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ditoir. rwlrf de nlMbelK» wmw.
■lia> d'âne Tolnpl^ indUbl^, Bif«nK« <ta m i lukUnU), l'tbntWb penonne do l'ubjct aitiH^ ; «H* Ml | km ncriSa- pour lui, dl« t'en Uii I'oscIum, cita ■ pu» m ànwâti. Tout amant «t iJoUiro M l |mMI lONHMia de lai-mème : c'»i alors qu'il i ^t • d'oM ubim ■tiw, oootinue, tn«iobbl«, •^iprntilp, tUaiéê dtlH It ■lililde, loin dN homaM-* ri il<>> itimn*. C«t r«MW U fM l'^çrouvenl l« ieuiM homme, la feunc flllt. A IMIM ID'IUK aptritaet précoce ou d« •unlîilfs •talnta M lu ■IM défnrét; td que t« poi-t» h !'■< rnwilMtlfl wol i k peiHdre, pour i'cwwwDwK, U éémfttm tt W m tird ta déprraliM dt cHto ^MMM.
Kait oou» ne rtfterwM (M )amptmft daiM '« «#'|4t*fwf
(K UtilCûlc, Tidiil t'tmrrée. Lm itiwnwxf.t ,(.•'««> rtw panitf, lo«l MM l«*l. M dwitr*. U i^rv/i. i. -m tfflwtaM a eoBBtaci. La «sm r«Mi0«ii«r^ '»« ^C-^f pour relMir Timm dM» Folan . U rM«<A ^t-.-..^ ■• nxigil: t> tts^. M fdai fr^AMrf «« a '.a-v «.w^ ^o*
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les deux sexes Tamour, qui n*en peut mais. C'est Yl sujet des élégies, héroîdes et lamentations amoui auxquelles toutes les littératures accordent une si | place, et dont il serait temps d'abandonner le thèt trop battu : car vraiment , depuis l'Ariane abanc des mythologues 9 il ne s'est dit absolument r nouveau.
II est vrai que, l'homme ayant le privilège de sur sa propre génération , l'amour chez lui est capable suite de reprises , comme si l'amant heureux , en nant à la vie, ressuscitait du même coup à l'amoui ces reprises n'égalent jamais en qualité et en pui la première explosion ; elles diminuent progressif d*énergie passionnelle et idéale. A l'enthousiasme p succède une expérience de volupté et un prurit d< qui d'abord font illusion, mais qui bientôt dégénèr une habitude tyranniqueet tournent à la dissolution . l'idéal tombant toujours, une vague inquiétude s cœur; il semble à l'âme qu'après avoir tant aimé retrouve vide; et tout à coup, sans préméditatioi songer à mal, le plus vertueux des amants se sni en flagrant délit d'infidélité : il a découvert, ch< autre créature, un nouvel idéal.
L'inconstance en amour est dans l'ordre mon choses, et tout homme sans exception l'éprouve, ment cette inconstance est plus ou moins longu déclarer, soit que la qualité supérieure de l'objei ou la rareté des rapprochements maintienne l'i à son avantage; soit que la puissance d'idéalisal Tamant, son caractère, ses occupations, le rendei réfractaire à la tentation d'un nouveau sujet. M] première infidélité commise, la voltige devient po niour une ressource obligée; et plus l'idéal se reno plus la lubricité devient intense.
(m (mit JDSef d'a|iri» tti» *k U «>trut 4* cp lÊf*^ vMl^ |Hf U liuénUin.' du )«ir cuniM In ■ l'amuiir ni de l'idéal, diio Juu, par eunpb, Ml < ho^ Monle i port, de IcU film éhuI dn b^^rm < Ucillîlé. En fait d'unour et J'idùal U |>uiiHiic« ■'»• |vb àai la f (rili|e, elte eri dan» la pcnûUncc oi rttduawn i f n'ù pat baauin d'en répéti^ le» motiTa.
Hoina apMuite m stuour qiw l'Iiotnna tt rar*t»4 . |Ik qi'dle m dépcnat, la Trininr m monln aw»! fini j.WnitaBle. mus parW ik cMlf auU« anaidémUaM ^M I bqse l'Hre le plu* biUe ■'allariK au ^Iih (uri, U wÂr* ' iruunir de u uaterMè. Aum ka cm dn inlyuHMt BM-ili intloinieiil iilot r m que ena ^ luIycMM», 4 htUfntatiun «lui naU d. lIocaMtaoi* fWili-«Wa ilM i^ide el plus pnioadc d ai la temmt.
Voilil'uMMir.ld qu'il « pradoil ta «mw »«r k 4é»^ llppaiatt de la facolié fimimnoe r* ToalMw» Mto^ linc,.lcç;v.- î.i ■..■i(..., -: . . : 'k aolMT 4m« ra»aisosnenl les roinanciert ïl It- («oHrn t^/jr-> > ^ ^ .u s'il but ea CToire l'ufrirîU'x. 6*. um • f.j- •- > •>*,«. |nagÊ(loul«ji d'un («eti; &.*Lir- ;- ,• v>, ,. '.y.» sioousdc^oD& aïoir ê^^*: *..t^. 4 •:-^-. ■-•v ■ . n,-,. litude de ceux qui hom^: . ',i^ ,\/j: ^, ■.. . y.-^ puisante fatalité u n^/^-x ^ ...^ .• . . .■- , trouïé lesetret d'ijticafjr -1 --.j- . . r»> . ,■. . CMscieoce et d'*ii-i.i-jr- .- - ■ •
ie parlenu kiiv^ur- ;,.: t. .^ , - . ;-*.-.- ■..iMriage a ofb-.>ei<En*^si >-.- ^. '.■
sur/isede J.:--, 'Ju^.; .
