; nna m '"ir, U vio cal uw anlkipatlm delaniort. l.'anliqiiilé e. |ilciuv de celle id^^clifl r dmlé elprécouiséraniour: elle a disputa h prrtedevoa de u Daliiri: cuttitnc tlk' a di&puU^ du SiiiiXTdiri RtKU, et plus d'une fois il lui est urri\û de les courouiire. Avec la iDènie puissance que m-s urlisU-s idéalisuicul lu Torme bumaÎDe, ses pliilosu[ilios el &)'!> |>ot.'lus idt;u liront l'Amour, âme de la nalur<;, souverain dus dieux et des bommes; et uuiume ils s'iilTori,-aieiil, |)ar divertca méihodes, d'arriver, les uns à la sat^e^se, les autres au b heur, ce fut encore, [larmi cui, à qui découvrirait el liienit le parfait amour.

La recherche de l'absolu est le caractère du géi maÎD; c'est à cela qu'il dull ses aberrations et set d'œuvTC.

Mais cette idtialitê de ramoui, <>ii la trouver? Cui eu jouir, cl dans quelle iiicsuju? ts(-ce le mariat'C, est-ce celte union entoun

les honneurs de U religion, de toutes les fi

la cité, qui comblera notre imagination et notre cœur?

Le mariage est le tombeau de l'amour, dit un proverbe; et cela était vrai pour les Grecs, il y a vingt-quatre siècles, incomparablement plus qu'il ne Test pour nous. Certes, la vertu, comme le vice, est contemporaine de rhuroanité, et l'amour conjugal a eu de tout temps ses héros et ses héroïnes; mais il faut raisonner sur des moyennes, non sur des types qui trop souvent ne sont que des exceptions. Or, la première barbarie, favorable à une rude conti« nence, ayant cédé bientôt devant les premiers triomphes de la civilisation, l'inégalité des conditions s'étant développée, la religion étant de moins en moins sentie, le mariage perdit bientôt son faible prestige, et le cœur, mal défendu par la conscience, se trouva livré à tous les emportements de l'amour. La dignité d'épouse, aristocratique dans son principe et dans sa forme, ne conférait guère à la femme antique que de hautaines prétentions, qui la rendaient peu aimable; quant à sa chasteté, on peut s'en faire une idée en relisant la scène burlesque entre Sosie et sa femme, dans YAmphitrijon de Molière.

En fait, la chasteté fut médiocrement comprise des anciens. Tous leurs épithalames, depuis le Cantique des cantiques jusqu'aux vers fcscennins, en font foi. Qu'attendre dès lors, pour l'amour, d'un pareil commerce? Fénelon l'a dit quelque part, avec ce sentiment profond qui supplée à l'expérience : Celui qui dans le mariage cherche la satisfaction des sens y sera trompé, et s'en repentira. L'épouse, telle qu'au sortir de l'âge héroïque' la civilisation dut la faire, n'ayant pour elle que son orgueil, la trivialité de ses occupations et son importune lasciveté, que réprimaient à peine les cnnuis'de la grossesse et les rebuffades maritales, l'amour s*en volait an matin des noce?, et le cœnr restait désert. — « H n'y a « pas h moindre parcelle d'amour dans le gynécée », dit

it PlnUniue, et la emmUis Je firitlôpbiJM, en donne la raiton. Point «l'amoar kl «mcttle la chair : Toilà « qu«, hl^a <ln ùteUm latbfMùniame, Télhique, toute ipirilualitlc, <las aw Itn tTait appris; ce que Ptiitarque et UK-i<>o lonr i iBor etprimeal, aiac iino crnilit^ <ls latipa(t>; qu'il m'ail Mcndu il*ioiil«.

Le tnaria^e, roama »*en itail bnnellonicDl npliqal émut le (leople rooHÛi la gmc oenacnr Mi-lrilut Ytind* An», OB aemil qu'à la cunsm-atinn ile b T»ee libir :

«Si MM pmnioiH ootia enlrrlmir him U-aitar§, dloifna, iBMdMUMrioM loin de notu ml» iacommodii^ ; nuit pote» ^ la Mlwe f voulu ijup mitu ne pumhiim nmu m iianpr, fl al it notre devoir de tachOer ■ la prrptHuit^ de la r<p«> Wqne, plut6t qu'au plaiair il*u& intunl. •

CtA «a CM tcrmea que l'honnête maftitint mmiH agodkit ni peuple la pratique du marJapr.

