‹ De la justice la révolution et dans l'église; (volume 2)Chapitre 25 sur 46 · MA · texte numérisé non relu

MA

«»,■■*! DurtB, ai rie iikak«i<fw*, w de HaWf»; m» la OKttm, an» DaoMdlo. nub beliltr ei UréK^, n'ool pvÏM élé iptéi far d» Cnmc*. • iTttniri Snn^, St^wur* «lafaJM.) « fiMl-il dose, pounnil rrlir ibiac, mnu incliorr deranl et Mm obmWMM ri 4e tf'k (■inu|>lr«* ■

El eUe ■ouliml. rn premier lieu, que l'iocgililé d'iiitelh^pocc n'ctl ipinciabic i|iir ilniu les r-ietptimët iam tea b«iil«» tphùrct <ii- l>nU<ml'>n)ri]t. DiilUunMl dua la pnUqoa do la lîr. el cnmiDr on ne fait pn do lai* poor ks fllM|ilioa», maia pour la matM, qu'on ii'ea peol liM cdochire eontr* h droit de la remmr k l'cgalité ; iTaoU* part, qde, tî l'on h Iratuporb^ dant l'ordra aoral, tes eboiM apparaiiseiil toos nn tout autre )our ; ipt It oounfA, U jiulioe, U lolérancr, k dévoucnKilt, R^ntpiBd«attu;qaa|>arla niatnrait^ et l'éducalkm da> IBbalihMopinliondeU feninwilans la tociUé vl la Ùlb Mt 4|lila à colle do l'Iioninio ; que lo progrà «ri I Ngriitf, «t qm réduentioti le rialiwra.

Kous eKaDiDcrons lout h t'IiL-urv l.i moralîlé de la kmtop '. «ttacbonï^ou» [lour le nionimt à son inlelligeacc.

l.'arî'triT'nlalimi dont je ^i(■n* de rajiporter la substance a ceci de remarquaMo, qu'elle [koiil sert ir d*écl)aii-' lillon de la manière ilont la femme, aLanilonnéc à ses propres inspirations, a de tout temps raisonné et raisonnera éternellement. La clarté grammaticale n'y manque pas : failcs-liiî gnice dr l'idée, la femme parle aws,'i bien, peut-être mieux, en tout cas plus volontiers qii<' l'Iiomme. F.t c'est le privilège de notre langue que sa clarté s'impose à tous, mémo au sophiste qui parle contre sa conscience et sa raison, même à la femme savante qui p» ' sans raison ni conscience.

Que trouvons-nous, à l'analyse, dans cette thèse? Comme principes, trois peut-être; Comme raisonnement, trois inconséquences ; Comme conclusion, rabaissement systématique de rhomme, c'est-à-dire, néant.

Si, dit-on, par le progrès industriel, la dépense de force imposée au travailleur devenait insignifiante?...— C'est justement la considération que faisait valoir Cabet aux citoyens d*Icarie comme le principe de Tégalité fu* ture; mais c'est aussi ce dont l'économie politique démontre la fausseté matérielle, d'abord par le calcul, puis par l'expérience. Plus l'industrie se perfectionne, plus, sans doute, l'action de l'homme acquiert de puissance, mais plus en même temps il est appelé à travailler et à dépenser de force, de manière que le bénéfice du développement industriel ne se trouve pas dans le repos obtenu, mais dans la somme des produits. Aussi jamais, à aucune époque, on ne travailla autant que de nos jours; comme nous sommes plus travailleurs que nos pères, nos enfants seront plus travailleurs que nous, et pour eux comme pour nous-mêmes le chômage ira toujours en diminuant. Telle est, quant au progrès de l'industrie et des machines, la vérité. Sans doute elle n'a rien de décourageant pour l'homme; mais comme l'augmentation du travail suppose un accroissement proportionnel de population, que peutelle promettre à la femme? Multiplicabo concepius tuos.

Si, par le développement de l'instruction, l'inégalité des capacités s'effaçait?... — Malheureusement l'instruction, en théorie et application, doit être, pour tout individu, encyclopédique; elle embrasse une suite d'études et de manœuvres dont la femme, par la faiblesse de son cerveau autant que par celle de ses muscles, est incapable. De ce côté encore, rien à espérer pour elle.

Si, par la division du travail et l'équilibre des fonc-

b ■édiaciilé davmatt li eondilion générale, «I h KMde géaie l'eicepliaD?...^ Ici encore It fdaneê léoMolir rhypolbèie. U division du traTiil el l'éedeifMielîonssonlIesdeax premières lois de ror» lion iodaslrielle; de ces deux lois il en naît une ne, qm déboute irrévocablement la femme de ses lions, e*esl la loi d'ascension aux grades, par b- Uml indindu mâle a pour deroîr el pour fin de r, à son tour, une supériorité, k pour les principes i voyons le raisonnement, lit : Ce n*est pas le corps qui fait l*homme, c'est or les âmes sont égales : donc...

; la <fistfaiction ontologique de Tàme et du corps est cipe même sur lequel nous avons vu que s'étaient lavement établis, d*abord Tesclavage, puis le ser* nqourd'bul le salariat. Comment peu^on Tinvo- 1 faveur de la femme?.. • Admettons-la, cependant, istinction; accordons que le corps n'est rien pour ae, et que les âmes sont égales. En dernière anaàme ne peut être jugée que sur ses actes ; cela est lairc en droit. Si donc les actes de l*Ame mascu- [)tenus par Tintcrmédiaire du cerveau et des musilent plus que les actes de IWme féminine, IV^galité illes se réduit à une fiction de Tautre monde ; sur îrre, elle est impossible.

lit : Le progrès pour Thumanité consiste à Iriomins cesse de la matière par Tesprit : donc... )ien! qui triomphe le mieux de la matière, de le ou de la fennne ?

lit enfin : Le progrès est à Tégalilc : donc... le progrès est à régalité entre sujets de même t de constitution é(iuivalenlo, (pie l'ignorance et ité ont fails inégaux : ce qui veut dire (pie le prol à régalité de Thomme à Thomme, de la femme

à la femme. Mais il iresl pas vrai que le progrès soit à Tégalité de riiomme à la femme, puisqu*il faudrait pour cela que le premier cessât de progresser dans Tintégralité de son être, pendant que la seconde progresserait dans rintégralité du sien, ce qui est inadmissible.

Que reste-t-il maintenant, comme conclusion, de tous CCS beaux raisonnements sur Tâme des femmes ?

C'est que, pour les mettre au pair avec nous, il faudrait rendre en nous la force et Pintelligence inutiles, arrêter le progrès de la science, de Tindustrie, du travail, empêcher rhumanité de développer virilement sa puissance, la mutiler dans son corps et dans son âme, mentir à la destinée, refouler la nature, le tout pour la plus grande gloire de cette pauvre petite âme de femme, qui ne peut ni rivaliser avec son compagnon ni le suivre.

Des idées décousues, des raisonnements à contre-sens, des chimères prises pour des réalités, de vaines analogies érigées en principes , une direction d*esprit fatalement inclinée vers Tanéantissement : voilà Tintelligence de la femme, telle que la révèle la théorie imaginée par ellemême contre la suprématie de Thomme.

Il serait peu courtois à un philosophe de s'en rapporter au jugement de la femme sur elle-même : elle ne se connaît pas, elle est incapable de se connaître. C'est à nous, qui la voyons et qui Taimons, d'en faire Tautc^psie.

Écartant d'abord, comme ultra-phénoménale, la question de savoir si l'âme et le corps, la matière et l'esprit, , sont des substances distinctes ; si l'homme mérite considération seulement en tant qu'âme et abstraction faite de sa guenille y comme dit le bon Chrysale, ou s'il faut faire état aussi de cette guenille, un fait est au moins certain : c'est qu'en raison de l'influence réciproque,

nwriMtot ûtine, <lu €iot\a, Mt i .inM et d« Vàata mt le <sr|M. la Umtc pbjnkiuo nV»l \>i- moiiu néwwire M kirail de li im»^ tpi'k ct^ui .ie* nuaclet, de eofto 4lt,«Mr le OM de mab'lic. h |--nvie, ea toat ftire «ivul,

olproponioniKlk • 1^ [utcc.

tl'uù RUf première umuSitif n ci : It tn^OM eauia qui (iil qu'aoriuK (cduue, |>anii> li> (dus doclos, ne peut UleiiMln: à la liauUnir <rtiii U'it<riiu, d'un VolUire, A'om (ÀiiiT, fail ^gnkairiit i|U'^ il.iu- 14 maasc, U (enuneM pciit Kntcoir b lemioii céji'lir.ili' io rbomme.

Hou fOid bioo aulru cbnse.

Si la taiUeut; or)|>iniijui: >)(- b femme, & laquelle ae proporlioimc Miiirrlliitunt Ir luvail du cerveau, o'anit d'aglie nàuiJtal que tl'atiré^vr Juu u durée l'acUon lie rtnlendemcnt, la qualilv ilu produit iutellectoel nV lait pas altéra, la femtnc (-oiirrjiit parTaiteroenl, tooe « rapport, bp comparer à l'honiini;; ello ne reodrait pas ■tant, dli- fi-nitt mifsi l)i''ri: iu différence, purtnient qatotitative, n'entralnanl qu'une dilTércncR àc salaire, HsuQiraitiMiut-élrc [>as pour motiver une diflcrciicG dans la condition sociale.

Or, c'est précisément ce qui n'a pns lieu : rinfirmité intellectuelle de la Tcmmc |xirlc sur lu qualité du produit autant que sur l'intensité ^'l la diuve de l'action; et comme, dans cette faible nnlure. In défectuosité de l'idée résulte du peu d'énergie de la i>onscc, on peut dire que la femme a l'esprit essentiellement faux, d'une fausseté irrémédiable.

• [| ne faut pas croire, dit quelque |iart Daniel Slorn, que la différence des sexes suit |iuretucn( du tluiiiainc di' la physiologie : l'iatelligonce et le la'ur uut aus^i un seie. B

M"" Stern a pris cette idée do quelque autour : en cela, elle a fait preuve de promptituOc d'esprit, mais do peu

de jugement. Des intelligences mâles et femelles, c*est si joli ! Mais voyons les conséquences.

Gomme Ta dit Kant, la qualité dans les choses est nn aspect particulier de la quantité; elle résulte de la comparaison de deux quantités inégales. C'est ainsi que la même couleur, plus ou moins /o»(?^«, se dénature et tend à devenir une autre couleur : en réalité il n'y a pas de démarcations tranchées dans le spectre , il n'y a que des dégradations.

Il en est ainsi pour tous les sens et facultés de l'homme.

Regardez la lune à Tœil nu ou dans nn télescope, l'aspect de la planète n'est pas le même. Celui dont la vue serait assez forte pour résoudre les dernières nébuleuses, non-seulement verrait des choses que nous ne voyons pas, le spectacle du ciel lui paraîtrait encore tout diflerent.

La pensée se comporte absolument de même. Il y a des intelligences d'une portée, si j'ose ainsi dire, télcscopique, qui découvrent dans les choses des rapports restés jusque-là inaccessibles ; des intelligences concentriques, qui, dans une masse de faits jetés en apparence au hasard, aperçoivent une liaison, un ordre, une unité, qu'auparavant on n'y voyait pas. C'est par opposition à ces deux sortes d'intelligences qu'on dit vulgairement : esprit à courte vue, esprit brouillon^ pour désigner l'infirmité de ceux à qui la présence des faits et des choses ne montre rien.

En quoi donc consiste la différence qualitative de l'esprit entre l'homme et la femme?

La femme n'a pas d'âme intelligente, dit un concile.

D'autres vont jusqu'à refuser toute espèce d'âme à la femme.

Hegel et Goethe remarquent qu*il y a des esprits végétatifs et des esprits animaux^ et ils ajoutent que la femme appartient à la première catégorie. Qu'est-ce que cela veut dire ?

Si la femme, comme être pensant, a été maltraitée par les théologiens et les philosophes, elle Ta été encore plus par les écrivains de son sexe.

La femme est imbécile par nature ^ dit durement George Sand; et sur ce principe elle établit la figure d'indiana.

« Ce qui manque essentiellement à la femme est la méthode : de là le hasard introduit dans leurs raisonnements^ et trop souvent dans leurs vertus.

a Ce qui égare la femme est l'esprit de chimère : elles le portent dans tout^ eu religion, en amour, en politique.

« Les lemmes ne méditent guère : penser pour elles est un accident heureux plutôt qu'un état permanent. Elles se contentent d'entrevoir les idées sous leur forme la plus flottante et la plus indécise. Rien ne s'accuse, rien ne se flxe dans la brume dorée de leur fantaisie.^» (Daniel Stern, Esquisses mo^ raies.)

C'est bien exprimé, et je pourrais observer en passant que Daniel Stern parle d'expérience. Son tort, dans ces lignes sentencieuses, est de parler de son sexe comme si elle s'en séparait, puis de ne pas voir qu'un pareil jugement est la condamnation de son système.

M"* Necker de Saussure est encore plus amère;

(( La force créatrice leur manque; malgré de brillants succès, on ne peut leur attribuer aucune de ces grandes œuvres qui font la gloire d'un siècle et d'une nation.

a Les femmes arrivent de plein saut, ou n'arrivent pas. Si admirable chez elles que soit la patience quand il s'agit de soulager les maux d'autrui, elle. est nulle dans le domaine intellectuel.

a L'homme seul contemple toutes choses dans l'univers : la femme ne saisit que les détails. Les hommes l'emporteront

— ssa —

toujours sur nous : leur nature est supérieure à la nôtre

Et co mot lâché, elle le regrette :

« Supérieure en quoi?... Plus livrés aux passions sensuelles, ils ne sont ni plus religieux, ni plus dévoués, ni plus vertueux, ni peut-être plus spirituels que nous. Et cependant nous les sentons faits pour être nos maîti*es : leur moi est plus fort que le nôtre. )»

Parlant de Yidiotie propre à la femme, elle ajoute :

« Il est singulier qu'avec des intérêts assez semblables sur toute la terre, elles offrent des teintes de localité plus tranchées que les honmies... 11 faut sonder les profondeurs du cœur féminin pour trouver en quoi la Française, TAnl^laîse, l'Allemande, se ressemblent, m (Éducation progressive.)

En deux mois, la femme, plus que Thomme, est de son pays. Daniel Stcrn reproduit la même observation; j'ignore qui est le premier qui Ta faite:

« L'homme représente plus particulièrement Tidée de patrie : le sentiment de la femm^ s'élève rarement au-dessus de l'amour du sol. Elle chérit les lieux qui l'ont vue naître, les horizons qui ont souri à sa jeunesse : l'esprit de l'homme s'attache plus encore aux horizons intellectuels où s'est développée sa pensi^'e ; il aime, il sent vivre en lui cet ensemble d'invincibles éléments qui composent la race, la nation, la patrie idéale. »

M'"'' Guizot, citcc par M"" Nccker de Saussure, dit, de son côté :

a II est bien difficile que le succès d'une compote n'intéresse pas plus une jeune iillc que toutes ses leçons. »

Après ces citations, on se demande si ces dames sont de leur parti ou du nôtre, car il est évident que leur sexe leur est insupportable. M"* Nccker de Saussure, qui a tant écrit sur Téducation des femmes, neles aime point: elle est pour elles pleine d*atrabile, de menace, d'ironie; elle les raille de leur beauté, de leur penchant à ramour,

de tout ce qui les fait femmes. M"*« de Staél est sans pitié pour les Anglaises, si fières de leur intérieur, si dédaigneuses des triomphes du bel esprit; sa Corinne n'est qu'une satire de la ménagère, la seule femme cependant qui soit vraiment digne de l'attention de l'homme. M"*' Sand paraît n'aimer ni le sexe fort, ni le sexe faible : le premier, parce que, quoi qu'elle fasse, elle n'y arrive pas; le second, parce qu'elle en est sortie. Le héros, presque invariable, de ses romans, est une espèce dé Moloch à qui, sous les noms de Lélia, Quintilia, Sylvia^ elle sacrifie mâles et femelles, lois divines et humaines, raison, nature et sens commun. M™* Stern, après avoir dit son fait à la femme noble et bourgeoise, finit par une invective superbe : « Pleurez, lâches, pleurez, dit^lleà ces « pauvres créatures ; c'est bien fait , vous n'avez que ce < que vous méritez. »

Que je plaindrais les femmes, si elles n'avaient pour les soutenir que les paroles de leurs avocats en jupons !... Les observations qu'on vient de lire sont vieilles comme le genre humain : le sexe mâle le premier les a faites; tous les humoristes et originaux qui se sont mis en tête de médire des femmes et de les agacer par une feinte aversion les ont rebattues ; répétées aujourd'hui, en style de Sénèque, par les plus illustres de la gent féminine, elles ne sauraient nous apprendre rien, tant qu'elles ne seront pas généralisées, ramenées à leur cause et à leur fin.