Weise lOUiti J-r r..:.^.,.. ... , .
rifur,'-!, Ot uar:i;;> -,- .,
[lOre ou d' wjl n.a- .. c . .....
par les légistes en faveur de rinstitutioDy il n*y a, si j*ose le dire, qu*un cri contre ces petits malheureux. C'est plus qu'une charge; c'est, avant, |)endantet après Tenfantcment, une gêne à Tamour, gêne que leurs innocentes caresses sont loin, hélas! de racheter. Car à l'amour proprement dit la progéniture est odieuse : il n'est pas rare de voir les animaux et les hommes s'en défaire, lorsque leur lubricité ingénieuse n'a pas su l'empêcher. '
Devant cette complication d'embarras, provenant, soit de la défaillance inévitable de l'amour, soit de la faiblesse onéreuse de la femme et de la fragilité de ses attraits, soit cnfm de l'alimentation plus onéreuse encore des enfants; en présence de cette lassitude inévitable, de ce mécompte humiliant, de cette dépravation imminente, ie cette tyrannie du plus fort qui attend la femme, de ce péril qui va frapper une malencontreuse progéniture, on devine (jnel a dû être, à toutes les époques, le vœu du cœur humain, et ce qui a donné naissance à l'institution mystique du mariage.
L'amour : On le voudrait réciproque, fidèle, constant, toujours le môme, toujours dévoué, toujours dans l'idéal.
La femme : Quelle belle créature, si elle ne coûtait rien, si du moins elle pouvait se suffire et par son travail couvrir ses frais!
Les enfants : On s'en consolerait, s'ils ne gâtaient pas la mère, si l'amour et ses plaisirs n'y perdaient rien, si plus tard les enfants pouvaient rembourser les parents de leurs avances.
Or, le mariage, dans la spontanéité de son institution, a précisément en vue de satisfaire à ce triple vœu : c'est un Sackement en vertu duquel l» l'amour , d'inconstant Que Ta fait la nature, serait rendu fixe, égal, durable,
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compœiulrc et de la juslifier. Suivons-la donc, et sans nous (étonner de sa niaix^he énigmatique, recueillons ses dt^claralions à niesuixî qu'elles se produisent.
Au nom de quelle puissance le mariage prétend-il dompter Taniour, Siuiver Thomme des ennuis de la possession, des tribulations de la chair et de Téclipse de ridt^al; puis, pri>tcger la femme déflorée, et assurer IVxislenoe des enranls?
Au nom de la Justice. Si Tamour, ainsi que nous ravons expliqué ailleurs, est plus fort que la mort, la Justice i son tour si'ra plus forte que lamour : telle est la donnée du mariage.
Oci résulte d*al>ord des conditions, formalités et cérémonies matrimoniales, telles qu*on les voit se produire ou qu'elles tendent à se produii-e chez tous les peuples, et dont la substance peut se résumer dans les articles ciaprès :
1. Le mariage n'est pas abandonné à TincliDation amoareuse. qui nVst point éearttH?^ mais que l'on considère comme étant seulement de second ordre;
â. \sO consentement des familles est demandé en même temps que celui des époux;
3. La société prise à témoin^ d'abord des promesses, fianr {^ailles, puis de l'engagement;
4. l ne cérémonie solennelle, religieuse, réalise le mariage, et eu fait un sacrement ;
5. Par cet acte sacramentel, incompatible de sa nature afec toute idée de polygamie et de divorce, les époux se jurent réciproquement un amour inviolable et perpétuel ;
C. Le mari promet protection et dévouement, la femme obéissance ;
7. Ainsi conjoints sous les auspices de la famille et de la cité, les époui forment entre eux et avec leurs futurs enfants
— su —
tt iwit juridiqiw «1 wbdaira, tabnim, ihmib cl (nalr ih> b gnsde mcmV, 4ool la deatiaét cit «fit <!>• U EuUlk.
oiinroiiaMi. La coluttitilioa wit le intritirf ; nw de ni 1K faBWur qui U reiiii iléursye H l'wlidlil, re n'ed ^ ■■ MHin 4Mrt IM <foi» oM k *Ml #flHr OU de R'HV pi^
I ipi'ellM MMl II imeipe «kos l« muùgc «I qu'clks liii lonmil d'ci udcbon; btfn même que k niarUgc m' )>uum- ctitUr h ■rccrUiflc OMOniuiuut^ de fuclune* ri d'oMigaUcin*, de duu* lltmet dt joies, cotuoriium: l)ien enlin i|(ie n> «lit il'a{irff la lipede b Cunille qa'aienr i-U- fonti^ ]vit U *ui(? Ic« «orj^tà flfik», Gonme de lelln loci^ff, rnlrr hiimmi-x ri (nnnm, fOmUvuMertuiiDarUge.HIe* ne font puplui le tuuitg* f^raMonr m b cohabitoiioa.
U ■vmga, en nn mol, «st une coositltution tuf ;»• Hrf(, EonnM loat i ta fois au br cit^eur |nr la oontnt, H (or inf^rifur lar le Micri-incnt, et qui pirrit aunildt qoe IW ou l'autre de c« deux cU^enU disparaît.
Ce qui Trapi-cdans celle institution mysléh-'U!*, c'eil sunoul, je ne saurais trop le redire, la pnl-lention hauioiDCDt arouée de KHimellre l'amour, do le placer, Klon l'apres&ion de lu lot romaîiiL-, In manv, c't.«t-à-din ilus lu dépendance et sous l'aiituriti! dti coupla conlugal, et cela par une sorte ilVïocatioD n-ligieusê. iia uorcisme qui purge l'amour de toute la«civclé et débil» laocff, relève au^c&sus de liii-nn'tne, «l en Tatt un «entiment sumaUirel.