Si l'umoD con)oj;ale »t ainsi deftliluêc d'tdval, par* lut d'amour, le demanderons-nMis k l'Af'tofrs, & la concubine? Descendrons- nous plu» ha* t-ncora, à 1» antrlistneT

Conlradicliona : l'umour morgaiiatiii'ie , rtH-hrn-lii- en dehors des cliarçes et obltg:i(ioi)!« du mariagr, anxMr esapntîellemeni égoïste, provisoirfî, MHiïn'srnr, dcmAme i|ae l'amour à gagM, est loiijoui-s l'ainnur à dintann!, rameur réduit i une satisfaction de b vanito ot des sens, une ^crêtion de Toi^anisniie, une scntiiic. — Boire, manger, dMmir. et le reste, olsor^o Plularfjuc, est-ce de l'amourî — Je possède LaH, dit Arislip|>o, mais cite ne me possède point. Je l'aime, diUs-voun; nui, lommo j'aime lerin, le poisson et tout ce rjui me <ionne ilii plai-ir. Quant à sa |nT?;'pniie, jt- ne sens ritn.

Ainsi l'A^taira et la Coiirli<;nne n'offrint ti>ii<|p plni, i|aaiità la délectation amioin'nsi', <>irr;tiit ui'-nti' iuqm\^

r|ue la feinine légitime, lainour tel que le veut Time liuiuainc, rainoiir idéalisé devient impossible entre kl deux sexes. Lien qu*il n*ait d*autre principe que leur diiïéronre, d*uutre but que leur union : il faut ou renonc(U' à l^amuur, ou sortir de la sexualité.

Les anciens n'avaient que trop bien suivi cette analyse; ils coni|)r(*naient nicrveilleusenient que la beauté, au physique connue au moral, est immatérielle, qae Tainour qu'elle inspire est tout entier dans 1 ame, que par conséquent la volupté (]ue procure la possession n a. rien non plus de la chair, et (pie tout le plaisir que nous ptTcevons de ce cùlé est passion et illusion. L*acte vénérien est ridicule, dégoûtant, (tour celui qui en est témoin, pcnihle et tri.^ti*. pour l'acleur, qui y |)erd le sentiment et la lihcrté. l/ànie } sent quehpie chose de honteux. Je hais, dit llip|»oly(e dans Kuri[)ide, une déesse qui a besoin des ténèbres, \a\ ( hristianisnie en a fait un des signes de notre déchéance, et il est sûr que les cyniques n*ont pas réussi à le rrhahililer. La nature elle-même semble d accord avec la liicologie : Posl coilumomne animal triste.

Où donc, se d(^iiiaiidait Ihomme de Tantiquilé, où trouver Taniour sans lequel je ne puis vivre, et que je De puis saisir ni aNcc ma Icmnie, ni avec ma mûtresse, ni avec mon esclaveï Où est-il, cet amour, feu foUel qui ne se montre <pie pour tromper les hommes? JTai irwui la femme plus amère que la morty s*écrie Salomoa; il désigne évidemment, non pas la personne, nuis le setti Néant partout, amour nulle part : que reste-t-il, cpncW^ lo roi dévot, sinon de servir Dieu et de 8*f r»'?goïsme ?

(/est ici qu*il faut suivre la marche idéali:.te, qui, faute d*uoe in

JimîM, a|iM avoir fiil repou«aer h mariage coamia élniifer |ipr la nature à Tamour, aboulil à rhalludia»

lîoa la pina eiécrable.

n } a, suivant Plutarque, ileux rspra»t d'aniour ; Ta- BMwr vulgaire» qui» conune on vient de voir, n f«t |iai le Famour» et Tamour célestei qui est uni\i*n«l et n*a point de sexe, tMcri^u yh^iéç. Il e»l aUurde de faim consister Famour uniquement dans Tinstiiict qui poiisap un iexe vers Fautre : toute |Hiissauce qui porte les HUm k s'unir est amour \ tout ce qui réunit à uu degré bupÂrieur les conditions de la force» de la beauté, de Fintelligenoaei de la vertu, est |»ro|>re à l'iuspircr.