Iteprenons donc la question au point où nous l'avons laissée en constatant l'infériorité physique de la femme, et suivons la chaîne de l'expérience.

Qui produit, chez la femme, cette infériorité de vigueur musculaire? Cela même, avons-nous dit, qui fait

qu'elle est femme, Tabsence de virilité. La femme n*est pas seulement autre que l'homme, comme disait Paracelse; elle est autre parce qu'elle est moindre, parce que son sexe constitue pour elle une faculté de moins. Là oi la virilité manque le sujet est incomplet, là où elle est ôtée le sujet déchoit : Tart. 316 du Code pénal en est la preuve.

Qui croira maintenant que cette corrélation physiologique ne s'étende pas à l'entendement? De par la logique cela doit être , et de par l'expérience cela est.

La femme a cinq sens, comme Thomme; elle est organisée comme l'homme; elle voit, elle sent, elle se nourrit, elle marche, elle agit, comme l'homme : il ne lui manque, au point de vue de la force physique, pour égaler l'homme, qu'une chose, qui est de produire des germes.

De même, au point de vue de l'intelligence, la femme a des perceptions, de la mémoire, de l'imagination; elle est capable d'attention, de réflexion, de jugement: que lui manque- t-il y De produire des germes, c'est-à-dire des idées; ce que lés Latins appelaient genius^ le génie, comme qui dirait la faculté génératrice de l'esprit.

Qu'est-ce que le génie?

De sots rhéteurs ont voulu en faire le privilège de quelques élus, espèce de demi-dieux offerts par la vanité poétique à l'adoration du vulgaire. Aussi se sont-ils égarés dans leurs définitions; le génie est resté comme un superlatif de l'entendement, et ne deviendra une réalité que lorsqu'il aura été reconnu à tous les mâles, à qui il appartient sans exception, comme la virilité de l'intelligence.

C'est la faculté de saisir les rapports ou la raison des choses, déformer des séries, d'en dégager la formule ou la loi, de concevoir sous cette formule une entité, sujet, cause, matière, substance, etc.; en un mot, c'est la puissance de créer, en présence des phénomènes, des uni-

versaux et des catégories, ou plus simplement des idées.

En principe, celte faculté ne parait diflérer de Tintuition sensible que par le degré de puissance visuelle de l'entendement. Ainsi il faut plus d*intensité intellectuelle pour acquérir l'idée de genre que pour recevoir Timage de l'individu : il en est ainsi de toutes les idées, de toutes les découvertes, dans la philosophie, l'industrie et la science, £n résultat, cette différence de degré dans la télescopie de l'esprit constitue une faculté distincte, dont la présence ou l'absence, la force ou la faiblesse, donnent au sujet, sous le rapport de l'hitelligence, un caractère spécial.

Par exemple, il est de la nature de tout esprit faible, à qui les rapports des choses sont de difficile accès, de tourner à l'idéalisme et au mysticisme ; c'est ainsi qu'au début de la civilisation l'esprit humain, sans expérience acquise et sans méthode, aussi incapable d'observer avec exactitude que de formuler des lois, idéalise ses aperçus, crée des fables, et laisse prendre à sa religion, à sa poésie, le pas sur la science.

Tel est encore l'esprit des enfants, des adolescents, de tous ceux que la faiblesse naturelle ou la maladie rapproche, sous ce rapport, de la nature féminine, et que la sévérité de l'observation, la rigueur de la science, rebute.

U n'est personne à qui il ne soit arrivé, à la suite d'une fatigue prolongée du cerveau , de ne pouvoir plus suivre le fil d'un discours ou saisir l'ensemble d'un raisonnement. L'esprit alors, frappé d'impuissance, semble avoir perdu sa faculté génératrice; on lit sans comprendre, on écoute sans percevoir le sens des paroles. Il n'est même pas rare de rencontrer des intelligences vigoureuses sur daines parties de la spéculation, qui semblent perdre leur puissance sur d'autres. Tel mathématicien est incapable de philosopher; tel jurisconsulte a une peine ex-

cessive à suivre les opérations d'une banque ou lespar» lies d*unc comptabilité. Dans toutes ces circonstances on peut dire que le génie est sans action et l'esprit reven h l'état neutre.

Ce qui distingue la femme est donc que chez elle la fai blesse, ou, pour mieux dire, Tinertie de Tintellect, eu ( qui concerne Taperception des rapports, est constant Capable, jusqu'à certain point, d'appréhender une véri trouvée, elle n'est douée d'aucune initiative; elle i s'avise pas des choses; son intelligence ne se fait poi signe à elle-même, et sans l'homme, qui lui sert de rév lateur et de verbe, elle ne sortirait pas de l'état bestii

Le génie est donc la virilité de l'esprit , sa puissan d'abstraction, de généralisation, d'invention , de conce tion, dont Tenfant, l'eunuque et la femme sont égal ment dépourvus. Et telle est la solidarité des deuif c ganes , que, comme l'athlète se sevrait de femme po conserver sa vigueur , le penseur s'en sèvre aussi po conserver son génie ; comme si la résorption de la s mence n'était pas moins nécessaire au cerveau de l'i qu'aux muscles de l'autre.

J'ai eu la curiosité de vérifier, cette théorie par l'analy des ouvrages de quelques femmes célèbres, et voici que j'ai invariablement trouvé :

La femme ne forme par elle-même ni universaux catégories : capable jusqu'à certain point de recev( l'idée et d'en suivre la déduction, elle l'attend d'ailleui elle ne généralise point, ne synthétise pas. Son esprits anti-métaphysique. Comme dit Daniel Stern, si une id lui vient, c'est un accident heureux, une rencontre, \ raccroc, dont elle-même ne peut pas donner la démo stration, la raison. Il en résuTte que la femme est inc

paUo Aê produire une compmitioa rtgnli^, M tUo qu'un timple roman. De too tonit àlf m Miiit qn« âta •ulodiM; «Ile Tait de la marqueli-rio, i)« ltn|ironi|«lu: de rotnpcHe des macédoine* el de'i mooMres. Dana b oaonnalion, pII<! ne ttùit fm» d'enwniklc le du«wm d« «OR inicrlocul^ur ; c'M an dernier tatA qu'clln de- ■unde la K-pItqtie. Par U nêote raison dk n'a pas do fuiannoc criliquc : HIe ten r^franme, lo trait d'capil, la ultra , elle r^nnt dans la niimiftne; elle ne Mil ai nKAi>er. ni fonmiUir un ju^oidchI. Sa TÛmm eat low^ curame I» jeux de Vteiis. Iji Tmime a rontrBmé Urgenimt f>oar sa part au vocabulaire des langurs, )o le cfois; mail m nV^t pas elle qui a ctvé lii moU qui «ervent aux îdiks abstnitca, tubilanee, eaute, twmp», *'pon, quantité, rapport, etc.; co n'est joa elle par ulitÀpieiit qui a ctié les tonnes grammaticales H les l'articules, pas plus qu'elle o'a inventé l'arillimHîqua «l '■ilgi-brr.

IJ.'ci nous eij>liqito un |>)i>''n<>iii>''ti<; ifui ii lon^tcoip* clonné la raison des ))Ciiplcs et prosterné l'Iiomtne devant les superstitions de sa compagne, je veux parler de ''aptitude divinatoire de la funime. Li fommo, par snn irrationalité même, a quelque chose de fatidique, l'artiml od la trouve prophélcsse, dcviiuTesse, dniidi^s&e, siliyll<>, pTthonissc, cngaslrimytlic , sorcière, tireuse do cartes, Mmnamhule, instrument ou a^enl de nécromancie, e)iiromancie, etc., une vraie table tournante. Inesse quin tliant feminis sancltim aliquid et providum pvlant, dit Tacite parlant des Germains ; ils pensent que les femmes ont en elles quelque chose de divin et de providentiel. On a cité ce passage en preuve des hautes |irérogatîves de la teiiime ; c'est juste le contraire qui on ri-sii!te. Plus il y a de puissance spéculative chez l'homme, moins il y a Je capacité de deviner. Qu'il arrive à une femme, comme

à un chapeau, à une clef, à une baguette de coudrier, de découvrir une chose cachée ou perdue , de traduire a?ec plus ou moins de bonheur ce que pense celui qui Tinterroge, il y a plutôt de quoi la plaindre que la féliciter. C'est le miroir qui réfléchit le soleil, le prisme qui en décompose les rayons : demandez à ce miroir une théorie de la lumière, et vous verrez ce qu'il vous dira.

La femme , malgré quelques prétentions assez hautement manifestées , ne philosophe pas. L'antiquité a eu son Ilypatie , le dix-huitième siècle ses esprits forts femelles, et nous en connaissons qui, au lieu de repasser leurs collerettes, écrivent des commentaires sur Spinoza. Tout cela peut faire illusion à la multitude, qui, sous le rapport de Tintelligence, se rapproche plus de la femme que de Thomme. Mais on peut toujours, dans le livre d'une femme , après avoir retranché ce qui vient d'emprunt, imitation, lieu commun et grapillage, reconnaître ce qui lui est propre : or , à moins que la nature ne vienne à changer ses lois, je puis dire que ce résidu se réduit constamment, comme impression de lecture ou de conversation, à quelques gentillesses ; comme philosophie, à rien.

J'ai une petite fille qui, à trois ans, cherchant des mots pour les choses qu'elle voit, appelle un tire-bouchon cte) de la bouteille; un abat-jour, chapeau de la lampe; l'éléphant du Jardin des Plantes, pied-de-nez ; un glaçon, pierre de glace; les dents de son peigne , doigts du peigne, etc. Cette enfant a toute la philosophie qu'elle aura jamais et qu'une femme, par sa propre force, peut acqué* rir: des à peu près, des analogies, de fausses ressemblances, des drôleries, des variantes tout au plus ; mail rien de défini, ni analyse ni synthèse, pas une idée adéquate, pas ombre d'une conception. À la commandite dei idées la femme n'apporte rien du sien, pas plus qu'à k

énération : être passif, énervant, dont la conversation ous épuise comme les embrassements. Celui qui veut onserver entière la force de son corps et de son esprit la uira : elle est meurtrière, Inveni amariorem morte muierem.

Au reste la nature , qui ne fait rien en vain , a rendu ( cette vigueur et cette continuité de méditation qui seule i fait les hommes de génie (D. Stern) » incompatible avec les fonctions et les devoirs de la maternité, La femme manque de jugement pendant une partie de son existence ; Tamour lui ôte la raison ; pendant les règles et la grossesse elle perd l'empire de sa volonté. Chez la nourrice, la surexcitation du cerveau altère la qualité du lait et bientôt le fait perdre : cela se voit à Paris, où les femmes, par la multitude des relations sociales, des affaires et des soucis, ne peuvent soutenir longtemps, malgré la meilleure volonté et les plus heureuses dispositions, les fatigues de l'allaitement. On peut l'affirmer sans crainte de Calomnie, la femme qui s'ingère de philosopher et d'écrire tue sa progéniture par le travail de son cerveau et le Souffle de ses baisers, qui sentent l'homme. Le plus sûr pour elle et le plus honorable est de renoncer à la famille et à la maternité ; la destinée l'a marquée au front : faite seulement pour l'amour, le titre de concubine lui suffit, si elle ne veut courtisane.

Non -seulement donc l'infériorité intellectuelle de la femme est avérée, avouée ; cette infériorité est organique et fatale.

L'humanité ne doit aux femmes aucune idée morale, politique, philosophique; elle a marché dans la science sans leur coopération ; elle n'en a tiré que des oracles, la bonne aventute^ 6 gué!... L'homme a tratué sa c^wn-

|M^no, marchant ]e [remier comme Orphée lorsqu'il ramène des enfers son Eurydice, elle suivant, pone sequens. 11 observe, réftcchit, décide; elle allend son sort des résolutions de celui sur qui sont attachés ses r^rds, et ad eum conversio tua.

L'humanité ne doit aux femmes aucune découvâie inJuslrielle, pas la moindre mécanique. J'ai demandé au ministère du commerce quelle était la part des femmes dans les inventions orticiellcmcnt déclarées, et voici ce qui m'a clé réfiondu : Depuis le f juillet 1791, époque où la loi sur les brevets dinvention fut mise en vigueur» jusqu*au 1" octobre 1856, il a été décerné par le gouvernement 54,108 brevets tant d'invention que de perfectionnement. Sur ce nombre, cinq ou six ont été pris par des femmes pour articles de modes et nouveautés!,,. L'homme invente, perfectionne, travaille, produit, nourrit la femme : elle attend de lui, avec sa profession de foi, sa petite tâche, mollia pensa; elle n'a pas même inventé son fuseau et sa quenouille.

Pas plus d*idces dans la tête de la femme que de germes dans son sang; parler de son génie, c'est imiter Élagabal jurant per testic2ilos Veneris. La femme auteur n'existe pas; c'est une contradiction. Le rôle de la femme dans les lettres est le même que dans la manufacture : elle sert là où le génie n'est plus de service, comme une broche, comme une bobine.

Concluons maintenant.

Puisque, d'après tout ce qui précède, l'intelligence est eu raison de la force, nous retrouvons ici le rapport précédemment établi, savoir, que la puissance intellectuelle étant chez l'iiommc comme 3, elle sera chez la femme comme 2.

Kt puisque dans l'action économique, politique et sociale , la force du corps et celle de l'esprit concourent

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re qui allaite sun lils el qui ieill« à ion chi'tpt aulaal

ige et de vigilance qu'au soldat qui Tcillo A la lArrlA

Ue.i

Gaulbier-Coignct réjiètc la m&ne choao ;

I, il n'y a pas de famille ; non, il n'y a pai At pnufilfl |

D'y a pu de races ; dod, il n'y a pu de nui datant

opos de M" Gauthier-Coigiiet , je remar()iin (pi'll >éré depuis quelques ann«-«ft chnt ni;s l'IiilMiriiril** jrësdont ilestjuiile dt: k-iir U^nir r^m\Ati, Apilrnes pot-talent sim|ik-iiicnt l'-^ notti* lU- loir* itmij* : I a^àl^let, M— d'Kj.inj; , H" li'-. SUtA, M- (-hi/Vh, les ont commenr>: aj'fiixli'^ kora tf'»!* i ittit 'In onsorlâ : M— >tj kj:r .1<; i^ijunte. Kfiuot^ «ll*< 'M taé la rauoa uAiyt^*^. •:! p(M ifn (MAiwf.rfnyHf« ',

divorce ; clic se conlcnic de mettre son mari derriire sa crinoline : M"'*" Gaiithicr-Goignet. Tout cela sous prétexte que devant Dieu il ny a pas de sexes.

Devant Dieu, c'est possible. Nous ignoronSy malgré les confidences de Mahomet, comment l'homme et la femme se comportent ensemble dans le paradis» et jusqu'à quel point, en présence du Saint des saints, la sexualité s'éva* nouit. Ce qui est sûr est qu'ici-bas, Thomme et la femme placés l'un devant l'autre, les sexes se retrouTent; et comme la Justice a pour objet les choses d*ici-bas, force nous est de faire, selon les règles du droit, le compte des parties.