Je laisse de cùlé le détail di-s ritLts qui, en rhaque pnyt d cJiaque lucdlité, précèdent, .iimmp.iptfiit <j[ suivent la solf-imilé du m,iiiav<- '. il y «n a di- t.jui^lianls, de bigarres, de ridicut-:s, d'obsct>nt!S- h: passe i-^ali-riu/iil -ous sileoce les diverses uiltrprélatioiii que l'un a dunnécs du
sacrement, soit quant à Tautorité maritale, soit quant aux prérogatives de la femme, à l'honneur dû à la mère de famille, etc. A travers la variété inflnie des usages, vm chose ressort constamment, savoir la pensée de maitriaer l'amour par la religion, et, par une conséquence nécessaire, de rendre le mari, malgré sa prépotence orgueilleuse, que l'on a soin de reconnaître, toujours empressé pour sa femme, la femme, malgré les disgrâces qui l'attendent, toujours aimable pour son mari.
Est-ce donc là une idée qu'il faille mettre sur le compte de la superstition, et qui ne mérite pas plus d'occuper k philosophe que les enchantements, les philtres amoureux» les talismans qui rendent invulnérable ou invisible?
Ne nous hâtons pas, encore une fois, de porter une stMublablc condamnation. La religion est essentiellement divinatrice : c^est une mythologie du droit. Or, le mariage est avant tout un acte religieux, un sacrement; je dirai niêine, sauf interprétation, qu'il n'est pas autre chose (pie cola. Pourquoi donc ne pas supposer, ainsi que je Tai donné à entendre, que le mariage est de toutes les manifestations de la Justice la plus ancienne, la plus authentique, la plus intime, la plus sainte? Notre expérience de la vie est déjà longue ; mais nous avons si peu réfléchi que notre science de nous-mêmes est à peu près nulle. Que savions-nous, hier^ de Téconomie sociale, de la constitution de TÉlat, de l'organisation du travail, de l'édit cation de l'intelligence, de la liberté, du progrès? Que savions-nous de la Justice elle-même? Nos premières lueurs sur toutes ces choses datent de la Révolution française : par quel privilège eussions-nous été mieux et plus tôt éclairés sur le mariage ?
Je dis donc, et. telle est mon affirmation fondamentale, que nous avons ici une création de la conscience d'un nouveau genre, création ayant pour but, non-seulement
pour ne pas dire exploité? Commenl ce maître superbe s'est-ii fait le législateur et le garant d'un tel marché? Çu'en espère-t-il? qu'y trouve-t-il? Voilà ce que les partisans de Tégalité des sexes devraient au moins nous apprendre, avant de déblatérer contre celui dont tout le 3rime fut d'abdiquer sa force, en inventant, pour la lemme, le mariage.
Dans tous les actes, soit de sa vie privée, soit de sa vie publique, l'homme tend à sauvegarder sa dignité, conséquemment à réaliser, en lui et hors de lui, la Justice.
Dans les relations amoureuses il y aura donc toujours, à un degré si faible qu'on voudra, tendance au mariage, à la consécration de l'amour par l'honneur et le droit; et cette tendance, proportionnelle à Fidéal inspiré par l'objet aimé, acquerra son maximum d'intensité au moment qui précède la possession.
Ici nous commençons à entrevoir le motif secret qui conduit l'homme au mariage, motif qui déjà va nous expliquer deux choses : la première, pourquoi le mariage à son origine revêt un caractère aristocratique; l'autre, pourquoi chez les anciens le concubinat et l'amour vuU givague furent réputés moins indignes, moins honteux qu'aujourd'hui.
Le mariage, par son institution, est aristocratique : on ne l'a pas trouvé chez les insulaires de TOcéanie, vivant, lors de la découverte, dans une égalité édénique; puis, chez les peuples où le mariage est déjà établi, mais où l'esclavage et la polygamie existent encore, il faut distinguer entre l'épouse et la concubine, la première do imissance libre, c'est-à-dire noble, l'autre de condition ser- ^'ile ou plébéienne. De là une différence radicale des prérogatives : pour l'épouse seule, il y a des (lati<;avUe!%^
si toutefois il n'est condamné par le juge. L'amende, Teiil^la mort même, seront les peines de la débauche, p (Franz di Champagny, les Césars, t. Il, p. 301.)
Nos lois, qui n'adniellenl raction en adultère que sur la plainte du mari, ne sont-elles pas sous ce rapport audessous de celles des Romains?
Au reste, le lecteur comprend que je n'entends point faire un titre au libertinage de Thomme de l'espèce de prérogative ou de tolérance que lui ont généralement reconnue les lois, ou, à défaut des lois, les mœurs. Je constate simplement ce fait, dont la portée est plus haute qu'il ne semble au premier abord, savoir, que dans l'opinion de tous les peuples le mariage est institué principalement en vue et dans l'intérêt de la femme; que, sous le double rapport de l'économie et de l'amour, l'homme perd à cet engagement plus qu'il ne gagne, à telle enseigne que les restrictions dont la liberté de Tépouse est entourée, la retraite qui lui est imposée, les peines, paN fois atroces, dont son infidélité est punie, doivent être considérées bien moins comme un abus de la force que comme une compensation du sacrifice marital et une vengeance de l'ingratitude de sa moitié.
Sans doute une pratique mieux entendue de la vie conjugale rassérénera le ménage et y mettra l'équilibre; mais ne nions pas ce qui d'abord éclate à tous les yeux, le sacrifice énorme que fait un homme de sa liberté, de sa fortune, de ses plaisirs, de son travail, le risque de son honneur et de son repos, à la possession d'une créature dont, avant deux ans, avant six mois peut-être, je raisonne au point de vue de l'amour proprement dil, il aura assez.
Comment donc riiomine est-il amené à ce pacte où sa prépotence devient serve de la faiblesse; où, tandis qu'il cioil [)osséder et jouir, c'est lui en rculité qui cbt |H)ssédé,
« Virginie, fille d'Âulus, avait été chassée par les matrones es sacrifices u la Pudeur patricienne, pour s'être mariée à un plébéien, le consul ^olumnius. Irritée, elle rassemble les plébéiennes dans un lieu où elle Tient de placer un autel. Après i¥oir raconté son injure : Moi, ajoute-t-elle, je consacre cet lutel à la Pudeur plébéienne, afin que la même émulation qui existe dans la République entre les hommes pour la valeur existe aussi entre les matrones pour la pureté. Faites donc que Von dise à Tavenir que cet autel est plus révéré que l'autre, et par de plus chastes. » (Tite-Live, 1. x.)