Définition hyperbolique» Ûieu sait où elle nous oon-

Cette idée de la non-sexualité de I amour est cxaetaaoU la même qu*exprime Jé&u:rllliriM, quand il ap|urend Hx Saduoeena, ad^ei^res de la rôsurrectioii, que dans le ciel» séjour de Famour parfait, il n'y a plus d*union conjugale, aeque nuLent^ tu que y<u6' utur, iiiai.*» (|ij(' Um^ soDt comme des aiigeSy de» tHi'js iit*uUt>, (lr\.int U lande Dieu.

Le véritable amour, continue riut.iii)iu-, n'a ilniir |ilu> rieodeâ défectuosités de la niatirn* et du (lr\i'i^«>ii<lago des sens» rien de mou» de lâche, d'tiïcmiiit''. AUuiné dauf une &me généreuse, il se résout, à ivrw dr >e |)urWitT par sa propre flamme» en vertu, ctc «fCT^v tcW'jt». Ki il die en exemple la célèbre courtisane Lais, qm, i)>'\ei)uc tmoureuse» quitta aussitAT «^nunerce et sacnlia tons Ms amants, sa fortune, ' lliomme quV-lle avait

dioisi. Lucien rapport' autrement étranges :

lesliommes qui» dégc nmerce charnel et

I ii du véritable l leur vie dans les

voiles, leur parlant comme si elles eussent été en \ie; les baisant amoureusementi et s*estimant plus heureux de telles faveurs que de la possession des* plus belles femmes.

C'est donc par un raffinement de délicatesse en même temps que par une recherche quintessenciée du beau et de rhonnête que les anciens en vinrent à mépriser Tamour conjugal, et avec lui tout rapport physique avec la femme. Pétrarque, Tamant idéaliste de Laure, fit-il toute sa vie autre chose ? Et les femmes de son siècle n^auraientelles pas eu lieu de se plaindre de lui autant que les femmes de Thrace crurent avoir à se plaindre d*Orpliée?... Là était, en effet, recueil où devait périr la moralité grecque. L'union des sexes écartée par la logique de ridéal, l'amour n*a plus de base; nous sommes arrivés à la contradiction : la catastrophe ne se fera pas attendre.

L'amour n'existe qu'à la condition d'une dualité, d'une polarité, diraient aujourd'hui les philosophes. Cette condition nécessaire, comment la remplir ? En composant le couple amoureux de deux personnes du môme sexe, bien entendu sans aucune idée d'union charnelle. La filia' tion des idées et des termes y conduisait. L'amour, dit Plutarque, c'est la vertu ; et la vertu, en grec comme en latin, porte un nom qui rappelle la masculinité, «pcnïi virttis.

Telle est la série d'idées par laquelle les Grecs, à force de spéculer sur l'amour et de le dégager des indignités de la chair, arrivèrent aux derniers excès. Cela peut paraître prodigieux, mais cela est ; et l'histoire entière en témoigne. Ce qu'ils cherchaient dans l'amour universel, ce ne fut pas, dans le principe, qu^on le sache bien, une horrible jouissance : à cet égard les partisans du véri'

table amour ^ que Plutarque et Lucien font parler dans leurs dialogues, protestent avec indignation contre Tinfamie qu'on leur prête ; ceux qui s*y livrent, assurent-ils, violent et déshonorent Tamour, qu'ils connoissent encore moins que les habitués des courtisanes.

Anacréon, suivant Élien, étant à la cour do Polycrate, tyran de Samos, conçut une vive afTection pour un jeune homme^nommé Smerdias. II le chérissait, dit Thistorien, pour son âme, non pour son corps. De son côté, Tadolescent avait une affection respectueuse pour le poète.

Et Plutarque a soin de noter à ce propos qu*il en est (le cet amour à faces semblables comme de celui que rhomme éprouve pour la femme : la jouissance est son tombeau ; il s'éteint aussitôt qu'il y a eu rapprochement et souillure des corps. Il regarde ce résultat comme fatal, et il cite des exemples de la haine atroce que l'objet malheureux d'un amour ainsi profané conçoit aussitôt pour le monstre qui a abusé de sa personne.

