‹ De la justice la révolution et dans l'église; (volume 2)Chapitre 17 sur 46 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Doctrine de l'Église sur le mariage. — Communauté d'amours, concubinat, divorce, confusion des sexes : négation de la femme.

Lorsque le christianisme fit son entrée dans le monde, l'amour et le mariage, l'un par l'autre détruits, sur toute la face de Tempire agonisaient. Pour des réformateurs

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qui auraient eu rinlelligenoi» des symplAimiy 1% piMirt»

tion était indiquée.

Il fallait » en premier lieu » rétablir le Yrai mu de l'amour, qui est le aacriflGe et la mort; définir Tetaeiiae du mariage, tant au for intérieur qu'au for estérienr; déterminer le rôle moral de la femme dans la faqûlil et la société; éteindre enfin, par la aupémrité do nouvel idéal, cette luxure dévorante qui, faisant de Vtt> nion des deux sexes un commeroe î]inpide« les poiis^ sait à des jouissances contre nature et k Unut fkégttkm mutuelle*

Ces conditions, toutes de moralité penonnell^t supposaient en outre, exigeaient une réforme générale dii rapports économiques : division des grandes propriétéi foncières, latifundia; abolition de Tesdavage» rétablissement des libertés locales et politiques. Sans liberté al sans égalité, il n'y a mariage ni famille qui se soutieuie : cette vérité est de tous les siècles, et jamais son appU* cation ne fût venue plus à propos. L'homme alors rd> devenu travailleur et citoyen, la femme ménagère et première institutrice des enfants, l'amour rasséréné, le mariage remis en honneur, la prostitution tombait d'ellemême, le coucubinat s'anoblissait, Thorreur publique aurait fait justice du reste.

Mais une révolution qui se produisait au nom du ciel ne pouvait procéder avec cette sagesse, et moins que de personne on devait l'attendre des prédicateurs de l'Ëvangile. Le christianisme réagit contre la dissolution des mœurs païennes de la môme manière qu'il réagit contre l'esclavage, l'exorbitance des propriétés et l'autocratie de Fenipereur : il changea, avec grand accompagnement d'anathèmes, les termes de la question; il ne la résolut point. Comparée à la théorie romaine, la théorie chrii tienne du mariage fut même un pas rétrt^rade.

M cal le eoosidénni sovMirtaiAi dns k tnte in Actes, mais que le seas da déoet iiimiiMi, , Ce ipi ëboft la reUgîon do eoDfae apnHiolique, ni BmMmwi de tm moral, soit méoageiiieiit pour la eoolaBe, c'est, qqoî! la dégradation de b famne? non; les fieenees de la Ténos Tnlgaire? Qs n'y pensent pas; e*esl la paiticipition à rîdolitrie, pour eux le pins capital des crimes. 0*après le Décalogue et la tradition des prophètes, dont le Christ fermait la série, la défiense de Pidoiâtrie est absolue; elle emporte la rencmciatim anx filles de joie. Cest ce que déclare le concile par son décret :

• Il aplu aoSaiot-Espritet i nous, Funaiesl ^ptrîtin SàMto et nobis, que tous tous absleoies des riandes immolées va idoles, des boudins, ciTets (la loi de Moïse défendait de manger le sang, la chair des animaux étooflKs on coite dans leur su^, et de la fornication : Ut abstineatis vos ob MMiolofti fianils crofum^ et sanguine, et suffoeaio, et famieaiicmê. Ce que disant TOUS serez sans reproche. Adieu. A qmhus emtodieàUi V09 hene agetis. Voleté. »

Singulier effet du préjugé : ces hommes, qni osaienl rompre avec la foi d'Israël et reprendre leur prépuce, s'effrayent d'une vaine cérémonie polythéiste; dans leur cervelle étroite, c'est la condamnation du boudin bénit qui emporte celle de la fornication. Les idolâtres ne faisaient pas l'amour à jeun ; le temple de Vénus servait aussi de restaurant : c'est par là qu'ils attaquent Pamour libre. Qu'est devenu le prophète de Nazareth? Qu'aurait pensé sa haute intelligence en voyant ses légats, Pierre, Paul, Jacques, Jean et toute l'Église, gravement occupés de tels scrupules?