Ce n'était pas assez pour la dignité matronale d*ètre mariée et d'observer les devoirs du mariage, il fallait l'avoir été selon le rit sacré, justificateur, supérieur à la convention civile per œs et libram, autant que la religion elle-même est élevée au-dessus de rintérèt/ L'idée était louable, car elle venait d'un sentiment exquis de Thonneur de la femme et de la dignité du mariage; les sévères pa« triciennes avaient raison au fond : elles ne se trompaient que sur la forme. Cette vertu de justification que Ton demandait à la cor^arreatiOj en l'accompagnant de supplicalions et de sacrifices, cette légitimité du for intérieur» tenait-elle donc à une cérémonie matérielle, à quelques formules de prière? Le bon sens répugne à un semblable fétichisme, et le législateur latin, d'accord avec l'opinion, a donné raison sur ce point à la femme de Volumnius. La confarreatio, qu'aucune raison positive apparente ne protégeait, tomba peu à peu en désuétude : c'est le sort de tout symbolisme inexpliqué ; la coempiio disparut à son tour par une cause semblable ; et Vusucapio s'élevant d'un degré, le consentement public des parties suffit à la fin pour la validité du mariage.
C'est en haine de cet esprit aristocratique que Platon, dans sa République, abolit le mariage et rendit les femmea communes. Dans son opinion il ne les avilissait pas ; seu- ^^ment, comme il ne découvrait dans la diftUtvc.V,voti À^%
un conlrat, des noces Icgilimes, des privilèges, des droilSi par-dessus tout le respect de la cité. Quant à la concih bine, après avoir servi aux plaisirs de son propriélaiit, elle redevient sa servante, elle lui sert de chambrière, A boulangère, de parfumeuse, dit le Deutéronome à propof du statut royal dont .il menace les Israélites. Dans k Décalogue il est défendu, par un seul et même comnuui' dément, de convoiter ni la femme ni la servante (conçu* bine) du prochain. Mais les conséquences de l'infractioi sont bien diflcrentes, selon que la femme est libre oi serve, épouse ou favorite. Dans le premier cas, pein de mort; dans le second, peine du bâton.
Mais nulle part cet esprit aristocratique ne se monln avec plus de force que dans les cérémonies du mariage ro main , selon la classe à laquelle appartenaient les époux
Il y avait d^abord la confarreaiio^ ou banquet sacré seul connu dans les premiers temps et dont Tusage fu ensuite réser\'é aux patriciens; puis vint la coemptio, oi la vente, établie par Servius Tullius, pour la légitimatioi des unions plébéiennes; enfin, Vusticapio^ possession d*ai et jour, lorsque la femme était étrangère, sans pareal qui la pussent livrer. Au fond, ces trois formules de mariage produisaient les mômes effets, quant au for extérieur, pour la femme cl les enfants. Mais il s'en fallait de beaucoup qu'elles eussent dans Topinion la même valeur quant à ce qui touche la partie la plus délicate du sacrement, à savoir, la dignité de Taniour, Thonorabilité de la femme, la sainteté du lit conjugal; en autres termes, le for intérieur. A peine si la fière matrone admettait qu'il y eût de Thonnèteté chez la plébéiemie, mariée par une vente fictive; à plus forte raison chei rétrangère, prise, pour ainsi dire, à Fessai, exposée au risque de voir la prescription annale, son unique espoir, interrompue par un caprice de son possesseur.
christianisme, l'antiquité avait eu le sentiment profond de ce fait, et, tout en élevant haut la dignité matrimoniale, elle avait essayé, par sa tolérance, par ses coutumes et ses institutions, de racheter Tindignité de l'amour libre.
En dehors du mariage aristocratique et solennel, les Grecs admettaient, pour les cas où le mariage était censé par une raison quelconque impraticable, un concubinat qui n*avait rien en soi de dégradant, bien que la femme n*eût aucuns droits légaux et que ses enfants ne pussent tenir lieu des légitimes. La femme de compagnie, hétatray n'était pas infâme; privée des honneurs de l'épouse, elle l'emportait souvent sur elle pour la fidélité, la chasteté et le sacrifice.
La fameuse Briséïs, cause innocente de la querelle entre Achille et Agamemnon, était, comme Chryséïs, la fille du grand prêtre, de captive devenue A^^a^ra. Quoi de plus touchant, de plus décent, que les larmes de cette jeune fille, quand elle se voit enlevée à son Achille, le maître de son cœur et de sa personne? Comparez ses adieux avec ceux d'Andromaque, l'épouse légitime d'Hector, et vous trouverez dans la différence des tons du poêle la différence de condition dés deux femmes, mais rien qui trahisse la moindre idée d'avilissement. — Alcibiade, réfugié en Asie, vivait avec une hétaïra quand il fut assassiné : on sait avec quel soin pieux elle recueillit le corps de son ami et lui rendit les derniers devoirs. — Les Dix mille, de la fameuse retraite, avaient chacun leur femme de compagnie. Ces femmes les suivaient dans les marches et sur le champ de bataille, préparant leurs repas, pansant leurs blessures et leur ridant tous les services d'épouses dévouées et fidèles. Religion à part, croyez-vous. Monseigneur^ que ces femmes ne valussent pas, pour rhérbfsinë, nt)s sœurs de ChanVfe, v\c»\\\. \vi
ministère, je le sais comme vous, cesse à la convalescence du malade? Croyez-vous que le cœur du soldât ne se sentit pas plus fort, soutenu par cette pieuse et
gratuite tendresse? — Âspasie, que nous qualifions
injuricusement de courtisane, était la dame de compagnie de Périclès. Aristotc, Platon, les philosophes en général, étaient engagés dans des liens semblables : jamais il n'est venu à la pensée d'un Grec d'y trouver matière à critique et à calomnie.