Il faut bien croire que cette théorie extraordinaire était entrée jusqu'à certain point dans les mœurs, quand on voit les hommes les plus vertueux de l'antiquité et les moins suspects en faire profession. Socrate, qui donna son nom à l'amour parfait avant que Platon lui eût donné le sien, faisait, nu vu et su de toute la ville, l'amour à Âlcibiade. Il lui enseignait la philosophie, lui reprochait son orgueil, l'arrachait aux séductions des courtisanes, le formait à la continence, et, par son exemple et ses discours, apprenait aux Athéniens à aimer la jeunesse et à la respecter. Il y a une belle leçon de lui dans le dialogue de Platon appelé le Théétèie. Théétète est un jeune homme sans grâce, au nez camus, aux petits yeux cn- Toncés, vrai portrait de Socrate, et qui est présenté et recommandé au philosophe par un citoyen d'Athènes, que ;e8 amis accusaient ironiquement, et à son ^v^tvà ^4^V^v

siVy A^ lue k MMMK ik ce tSw gM^Mi. àùcnte ii TlM«iète, le force par a» mir<lMOi de moplfcr w ligtmce, f jul resMctir soa baima nalurel, et lui iiu (k^.wi (oQl lô rnoode : Va, lo es beau, Tbéél la fiosâèdes la beaoté de Vàtae^ mille Cois plus p que ceiie do corps. Paroie digne de TÉTaDgile, frapper visemeol le» Alhéniens, ci que Piaton d*c garde de perdre.

(x>nïélias >qws, dans la vie d^EpanÛDondas, que, le roi de Peràe ayani eu desâein de Tacheter, don de CjÂi^ue, qui clail chargé de la commissic meuça p^tr mcllre dans ses inléi èu un toul jeune appelé Micjthus» quÉpaminoudas aimail de 1 cœur» quem iùm plurimùm dUigebai. Que fil Ihébain ? Après avoir admonesté sévèrement Tei leur du grand roi, il dit à son jeune ami : Pour cythus, reods-lui vite son argent, ou je te déi magistrat !... Étrange occupation pour des pédér jirècher à leurs giions, de parole et d'exemple, dciilie, rétude, le désintéressement, la chasteté, genres de vertu, et de les menacer du châtiment écartent!...

Dans une guerre que ceux de Chalcis sou contre leurs voisins, ils durent la victoire au co Cléomaque, un des leurs, qui se dévoua à la d*Arnold de Winkelried, à la seule condition de aupciravant un baiser de son ami^ et de mourir yeux. C'est Plutarque qui raconte le fait. Je vou voir si la chevalerie a produit rien de plus beau c chaste que ce Irait )f

Toul le monde sait que le bataillon sacré de (|ni périt tout entier à (lhéronv?e, était Tormé cents jeunes gens, 150 paires, donl Taniour auta /mlriotisme formait la discii)linc. J*avouc qu*il

pagne souverainement de voir dans cette ii^roîqiie jeunesse, formée à l'école de Pélopidas et d'Épaminondas, d'affreux initiés au culte de Sodome.

Une loi de Solon permettait aux esclaves le commerce des femmes ; elle leur interdisait Tamour des jeunes gens. Que signifie cette interdiction du législateur? L'esclave n'est pas sûr, parce qu'il n'est pas pur : je ne puis y voir autre chose.

Au reste, nous avons un témoignage décisif. Virgile, chantant le messianisme romain et la régénération universelle; Virgile, disciple de Platon, n'oublie pas cette é(mration de l'amour pédérastique. Son épisode de Nisus et Ëuryale est une imitation de Vamiiié grecque. Unis pir l'amour et par l'ardeur guerrière,

His amor unus erat, pariterque in bella raebant,

diUl des jeunes héros : Euryale, type de jeunesse splendide et de grâce vertueuse, que toute l'armée aime autant qu'elle l'admire,

Earyalns forma insignis viridique juventft... Gratior et pulchro veniens in corpore virtus;

Nisus, son pur et pieux amant, Nisus amore pio pueri. Usez aux 5* et 9« livres de l'Enéide l'histoire touchante de cet amour : on dirait un épisode du bataillon sacré de Thèbes. Et c'est après avoir raconté leur mort que le poëte s'écrie : Heureux couple ! si mes vers ont quelque puissance, votre mémoire durera autant que le Capitole, aussi longtemps que Rome tiendra l'empire du monde.