Devant Dieu, ou, pour parler plus humainement, dans Tordre moral, l'égalité des sexes, prétendez-vous, n'est plus contestable.

Remarquons d'abord une chose. .

La vertu n'entre pas dans le commerce : elle ne pent en conséquence faire l'objet d'une règle de Justice distributive, elle n'est pas matière de droit. Et comme il ne servirait à rien à un individu , pour avoir accès dans une assemblée d'actionnaires, de dire : Je suis honnête homme, s'il n'était au préalable porteur du nombre voulu d'actions, de même il ne sert à rien à la femme, pour entrer dans l'assemblée politique ou balancer dans la famille rautorité du mari, d'alléguer sa vertu : il faut qu'elle prouve encore sa capacité physique et intellectuelle. Sans cette condition, la requête de l'honnête femme ne peut être accueillie; si elle insistait, elle cesserait, ipso fado, d'être vertueuse.

'Ainsi, quand les chevaliers de l'émancipation féminine invoquent à l'appui de leur cause les vertus et les prérogatives de la femme, son amour, son dévouement, sa beauté, ils se mettent à côté de la question, ils font un paralogisme. Tomb$ aux pieds de ce sexe à. qui tn doii

- ses -

ta mère,- me crie Legouvé. Voilà trente ans qti*oti tourne et retourne ce sensible hexamètre. Je réponds tranquillement, sans manquer au respect de ma mère : Tant, que j'ai été enfant, j*ai obéi et dû obéir; parvenu à Tftge de majorité, mon père vieux et cassé, je me suis trouvé, )>ar mon travail et mon intelligence, le chef de la famille, et pour ma mère elle-même un mari et un père; j*ai pris et j'ai dû prendre le commandement.

xm

Hais est41 vrai que dans Tordre moral, au point de vue de la Justice, de la liberté, du courage, de la pudeur^ la femme soit Fégale de Thomme? Déjà nous avons vu, chez tous deux, Tintelligence se proportionner à la force; comment la vertu ne se proporlionnerait-elle pas à iH>n tour à l'une et à l'autre?

N'oublions pas que nous comparons les sexes dans leurs natures respectives, abstraction faite de leur influence réciproque, et indépendamment de toute communication familiale, conjugale et sociale. L'hypolhèse de l'égalité des sexes et de leur indépendance mutuelle, à part ce qui regarde la génération, le vout ainsi. Nous savons combien le physique de la femme est modifié par la maternité et le travail, combien son esprit l'est ensuite par l'initiative de l'autre sexe; nous sommes en droit de supposer qu'il en sera de même pour la conscience. Puis donc que nous avons à déterminer le droit de la femme dans ses relations avec Thomme et avec la société, nous devons auparavant reconnaître sa valeur propre et comparative, distinguer en elle ce qui vient de la nature d'avec ce que lui confère le mariage.

La question revient ainsi à demander si la femme possède d'elle-même sa vertu, toute sa vertu, ou si^par halard elle ne tirerait pas, en tout ou en partie, sa valeur

Ces faits sont d'observation générale.

J ai rapporté Topinion des docteurs qui refusent une âme à la femme : on voit ce qui avait fait nattre dans leur esprit cette opinion quelque peu injurieuse. Ils avaient observé la femme comme nous Tobservons en ce moment, abstraction faite des influences paternelles et conjugales, c'est-à-dire en dehors de sa véritable destinée» et, comme ils la trouvaient de tous points inférieure, ils exprimaient leur jugement en disant : Elle n'a pas d^âme.

Mais écartons les témoignages virils, comme suspects.

« Les femmes^ dit M°>« Necker de Saussure^ ont horrear du code : c'est pour elles un vrai grimoire.

a Les jeunes filles^ trop persuadées de l'intérêt qu'elles se croient faites pour inspirer^ veulent être préférées en toutes choses : la Justice les occupe peu. Il leur semble plus flatteur et plus doux d'être une exception à la règle que de s'y soumettre.

tt Si les femmes s'examinaient avec attention^ que de fois ne se trouveraient-elles pas une moralité relative dépendante de leurs affections! Combien souvent leur conscience la plus délicate, la plus sensible, n'est-elle pas l'idée d'un être vivement aimé et un peu cramt^ qui les voit, qui les suit, qui jouit ou souffre de tout ce qui vient d'elles ! Cette conscience est bien quelque chose; mais pourtant il en faudrait une autre que celle-là.

a II faut aux femmes une sorte d'élan pour sentir la beauté du devoir; encore, ce devoir même, elles ne l'accepteraient pas, s'il n'était basé sur la religion. » {Éducation progressive.)

Daniel Stem confirme ces observations :

« La femme, dit-elle, arrive à l'idée par la passion. »

Comment, après de pareils aveux, M"'* Necker de Saufr

sure et Daniel Stem peuvent-elles soutenir l'égalité morale

des sexes?

Dl«hneqoepour«Titr(TiridABi)aocnt(Mrl (■

* FnAoite sponUn^tiMitl, U tetame a beaom d* '

icilalioa do tout wd èin, de mCne il lui Cun ■Rinr 1 h JuMIm. le Bocoun dr l'amour vt de lUc M tfKD|Kvnd le drvuir que coioim imputé d'en i Mw>c am mligiin. Sa cooaci— ce «t oomm oal» hlÉBl, pour qui U JnatiM ■'«! d'abord qn'nn fsi m àa dehori, rt qui m fmtOBaUh en criai q> IMiliiè en aulorilA sur l'cnrant. ce que j'ai tff htbb amtciaut.

iaÊÛ le légttlsirur. qui aflté l'Age de U rcspoonMIiU Mnle, pour lea Amx Kin, à «ciie atis, aurait pa la Milerpour la Tomme JiHqu'i qiiaranle-ciDq. La frama H mit d^icidémenl, comme cniuciejirc, qu'à cd Igo: inne et dans sa Jleitr, plu» tord «hu le* inftuenna da l'unour et de la muUmil^, olie n'a qu'une deoû-^en- Kienre. comme ilil M»* Necker.

Cost d'uiin-s r-c |irinri[w qur> ccrlaînes lé[;t«1ationB M BoDiTÀrent beaucoup plus douces poqr la Gemme qoe |Nnr l'bomme :

■ Ne frappei pas une femme, eùt-elle rail ceot rautes,jiat ■fne anec eue fleur. > (Loi indienoe, citée par Michilit, 'iripmà dm éroit français.)

• Eu AJIemagoe. le* TeouneB enceintes poufaienl, pour sali Uk leurs oiTies, prendre à volonté des fruits, des léguna kl lobilleSj etc. (Le même.)

Là femme veut des cxceplions; clic a raison : elle M 4me , et les ciceplions sont pour les infirmes.

Ce que nous venons Je dire, en thèse générale, de la lustice, est également vrai do la vertu la plus précieuse le la femme, de ceik' dont la perte doit être regardée par ■ik comme pire que la mort, puisque, cette vertu perdue, III 21.

la femme ne compte plus : je yeux parler de la pudev. De même que les idées et la Justice, c'est eneon par Thomme que la pudeur vient à la femme.

Les enfants n'ont pas de pudeur; les adolescents, jusqu'à la puberté, fort peu. Do toutes les vertus, c'est celle qui arrive le plus tard et qui exige le plus grand divaloppement intellectuel et moral, la plus longue éduci* lion. Chez les nations primitives, la pudeur est nnlla aussi, ce dont témoigne la Genèse : Et nom embâseeèmU*

Comment se manifc^ste ce sentiment?

La pudeur est une forme de la dignité personnelle, de ce sentiment qui fait que l'homme, se respectant luimême, se sépare de la brute, dédaigne ses mûeors et as- ])ire à s'illustrer dans les siennes. Si quelque chose est fait pour révéler à l'homme sa dignité, c'est à coup sûr l'accouplement des bêtes, de tous les spectacles le plus répugnant : la vue d'un cadavre choque moins. Or, la honte qu^éprouve l'homme dans la solitude de sa dignité redouble sous le regard du prochain; do là |x>ur lui un devoir nouveau dont voici la formule : Dfefais pas en particulier ce qve tu n'oserais faire devant les autres; ne fais pas devant les autres ce que tu ne veux pas qu'iU fassent devant toi.

Ainsi la chasteté est un corollaire de la Justice, le produit de la dignité virile, dont le principe, ainsi qu'il a ét^ expliqué plus haut, existe, s'il existe, à un degré beaucoup plus faible dans la femme.

Chez les animaux, c'est la femelle qui recherche 1( mâle et lui donne le signal; il n'en est pas autrement, i faut l'avouer, de la femme telle que la pose Ja natur et que la saisit la sociélé. Toute la différence qu'il y î entre elle et les autres femelles est que son rut est per manent, quelquefois dure toute la vie. Elle est coquette n'est-ce pas tout dire? Et le plus siYr moyen de lui plain

n'est-il pas de lui épai^ner la peine de se déclarer, tant die a coDsciencede sa lascivetéî

Ceci toutefois ne veut pas dire que la femme soit plus ardepte que l'homme à l'amour : le contraire me semble plutôt Trai. Elle n'é(»*ouve pas cet emportement causé, tà j*ose ainsi dire, par la morsure de Tanimalcule spermatiquei et qui rend Thomme furieux, comme le lion tourmenté par le moucheron. Mais l'obsession amoureuse dies la femme est constante , l'idée toujours présente, l'idéal beaucoup moins sujet à se briser par l'eflet de. la possession, hors de laquelle tout lui est indifférent et insipide; elle ne peut parler ni penser d'autre chose, assotée qu'elle est par sa rêverie, et bientôt, si le travail et l'éducation n'y mettent ordre, dépravée. Qui a vu des ateliers de femmes et entendu la conversation des ouvrières peut en rendre témoignage. A vrai dire, et malgré tous les petits talents que nous aimons à lui reconnaître, la femme n'a pas d'autre inclination, pas d'autre aptitude que l'amour*

Tous les voyageurs l'ont observé chez les sauvages; ceux qui allèrent en Orient chercher \2l femme libre n*oni pas osé dire ce qu'ils avaient découvert : c'est qu'aux .œuvres de l'amour l'initiative appartient réellement à la femme. Les exemples n'en sont pas rares non plus chez les civilisés : aux champs, h la ville, partout où se mêlent dans leurs jeux petits garçons et petites filles, c'est presque toujours la lubricité de celles-ci qui provoque la froideur de ceux-là. Parmi les hommes, quels sont les plus lascifs? Ceux dont le tempérament se /approche le plus de la femme.

Pourquoi, indépendamment des causes économiques ^ politiques qui s'y ajoutent, la prostitution est-elle incomparablement plus grande chez les femmes que chez les t^nes; pourquoi, dans la vie générale des nations^ la ço-

lygynie est-elle si fréquente» la polyandrie si rare ; pourquoi la femme répugne-t-elle moins que l'homme à la promiscuité, ainsi qu'en témoigne l'histoire des sectes gnostiques, si ce n'est que son moi est plus faible que le nôtre (M">« Necker de Saussure) ; qu'elle est toujours plus près de la nature» c'est-à-dire de l'état de nature (Daniel Stem); qu'elle a par conséquent un sentiment beaucoup moins énergique de sa dignité; qu'autant son esprit reste, par lui-même, borné à l'aperception sensible, autant sa conscience reste dans la sphère des affections ; que, dans ces conditions intellectuelles et morales, sa fonctioji naturelle étant surtout l'enfantement, elle tend, de toutes les puissances de son être , à un but unique» qui est de vaquer aux oBuvres de l'amour?

D^cUe-même, la femme est impudique ; si elle rougit, c'est par crainte de l'homme. Aussi, que ce maître lui manifeste son dégoût, qu'elle s'entende comparefr par lui aux femelles les plus immondes : la pudeur alors s'éveille en elle, et bientôt deviendra son moyen le plus puissant de séduction.

Ceci jette sur la femme un jour nouveau.

La femme est une réceptivité. De même qu'elle reçoit de rhomme l'embryon, elle en reçoit l'esprit et le devoir.

Improductive par nature, inerte, sans industrie ni entendement, sans Justice et sans pudeur, elle a besoin qu'un père, un frère, un amant, un époux, un maître, ua homme, enfm, lui donne, si je puis ainsi dire, l'aimantation qui la rend capable des vertus viriles, des facultés sociales et intellectuelles.

De là, son dévouement à l'amour : ce n'est pas seulement l'instinct de la maternité qui la sollicite, c'est le vide de son âme, c'est le besoin de courage, de Justice et

l'honneur, qui l'entraine. 11 ne lui suffit pas d'Mre chaste» virgo; il faut qu'elle devienne héroïne, virago : ion cœur et son cerveau n'ont pas moins besoin de féconlalion que son sein.

Tel est le secret de \2i femme forte^ de l'admiration dont elle a été de tout temps l'objet» et de sa merveilleuse influence.

La femme a-t-elle été élevée dans une famille riche en caractères virils, où le père, les frères, les amis, auront rayonné sur sa jeune âme la force, la raison, la probité: elle aura reçu une première façon , qui réagira ensuite sur le mari, d'autant plus qu'il sera lui-même moins forl. Au contraire, la jeune fille a-t-elle grandi parmi des êtres lâches, stupides et grossiers, elle sera prête à se livrer, et sa passion lui révélant sa misère se doublera pour sa famille de haine et d'ingratitude.

Que de femmes, molles et niaisesr, ont changé par le mariage du tout au tout! C'est pour cela que chez les Romains le père de famille était considéré comme engendrant sa propre femme ; parce qu'elle était sa créature, elle devenait son épouse.

Il y a plus : tout ce qui manque naturellement à la femme et qu'elle acquiert dans son union avec l'homme, c'est par l'amour qu'elle le reçoit. Tout ce qu'elle pense est rêve d'amour; toute sa philosophie, sa religion, sa politique, son économie, son industrie, se résolvent en un iQot, Amour.

' Vénus Uranie, Vénus terrestre, Vénus marine, Vénus conjugale, Vénus pudique, Vénus vulgivague, Vénus chasseresse, Vénus bergère, Vénus bellatrice; Vénus-Soleil, Vénus-Lune et Vénus-Étoile, Vénus bachique et Vénus Flore, quelle est la divinité chez les anciens qui ne soit ^^ transformation de l'amour? Minerve elle-même estelle antre chose qu'une Vénus industrieuse, et la vierge

Astrée, confondue avec la Pndeur» antre chose qn* Justieière? Tout est subordonné par la femme à l'anM elle y ramène tout» elle s'en fait un prétexte et unim ment pour tout : ôtez-lui Tamour, elle perd la raison pudeur.

Irons-nous maintenant, de cet être tout entier i mour, faire un contre-maître, un ingénieur, un eapiU un négociant, un financier, un économiste, un adm trateur, un savant, un artiste, un professeur, un pi sophe, un législateur, un juge, un orateur, un géi d'armée, un chef d*État ï

La question porte en elle^éme sa réponse. I qu'elle reçoit tout de Thomme, qu'elle n'est rien qui l'homme et par l'amour, la femme ne peut aller de avec l'homme : ce serait une dénaturation, une ocmfi des sexes, et nous avons lappris où cela mène.

Toutes ces constatations sur le physique et le i comparés de l'homme et de la femme devaient être f) non dans un vain esprit do dénigrement et pour le p stupide d^exalter un sexe aux dépens de l'autre, parce qu'elles sont l'expression de la vérité, que 1 rite seule est morale, et ne peut élre prise par pers ni pour éloge ni pour offense. Si la nature a vouh les deux sexes fussent inégaux, par suite unis soui loi de subordination, non d'équivalence, elle a eu ses apparemment, plus profondes et plus concluantes les utopies des philosophes, plus avantageuses non lement à l'homme, mais à la femme, à l'enfant, à la famille. On Ta dit il y a longtemps, plus l'humani partie de bas, plus sa moralité l'élève en gloire. Ce q vrai de la collectivité conjugale l'est indîviduellemc chacun des époux : laissez à l'homme l'héroisnie, I

•lis.