L*idée que la condition de Thétaire, illustrée par ta poésie, la philosophie et Thistoire, n'était pas incompatible avec une certaine dignité, inspira l'empereur Auguste, lorsque, trouvant les Romains rebelles à l'antique conjugium^ il donna un titre légal au concubinat, et éleva à la hauteur d'une institution publique ces unions libres, que la gravité des vieux patriciens avait toujours refoulées, et que multipliait la décadence des moeurs républicaines. M. Troplong {De iHnfluence du christianisme sur le droit civil des Romains^ in-12), accusant cet empereur d'avoir précipité la dissolution des mœurs, a également méconnu l'histoire et le cœur humain.
Le mariage, pour des causes qu'il est aisé de deviner, et malgré les facilités qu'offrait le divorce, si largement pratiqué dans les derniers temps de la république, était devenu onéreux à tous les points de vue; la plupart recouraient à des unions où la liberté, l'amour et l'économie trouvaient mieux leur compte. Auguste régularisa ces fnœurs nouvelles en créant, pour ainsi dire, l'état civil du concubinat, et selon moi il fit une chose morale. C'était le mariSge qui renaissait sous un autre nom : il n'y avait qu'à laisser faire au temps.
u Ce qui différenciait le conoubinatus du mariage légitime^
p, e'm <iiir par ce nwrim n e inc Ivfui'tlr' 11 M mariait pM »iMe ipula tuwrl, miM il \a pnm T i litn dit femne H de amcubio*. Lr* ctiAÛtt ^ aient de ce nwmie n'anieol pu ki droiu de llkniU», m ^teieol pMiMiMUhrrij ikn'MurnI pu iM^miiDoiDi hélirdt. Oe lei eiiîteleil b&«r< mIwWm. mt appcbii notai et ternit )m obaU qui JUÎPel vf» mt teurlo cl J'uDtulM dff— dmii ^WÊxn, Cimttat lit tiutriagt.',
■ Soiu rnoperrar Jutlimpo le conruliinafii n'élail poiM racorv tboti ; il était pennia d'iiaif nor ronruluM. * (Mnui', XkkmI ilf juriijT.)
(V. auaei ih'^Mif, t XXV, tii. vti, Dw r»nritbi»ni Aix»- QKUilfaA* eUiftiM, Itr. IV, chap. iit.)
LlMnae narié ne pooTiit avoir de coDcubiiw : le tmmtnte leqndle il iTail elon commeroe Mait nun. Virgile, deaa n Kàoo, me panlt auwî avoir fait alht- ■sa A h ooatmiM bomériqoe de YkétafnU ; et c'eit A iDon avis tramai entendre ce poT-le, que de comparer les amours de la reine de (^arlliagc avcr celles d'une pétheressc de notre temps. Plus s^ivcrc qu'Auguste, cependant, Virgile se fiariic tii'n dVnnotilir If conciiliinat, et s'il a rendu Dtdoii si trmulianlc, i;'a i-U' pour relever d'autant la pudit-ilé nintronale, re|>résenlé<! |>nr l^vinic. L'ËDéidc était le chant du droit romain, roinmc l'iliadi^ et l'Odyssée avaient riR le cliant dn dmit ltoc, une (Piivre par conséquent de liante moralité [itihliquc. I.cs convcninces épiques ne permettaient à Virgile ni de laisser croire qu'il mil Icconcubinal au niveau du mariage, ni de Sf livrer à une description ('Trtlii|ue qui n't'ût pas trouvé son ûïcuse dans la conscicm i- publique olle-mi'me.
Remarquezd'abord que Junon, la chaste et sfvcro déesse, [iréside à l'union clandestine de Didon, union qu'elle se [iropose de changer en un firme et légitime mariage : Connubio jun^am eUM'i pn .pria nique dirnbo,
^.ii;:: Àiitn «^compiles sur la (lit! k)ll:■r^I^é, envoyé auprès '.■■ i'^: jSiTLçeaienl, déjà le ■ ii:!in', ;-"Eii«e lui-mËme, ;- ii'.!]iii !>'■: ~:oux que de se 1 iiiiii-i IL :,--n;!nc de Troie à ,:( :!ii-*. iif.; aÏDsi espéré i .;:ii!? :::-u r^ tfommalion si :.i,(i; i. ;;L^, c'.ïe le dit for-
.'.".■ic^ ionire des .'l.^l.^~-:s4 promise; L-: -iTii;;. et qu'il
. ^ituÀnar <t i ki]
-.:7s saut un acte
i une ' reluder m.
i'bintei.
Lille '■
une passion dépitée, sonl'celles d'une compagne sacriée, non d'une femme trompée ; à cet égard, elle est si >in d'envisager sa faute comme nous le ferions aujour- 'hui qu'elle regrette de n'avoir pas au moins un enfant. le son union passagère : .
Çi quU mlhi parvulus aulà
Lu^eret iCneas ;
4ée qui certes ne viendra jamais à une libertine. ;
Au surplus, j'ai fait connaître ailleurs la raison pé^ lllique et sociale de cet épisode de TÉtiéide. Virgile, en admettant, avec Homère, Platon, Âùgnste lui-roémr; une certaine honorabilité dans le cojiciihinat, a voulii> surtout glorifier le mariage romain, et réprouver .6n conséquence la dégradation de la majesté impériaie dont s'était rendu coupable Antoine , par son conçubinât avec Cléopâtre. N'oublions pas que te triumvir, après avoir répudié Octavie pour prendre la reine d'Egypte, répond à Auguste : — « Quel mal fais-je? < Cléopâtre est ma femme. En peux -tu dire autaol; «de Tortulla, de Térentilla, et de tant d'autras que « tu courtises contre tout droit et toute pudeur?...^ Koviron cent ans après la lecture que Virgile Gt dà son poëmo en présence d'Auguste et d'Octavie, U femme délaissée d*Antoine, la tragédie de la fonda** Irice de Garthage et du héros troyen se jouait au naturel entre Titus et Bérénice, dont le conçubinat, non l'amour assurément , blessait si fort le soldat r(H main. A une époque où le mariage solennel tombait en désuétude , la qualité de concubine ou hétaire était un pas vers la dignité d'épouse : cette transition , que noire civilisation rejette , me parait avoir été , après la chute de la république romaine, le principal soutien de la moralité dans les relations des sexes.