Pourquoi nous étonner si fort, après tout, d'un altaehement qui a des racines dans la nature même? Ne savons-nous pas qu'il existe entre l'adolescent et l'homme ftit^une iadination réciproque, qui se comço^f^ di^ u\\Vi^

seiiliincnts divers cl dont les effets vont bien au delà de ia simple amitié? Qu'était-ce que l'affection de Féoeloa pour le due do Bourgogne, cet enfant de son cœur al de son génie, qu'il avait créé, formé, la Bible dirait engendré, comn)c il avait créé son Télémaque? De Tamour, dans lo sens le plus pur et le plus élevé que lui donnaient les (^rocs. Fénelon instruisant le duc de Bourgogne» c^est Socratc révélant à ses auditeurs la beauté de Tliéétète, c'est Ëpaminondas réprimandant Micythuâ. Qu'il eût voulu mourir fom ce fruit de ses entrailles, le tendre Fénelon !...

J'irai plus loin : qu'était cette prédilection tant remarquée du Christ pour le plus jeune de ses apôtres (Jean, xiii, 23; XIX, 20, 27; xxi, 20)7 Je ne sais quel incrédule a pris occasion de ces passages pour jeter sur les mœurs de Jésus un odieux soupçon ; pour moi, j'y vois, comme dans répisod(.' de Nisus et Euryale, une imitation chrétienne do l'amour grec. Et ce n'est pas la moindre preuve à mes yeux qucraulour du 4* Évangile ne fut pas un Hébreu do Jérusalem, incapable de ces délicatesses , mais un hollrinste d* Alexandrie, qui connaissait son public, et ne trouvait rien de mieux pour vanter la sainteté du Christ que d'(;n faire un amant à la manière de Socrate. Nous calomnions les anciens, et nous ne voyons pas que leurs idées, ramenées à leur juste mesure , ont leur source dans le cœur humain, et qu'elles ont coulé jusque dans notre religion.

La distinction des amours et la différence de leurs caractères était si bien établie chez les Grecs, que nous les voyons habiter ensemble, sans se combattre ni se confondre : chose qui n'a pas lieu, assure-t-on, pour les sodomites. Achille a pour compagne de sa couche, kéiain^ Briscis, la belle captive; pour ami de cœur, Patrocle, son hétaïros» Aussi , quelle différence dans les regrets

SleardoMiot Pimu Bri(éiii.i] |il«ire,il jartikMpéw MktUn d de rtimmier ea Th«Malie', pour PAtradt, Haie MU •muriil, lue lloclor, oiMUcrn ta raptili cl Cide b pnw de Truie.

Isa» Itt |isMc« grec* qui ont ctunl^ Vimoat woi h téie h^pôrtaM ont ■nivi l'rtMnpk* d'IlfiiDin. tv ■B qaa h BilliTiltt d'AucWim ml Hi«]H<rl ; l'iaditiUm dn poôlc, dans Ut ptntrail qu'il a \nci d« ma ami. :lliMi tomber sur la pum^ de l'ariginal une ombre hetee; ma» combieD k feniimcni qiw Uaih)!!? lui ■pin l'emporte tar loutea h» (aoUUici de mallnm«i ! )tà da pluf nT»uni que i-ettr cliatiKin dr la oolombr MHtgèrt! Kt quelle riTorie dam ci^dcut cuu|>l«u,qua ■ tndMlciirs Bépareat oomma û c'éUicol deut odei : • «a»afchi»M, 6 fcamm, dt «■ dMU Bi lorga dPMfcbéi ; l*itellhni de rawa ■■■iJIll M Ma Mlute. Mam qai Hhidiin moa onir, iamndU par \m amoun* *• J- Kl .iiKiini B l'orobrc de B4Ui«ll*j le jtuot arbre ■ U <erdo]ii]ie cbevelure ; auprès de lui cuule H munnure la foo- Due de penuasioD. C'est li, voyageur ^puiM^, tjue je prendrai uHDouTeUe Torce... ■

Faut-il , pour donner un sent à ces vers si limpides et ^leodres, que je m'ingénie à y Iruuver d'homblea m^ 'iphores? La comparaison de Baltiylle à un arbre jeune el verdoyaol esl familière aux Urienlaux : ces vers d'.Vntcnon semblent traduits mol pour mol du [■wnimn I**, <' 3-4 : « Il ea sera de l'hcMiiiiie vertueiu , dit le I nifte, comme d'un arbre planté au bord d'one a nnle, et qui donne son fruit dans sa saisoa : ai ^G ne sécbera pas, et toule> ses œuvres seront p