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àJÊÊÊ |Mt J'ibCiw », «MnfMK^MMM m», nnicSxSxl«>làl3tSxl.mil7èt.

M cowlilîooi. U (aiuw dp |wui prétHadf» ft U putu>iK« \inlf. ; tA lut^-fdii.alR-n ni infii»

par h aature el dvtaot U Justice elle iw pùM n de rboam*; en «orte que rteMnciiulkm eadiqiie en ton nom scraii U roiis> cralKwi l^jnile ère, pour ne pas dire de m softitude. Iji M-uhi

qui lui re»le Ml de trouver, uns violer la le coDtbioaiKin qui )i rachète : tous oiea Icclours lé le mariage.

XVI II niftent maintcnanl ces déclainaUons :

me a accumulé conlrc M compapne lout «• qii'il a iT de dureli'» et d*iiii'»i>!i''il<''s. H en n Tnil une i'<i|h cuuverte U'uii Miile el raclH-e à l'cndriul k' plus ■a maison, cuiiime unl- ùimiiiU- inall'ui^iiiilc uu une .pecte; il lui u raccourci les pieib «Im retiliincu, «lin re iiKapable de maither et de porter h>u cœur où

elle voudrait; il Ta attachée aux travaux les plus pénibles comme uue servaDte; il lui a refusé l'instructioo et les plaisirs de l'esprit. On l'a prise en mariage sous la forme d'un achat ou d'une vente; on Ta déclarée incapable de succéder à son père et à sa mère^ incapable de tester, incapable d'exercer It tutelle sur ses propres enfants, et retournant elle-même en tutelle à la dissolution du mariage par la mort. La lecture des diverses législations païennes est une révélation perpétuelle de son ignominie, et plus d'une, poussant la défiance jusqu'à l'extrême barbarie, l'a contrainte de suivre le cadavre de son mari et de s'ensevelir dans son bûcher, afin, remarque le jurisconsulte, que la vie du mari soit en sûreté, » (Le P. Li- CORDAIRE, cité par Daniel Stern, Essai sur la Liberté.)

De semblables paroles, si TÉglise avait la moindre intelligence du fait et du droit, eussent mérité à leur auteoi une interdiction perpétuelle. Mais TÉglise, sur la foi de Platon et de rÉvangile,Sdmet, comme le P.' Lacordaîre, l'égalité des sexes ; à Taide de ce principe elle entretient sa théocratie par le célibat ecclésiastique ; elle gouv^ne les familles par le confessionnal, et capte les successions des filles et des femmes par des testaments et des fîdéicommis, dont elle a soin de fournir les modèles. À ses yeux, la femme ne sera jamais assez émancipée, surtout s*il existe des collatéraux qui réclament.

Qu*y a-t-il donc d'étonnant à ce que la femme' ait de tout temps subi sa part des misères que l'ignorance, l'oppression, la superstition, versent sur l'humanité; et quand le prêtre lui-même a méconnu le sens du mariage, que riiomme ait pris vis-à-vis de sa fantasque et lascive moitié les précautions que lui suggérait une expérience trop réelle?

Ah! de grâce, vous qui prenez en main la défense d( la femme, ne parlez pas de cette réclusion ignominieus( qu^elle a si longtemps subie, 'de celte vente et de ce achat de sa personne, de toutes ces entraves mises à si

ùlftnté el j sei tDouvenKnU : ces fait» ■ ootn clki, fiHitfifn lulutt de l/inunpugv i îli de ta rÛMM ei de riiidt(;Dilé de foo on r. «jouni'hui lie revenir à ce» nmin déplonli e Unil cilnninicnit les deux texes : li> moralie e ni mM, e'nt de pénMn-r la miMin diii coiiliimn i HkulioBS. Eh biun ! cdUs niMn i-clalrr maintruanl toi yeiu : nUet vpir ks rcniiiiH di> l'Orirnl et d( jtjt k demi ciTîlbte ou Ijarbana; raiipele»-nhH« i)ui tbeivntrebrémîre, l««u>«niresdeSBn,defi4lM de Ruth, dn BcIhuMe, eb d<! toiilet rea iteiileB Gb* qai K cAuchent aiuailAl (juc riwmiDe les iv{|uxle ; M i|M le l>écaloguc, dans i s tixi<yme et nenvièuf DaDdemenls, [lerlaul d'^dallèm, ne s*adnsâe b (onunc; rolicet, ntSn, vos epAIr», tm p cutitsle», et \out oompre dre^ ht tnutiT ita cati UlioD qui a fli longtemps pe»6 sur le sexe.

Oui, l'honune a été envers la feranie despote et * ■ il l'a Irailén comme iiix- bnile : (ireni'i punie, par vos détestables maximes, de l'y fairo revenir... Telle que vous la ïoyei aujourd'bui, c'eet Uii cjiii l'u laile, et si ullc mente quelque louaii^o, elle b lui doit.

OasiKTATioas. — iDllaMca de l'élément fémlDia sur Ibb mesura e\ la liM^ratun frac^aiaea.

Je complèle les réflexions qu'on vient de lire par quelqoes obienraliotu faites sur des sujets de l'un et de l'autre «easseï Connus pour que diacun puisse vérifier l'cxaelîbide de l'obeervateur.

On a dit que l*esprit avait, comme Tanimal, sadualM ^ sexuelle, son élément masculin et son élément féminio.

Sans discuter la vérité de ce jugement, il résulte de tout ce qu'on vient de lire que l'élément féminin, nonobstant la qualité spécifique qui résulte de son infériorité mtme et le fait reconnaître, est en dernière analyse un élément négatif, une diminution ou affaiblissement de Télénient masculin, qui à lui seul'roprésente l'intégralité de l'esprit

D*oii il suit encore que, si dans une société, dans une littérature, Télément féminin vient à dominer ou seulement à balancer l'élément masculin, il y aura arrêt dans celte société et cette littérature, et bientôt décadence.

Cette prévision de la logique est confirmée par Tcxpéricnce.

Toute littérature en progrès , on si l'on aime mieux en développement, a pour caractère le mouvement de Vidée, élément masculin; toute littérature en décadence se reconnaît à l'obscurcissement de l'idée, remplacée par une loquacité excessive, qui fait d'autant mieux ressortir le faux de la pensée, la pauvreté du sons moral, et, malgré l'artifice de la diction, la nullité du style.

l.a raison de ceci se découvre d'elle-même.

Une suite de chefs-d'œuvre , en développant les aptitudes de la langue, lui a donné l'abondance, la flexibilité, la force, créé ses locutions et ses formes. La philosophie , les sciences , l'industrie , toutes les branches de l'activité sociale lont enrichie. Son dictionnaire, comprenant, avec les vocables, les tours, formules, acceptions de mots, est devenu un arsenal où fourmillent les idées, et dont aucun écrivain n'épuisera les trésors. A ces matériaux déjà si riches, la grammaire et la rhétorique ajoih tent leurs recettes : moules de phrases, périodes, cadences, etc. ; on en a pour tout. L'art de faire jouer te métaphore et la métonymie ^ de darder l'apostrophe.

^ WbA, d*(nfonnT l« Inil, ait nnion'; la lac- JBgiffi n'a plut ils K>crvU. Potir farilitcr le lÉ dei rffirrtotmi d<i riitin, de ijiMinymp*, de pMiihiut», d'esiinpba rhuiù, qu'il noDorir, pour eo ttHr jnillir wu» ecua da (1m n|>i-mctM:tnt'iiU Uigèntcux, dM tlN coq»4-l'âtic. mdn dct iiUra MUm t dépMiilleinrtit <!<■• litUraïuna éinufitmtp- «nùar oonlineenl, t«M loquci or donoani WM wani plut fiiacée k eoUo «rigteolilé dm ouimtlt I ouinltmanL, fintiip bocnnie; {msiri M n^ mmc foui Im aimihii^inM, 5wmi rt hi/mv. Vnm ùa, vouft iwum, pcmluit uim gtoèniioB, ini] bommr.

^t cnmbiro cotU m^odu rit fivorabl*! k' tlion pt au IjriKniff. L'inlu cllo-mi^iiM) o'eil MTJpUoD par ^uiinu'^niticin de \»t\ic%, unu litvx lir (iraJui 'lit rarnii**um, .m mot Juf.ilfr. Je : TOUS avez uae utle loule faite, dans le genre J'ose ilire qu'une partie de la litléralun: cone, poésie ^ [irose, n'a pas d'autre raison d'être, li ce qui Tail «un mérite, et ce qui depuis le •ment du siècle a déterminé sa décadence, ure comprendre la cause des rétrogradations I j'ai cité , dans une autre étude , quelques 3 mes lectures d'Iiîstuire; qu'on me permette, ëme but, de donner un croquis de ine& obser- T quelques-uns de nos gens de lettres.

:ssE,»u.

nit d'arrêt de la littérature française commence à U est le premier de ce» fnnmftins de l'intelligence, ib te troublant, la itasaion ou afTeclÎTité l'emporte

sur la raison^ et qui^ malgré des qualités émûieni même, font incliner la littérature et la société Yen li

Le bon sens public et Texpérience ont prononcé ment sur Jean-Jacques : caractère faible, ftme mol! sionnée, jugement faux, dialectique contradictoire, ( doxal, puissant dans sa virtualité, mais faussé et aïïîE culte de Tidéal qu'un instinct secret lui faisait mau<

Son discours siir les Lettres et les arts ne cont quart de vérité, et ce quart de vérité, il Ta rendu le paradoxe. Autant l'idéalisme littéraire et artistiqi rable au progrès de la Justice et des mœurs quau principe et pour but le droit, autant il leur est conti il devient lui-même prépondérant et qu'il est pris voilà tout ce qu'il y a de vrai dans la thèse de Mais ce n'est pas ainsi qu'il a vu la chose : son c jane déclamation que l'amour du beau style, qui c à faire perdre de vue l'idée, put faire couronner p démiciens de province, mais qui ne mérite pas ui la postérité.

Le Discours sur Vlnégalité des conditions est ui tion du précédent : si Rousseau est logique, c'est d nation du paradoxe, qui finit par lui déranger la propriété, malgré la contradiction qui lui est inhéi abus qu'elle entraîne, n'est en fin de compte qu'ui de l'économie sociale. Et voyez la misère de l'écris que l'école physiocratique fonde la science préciséii de résoudre la problème, Rousseau nie la science à Vétat de nature.

La politique de Rousseau est jugée : que pour de pis contre sa théorie de la souvera'meté du p pruntée aux protestants, que de raconter les act( souveraineté depuis soixante-dix ans? La Révolutio blique et le peuple n'eurent jamais de plus grand ( Jean-Jacques.

Son déisme, suffisant pour le faire condamner pa liques et les réformés, est une pauvreté de théolo n'osèrent fustiger, comme elle méritait de l'être, 1

. ■eeui't par ntpliM el pir I

U« K reiné FaBsur d k iMriaf*, J'en iMiha < w

Bû de en t aDHi fwifpBrt ta «bMÎiilHa 1 40 It piAlh

de te nou àOt pour mU* p«j> fMaoUÎMCiMBt te

NT fanoar, hmI^hmiiI ^h demi tuifn de prêt

UedunfeniaMdkiiA.

fii^iiM Ml €n MiaUtn pvfiû* ubumM, nut

lapWi.

Nu 11)1», nMOnl pv fingawa, taq^oan concct,

4fieM»t dt>taMMwé |»r rcolMK, ta dfduMtiMi. ta

Vd M0«IEKUIiaade peneoMliié ianppaftobto. Roi»

«ilMi i ta iMoirt de notre liWnlurcj BSia, atom»

Il HMttage et l'uaiiat. il en ■ naœaeA ta dén-

0iBBe,elceUe oUemlim i:itd''-nMfe coamlui.llou*apM lé Tériubk HHiOle rétulultonnure ; tl ne roniprend NveiMBl ptiUowpbHiUe ni le niouteaii^iil l'-cuiJutiiiiiM { nÎM pu , nmine iNderot , l'iTcuir glorieiu du trtTail ikndpatiooilufiniManatfduul il portr u mftllmlitrfn; ICI, cuiiinn' Vuliain;, ri-[ r»|int ck- JusIki- H «le luU^i)uideT>i(aineDcr,&i p«u tt utiuV» a|>r» m morl. Utl^ e t'ËgliK ri le iriomplio Av la fti-tolulioo. Il ri-ilv rrrmé 1^, duDl tout [urlr autour de lui ; il ne «uii|>rtiiil, il wukatf^nl pa* «rtlf lilirrU dunt il {Mirle MD*cuM. Son A ta »uta{;i-ni,-, ifn, laquelle Iv retour étant tiii|>u«MUIe, oit plus, («"ir II' .<nlul ilii pt'Ui'li-, (|u'iiulunt<^, pMier* t, dif^jjihiK- l'''^'>l<', 'Ir^jiuiKiitiv (lopuliiru, itiluli-raiice E, Gooune un mal iKci'Sïaire.

luence de Rousseau fui immcasc cepeuilaiil : pourquoi î ie Eeu aui poudres que depuis deui siècles avaitiit amas- 8 lettrés fran^is. C'est quelque cliuse datuir ;i1Iiiiik' n imsi un tel c[iibraseiJii.-nl : eu cela cunsiïle la l'urce irilité de Rousseau ; pom tout le reste il est teintiie. nccGMCur immédiat de Kous&fau, dans cette s<5rie ine, ht Itamardiii de Siiint-Pii'rrc. Je nVn dirai

riou : rnpinÛHi sur le cai*aclùrc do cet écrivain csl forint depuis longtemps.

Jo passe également sur toute la période réyolatkn nairc et impériale, pendant laquelle les intelligences d'é liUi furent entraînées dans d'autres directions, etfanÎT à la littérature contemporaine, qui commence à la Rei tauration.

Ici, je Tavouc, je ne vois guère que les historiens et le pliilologucs dont la pensée féconde mérite les honneon de la virilité y et soutienne la Révolution et le progrès Tout le reste me parait, eu prédominance croissante, \m à Tesprit femelle, stérile et rétrograde.

I^KRANGER.

Une réaction vient de se déclarer contre le célèbre chu soimier, à propos de sa publication posthume. Je crois eeU réaction mal fondée dans ses motifs^ mais en partie juste.

Que iV'rangor ait passé les vingt dernières années de sa longi eiistence à rimer une centaine de chansons au-dessous é mé<Iiorre, il en avait parfaitement le droit, et c'est nous qi soniniesdes sots de les lin»; — que Tinsignifiance de sesM^ moires soit poussée jusfpraw commérage, est-ce sa faute sinoa attendions<le lui dos révélations? — que son chauvinisme soitd iH:u ce qu'il était en 1x2.*), cola prouve tout juste que le mondl a marché depuis trente-deux ans, et que Déranger est restéd qu'il était; — qu'il s'en vienne ressasser, quand l'histoire ei ouverte, la postérité saisie, l'opposition éteinte, destupidesci loînîiios contre les Hourl)ons , et se croie pour cela un gniK citoyen, c'est une infirmité d'esprit à porter au compte del vieillesse; — qu'il demande pardon au lecteur des grivoi^ de son jeune temps, je ne le trouve pas de mauvais exemplc;qji'il implore le Dieu des bojinps fjrji'i, le Dieu de Joan-Jacqw! le Dieu de Maximilion, le Dieu d'Alphonse de f .amartine, apri l'avoir si drôlement chansonné, on n'en peut rien conclan sinon que Béranger^ tout révolutionnaire et esprit fort quHi

c^Yi^îty enteodait aussi peu la Révolulion que la philosophie; ""Qu'au lieu de se lancer, comme tout l'y invitait, dans la car- Tière politique^ il ait arrangé sa petite vie loin du flux et refiux de la popularité, des orages du parlement et deis écueils du pouvoir , ménager de sa réputation , craignant sur toute chose de se compromettre, désireux de ne se brouiller avec personne et de s'assurer un superbe enterrement, il serait d'autant plus injuste^ à mon avis^de Teu blâmer, qu'il se fai* sait justice et qu'eu pareil cas tout individu doit être cru sur parole.

fiéranger n'en reste pas moins -le premier poète français du dix-neuvième siècle: de quel calibre est cet homme?