Mais, si lo mariage était redouté du grand nombre en : raison du décorum^ des charges domestiques, des prétcn« tiens de la matrone, etc., il n'était pas plus facile, et par des raisons analogues ,.i\ quiconque Teût voulu, de so donner une concubine ou hétaïre. Que faire alors?... Le paganisme avait osé se poser la question : il faut voir la réponst».
1 /homme a besoin de s'honorer jusque dans le péché. Je n'aime point, je l'avoue, ces accommodements avec la conscience; mais je ne puis m'empôcher de reconnaître ici, une fois de plus, le sens moral de l'antiquité. Elle avait porté haut la dignité de l'épouse ; elle avait honore la concubine : laisserait-elle périr la femme vouée à l'amour inûversel, qui, no ix)uvant devenir la compagne d'aucun, t^st condamnée à servir de maîtresse à tous?
Il y avait donc, en dehors des épouses et des concubines, pour le service de l'amour passager et au plus bas prix, des courtisanes, comme il y en a parmi nous malgré les prescriptions du christianisme; mais avec cette diiïérence , que chez les anciens la religion intervenait en ravcMH' do ces femmes, livrées par nos mœurs à la dernière (les infamies. Kllcs étaient placées sous la protection de Vénus, elles servaient dans son temple; leur dignité , si j*ose eniployer ce mot en parlant de femmes prostituées, était sauvée en quelque façon par le sacerdoce. On les appelait, dans le langage de TOrient, d'où elles passèrent en (îrècc, fd les consacrées, en hébreu qadischoth, littéralement des saintes.
Il existe au Japon une coutume semblable et bien autrement perfectionnée.
« Ali Japon^ coinine en Grèce^ comme dans Tlnde antique n moderne^ les femmes galantes par profession paraissent
avoir une ^mission poétique et religieuse qui se lie aux anciennes bases de l'organisation sociale^ et qui leur permet de conserver leurs droits aux prérogatives de leur sexe et aux égards de la société... Leur éducation est l'objet des soins les plus assidus. On leur apprend tout ce qui peut contribuer à rehausser leurs avantages naturels^ développer leur intelligence... Une fois leur engagement expiré^ ces femmes rentrent dans leurs familles; un grand nombre réussissent à trouver des maris, et personne ne songe à leur rappeler leur vie passée... Le nombre des maisons à thé (habitations de ces femmes) dépasse toutes nos prévisions européennes. A Nagasaki, ville de 70,000 âmes, on en compte plus de 750. » (Unims pittoresque, t. VIII, p. 45 et 46.)
Ainsi fut conçu, de par la Justice immanente dans THumanité , le culte de la Vénus vulgaire ; car, ne Toublions pâs, toute religion , si pollue qu'elle paraisse, est une expression de la Justice. Certes la Révolution n'entend point, quoi qu'on ait dit, réhabiliter la fille de joie; mais, vraiment, la manière dont notre hypocrisie chrétienne explique et juge les mœurs d'autrefois n'est-elle passtupide? Qui donc au Japon, dans l'Inde, laBabylonic, la Grèce, mit jamais la protégée d'Aphrodite au rang de l'épouse, ou seulement de Thétaire? Quel homme de sens» pouvant se donner l'une ou l'autre de celles-ci, leur préféra l'amante commune , la femme omnivore, celle que le latin brutal nommait une chienne, lupam ?
Ce qu'il faut voir ici est ce sentiment, naïf et profond, de la dignité de la femme , qui changeait en acte de religion ce que la morale la moins sévère ne peut s'empêcher deilétrir comme le comble de la dégradation.
Eh quoi! lorsque Simonide , célébrant le patriotisme des courtisanes de Gorinthe, ose faire pour elles, au nom de tous les Grecs, cette épigraphe : Celles-ci ont prié Fe- »tt«, qui, pour l'amour d'elles , a sauvé la Grèce , nous ne verrions dans ces mots qu'une horrible çto^Tv^Wwvôkfc
la pairie et une insulte à Tamour conjugal! PourqwHne pas comprendre plutôt que ce témoignage de la reconnaissance publique, qui après tout avait son principe dans les institutions, avait pour but d'exalter le sens moral chez ces femmes , en leur faisant entendre qu'elles aussi avaient une part dans les destinées de la patrie grecque 1 De nos jours , l'injure officielle les eût refoulées dans les immondices de leur temple : qui sait combien dVnlre elles passèrent alors de la condition de courtisanos à celle plus honorée de compagnonnesï Et certes, lorsque plus tard , vers le premier siècle de notre ère , tout se fut corrompu dans la société i)olythéiste ; quand la l'cinme, épouse aussi bien que courtisane, panit àtous les degrés avilie, s'il était un moyen de réformer les mœurs, ce n'était pas sur ces matrones orgueilleuses et dépravées qu'on pouvait en faire l'essai; c'était plutôt sur ces créatures du troisième rang dont le cœur, eu quelque sorte purifié par l'excès môme de la débauche, se rouvrait aux inspirations de l'amour chaste et de la vertu. L'I^glise n'a-t-olle pas eu ses Madeleine, ses Thaïs, ses AflVo, qui, d'un seul bond, s'élevèrent des boues delà prostitution aux sublimités de la pénitence et du martyre? 0 prêtres , ipie la politique non la pudeur de vos papes eut tant do peine à arracher au concubinage, vous ne connaissez rien à la religion; car vous ne connaissez ni le cœur humain, ni la marche de la société, ni votre histoire.