Tout ce qui nous reste de Sapho se réduit à i deui odes. Dans la première, A tenuf, SapI déesse de combattre avec elle et de ramenei wn volage amant. Peut-Mre catle ode noar

meplWÊ uUtà du Mtttiménl , d ^e halhtd mhnm§ Mlil conservé la miivafltey A imeFêmmë.*^'. Je tfeMMj^hMidrai phÈ de la ttaduire; je croirais lioleTla BoAafe eUê-iÂMM. Mais je nie , pour Sapho comme pour Aitaorèoii ,* le seM que ropinioii commune donne à oos if#s. Ge qui m'étonne dans toute cette poésie socratique, plttoniqaê^ anacréontique ou saphique, comme on vottdra TappÂsT, c'est l'extraordinaire chasteté de la pens^ànasi bien que du langage , ^asteté qui n'a d*égàle que l^ardeur de II passion. M'explique qui pourra « dans i'it]i|Mliàaë d^m amonr impie» cet inconcevable tnélange dé tout oe qui la tendresse la plus exaltée, la pensée la plus sévère, la péé« f»e la plus divine » pounUenl offirir de traiUi pénétrants , d'images grairteuses et d'ineflkblè hafttonia^ É9m ee que la rage des sens aurait fait inventer de plus atrooe; quant à moi, une pareille alliance du eiel ^ de Tenfisr dÉiii mi même cœur me parait inadmissible» et jeTeate oonVaioea que, s'il y a là-dessoiw quelque horreur, «Ut «st toute nôtre.

' J'avoue cependant, et en cela je ne fais que suivre ma propre pensée, j'avoue que cet érotisme hêm^amuien, quelque spiritualiste qu'en soit le principe, n'en demeure pas moins un délit contre le drcnt mutuel des sexes, et que ce mensonge à la destinée, après de si beaux commencements, méritait d'avoir une fin épouvantable*

Un des interlocuteurs de Plutarque, celui qui défend là cause de T amour androgyne ou bi-sexueli fait à sOnadve^ saire, qui protestait au nom des sectateurs dii parfait amottr contre les accusations dont on les chargeait, l'objection suivante : Vous prétendez que votre amour est pur de tout rapprochement des corps» et que Tunion Ti'existe qu'entre les âmes; mais commcsl pniVil y avoir

làii*ilB*jftpM pcmewion ! C'atI eomanÉ m parlki itwatcaimr m fantiil mm libalion aoi éiin# <Ni i^i^nter i9/ti% ùàm à l'odeur des Tictimat.

A ee riiioiiMnaot , pas de réponte. Quelque opittin queToB ee b«e de la diatinciion dea eorpa et dea âmaa , Û rerte toujoura que cellea-ci ne a*unîaaent que par le rapprochemeol de oem-là : de oe momenl , Hionoélelé aal en péril.

Toul amour, ai idéal qu'en aoii l'objel, lel qu'eal par eiemple l'amour dea religieuaea pour le Ghrisl ou eeM dea moinea pour la Vierge, 4 plua îbHe raison l'amour qui se rapporte à un être TÎvani et palpable, reienlii nécai sairemeal daaa Torganiame el ébranle la aeiualilé. B y a de la 4él6Ctatîon amoureuse chei la jeune vierge qui caieaae aa lourterelle, et quel délire, on le sait lrop« aliame dana leurs aena oonsnméa l'imaginaiion dea mjsli* queai... Panrenn au somme! de Teropyrée , Taeiour eé^ kste^ attiré par cette beauté matérielle dont la contem- [>lalion le poursuit , retombe vers l'abime : c'est fAou^ la belle archange , amoureuse de SaUiu , qu'il lui suflit de regarder pour se perdre.

Telle est donc l'antinomie à laquelle l'amour, comme toute passion, est soumis ; de même qu'il ne peut se passer d'idéal, il ne |)eut pas non plus se passer de possession, ije premier le pousse invinciblement à la seconde; mais celle-ci obtenue, l'idéal est soiiillé et Tamuur expire, à moins qu'une grâce su|)éneure ne le ranime el lui rende l'équilibre.