Béranger appartient à la Révolution, sans nul doute ; il vit de sa vie ; ses chansons, comme les fables de La Fontaine, les eomédies de Molière et les contes de Voltaire, ont conquis parmi le peuple et les hautes classes une égale célébrité. Et c'est ce qui élève Béranger au-dessus de tous les poètes contemporains : en fait d'art et de poésie, une pareille universalité d'admiration est décisive et dispense de tout autre irgumeut.

Béranger est-il initiateur^ comme furent les anciens lyri* qaes, comme Homère^ Virgile, Corneille, Boileau, Molière, La Fontaine, Voltaire? A-t-il en lui le concept, l'idée?

A cette question je réponds sans hésiter : Non, Béranger n'a lien du poète initiateur; c'est un écho, une Irarpe éolienne. Lui-même le dit quelque part : Je suis un luth suspenduy qui i^nne dès qu'on y touche. Que la voix publique vienne ébranler ton âme, il chantera; lui-même ne la devance pas. Seul il se trompe constamment; il ne connaît ni sa route, ni son étoile. Pour le style et les mœurs, je parle ici des mœurs poétiques, c'est simplement un disciple de Voltaire et de Parny; aucune qualité propre ne le disting*ue, si ce n'est peut-être la fatigue et l'obscurité trop fréquente de ses vers. Sa plaisanterie et ses gaudrioles sont en géuéml puisées à deux sources luspectes, l'impiété et l'obscénité. Ses chansons bachiquis n'ont pas non plus la joie franche des chansons gauloises : elii-s tout d'un poète qui se met à table; il y a de la recherche^

de Id préméditation^ trop de philosophie. Béranger est sérieux, point naïf^ souvent tendu et forcé, jamais aviné. Il serait demeuré un poète médiocre, si les circonstances où il vécut ne lui avaient fait trouver une autre veine.

Pour le fond, il n'a pas plus d'invention et d'initiative.

D'abord, il chante l'amour grivois, et rétrograde deRousseaa à Brantôme et à Boccace. Rarement il s'élève jusqu'au sentiment et à l'idéal ; et toute cette partie de son œuvre serait à dédaigner, si, par la vivacité des tableaux et le mordant de la vérité, sa chanson, licencieuse de pensée et de fait, n'était devenue une satire d'un genre supérieur à celui d'Horace et de Ju vénal. Ma Grand' Mère est une de ces pièces incomparables, dont je doute que le poète ait eu lui-même la conscience, et qui n'a de modèle en aucune langue.

Pans ses chansons politiques, Béranger n'est que l'écho des passions de son temps : il grandit avec l'opposition libérale; il monte avec les souvenirs, avec les conspirations bonapartistes.

Que fait-il en 1810 et 1811, quand le despotisme impérial, parvenu à son apogée, a fait taire la Révolution ? Chante-t-il . la Liberté et la République? Non : il est tout entier à Cornus, Bacchus, Vénus; il attendra les Bourbons et la Charte.

Que fait-il encore, de 1812 à 1815, quand la France est écrasée sous les désastres, et que les armées étrangères ont établi leur quartier général à Paris? 11 chante des gaudrioles, le Bai d' Yvetot^ le Sénateur , Roger Bontemps, les Guetix, la Gnmât Orgie, etc., etc. Ce ne sont pas les Gaulois et les Fram^ ni le Bon Français, ni la Requête des Chiens de qualité, ni l'O^nion de ces demoiselles, qui peuvent racheter cet étrange oubli du poëte patriote. Certes, on n'était pas trop malheureux en France, on riait, on chantait, on dansait, on s'amusait^ durant ces affreuses invasions, s'il faut s'en rapporter au répertoire de Béranger. Ce n'est que plus tard, au retentissement de la tribune, à la voix des députés libéraux, de Manuel, de Benjamin Constant, de Foy, quand l'ennemi a évacué la France, que le rouge monte au visage du poëte et qu'il prend son élan, le Marquis de Carabas, Mon dme, sont de 181G; la rivandièft

'^ le Champ (TasHey deux chants épiques^ de 1817 et 1818.

^ ce jour nous possédons Béranger : il ne s'arrêtera plus.

^îès 1830^ retiré de la politique, mais toujours fidèle au

n^ouvement des idées, il deviendra encore le prophète du

socialisme.

Dans cette longue suite de petits poëines, au nombre de plus de trois cents^ et qui^ placés bout à bout^ formeraient une espèce d'épopée^ Béranger montre-t-il une intelligence véritable du mouvement historique^ des passions de son époque, du droit et de l'avenir de la Révolution?

Il n'en est rien. Béranger a si peu le secret des choses, que c'est précisément à son ignorance qu'il a dû son succès. Jamais ' homme plein des hautes pensées que pouvait suggérer à un Royer-Gollard, par exemple, à un Saint-Simon, la marche des choses, ne se fût avisé de mettre ces pensées en chansons : il eo aurait fait un poëme épique, tout au moins des tragédies. Jusqu'à trente ans, Béranger avait été rimeur ^ussi malheureux qu'obstiné; peu à peu cependant il s'était rompu au cou* \ki; il avait acquis, dans le genre inférieur du refrain, un vrai talent, lorsque la Restauration arriva.

En honime d'esprit et de pratique, Béranger songea donc à tirer parti de ses moyens. Son éducation était faite, et le contraste des idées et des événements avec le cadre de la chanson, la seule forme poétique dont il disposât, ne pouvait manquer de produire, pour le sublime comme pour le ridicule, des effets Surprenants. Il mit en couplets, sur des airs connus, non pas Viàée qu'il n'eut jamais, mais le sentiment révolutionnaire, tel que le lui offraient les souvenirs de 93, la bataille impériale, le débat constitutionnel, et cette longue figure de l'Ancien bégime qui revenait, comme un spectre, en la personne des émigrés. La littérature française se trouva ainsi enrichie, par Texhaussement de la chanson, d'un genre nouveau, dans lequel Béranger n'avait pas trouvé de modèle et restera sans égal, l'histoire et la poésie ne se répétant jamais.

Du reste, la Révolution est demeurée pour Béranger un mythe» remi>ereur une idole, les princes de Bourbon l'ennemi. SouB tous les rapports, sa pensée est courte, défectueuse, ar-

riérée^ contradictoire. La preufe, c'est qu'il a beaucoup perdu de sa réalité; dans trente an», les trois quarts de ses chansons n'auront plus de valeur. Ses vingt dernières années, il les t passées à remàcber ses plus heureux refrains et à regretter ses amours;'il est mort déiste. Comme Rousseau, il fut, parla prédominance de Télément féminin, un agitateur en qui la passion débordait la conscience ; il a senri la Réyolution, mais il a fait baisser le sens moral et dérouté le sens politique; s'il montre quelque virilité d'entendement, c'est dans l'architecture de ses chansons, dont chacune forme un ereseendo contino, un tout logique et complet, parfois même comme la miniature d'un poëme épique.

M. DE LAMiaTIKE.

Jamais peut-être un homme ne se rencontra doué d'inclinations plus heureuses que M. de Lamartine: Il aime la vraie gloire et il s'y connuît; son esprit cherche naturellement la vérité^ son cœur la Justice ; les plus hautes conceptions, quand elles lui sont présentées, il les embrasse sans effort; personne plus que lui ne désire ser\ir et illustrer son pays ; il a la religion du devoir, le courage dans le danger, et celui, plus rare encore, de la fidélité à sa conviction, alors même que celle conviction peut le rendre impopulaire. Ajoutez une chasteté de sentiments qui rappelle Bossuet, et une puissance de verbe qui tient du prodige. Tout d'abord on l'aime, on se sent attiré vers lui; on le prendrait volontiers pour directeur de coih science; il semble même, à la limpidité et à l'éloquence de sa parole, que l'on pourrait se reposer sur lui du soin de penser et de raisonner, tant dans ses écrits, comme dans ses discours et toute sa personne, l'expression du beau apparaît comme le gage souverain de la raison. Malheureusement, ces belles qualités sont déparées, souvent même neutralisées, par un irréparable défaut : le travail intellectuel, chez M. de Lamartine, cet esprit d'analyse et de synthèse qui seul, en donnant la raison des choses, élève et entretient l'idéal, manque tout i Mt; il CONTEMPLE, il ne pénètre pas; et comme il arrive i

•«Mwaito, il M mit JMMi* ifiwltF mM Aotât, tfmlti bK lair, ^«1 pHuyc alinarr. U* U n miiùi^t

tlnd^luhqiHiatvalà rffùlMTv4*la»

li»J(tS4S pirDuufISTt», l'onp dM plu* ttmttu nfrJECtde M. de Umartinc.

M i HIcNO. a 1 7M1, d uii « Cimillc imUc, H. 4» Lut KwétadM •*« uM nrv liMtUKtkM m wlUfa da I fMnn iftidatMl* iMwin iniliiair* il» Ijmhi XMll, |» Mt Jfniitdltmi ea IKâU, H miiit Ju*<|uVji lh3U U nrtt^ir uifiaiiiilique.

Pu M naiwaniT, »(in MucaLion, m^ «rnlimnilt tic fimilla, ha indtudtiou )>frM>tiurlk,)l. di- Lainiriitie M nijaliitleid* 411* chKlicD. ijuvl Witirur puur lui l'il <'luil m- nu «lotli- de luMwl, aluni (jue lieu Qi'liil tenu t-bniiliT dim U aalliiu A kû maaarchitjue et rvligieun-: ,s« |>o^iie eiil ^'Ininl )« Doodr, et » gluirp, aiusi pure que m ]feo»iv, vùl iluri^ plu* Itffilc.

Aprà U BécolutioQ de juillel, M. de UmaHine te tient k l'art; il cou temple tel te Révolutiou <)iii «'tait venue diiiiDcr le lioenti à sa muse et dtrauger sa Turtuiie puliliijue. i'uia, =n)yuit recounaltre le duitil ik- llieu daiia lu fait aixumpli, il ^iiiUîe une Lrochure où il expfdjuc et légilime, aux yeux iJ« (a •iMi et dtla foi, l'avÙKiiieul di' la d)iuutii' d'UiU'aiM. Il W! e Tend ai ne m: duiiue ; »uu (Irsiotéresseiiii'iit ext uu «ûi iivnuit p la Kttaulé. Omuiie je le disais tout à l'iiuurc, il cberijlitj lu

courant providentiel^ et opère^ en tout bien et tout honi.eur, sa transition.

Élu en 1833 député de Berghes (Nord)> pendant qu'il était à Jérusalem, il s'assied au banc des conservateurs^ appuie la loi contre Içs associations^ soutient la prérogative royale, puis vote contreia loi de dotation et les fortifications.

Autant qu'il est en lui, BI. de Lamartine, rallié à la dynastie nouvelle, reste fidèle au principe monarchique; mais il n'en est pas le flatteur, sa conduite le prouve. Tout cela, cependant, est-il bien logique? Ëtait-il possible d*abstraire à ce point les |)ersonnes des principes, que M. de Lamartine pût se croire dans la sincérité de sa foi parce qu'il suivait, du côté où le vent la faisait tomber, la couronne? Qui empêche aajourd'hui que M. de Lamartine, après s'être rallié à la dynastie des Orléans, se rallie de nouveau à la dynastie des Bonaparte ?

En 1812, le tempérament de M. de Lamartine se décèle tout à fait : il vote la régence de la princesse Hélène,. soutenaot, par toutes sortes de considérations, qu'en fait de régence la main d'une femme est préférable à celle d'un homme. Pourquoi pas, aussi bien, en fait de royauté? Le 27 janvier i843

il vote contre l'adresse et passe à l'opposition, convaincu, dit-il, que le gouvernement s'égare et s'éloigne de son principe. De quel principe parlait alors M. de Lamartine? De la Révolution, sans doute. Mais alors pourquoi n'avait-il pas des premiers applaudi à la chute des Bourbons? Pourquoi ensuite, devenu député , n'était-il pas entré de plain-pied dans les rangs de l'opposition, au lieu de ce stage de dix ans parmi les coDse^ valeurs?

Ainsi, tandis que la Révolution de juillet s'écarte de son principe, M. de Lamartine s'écarte du sien, ce qui fait dire à M. de Humboldt : Lamartine est une comète dont on n''a pas enctn calculé Vorbite,

Les mots, La France s'ennuie, Révolution du mépris. Il suffi d^une borne, etc., sont de ce temps. Lui qui dans son Ccnft familier de littérature nie dédaigneusement le progrès, ilslodignait en 1843 que les conservateurs dont il se séparait résis-

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14 (éTTicr, M. de Uro«niDr Dr te knimmiI-iI |>Iu« «h ta ■e Hélèiie, dont il itait u riuqurmiiMiil ih^fpwlu ta ilMS, et qui)^uit là.Mtnfnfknl lUm m« bru, a|t|vlaiit leurdesyeuietducffur^ll y iietuaii, je le truirniin*, en que H. baniier-F'a):t-« ; riiaif le propli' riitNhil l'a^ ^ !, le courant *e proDonn' rtiiiln' la r^iirnr», rn |t|ar« lelle H. de LamartiiH? , iutiTix^le de la «uliniû du el des dcs^ieinx de Jrieu, |ini|Mwe un >iout*rntm$Hl

ett pu UEOz, on demande la Kif-vt/liiiuê. — M . dr U- : bésile : il dit que rERsn>:iKi.i.niKiT il <■*( |Hiur pli», ■ il réserve la droiU de U nntion. Lu niiilruiru riU (''ti\ li, surtout |)lus diKtic. l'emimu'llemvut M di< l^ninrroyaliste, et dariii U circutittaiit^e il ii<' iV'M'rvnit nni. Il luul.

i, grand combiil ilc M dr l.iiinurlini' nintir Ir dr«|M'«u III. lit.

rouge : les rouges sont confondus; toutefois M. ée tu

accorde à Louis Blanc la rosette rouffe.

Le courant devenant toujours plusfuneux, M. de Lan crée la garde mobile, pour rassurer ks honnêtes gens : verra les œuvres quatre mois plus tard. Il repousse le d travail, puis il signe le décret qui le garantit.

Dans son manifeste du 6 mars il nie* les traités de 181; au droit, mais les admet quarU au faity juste ce qu'a.s M. Guizot, et conclut par ce mot magique, la paix : ce Tempéche pas, quinze jours après, de demander 315,00 mes pour observer le Rhin, les Alpes et les Pyrénées. Cei qu'il proclame le grand principe politique : La b&nne fi

Après la journée du 17 mars, Lamartine voit sa pop décliner, celle de Ledru-Rollin grandir. Aussitôt il chc se rapprocher de celui-ci; il taie le terrain, voit Blai 15 avril, et le lendemain se jette dans les bras de Chang Le cri du 17 mars, cri du peuple, avait été : Vive Ledru-] Le cri du 16 avril, cri de la bourgeoisie, fut : Vive Lam ^ bas les communistes!