Uésumons ces faits, et faisons-en ressortir le développement et la série.
Le point de départ de l'institution du mariage et de la faniilie est la génération.
Lxallé, irnnsformé par l'idéaUsme, cet instinct devient
Tamour, le plus puissant des niouvciiionts iic Tàiiie après la Justice, engendré par la combinaison île deux ralulilés, Tune organique, Tautie intellectuelle.
Dans cet état, raïuourest lui-même le plus tyrahnique des fatalismes, remarquable surtout par son évolution tour à tour croissante et décroissante, irrésistible quand il vient , impossible à retenir quand il s'en va.
Là cependant ne fmit pas pour l'humanité le rapport engagé entre les deux sexes pur la génération et T^mour. L'homme sent sa dignité en autrui : de là, en général, sa Justice.
D'un sexe àTautre, cette dignité se sent d*une façon particulière, qui ajoute à l'an.our un caractère aupara^v^t inconnu de sérénité et de tendresse, éteint la passion, et crée un attachement (|ue tous ceux qui L'ont éprouvé jugent unanimement de nature à pouvoir durer,' malgré la dégradation extérieure de l'objet aimé , «autant l«e la vie.
Ainsi l'homme aime tout à la fois par ses sens, par son esprit et par sa conscience : il ne peut pas ne pas aimer ainsi, parce qu'il est homme.
Selon la puissance d'idéali^atiun et de Justice de ramant, et la qualité de Tubjet aimé , T union de Thomniç et de la femme inclinera plus ou moins versTunou Tautrede ces termes : les sens, l'idéal, la conscience. De là trois degrés princi[)aux de manifestation de l'amour : la fornication, le concubinat, le mariage.
Il se peut que par Fellet d^une méprise ou de circonstances indépendantes de la volonté des personnes, il y ait erreur de fait dans les situations légales; que tels maries soient d'abominables fornicateurs , tels concubinaires de vrais époux , sinon pour le for extérieur au moins ppur la conscience. Ces contradictions, qui ne portent que sur les apparences, confirment la règle, c'est qu'un seotimeoll
de dignité plus ou moins profond est toujours présent dans les manifestations amoureuses de l'homme, senti** ment qui est le principe du mariage.
Comment, ce principe se traduit-il en acte religieux?
L'ensemble de nos études Texplique. La Justice a pour expression première la religion ; Tamour conjugal , fondé sur la dignité mutuelle, et, si je puis ainsi dire, sur la communauté de conscience, prend donc une teinte de piété. Tous les amants sont inclins à la dévotion ; la famille devient, par l'amour, le foyer du culte : là est le secret de la durée des religions.
Quant à la position particulière de la femme au foyer domestique, à sa part de liberté et d'influence, chose remarquable, elle est partout inverse de l'honorabilité du lien qui l'unit à l'homme.
La femme galante jouit de toute son indépendance : trafiquant de ses charmes, hormis un instant très-court elle n'est rien pour l'homme, qui n'est rien non plus pour elle. Elle peut dire : Je ne connais point de maître; mais elle est avilie.
L'égalité règne dans le concubinage , aussi longtemps du moins que la maternité ou d'autres disgrâces ne mettent cpas la femme à la merci de son amant. Mais la concubine n'a aucuns droits, et tout ce qu'elle peut attendre de l'opinion , c'est qu'on fasse grâce à Tirrégularité de sa position en faveur des vertus qu'elle y déploie.
L'honneur et la dépendance sont pour l'épouse.
« Nulle part autant qu'à Rome la chose publique n'accepta et ne gloriria la vertu féminine; nulle part la femme ne fut plus citoyenne, plus associée aux dangers, aux triomphes, aux intérêts, à la gloire commune... Elle tient le second rang dans la cité. Tout père est prêtre, guerrier {quiris), patron, maître (dominus) ; au dessous du père, la femme, matrona; puis, les \\bve<f liber i; les ej^claves, servi; les clients, qui n'ont pai
droit de parier^ elingues, c'esf-à-dire qui n'ont pas de droit politique, d (Franz de Ghampagkt^ les Césars.)
Mais, qu'on ne s'y trompe pas, si Thonnenr est grand, la subordination au père de famille est rigoureuse. La Romaine ne fut jamais qu'une ménagère : Domi mansitt lanam fecit; elle a gardé la maison et fllé la laine, disaiton d'elle, et les plus illustres tenaient à honneur de remplir ce modeste devoir. Lucrèce, délie, Valérie, Virginie, Yéturie, Cornélie, Aurélie, la mère de César; Atia, mère d'Auguste, Livie elle-même, Porcie, Arrie, Agrippine, femme de Gcrmanicus, toutes ces héroïnes, auxquelles nous n'avons rien à comparer, furent avant tout des travailleuses , des prêtresses du sanctuaire domestique. Les vieux Romains ne souffraient pas l'immixtion du sexe dans les choses de l'État : on sait que le parricide Néron fut presque justifié aux yeux de la plèbe , comme si , à ; l'exemple de Brutus bourreau de ses fils, il n'eût fait eu tuant sa mère qu'accomplir un acte nécessaire de l'autorité paternelle.
Cette sévérité des mœurs latines nous paraît excessive : aucun roman intime des sept premiers siècles de Rome ne nous est parvenu, et nous nous demandons, en lisant dans les jurisconsultes le détail des cérémonies matrimoniales et des devoirs de l'épouse, si véritablement les Romains aimaient leurs femmes.