C'est ainsi que chez les anciens la fennne se trouva |)ou à peu exclue du pur amour, et le mariage, malgré ses honneurs d'institution , tacitement réputé igiiuble. (liée parles sens et l'imagination, l'atnour, <pje ne soutenait pas une conscience vigoureuse, s'éteignait, comme un météore tombé du ciel, dans la mer morte du mariage.

Dès le lendemain des noces la femme «fiil panki mm prestige ; le lil ooiqngal twl englouti,, en une mdl, jon pucelage et sa virginité. Nalle poésie de VàmiBj nnUe tondresse du coMir , nulle surveillance des ams ^ne pouvait, aux regards d*un époux assouvi, réhabiliter eMe infinrtunée formée à la luxure par sa propre mère. L'ilhisioii irréparablemoit détruite, le dégcÀt devenait invincible. 11 existe de Sapho un distique dans lequel cette pensée est rendue avec une mélancolie profonde : c FIryMW, Virginité l ok f%ip4u que iu m'otenibiifies ?» Et la Virginité répond : < Pins jamais je m nimiirai mn M, plus jamais je ne fHendrai. »

0 France! tu étais vierge, quand tu posséda» la Justice, la vii^inité des nations. Et maintenant tu as perdo ta fleur , tu ne relèves plus de ton droit, tu as cessé d*ètre chaste. Tes enfants t'appellent prostituée. Qui te la rendra, ô patrie, cette virginité bienheureuse, qui te la rendimT...»

Puis, l*amour vit de sacriflces : sacrifice à la patrie par l'accomplissement des devoirs civiques; sacrifice. à la famille, par le travail ; sacrifice à la femme , par la continence. Ânacréon feint dans une ode que T Amour, voulant réprouver. Ta sommé de le suivre; qu'il Ta fiiit courir, à travers les forêts, les torrents, les montagnes , ^ que le dieu, le voyant épuisé et hors d'haleine, l'a finqipé de son aile en lui laissant pour adieu ce reproche : Tm ne peux pas aimer ! Qui ne sait endurer, ea effet, ne sait pas aimer : telle est la pensée qui ne bit que traverser le cerveau du poète. Gomment pourrait exister le sacrifice dans cette société basée sur l'esclavage, où toute liberté dégénère en tyrannie, où le travail est ea horreor, où la volupté se donne pour si peu de chose?

Une autre idée, un éclair brille aux yeux d*AnaciéoD. 11 volait à travers l'espace porté sur deux ailes , quand VAmour, avec des bottines de plomb , se met à sa pour-

suite et Tarrète en trois pas. Que veut dire ce songe? Les jeunes filles le fuient, les femmes se moquent de son front dénudé, les jeunes hommes lui reprochent qu'il ne sait plus boire : s*il terminait sa carrière amoureuse par un amour constant?... Mais ce n*est qu'un songe: comment serait-il constant, lui pour qui l'amour multiplie et pullule comme les têtes de l'hydre ?

Sans chasteté, sans sacrifice, sans constance, point d'amour entre l'homme et la femme. L'Hyménée, ce gardien de la vie^ n'est plus qu'un dieu pénible , le frère chagrin et détesté de l'Amour.

Alors le cœur, de plus en plus vide, demande à la fantaisie ce que la nature lui refuse. De là, Y amour céleste des anciens philosophes. Mais, en amour comme en toute chose, l'idéalisme c'est l'absolu, et l'absolu n'a pas de limite. De l'idéalisme proprement dit l'imagination passe ^ un panthéisme erotique, à ce que Fourier, dans son st;le métis, appelait omni-gamie. Tout le monde connaît cette ode délirante, tant de fois imitée, où Ànacréon dit à sa maîtresse.

« Que ne suis-je ton miroir! je te verrais chaque jour. Que ne suis-je ta tunique ! tu me porterais toujours. Que ne suis-je ta ceinture ! je te ceindrais tous les jours... »