Je ne pousserai pas plus loin ces rapprochements, d harangués et écrits de M. de Lamartine fourniraient vingt J'en ai dit assez pour faire comprendre au lecteur qu'u blabie zigzag d'opinions, chez un homme que son caract< à l'abri de tout soupçon injurieux, procède d'autre cai de légèreté et de mauvaise foi : c'est l'entendement qui b tionue pas, qui^ ne produisant pas de germes, laisse l'I sans résolution, sans conseil, sans critère. C'est M. de 1 tine qui, par sa guerre ridicule au drapeau rouge et au munistes, a déchaîné la terreur bourgeoise ; c'est lui q le trouble de son esprit et l'inconsistance de son carac commencé la dissolution de la République ; c'est lui ei a donné le signal de la réaction, et qui, tombé du pouv te mieux servie. Mieux eût valu une vraie femme. E^p lade sous une apparence de sérénité; enfant subfane, matfaisance égale l'innocence, M. de Lamartine est ces natures que les partis doivent se renvoyer .l'uièàJ comnte des mèehes ificesdiaires, si mieux ïh n'aiiiient

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rouge : les rouges sont confondus; toutefoîs M. de LamarthM

accorde à Louis Blanc la rosette rouge.

Le courant devenant toujours plus furieux, M. de Lamartine crée la garde mobile, pour rassurer les honnêtes gens : on en verra les œuvres quatre mois plus tard. 11 repousse le droit aa travail, puis il signe le décret qui le garantit.

Dans son manifeste du 6 mars il nie les traités de ISlSçuonl au droit, mais les admet quant au fait^ juste ce qu'avait dit M. Guizot, et conclut par ce mot magique, la paix : ce qui ne Tempeche pas, quinze jours après, de demander 31 5,000 humines pour observer le Rhin, les Alpes et les Pyrénées. (Test alors qu'il proclame le grand principe politique : La bonne foi.

Après la journée du 17 mars, Lamartine voit sa popularité décliner, celle de Ledru-KoUin grandir. Aussitôt il cherche à se ra{)proclicr de celui-ci; il tdte le terrain, voit Blanqui le lo avril, et le lendemain se jette dans les bras de Changamier. Le cri du 17 mars, cri du peuple, avait été : Vive Ledru-Roliio! Le cri du 1(5 avril, cri de la bourgeoisie, fut : Vive Lamartintf ^ bas les communistes!

Je ne pousserai pas plus loin ces rapprochements, doDt les harangues et écrits de M. de Lamartine fourniraient vmgt pages. J'en ai dit assez pour faire comprendre au lecteur qu'un seiublable zigzag d'opinions, chez un homme que son caractère met à l'abri de tout soupçon injurieux, procède d'autre cause que de légèreté et de mauvaise foi : c'est l'entendement qui ne fooctioniie pus, qui, ne produisant pas de germes, laisse l'hoiDiDe siins résolution, sans conseil, sans critère. C'est M. de LaoMtftine qui, par sa guerre ridicule au drapeau rouge et aux coidmunistes, a déchaîné la terreur bourgeoise ; c'est lui qui, par le trouble de son esprit et l'inconsistance de son caractère, a commencé la dissolution de la République; c'est lui enfin qui a donné le signal de la réaction, et qui, tombé du pouvoir, 1'» le mieux servie. Mieux eût valu une vraie femme. Esprit malade sous une apparence de sérénité; enfant sublime, dont II malfaisance égale l'innocence, M. de Lamartine est une (te ces natures que les partis doivent se renvoyer .l'u» à l'aNtre^ comme des mèches incendiaires, si mieux ils n'aiment lesex^

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lim dTon flDHHo Mcotil du tonun et lU U |i»UU|m.

Je M m'hndni p« loAituMbeBl tur récriTàio : J'fevaon ■an r*fiiM jnyt. Si 1» Boral 4k U It^iwlutiOB rowiiHini i •îMer «■ RvMÉBui -, *'il nt pli» U* ciwon en oinattr, 11 unbe tout i bil ai UwartMie. Ui, wHOd titeeil aïonl Vàtâii rioc de Ui«te Uu^nture, k poM, l'toWab, fMl4|«^il uil, eit canune ua bes^ier «ui ei|cat:iHi fapier oldi iiUorabw.etlMMMdrciiklkNi «hmlil 4 la fciiyeruKe.

Lm JWii«fj'aM pMiiftMi. miTR opétalo di» M. de Lenei» bie, «ni une Imt^oUlMa «ur ti lia ite lififl relif mn el rm»- Mitli>(|iw, ne puPOM )Mrrfnm< ii^bf. Pir cv c^ funéraire, M|uèiM M nOetlM^i UHr«uluiut:e«w le«B«êe («tpiad améhlé. UkutlrH lun ^oaïul préiin ^u» le poCu, ■'>) fi^ lui BiUle à lui-»rim , n'init pei lutn : Tmnàmm liatfan <• l'uiurii uhmhIc rl>ul''r , M. de LasHliae m peinait Un <IUH Ir nouveau qu'uD |tin-U> de tcefiltcinne, c» i|ut t«tildh% uototaiD bor* ihi ilntil, Uor» <k U nimlc , une wMHvabtir lUU'raûe. l'ont iiu'il deilol aulrc dwfe. il eût fvllti qa'il dmlnt Wm^ior uu liumiiut rKHivrou : ui, uul iwële •l'un unlre Utri kwraii jln; tluulik, uwanur tn tu (wniiuiM^ (kui q<oqua, 'but [iriiK'i|ie3. Lu trui |>ut'li- ctl l'iiumme it'tiue xU^, Ikun» •nu l<(:r..

Lm UmnHonitê suDt iina reprise malheureuM des ifàdit^ Ihm; teniUtalioa lâc-far, incurrrcte, ppuée nulle. En puéate Wm k ré|>èle pas, bit rt^iita non piottnt.

Le fanage tn Orient, lassai de luiatiuDa sur le Ikène du XUinirure de Chateaubriand : uu écriiiia ne r«it pas de ces *ioiet, bien qu'il ait parfailcnieut le druit de les Taire.

Duu Joeety», poème de «il mille ters, et qu'il cûl fallu lédnire à cinq txaU, H. de Lamarliuea tuulu re|>rt'sealer un Huur idéal couknu par la ri'li^on. C't^st le Yieaire uvoyard Orrigé et refait ; mais ttlle ml la fatblesie du ju^enttut fu K de Lamartine, qu'il ne s'ui>eri,uit pas que k>ji lu'rue, <{u'il ■ (oulu faire vertueux et vliaïtc, Uil aulunl hunte à lacimur (u'àU relii^ioa l't à U vertu. l'uisque Juct^l^n ï'est fait pn'lru W un actu d'Ii -ruïiiiuL-, la fui, i\ iu&tice, lu pu>'-^f, U' c-uur iiunaÎD, le plus simple bun sens, n'adueUeut plus qu'après

ce sacrifice la perte de son amour lui pèse quelque chose, que sa Laurence ose l'accuser, et se jette par désespoir amoureux dans le désordre. Celui qui renonce à sa maîtresse pour sauver sa religion, sa patrie, moins que cela, pour donner l'extrême onction à son évêque, n*a plus de larmes à répandre; le devoir accompli prend la place de l'amour, devient amour luini(>me. Et celle qui a perdu de la sorte son amant doit se dire qu'elle a gagné un héros, elle est heureuse. Le Jocelyn, en un mot, n'a pas le sens moral : cette simple observation, qui certes est loin de la pensée de M. de Lamartine, fait de son poëme une œuvre scandaleuse et met à néant ses six mille vers.

Je n'ai pas lu la Chute d'un Angey qu'on m'a dit être fort inférieure encore à Jocelyn, Serait-ce une variante du poème d*£/oa, de M. Alfred jde Vigny, comme le f^oyage en Orient est une réédition de Vltinérdire, comme le Jocelyn est une résurrection du Vicaire savoyard ?

Les Histoires de M. de Lamartine, fatigantes par la pompe continue du style, sont pour le reste au-dessous de la critique. Son Conseiller du peuple^ œuvre de réaction, mériterait de ma part de rudes représailles ; je me contente d'un mot. Après s'être laissé descendre, avec le courant providentiel, jusqu'à la République sociale, il a remonté, sous la môme iniluence, vers la contre-révolution; que le vent tourne de nouveau, il reviendra des premiers : ce sera toujours le même homme. N'a-t-il pas déjà distingué entre le bon socialisme et le mauvais socialistne?

Dans Raphaël, M. de Lamartine a voulu réagir contre rimpudicité croissante des romans en vogue par la peinture d'uo uniour immaculé. Peut-être aussi, à l'exemple de Benjamin Constant, s'est-il proposé de consigner, dans une fiction plus ou moins personnelle, quelque souvenir de sa vie intime; ce que je regretterais, je l'avoue. Quoi qu'il en soit, l'idée de rétablir la moralité dans le roman par une puritication de l'amour était excellente, digne du cœur de M. de Lamartine. Mais ici encore il est retombé, par Tirréflexion de sa pensée, dans le défaut de Jocelyn^ à tel point que Raphaél, qui par la forme touche au mysticisme, est quant au fond ce que j'ai lu jamais de plus obscène.

Je suis sans sympathie pour Françoise de Rimini et son cousin, que Dante, amoureux mystique, a trop ménagés. Que me fait cet adultère produit par le désœuvrement du corps et de l'esprit, la lecture des romans et le chatouillement de la volupté? N'est-ce pas la pii*e espèce d'adultère, partant la moins int(>ressante i

Lucie de Lammermoor me ravit : fiancée, fidèle, alors nK'nie qu'elle accepte uu autre époux, elle reste dans Li Justice. Le coupable est le frère qui la trompe^ et qui^ en la sacrifiant à son ambition, immole le devoir et le droit de la femme, tout ce qui fait la gloire et la félicité du genre humain.-

Mais, tout en plaignant Roméo et Juliette, je les blâme et ne les pleure pas : eux aussi ont manqué au droit paterueL Comment ces deux jeunes gens s'ingèrent-ils de tranche^ les vieux ditl'érends de leurs familles par un mariage clandestin? Quoi ! c'est ainsi que va fiuir l'antagonisme héréditaire des Montaigu et des Capulet !... Je ne suis pas de ceux qui traitent l'amour de misère, je ne suis ni guelfe ni gibelin ; mais il me semble que les deux familles avaient le droit de punir les indiscrets amants, je ne dis pas en les tuant, mais en les mettant en religion.

J'ai horreur de Paul et Virginie : je regarde cet amour, possible peut-être, mais non plausible, et où resjiire l'inceste, comme une profanation de l'enfance. Paul et Vii-ginie sont, par les douze premières années de leur vie, frère et sœur; ils ne doivent s'ainuer (lue tard, après une séparation prolongée, et je trouverais Virginie plus pure, au dernier moment, dans les bras du matelot nu qui ollre de la sauver» que morte avec le portrait de Paul sur le cœur.

La fable de M. de Lamartine se déroule entre deux personnages : Raphaël, une espèce de Sténio ; Julie, une Lélia rectiliée, créole^ esprit fort« qui s'est fait une religion à elle^ mail qui se convertira à la lin, par la grâce de l'amour et pourU plus grande gloire de Dieu.

Or, de quelque style qu'ait su la couvrir l'auteur, la sitiir tion passe toute licence.

ri.iplî.iri cl Juli(» î>e u'ucoiilrcnl aux oa'ix d'Aix, le pn*mifT

Comme on n'accuse pas à la légère un homme tel que M. de

Umartine, posons quelques principes.

Parmi tous les amoureux et amoureuses du roman et du

théâtre, il en est fort peu dont j'approuve la passion, et qui par

conséquent m'intéressent : pourquoi? c'est qu'il est rare que

le devoir ne sgit sacrifié à l'amour, qui dès lors deTÎent ignoble, anti-poétique, et, s'il est malheureux, indigne d'être plaint.

Dans le Cid de Corneille, Rodrigue et Chimène m'intéressent au plus haut degré : ils sont beaux tous deux; ils me passionnent; leur amour; est légitime, et parce qu'il est légitime, son infortune excite ma pitié. Le sacrifice que le jeune homme et la jeune fille en font au devoir est tout ce qu'il y a de plus idéal et en même temps de plus tragique.

D^ns Polyeucte, dans ZaïrCy les conditions sont les mêmes que dans le Cid; et telle est la puissance du beau moral sur l'imagination, que nous n'apercevons plus les taches qui déparent ces tragédies : elles nous émeuvent profondément, et malgré notre pitié, nous sommes satisfaits.

C'est autre chose de la Camille des Jloraces, et de l'Hippo- Jvte de Phèdre,

Meurtrier de sa sœur, Horace, coupable tout au plus devant le tribunal domestique, est innocent devant le peuple. Il pouvait supporter les regrets de Camille; il doit punir ses imprécations. Cette tille, en qui l'amour parle plus haut que le patriotisme, n'est plus Romaine; elle est indigne de son père et de ses frères; elle fait tache dans sa famille, il faut qu'elle meure.

QuHippolyte aimât quelque part, en chevalier ou en prince, je ne l'en eusse pas plus blâmé que n'eût fait Thésée. Mais comment supporter ce jeune homme condamnant, par une amourette, la politique, le règne entier de son père? On me dit que funour ne se commande pas : soit; mais le devoir eonmande aussi, et plus haut que l'amour. Ce qu'il y a de pis est que cette désobéissance donne raisoii à Thésée : il a k droit de penser qu'un fils dont les sentiments sont la cenlore de toute sa vie, qui le brave et tend la main à l'ennemi, > bien pu fonner encore des projets sur Phèdre.

le suis sans sympathie pour Françoise de Rimini et son cousin, que Dante^ amoureux mystique, a trop ménagâi. Qae me fait cet adultère produit par le désœuvrement du corps et de l'esprit, la lecture des romans et le chatouillement de la volupté? N'est-ce pas la pire espèce d'adultère, partant la moins intéressante ?

Lucie de Lammermoor me r^vit : fiancée, fidèle, alors ro^me qu'elle accepte un autre époux, elle reste dans la Justice. Le coupable est le frère qui la trompe, et qui, en la sacrifiant à son ambition, immole le devoir et le droit de la femme, tout ce qui fait la gloire et la félicité du genre humain.-

Mais, tout en plaignant Roméo et Juliette, je les blâme et ne les pleure pas : eux aussi ont manqué au droit paternel. Gomment ces deux jeunes g^ens s'ingèrent-ils de trancheic ^ vieux différends de leurs familles par un mariage elandestia? Quoi ! c'est ainsi que va finir l'antagonisme héréditaire des Montaigu et des Capulet!... Je ne suis pas de ceux qui traitent l'amour de misère, je ne suis ni guelfe ni gibelin ; mais il me semble que les deux familles avaient le droit de punir les indiscrets amants, je ne dis pas en les tuant, mais en les mettant en religion.

J'ai horreur de Paul et Virginie : je regarde cet amour, po» sible peut-être, mais non plausible, et où res[)ire l'inceste, comme une profanation de l'enfance. Paul et Virginie sont; par le& douze premières années de leur vie, frère et soeur; ils ne doivent s'aimjcr que tard, après une séparation pro* longée, et je trouverais Virginie plus pure, au dernier moment, dans les bras du matelot nu qui ollre de la sauver, que morte avec le portrait de Paul sur le cœur.

La fable de M. de Lamartine se déroule entre deux personnages : Raphaël, une espèce de Sténio ; Julie, une Lélia rectifiée, créole, esprit fort, qui s'est fait une religion à elle, mû qui se convertira à la fin, par la grâce de l'amour et pour la plus grande gloire de Dieu.

Or, de quelque style qu'ait su la couvrir l'auteur, la situai tiou passe toute licence.

Uapliarl l*1 Julie» »e iiiMionlrmt uiix oaiîx d'Aix, le prrmin

oitrinanre, la seconde attaquée d'une maladie de cceurqui lui iterîiit tout rapport physique d*amour. Ils s'aiment^ n^an- Qoins, et comme bien on pense^ d'autant plus qu'ils n'ont rien . espérer. Le jeune homme suit la femme à Paris^ est agréé par e mari, vieillard octogénaire^ qui approuve cette liaison plaonique. On se voit, on s'écrit, on s*adore pendant six mois, lu bout desquels, forcés de se séparer, on se donne rendezrims à Aix, et la femme meurt.