Question de bas-bleus et de coquettes. Le mariage romain par confarreatio est le chef-d'œuvre de la conscience humaine : en faut-il davantage pour démontrer que les femmes romaines furent les plus aimées de toutes les femmes? Pendant près de six siècles , pas une séparalion, pas un divorce, ne vint scandaliser la cité ; encore le premier qui en donna l'exemple, Sp. Carvilius Ruga, cité par les historiens pour l'étrangeté du fait , ne fit-il , en se séparant d'une épouse adorée, mais stérile^ qu'obéir
à l'ordre des ccuseurs, qui lui avaient t'ait promettre de donner des enfants à la République. La constitution de l'État ne fut elle-même qu'une extension de celle de la famille : qui touchait à celle-ci, ébranlait aussitôt celle* là. Toutes fts révolutions romaines ont pour cause un attentat à l'honneur domestique : la mort de Lucrèce amène l'expulsion des rois et l'établissement de la République ; celle de Virginie détermine la chute du décemvirât; le crime de Papirius produit la liberté civile; un peu plus tard, l'insulte faite à une autre Virginie amène la divulgation des formules : alors le mariage plébéien, coemptio, devient l'égal du mariage patricien , confarreatio. Mais de cette époque date aussi l'altération de la charte domestique ; la constitution de la famille entraînant celle de l'État, le droit public est changé, mutatum autem jus, selon Tobscrvation de Tile-Live, et la République que soutient de moins en moins le respect des pères, patres conscripti , incline à sa perte. (Voir une excellente monographie du Mariage romain, par M. Picot, in-8% 1849.)
La question maintenant est de savoir si le principe de conscience qui dans l'union de l'homme et de la femme s'ajoute à l'amour pour le purifier, le rasséréner, le convertir, en faire un amour spirituel et à toute épreuve, ce qu'indiquait la fralernilé mythologique de l'Amour et de ni) menée; si, dis-je, ce principe a véritablement l'effîcacilé requise; à quelles conditions il peut acquérir cette efficacité ; ce (jue vaut à cette fin l'acte ou sacrement de mariage; quelle destinée il fait à la femme , et de quelle importance il est pour la Justice et la société.
Suivons l'histoire.
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' Oot vu au prco^tviil cbi[>ilrc coinim'nt r«xp(heaot liruniHir, tii] qw le dnnnent ri«iiu;:i nation rt Im NMf Ktrft 4a faire naître l'td^- dii tnarid^. Olle id^, il n'y a [ut* li «'y Iroinivr, iiVtl rim île note
S le projet <li> duniptirr l'amour, de Ir rendra coottant, le, tttièti^X'iUc, supérieur h luî-m^me, rn l« |iteMrafl| ihaitle doM de c^ centiroenl de dj|inil^qui •ocompagOl Itoiqnie dao> toula te» nctioni. et en ii-âMunt llioniH llb femme dui* »np comniunanft' ilr innvrieoco. dort Il cotninutiBiité «le furtutw dcvk-ni lit t'oiti«t|iMince «t M Fç''. La 'MiiviVriiion malrimtHiinlr l'^ir 1" mtniït^rc du ITftre, avec sacrifice, uus|ii('cs. iiit>>i iiliiiii iIps dît'ux, tanquet t'iicliahsli(|iic, iiurolc^ sirn'lcv, iNiit-dJction, eiorrisme, n'a jias d'aiitrr sons, l'nur li' Milf-'iiire, c'était comme un pliillru oiYsicriciix <[i.i ili't.ni l'uiiriTcr à l'a* ■Qour 11 qualili; divine, rinci<rni|>lil>ilili''. l'nur le (iliilo- »phe, c'est ruftimiHlirn d^ hi rou-r'wuii- ijiii répudie l'amour dans sa Datiui- iIcxHiIirm ni l.ii.il. , • i i.nd à s'en faire un inslruii>ui1 di; Ji^lJcu «ji le r..rii.rlis aiil à son ■tnage.
Ot, ftifn ne se produit i-n •■tIu i!r rfii. Itien ne (end 0 rien. Rien ne peut fin' l'r.rprrf.!;ion '/•■ rfn : le mariage n'est donc pus une \aine ('Oiicejiliori i|i' 1;i conscience, c'tst une rcdlilé.
Ce n'est pas rien, en cffcl, qne <-■ ltr> ^i.|im .>\\><i> sublime i qui la chair répugne, que la beaulé n.cmc ne sulisrait
pas, et qui sous cet idéal cherche un idéal supérieur, l'idéal de l'idéal. Il y a là un phénomène de psychologie qui étonne l'esprit par sa hauteur, qui s'empare de la volonté par son exquise délicatesse, qui commande la certitude par son universalité. Espérance d'en haut, i qui le succès n'a pas toujours manqué, témoin les six siècles de fidélité conjugale de l'ancienne Rome.
Que si maintenant nous considérons le mariage dans SCS rapports avec la destinée des nations, nous devrons reconnaître qu'entre la société et la famille il existe une solidarité intime ; que comme la génération est une fonction de l'organisme, le mariage est une fonction de l'humanité, hors de laquelle l'amour devient un fléau, la distinction des sexes n'a plus de sens, la perpétuation de l'espèce constitue pour les vivants un dommage réel, la Justice est contre nature, et le plan de la création absurde.
Le mariage n'est donc pas seulement une idée ; ce n'est pas non plus seulement une réalité : le mariage est nécessaire , de nécessité sociale.
C'est ce que nous allons démontrer par l'examen de ce qu'il advient de l'amour, et par suite de la famille, de la société , de l'espèce , lorsque les relations entre l'homme et la femme ne sont plus régies par le principe conservateur du mariage.
Tout se conserve et se développe dans l'Humanité par la Justice, avons-nous dit ; tout dégénère par l'idéal.
11 en sera de la famille comme de l'État, comme de la philosophie, des lettres et des arts. Fondée sur le droit cl pour le droit, elle périra par l'idolâtrie de l'amour. Et comme tout s'enchaîne dans la société, la décadence dei mœurs domestiques par l'idéalisme erotique sera d'autant