Du moins, peusez-vous, en vertu de cette décision canonique, la femme va monter d'un grade : plus de courti fiane^f plus de mercenaires, plus de ces femmes dont le(

I «M à kfm el le eour à penonae; b mwBHk éfomBf on da moins oompigiioiiae* ■MBi, êH ynmê plaR; ii*alloiis pas plus Tila qae s. LadélBMe de b formealion ne le^l pts» pour rKé des Sdèles, k dilHculté écooomiqve da ood* . Aon, admîrei b loar imprira que prit Talûrs. « som le nom de fornicaiioa, c*éuit traot tout b • dMa que b oooctb tTail foola alteindre, b peoMl-aB« cessertil, si bs chréUens, es Ibo de r sn mimiês do peganisme, s'adressabnl à bon c'esl-è-^ire i des femiiies de bur secte, STee be-

ib ne coarabol aucun risqoe de manger des

défendnes. — < !^oiis sommes tous membras dn ^iril, disabnt-ib dans bur jargon ; nous ne poiH lœ onir aux fiibs de Vénus, à des membies do

Mais bs soran ont reçu comme nous b Sainte : comment perdrions^ious TEsprit en nous unis- 6lbs?»

! fut rorigine des amours libres entre fr^es et c'est-à-dire entre chrétiens et cliréticnnes, amourN

coutume passa jiis({n*aii (jiialrièine siècle et moj accusations de proniiscuilt' (\\u' les égli.s«'S rivaleh nt les unes contre les autres, et qui retentirent I fois devant les tribunaux de reinpirc. L*é^lise de le, où dominait .Nicolaus; celle de Thyutirc, qui

pas encore fondée en IK), sont dénoncées dans dypse comme outrepassant la limite |)os<}c f>ar cile, en permettant aux /rrres non-seulement la nce des sœurs, mais la fréquentation des hos({uets us et la partici[>aliun aux fc^tms des ci)urtisanes, tri et manducare d^ idolothytis. On les compare e fait à Balaam, qui, d'aprrs le livre ries ^'omàres, onseillé à Balar. rr»! de Moal», «l'envoyer des filles breux pour les mitier au culte de Fkïlpliégor, et par

là irriter contre eux leur dieu Jébovah. Il parait miK9» que les Micolaîtes trouvaient à cette latitvide ua wib mystique, aliiiudinest mysieHa. Ce fut la grande UO' tation du premier siècle.

La fornication qui distingaait les diieiplea de NiooUûfl des autres sectes messianiques était an vérité trop minime pour motiver une déclaration d*hérésie de la pul des puritains : aussi l'Apocalypse n*a4ril pas Tair d'ea faire une question de dissidence, habeo adv^sim 1» pauca^ bien que, dans son zèle biblique, il menace de mort les prévaricateurs. Ce ne fut que postérieuremeol que rinterdicUon qui frappait les fenmnes publiques fol étendue à cette promiscuité fraternitaire, devenue en peu de temps pire que la débauche païenne» Pierre, et les autres que l'Église romaine a rangés parmi les vrais apôtres; Pierre, qui avait frappé de mort Ananias et Sapbira pour une infraction légère au droit communiste, fut le premier, si les deux épiires qu'on lui attribue sont authentiques, à battre en retraite sur la question de l'amour libre : il décida que chacun aurait sa chacune, et donna lui-même l'exemple du concubinat. Mais les partisans de la communauté tinrent bon : Tépitre de Jude, quinzième évêque de Jérusalem, publiée entre 1 17 et 138, et que l'Église a placée dans le canon comme étant dâ Tapôlre, les dénonce avec fureur; elle les appelle cùf* rupteurs de la chair, contempteurs de la hiérarchie, blasphémateurs du pouvoir, et les menace du supplice de Sodome et Gomorrhc. Pauvres raisons, vraiment, poui des gens qui faisaient de la communauté des amours une loi de charité, et qui se regardaient tous comme égaux! Aussi la partie la plus fervente de la chrétienté persistî dans la pratique des libres amours jusqu'à ce que Tempereur, embrassant la foi du Christ, vint nettoyer soi bercail : on voit dans les lettres de Cyprien, évdque d<

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