Tel est le fond sur lequel M. de Lamartine a broché 350 pages le ce style feuillu, melliflu, qui ne le quitte pas, et qui eût si fort impatienté Diderot

Qu'est-ce, d'abord, que ce mariage?

Jeune, 'belle, ardente à l'amour, mais sans bien, Julie a consenti à épouser un vieux savant, qui doit, dans quelques années, délai moral, lui laisser une jolie fortune, avec laquelle elle pourra se remarier, et qui en attendant ne la gène pas, satisfait qu'il est, dit-il, du plaisir des yeux et de la possession du cœur. En offrant sa main à la jeune fille, il avait déclaré, protesté, qu'il regrettait de n'avoir pas de fils à qui il pût la donner; que, ne pouvant l'obtenir pour un fils, il voudrait l'avoir pour fille; qu'en l'épousant lui-même, il n'aspirait à rien déplus qu'à des reMious. paternelles, etc.

Sur quoi j'observe que, puisqu'il ne s'agissait que de paternité, il y avait un moyen bien simple, qui ne contrariait personne et ne choquait point la nature: c'était d'adopter Julie, puis de la marier. 11 est vrai qu'alors le roman n'est plus possible; maïs c'est justement ce que je reproche à M. de Lamartine et à ses pareils, et en quoi je lés accuse de manquer de virilité intellectuelle ou de conception : dès qu*on les oblige i respecter, dans leurs compositions, la lexique, la vérité et U morale^ en un mot k raison des choses, on les condamne au silence.

Si vieux pourtant et décharné que soit un homme, il lui reste toujours une velléité de concupiscence, et c'est ce que M. de Lamartine avoue ingénument de celui-ci : — « Sa tendresse se « bornait à me presser contre son cœur, et à me baiser sur « le front; en écartant de la main mes cheveux. » Assez comme

cela :'ce mari est un vieux drille, qui déguise soos de gni mots une fringale de soixaDte-douze ans, et se pennd, fli de mieux, les attouchements. Il suffit que le soupçon ei pour que l'honnêteté disparaisse, et que la prétendue pa uité deTieniw incestueuse. Et quoi de plus immoral qi peinture de ces amours contraints à ia réserre on réd' l'impuissance par un obstacle étranger à U volonté : la pitude chez le Tieillard, l'anévrisme chei la femme, sacerdotal chpi Jocelyn?

Du mari passons à la femme. Si peu qu'on Toudra, épouse ; elle doit respecter en sa personne et dan la i de son époux, même non usager, la sainteté du maria' respect ne consiste pas seulement à s'abstenir de en ^ faelions des tens que lui interdit son anémame, ma fendre de tout amour, si épuré et désintéressa qn'il Laraarlioe, si raffîné dans son platonisme, n'ignore n

mariageest chose toute morale, dons laquelle le COI .. ^ sens n'arrive que comme accessoire. Ce deraït et: ju. de Julie, sa gloire, comme c'était son deToir, de o '"■. violabililé de son mariage aussi bien de CQur qitr' encore, si l'écrivain est logique, s'il reste f cipe et à son but, le roman lomhe :

loin.

Mais Julie est eriol»; elle n'onlend p vénérable d'ailleursl'yaulorise. Illuiadit:. soyez heureuse à tout prix. Depuis six aas*^^ santé, elle vagabonde, cherchant un amant f> comme elle va vite quand il est trouvé! El / vous apparlienf; et ce soir iiiême nous cont saosce maudit anévrisme. Connaissez-vous r que ce tableau où M. de Lamartine peim logés porte â porte, et qui, aptvs, avoir Tt\lion, se donnent tout ce qu'ils peuvent, savez, parce que la mort est au bout? I elle aurait dit : Mourons.!... J'aime m' Mcssaline.

l'ecdantsiv scmnines, M. de Lan

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• » l'iicurc cl 'JU*iiu<.. iiarla ' lieu d(* U-oiK • niisoii, elfe *:^, un agent Klle scnililera »•-' »'cfli4niiiant, •roifenie subjii • Jaiis une cs|i "Ile rêve d'é l't aiijour» e

un .

manqueront pas ée dire : L'étooinr esl trois Ms saint, Raphifil un grand cœur, et M. de Lamartine un grand génie.

XXIÏI

Je voudrais poufsuifVe éette retue, qui âl^inMVMfe ik plus haut point; mais l'espace me 'miitiilt)^) et tki6tt OijiSl m'appelle ailleurs. Posons seulement dies c<Alclo$i(yiR.

Toutes les fois que dans une littérature le génie, dift^ trait pal* d'autres* travaux, Vient à ise retirer, et que Télén^tit féminin prend le dessus, alorâ pâillissënt les écrivains de second ordt*e<, écrivains de vulgarisation et de propagande, dont la mission, s'ils savent y rester fidèles, est' de porter jusqu'aux dernières couches de la société la révélation du juste et du beau; mais qui, doués df plus de passion que d'inventioni affectant plus de sensî bilité que de profondeur, trouvant k la santé moihs d< charme qu'à la morbidesse^ préparent la dissolutiM litté faire par rhypertroJ>hie du stylé, et marquent le point tA commence la décadente des peuples.

Deut traits principaux les distinguent : l'impuifôàDOi où ils sont d'appliquer leur talent à des œuvres originales le penchant aux sujets erotiques.

Tout écrivain aspire naturellement à prendre une ini' tiative, tout poète veut être créateur; et comme la créa tion littéraire ne peut être la même à toutes lès époques qu'il y a des intermittences forcées^ il arrive que l'homttN de lettres^ dédaignant le rôle modeste de vulgariéateiff se trouve littéralèmeiit sans emploi.

N'est-ce pas un littérateur saîis efllploî que M. de Lamartine? Et Victor Hugo, qui, avec une puissance A style supérieure encore, s'en va du moyen âge catholiqiK à l'Orient mahométan quêtant des sujets ppurses vers, ol ne voit pas la Révolution couchée à ses pieds, n'est-^lNi aussi un poète déshérité? Et MM. Soumet, de Vigny, Ut-

prade* chanU^es de l'autre tnondei qui rèvenl la chiite dei anges» le réveil de Psyché, le radiai de Tenfer, quand nous leur crions : Aba9 le proiétnrtatl penseni*ils avoir Vm fnétivk de leur siècle et de la posiérilé par leurs rimes?

Il y> plus dié vie littéraire, pltis de génie, dans de petites Ustoiresde la tlévotutiou, écrites sans Faste, mais lues du peuple, comme celle de Villiaumé, dans les récits plus ou moins légendaires de Marco Saint-Hilaire, dans les chansons de Pierre Dupont et tes moralités de Lachambeaudk» que dans toutes ces oeuvres qu'une société de convention admire en bâillant et qui s*enterrent à l'Académie.

Dans cette déroute des chefs de la littérature , il «si bcile de prévoir ce qu'il peut advenir des femmes qui leïi suivent.

La femme est éducatrice; elle a une missloki sociale et conséfjuemment une part dans l'action littéraire, puisque c^est. par la parole, par la poésie et Tart, que a^eo^igne et se propage la morale. Hais ici encore et plus que jamais la femme a besoin d'être soutenue par la sévérité du génie viril : elle est perdue si, au lieu de trouva' chei l'homme un guide puissant par la raison, elle ne rencontre qu'un auxiliaire de ses faiblesses, un agent provocaïair de son penchant à l'amour. Elle semblera d'abord utte hérolhe , parce que, Thomme s'efléminant, elle deviendra son égale ; peu à peu , l'érotiisme subjugaant tout à fait sa pensée, elle tombera dans une espèce de nymphomanie littéraire, et tandis qu'elle rêve d'émancipation, ,d'égalité des sexes, de parfait amour, elle ira se perdre dausles mystères de Coly tto.

MiMm PhlipNi> Bée à Paris^ fille d'un graveur ; tête romtiKisque, formée à l'école de Rousseau, chrétienne d'abord,

puis philosophe par sentiment, républicaine par engouement, mais toujours dominée par le sentiment et Tidéal : à dix-sept ans elle accepte, en la personne de Roland de là Platière, un Wolmar, en attendant que le ciel lui envoie un Saint-Prein; rédige, en collaboration avec son mari, des livres sur le commerce et les manufactures ; puis tout à coup, devenue dubiste, femme d'Ëtat et cheiTesse de parti, agite la nation plus qu'elle ne la sert, et perd la Gironde, son mari et elle-même, par son immixtion aussi malheureuse que malhabile dans la politique : voilà, en dix lignes, M<"« Roland.

Ce dont je la loue est d'avoir contribué, par l'influence propre à son sexe, le sentiment et l'idéal, au développement delà Justice révolutionnaire ; elle gâta son rôle de» qu'elle eut la prétention d'employer d'autres armes, et d'agir aussi par la force de la raison.

Les mémoires qu'on lui attribue étant apocryphes, je ne puis la juger que par son parti et par un seul acte ; mais cet acte est décisif et la peint tout entière, elle et ses amis. On lui a supposé un amour secret et profond pour un Girondin : personne ne peut dire ce qui en fut. J'admets que sa vie occupée, son esprit remuant, le respect de son mari, le soin de sa répu' tation, la sauvèrent jusqu'à la fin des misères d'un entraÎDe* ment que fille et femme elle dut réprimer : que ne fît-elle pour la vanité ce qu'elle avait si bien su faire pour l'amour! La Gironde, en conservant le pouvoir quatre mois de plus, eût sauvé peut-être la République, tombée à sa naissance dans la mare de sang de septembre.

M™« Roland et les Girondins, c'est tout un : dire ce que fut le parti, c'est faire le portrait de la femme. ' Par ridée qu'elle représente autant que par ses talents, la Gironde a toujours eu ma sympathie; comme caractère, je la trouve déplorable.

Mieux que les Jacobins elle avait conservé la pensée de 89, marquée par les fédérations; mais elle la comprend si peu, cette pensée, elle se montre si incertaine, si chancelante, qu'on l'accuse, sous le nom de fédéralisme, avec une apparence de raison, de vouloir le démembrement de la France.

i et par KM aificUlHa dB M

« b Andioa di f<aprilf«Uie.ai pMM-w drlniMut de ■!• al di drai, Mn4ra wa Mit «1 tair un dni-fui. iirand* «■! i*f BfatimiMiw jnmia% h fiolcKc , c'nt elle tait la cfaait da Mue; et «II* m fait acaurr At wm-

ir< la JMobn», fUe hit dMarrr U inmv i l'Autrich», rtail hi inie taaài|M : la tktoirp la jtutifie ; et elle ae

raiipalta la pwtl da ki»i>n ^£i«t. tnv tant de la orM de leur poliU^Mf ; et en bummea d'Klat «ool laiii Mcup^ df qurrrllrt piriKuli^rrt et de perMiDotlIUs. [n)ent de klyal , Ua mJcoaaauacDl lUnloa, Ui jaioaaeDt piem.

I Tient<}Ue le anrtin liri cr [uirli jure »i fort *trc WQ C«al <|uc fld^ ne lui lenail pu tle ftn fonds ; il la ^ mate ne la portail iwi : ce ifui [«uait dire dn tiiniadiu i^ral (|iK!. s'il' MHi'-fM )Mirl<-r, il- ne sita^ul ihiiiil agir,

(;iiODde, élili^ Iwurfieulie, ronnée de HijeU à la nature le et artiste, incllDanl, (>ar «un adiniratioD île l'aotipar u litléralure cl mii t-lmiueme, ù l'ulupie, était le parti te de laRévolulioD, IVIfmeal féminin, par cooséqueDl. espierre et le< Jacobios, bien autremeut foavardi, étaienloe plus bommes d'acIioD, plus forts *ur les priocipea, Din du despotisme et des fornies de l'aocien r^me que mde? Tout au contraire : c'est le parti de la médiocrité lie, de la contrefaçon monarchique, de la roideur sans iDce, du dogmatisme sans portée. Si les Girondins sont nmelint de la Kéfolulion, Itobespierre et ses bommes en es castrats. La Itépij|ili(|ue de 1S48, qui reprit cette Ira- ., devait en fournir une triale preuie. is lesJacotnns aneclaionl de *e tenir plus pr^du peuple ; itiliant avec U Montagne, afiichant des mœurs austères, ranl de* ligures recbignéei> et des barbes incultes, ils fu-

rent^ dans Tofùmon^ les justiciers de la Réyolutioii^ l'ilteent mftle. Leur triomphe momentané ét^it certain.

Quelle merveille qu*avec leur tempérament les GirondiBi eussent leur Ëgérie^ une héro!ne> belle, éloquente^ passionnée^ Gela devait être^ et cela fut. Les montagnards de 93 n'eurait ils pas aussi leur Théroigne de Mérieourt, comme ceui de4i leur George Sand?... La gloire et l'infortune 4^ M">*Rolaoi étaient dans la logique des circonstances : c'était la reine pri destinée du parti qui d'une main renrersait la royauté, d l'autfe menaçait Marat et les septembriseurs.

Le fait qui signala Tinfluence de M"'* Roland est la hUre a roi, du 10 juin 1792, qu'elle rédigea pour son mari.

Tous les historiens ont remarqué le ton impérieux et blet saift, rénergie déplacée, malhabile^ de cette épître. Unefemn ne pouvait plus mal faire. Pour comprendi^e tout ce qu'il y ad puéril dans cette œuvre, il faut la rapprocher des fameifx ma sapes de la Constituante, inspirés, dictés ou rédigés par Mira beau et Sieyès. Ici, le respect le plus profond et le plus vrai joint à une fermeté qui évite de paraître dans le style, et qui n'existant que dans les choses, triomphe d'autant plus sûre ment; là une vivacité toute de forme, qui laisse voir que i Gironde n'est plus maîtresse de la situation et que les évéïie ments lui échappent. Aussi la royauté, comme un lier coursier obéit à la main de la Constituante ; elle fait sauter la Gironde

Jamais l'intervention d'une femme ne fut plus funeste : li chute de la Gironde date de ce jour. Avec les rois, il fau parler le langage de la Constituante ou garder le silence A la Convention; et je me figure que, si la Législative avait ét^ appelée à discuter en séance publique la lettre de M»« Roland, elle l'eût sévèrement blâmée, tant pour le fond que pour il forme.

A partir de ce moment, l'influence de M»« Roland scre»ferme dans son salon. Elle mourut avec courage, maisnoi sans faste. Jusqu'à l'échafaud elle ne peut s'empêcher de dé» clamer : 0 liberté! que de crimes commis en ion nom! Bien supérieure, à cet instant suprême, m'apparaît l'infortuné Marie-Antoinette, montant à Téchafaud sans prononcer uM

Ittrole^ saM vener une laraoe^ avec ses vêtements blancs de veuve, presque aussi belle que la Lucile de Camille Desffioulins. Marie-Antoinette n'a pas fait moins de mal à la rof auté que M"^« Roland à son parti ; elle eut du moins son Meuse dans la nullité de son époux. 11 est possible, Taccu* nUon eftt loin* d'être prouvée, que Marie^Antoinette, si mal dtttriéey ait été légère ; du moins elle reste femme, et cette luiine est plus sublime ep f^ce de la guillotine que le demikomme appelé W^^ Roland. La pécheresse remporte ici sur h stoïcienne : pourquoi? parce qu'un mot, une heure lui ont 9uffi pour reconquérir sa dignité de fempae, et que l'autre, par sa virilité affectée, a perdu la sienne.

On peut dire quC'M*^* Roland eut son continuateur, son vengeur, en Charlotte CoapAY. L'une de ces fempies complète l'autre : c'est la même roideur de caractère, la même soif de f^ommée et de pouvoir» le même mépris du parti opposé; 4u reste» 1a même bravoure devant la mort. Seulement, tandii gue Vétmncipi^tion da la première n'avait pas dépassé le for îltérieur, la seconde se donne liberté complète.