C'est bien mal comprendre Ànacréon de ne voir dans cette pièce qu'une fantaisie galante. Le panérotisme qui l'inspire éclate ici dans toute sa force. Cet amour suprême, qui débrouilla le chaos et qui anime tous les êtres, n'a pas besoin, pour jouir, de la forme humaine. Pour lui , les règnes, les genres, les espèces, les sexes, tout est confondu. C'est le cygne de Léda, le taureau d'Europe, le laurier de Daphné , le jonc de Syrinx , le tournesol de Clytie, la rose d'Adonis. C'est Cénis , changée de fille en garçon ; Hermaphrodite, à la fois mâle et femelle; Prêtée, avec ses mille métamorphoses. Sut uiv \\^\. âl ^\%^wV

ciselé , Anacréon représenta Vénus voguant sur la mer , et autour les poissons amoureux qui viennent becqueter le corps de la déesse et la chatouillent pour la fiiire rire. Théôcrite va bien plus loin : dans une complainte snr la mort d'Adonis, il prétend que le sanglier qui le tua d'un coup de croc ne fut coupable que de maladresse; le pauvre animal voulait donner un baiser à ce beau jeune homme, dans le transport de sa passion il le déchira!... Quoi de plus! La sodomie, plus affreuse, dit Plutarque^ qu'un sépulcre ouvert, la hideuse sodomie, cas particulier de l'amour idéaliste et panthéistique, longtemps avant Socrate désolait la Grèce. La logique du crime, chez les Syriens, les Babyloniens et autres Orientaux, n'avait pas eu besoin de cette déduction philosophique pour arriver, d'un saut, de la vision de l'idéal à la perpétration du plus grand des forfaits. De bonne heure la religion, commençant par où la théorie devait Gnir, avait fait de la pédérastie un de ses mystères. Tant il est vrai que l'absolu, sous toutes ses faces, est, par l'idolâtrie qu'il inspire, la cause de toute hypocrisie, de toute dissolution, de toute décadence. Et de quels rangs de la société sortent donc les infâmes que chaque jour une police trop peu sévère défère aux tribunaux? Sont-ce des paysans, des ouvriers, des hommes de pratique et de travail? Non, ces gens-là ne sont pas assez, avancés dans le culte de l'idéal. Ce sont des raffinés, des artistes, des gens de lettres, des prêtres.... 0 vous tous, jeunes hommes et jeunes filles, qui rêvez d'un amour parfait, sachezle-bien, votre platonisme est le droit chemin qui conduit à Sodome.

J'ai dévoilé le sophisme qui perdit les Grecs. Viennent maintenant les Romains, avec leur débauche titanique, et là société va être engloutie.

Le Romain, esprit positif et sévère, impitoyable comme Eon épée, n*a pas Tair de. s'y connaître. V Alexis de Vir^ {lie, imitation de Théocrite, est un exercice de poète phiU iiellène, pour l'amusement de la. fashion de Rome. Tous les traits de cette églogue sont tirés du lieu commun : c'est lin nom de garçon mis à la place d'un nom de Jeune fille. Virgile se met à la mode, voilà tout. Cest bien pis du Ligurinus d'Horace; on dirait le singe de Rathylle. Cicè- Fon se permet quelque part, sur ce honteux sujet, .une plaisanterie qui prouve tout juste qu'il n'est point initié à la chose. Ne cherchons pas d*autres citatîonsr Je4ie pnis> dire si Trajan, qui fil faire ('apothéose de son Antiiipûs, avait poussé jusqu'au bout la délicatesse de Sooràte at d'Épaminondas : je le voudrais pour sa gloire;. ce qui est sûr, c'est que les Césars, à l'exception peiit-étre de Tim^ bécile Claude, furent tous, au rapport de Suétone, ^bb infâmes.

A l'exemple des empereurs, sénateurs, chevaliers, plé^béiens, tout le monde sodomitisa. Car, dans cette Rome impériale, il fallait que tous, riches et pauvres, jouissent comme César : l'ordre social était ^ ce prix. Déjà nous savons que la femme, comme la frumentalion, le bain,le spectacle, chose de première nécessité, se délivrait jt peu près pour rien. Mais oa n'était plus assez que la femme. Un immense commerce dç mâles se faisait par tout l'empire pour les. joies du peuple-rpi, une vraie conscription, dont Sénèque se lameqte ni moins ni plus ]ue s'il s'agissait des dîners à cent mille francs par. tête li du vomitoire^ Transeo puerorum infelicium gruges ^ igmina exoleiorum per nationes colore$que descriptay 1U0S posi transaeta convivia^ alice ctcbicuti oentumeliœ '.xpectanl. C'est ce crime de lèse-humanité que dénonce l'Apocalypse, lorsqu'il montre la nouvelle Rabylone sous la figure d'une courtisane qui porte écrit spr Iç (roui ;

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