Charlotte Corday d'Armans, comme elle se nommait, sorte de gentiliâtre, aventurière, repue de romans, fainéante, menteuse, archi-catin, aspirant, comme M'»'' Roland et à son exemple, à jouer un rôle politique, et sachant à merveille, dans ce but, trafiquer de aon pucelage : telle fut Tabsassin de Varat. A Caen, où elle vit les Girondins, elle eut des relation^ intime9 avec Rarbaroux, on dit même avec le grave Pétbion. Tbibaudeaii et Roulcet de Poutécoulant, bien instruits de ces détails, l'aflirmèrent toujours. Son émancipation datait de loin; et elle en avait tiré hardiment, et de bonne' heure, les conséquences. Du reste pas d'amour en cette créature. Dupe dos illui^ions gir(mdines, elle se figurait, nouvelle Judith, que, Marat mort, une réaction de Paris contre la Montagne était iaévitable , et sur ce beau calcul elle avait fondé l'espoir de sa Mune. Ni lea Girondins, ni à plus forte raison une Charlotte Çûfday, ne pouvaient comprendre que, la Révolution étant emportée par un courant irrésistible, la prudence commandait de Il suivre, jusqu'au moment où de lui-même il s'arrêterait. Ici

encore éclate la supériorité de conduite des hommes de la Plaiœ sur les emportés de la Gironde*

La Plaine, personnifiée en Sieyès, vote la mort du roi mi» phrases; envoie» au gré des événements, au tribunal réfolutionnaire. Girondins, Hébertistes et Dantonistes^ se lavant les mains des condamnations qui peuvent s'ensuivre; vote en trois jours la Constitution de 93 > salue la déesse de la Liberté^ assiste à la fête de l'Être suprême; puis, éclatant de rire ao rapport de Barrère sur le messie de Catherine Théot, d'une chiquenaude met Robespierre et les Jacobins à bas. Tout cela n'est pas fort héroïque, sans doute ; mais le tapage girondin, mais les épurations jacobines, mais les processions maratistes, était-ce donc de l'héroïsme? Entre partis qui luttent pour le pouvoir, le plus fort n'est-il pas celui qui sait le mieux se contenir et faire servir à ses dessems l'meptie de ses compétiteurs? 11 y avait aussi des hommes courageux dans la Plaine: Féraud et Boissy d'Anglas le prouvèrent liais ils savaient, ee que la Gironde et M*^* Roland, les Jacobins et leurs tricoteuses, ne comprirent jamais, qu'en Révolution il y a des frénésies populaires qu'il faut laisser se calmer quand on ne peut plus les retenir; qu'on n'en finit pas avec l'anarchie et le despotisme par l'assassinat; que ce ne sont pas. les hommes qui font les partis, mais les partis qui font les hommes; et qu'entre deux folies furieuses qui agitent une nation il n'y a d'autre initiative à prendre que celle de la réserve et du silence. Marat assassiné, Hébert devint le chef du mouvement sansculotte : ce fut tout le fruit du crime de Charlotte Corday.

M"i« de Staël.

En 1839, je demandai à M. Droz, de l'Académie française, son opinion sur M"** de Staël, lui avouant ingénument qu'ayant commencé, sur la foi de la renommée, la lecture des Conti' dérations sur la Révolutioti française^ et de ï Allemagne , il m'avait été impossible de vaincre mon ennui et d'achever moo eutreprise.

M. Droz se mit à rire, et me dit : « Je suis, avec mon aoû

Andrieux^ Tun des littérateurs de l'époque qui ont le plus fiait pour la réputation de M"»* de Staël. Elle n'eut jamais de plus ardents, de plus sincères enthousiastes. Or^ voici ce qui nous arriva. Quinze ou vingt ans après la vogue de cette femme^ je m'avisai de relire les œuvres qui d'abord m'avaient causé tant de plaisir, et je fus^ comme vous, saisi d*un insurmontable dégoût. Je fis part de mon impression à Andrieux^ qui m*en avoua tout autant. Nous rîmes fort de notre mésaventure^ mais nous ne nous en vanterons pas. Laissons eu paix W^^ de Staël. )>

Cest ainsi, pour le dire, en passant, que se font les célébrités féminines et qu'elles se soutiennent. Les premiers qui, jeunes, y mirent la main, parvenus à la maturité n'osent plus se déjuger; et il reste établi, parmi les adolescents et les femmes, qu'une Staël balance un Napoléon.

Qu'une femme, entourée de tous les avantages de la fortune et du rang, ayant reçu une éducation hors ligne, vivant au milieu des hommes les plus considérables par la science et le génie, puisse, à une époque de décadence, ou, si Ton veut, de vulgarisation littéraire, publier, sous forme de considérations, de roman ou d'essai, le résumé de ses lectures, conversations^ correspondance;^ et impressions, cela peut. avoir son utilité et mériter à l'auteur de justes éloges. La nature, qui a fait l'esprit de la femm*e d'une autre trempe que celui de l'homme, n'a pas entendu que cet esprit demeurât sans manifestation et sans influence. A qui le nierait, je ferais observer que la femme parle, et généralement, avec plus de grâce et de facilité que l'homme : elle doit donc avoir à dire quelque chose. Qu'elle parle donc, qu'elle écrive même, je Ty autorise et l'y invite; mais qu'elle le fasse selon la mesure et l'essence de son intelligence féminine, puisque c'est à cette condition qu'elle peut nous servir et nous plaire, sinon je la rappelle à l'ordre et lui interdis la parole.

'Le défaut de presque toutes les femmes auteurs est qu'elles veulent être hommes, et que, ne pouvant le devenir, pas plus pstr l'intelligence que par le sexe, elles retombent au-dessous ^ la femme. A propos de la Révolution, M">e de Staël pouvait

ni Ti-

faire une chose aussi utile qu'agréable^ c'était de muâUir des matériaux et des anecdotes : elle a voulu faire des Coiuidérationsy comme un homme d'État^ iX elle ne nous a riea appris du tout. Quand les hommes^ étourdis par les événements, passaient à l'ennemi^ comme de Maistre et Chateaubriand, ou battaient en retraite^ comme Laharpe et Roye^ Collard^ que pouvait avoir à dire la fille de Suzanne Curchod?

Je pourrais m'en tenir à ce témoignage : j'ai voulu poiAlant, dans ces dernières années^ et pour l'acquit de ma conscieiwe, me faire une idée plus exacte de la dame; et comme c'est dans leurs œuvres iniime$ qu'il faut juger les femmes, j'ai lu Corinne^ le chef-d'œuvre de M»« de Staël.

Corinne, bien entendu, est M»* de Staël elle-même, poëte, peint re, improvisatrice, cantatrice, danseuse, joueuse de harpe, comédienne et tragédienne, par-dessus tout précepteur et pédante, l'ancienne profession de la mère de M»* de Staël, Suzanne Curchod.

La thèse, en forme de roman, développée par M»* de Staël, peut se réduire à cette question : Si un génie comme celui de Corinne (M"« de Staël) peut se contenter de Vexistence vulgaire qu* offre le ménage aux épouses et aux mères, et si par conséquent la société n*^t pas injuste envers la ferâmef

A quoi je réponds, le roman de Corinne à la main, que ce prétendu génie n'existe pas; que les pièces fournies à l'appui démontrent précisément son absence ; que même les talents d'acquisition exhibés par l'auteur font tort à sou esprit naturel autant qu'à sa dignité de femme ; en sorte que, si l'on devait conclure de Texemple de Corinne à l'universalité du sexe, il vaudrait mieux pour celui-ci rester dans l'ignorance que de compromettre, par un semblant de génie, avec le bon sens et la grâce qui le distinguent, le bonheur de sa vie et le repos de la nôtre.

Le roman de Corinne se compose de deux parties, que Taiiteur mêle et alterne dans sa narration.

La première partie consiste en une espèce de Guide ou Vo^^ mecum du voyageur en Italie, comme en fourniraient sur commande tous les faiseurs d'almanachs, avec des morceaux dithf-

euobiques sur les grandeurs et les misères de ce pays. Çà et i quelques pensées justes sur la littérature et les arts^ extraites des lectures et conversations de l'auteur, mais qui*ne orient pas du lieu commun.

La seconde partie^ ou le roman proprement dit, est quelque hose d^absurde, écrit en un style inqualifiable. Si Corinne^ ou ord Mehil, son amoureux, avait un seul moment lucide, ce •erait fait du roman : comme le Hapha'él de M. de Lamartine^ 1 tlniruit le premier jour, il Unirait le second, il finirait le Iroisième, il finirait à chaque instant. Ajoutez que, comme Sans Rapha'd, la moralité des personnages est détestable, un manquement perpétuel à la bienséance, à la délicatesse, à la probité, à la raison, déguisé soua le plus fat^ant verbiage et les sentimentalités les plus fades.

Corinne, d'abord, n'attend pas qu'on l'aime; elle devine qu'en l'aimera et fait toutes les avances, assurant néanmoins qu'elle se tient sur la réserve : résultat de cette effémination littéraire, qui commence à Rousseau, et que nous avons vue se osotinuer par la Gironde. Une femme qui raisonne de tout, religion, morale, philosophie, politique, littérature, beauxirU, a des privilèges que n'obtient pas une pécore. Son talent, w mot revient à chaque instai.t dans la bouche de Corinne, k dispense de toute retenue; elle est naturelle. Elle sait qu'en se faisant comiaitre sous scn véritable nom elle court risque de perdre lord Melvil, à qui un devoir pieux défendrait de l'épouser; mais elle se garde de tenter l'épreuve, et s'efforce d'engager sou pitoyable amant, en enflammant sa passion, l^uig, quand lord Melvil la quille, elle court après lui, assiste invisible à son mariage, et reviei^t se désoler en Italie.

Quant à lord Melvil, le héros du roman, un homme selon le çpeur de H*^* de Staël, c'est un être saiiS caractère, sorte de P^tin qui, après avoir longtemps soupiré pour Corinne et lui &Mr promis mariage, Tabandonue en lâche, trahit sa parole et épouse "ailleurs. C'est un fait d'observation générale que te earactères d'hommes conçus par des romancières sont au i^fsm de la virilité. Mettez à la place de lord Melvil le pre- ^ bôurgeûis venu de la cité de Londres, dès le premier jour

il en eùtûni a^ec la donzelle par cette propositioii simple : « Pouvez-Yous^ 6 Corinne! renoncer à vos triomphes et vivre comme une Anglaise, sauf à mêler de temps en temps aux oocapations domestiques votre culte des beaux-arts? Nos femmes, que vous dédaignez, ne sont pas tellement ménagères qu'elles ne s'amusent volontiers de musique, de danse et de littérature, comme de modes. Servez-leur en tout de modèle. Un vrai gentleman ne trouvera jamais, pour lui verser le,thé, Vénus trop belle. Minerve trop sage, les Muses trop savantes, Junoo même trop grande dame. Voulez-vous être la première ladie d'Angleterre?... p On s'expliquait, Corinne acceptait, tout finissait; mais M">* de Staël perdait sa cause.

Ou m'a cité de M"'^^ de Staël un autre ouvrage fort peu connu, et qui, m'assure-t-on, mériterait de Têtre. Je ne le lirai pas: laissons en paix M"^' de Staël.

De même que M'°<' Roland, M^e de Staël fut une espèce de chef de parti. L'idée qu'elle représente est la réaction au despotisme militaire ; et comme la première avait eu, dit-on, son Barbaroui, la seconde eut son Benjamin Constant. La fenune n'a pas une idée dont elle ne fasse un petit amour : que ce soit sa gloire, si l'on veut; mais que ce soit aussi le signe de sa faiblesse. Qu'il en eut peu coûté à Bonaparte pour faire* de celle rebelle une fanatique de son pouvoir!... Mais, par. la loi de contraste qui unit les sexes, le plus homme des bommes préférera toujours la plus femme des femmes; époux et empereur. Napoléon, qui dédaigna M"»« de Staël, couronna deux fois Joséphine. Parlez donc d'égalité !

XXM

M*"* NllCkEU DE SaLîîSURE.

Avec celle-ci nous aurons le spectacle dune sorte de réaclioD en famille : après la mondaine, la dévole; mais le diable n'y perdra rien.

M'°« Necker de Saussure, fille du célèbre physicien de Saussure et parente par allian.ce de M^^ de Staël, est auteur d'an bvre fort répandu, qui a pour titre Éducation progressive^ on itwJe du cours de la vie, 3 vol. in-8". Il suffit d'ouvrir au ha*

sard cet ouvrage pour s'apercevoir qu'on a affaire à une personne dont l'indépendance s'affiche beaucoup moins que celle de M>»« de Staël, et chez qui, pour cette raison, le caractère, les idées et le style semblent plus assurés. Défiez-Yous cependant de cet air de componction : M»"» Necker n'est pas tellement résignée à la loi de subordination qu'elle enseigne aux jeunes filles et que sa religion lui impose, que je voulusse recommander son livre aux institutions, et cela dans l'intérêt même du sexe. La pédagogie de cette prêcheuse, inspirée du temple, est dépourvue d'aménité; on dirait la Julie de Rousseau devenue ietérique, et qui, après avoir caressé l'amour et Thomme, est saisie tout à coup des deux sentiments les plus haïssables chez la femme, l'aversion de son sexe, et une envie démesurée du nôtre. Ah ! plutôt que ces piétistes à figures de parchemin, vivent les Madeleine et les Aglaé ! Celles-ci du moins nous font sentir la femme ; la vertu des autres n'est bonne qu'à figurer sur des croix sépulcrales. Tandis que M"« Necker disserte, étale sa discipline et sa savantise, elle oublie de montrer ce qui plaît .le plus dans la femme, la seule chose qu'elle puisse donner et que nous lui demandions, cette physionomie ravissante que prend dans son esprit la pensée de l'homme. Qu'on trouve dans son ouvrage quelques observations de détail qui ont leur prix, je l'accorde; au total, je préfère à ce méthodisme décharné la bonne Mj^^ Le Prince de Beaumont et sou Magasin des Enfants.

h ne m'arrêterai point à examiner l'ordre d'idées dans lequel se meut M""» Necker : sa pensée ne lui appartient pas. Chrétienne et réformée, elle part du dogme de la chute, rétrogradant ainsi de Rousseau, qui du moins affirmait la Justice native et immanente, à saint Paul, le théologien de la grâce : <ï'est assez dire, M°»« Necker n'a pas de système, pas d'idée synthétique et mère; le titre de son livre, Éducation prodrmive, sans portée philosophique, aussi ambitieux que mal justifié, n'a pas même de sens : cela pourrait s'appeler aussi ^^ Ange conducteur dans les voies du salut, à la manière des ^Hivrages de dévotion catholiques, si la foi calviniste ne répu- M à la modestie et à la simplicité,

- 4io -

PuU dono qua qoii« x)§ pputuph juger cet épriv^a que sur 4e8 aperçus de détail, et qu'après tout la puissance de l'esprit» quand elle m^ie, se montre aussi bien dans les petites oheseB que dans les grandes, contentons-nou9 de quelques citatîensy qui serviront autant que n^iile.

te ton)e troisième de i'SdueQticmfn^gremvaei^i exidusiva^ ment consacré aux femines ; c'est la partie de son sujet que l'auteur devait le mieux connaître, j'ai cité 1q9 pwages iva lesquels }li°^ Necker avoue, d'un air si (iontrai4tf Si pi(wif rinî'ériorité 4^ riotelligeqce ct^es la feipine , sam se doutw un montent que cette intériorité puisse avoir w raisoi^ im la destinée sogialp; je continue*

i Une entière fFanchise est rare ehes la femme » , dit M^i* Necker.

Le fait est vrai; mais d'où v^ent cette rareté? Voilà ce qu'il faut dire; sans qupi robservation est sans portée, et rinstitutrice, qui veut corriger ce défaut dans sou élève, court risque de faire fausse route. Faut-il attribuer au serpent, ràntiquQ initiateur du sexe, cette perfidie naturelle que les philosophes et les satiriques attribuent si volontiers à la femme? Pour moi, sauf meilleur avis, il me semble que le défaut de franchise chez la femnje résulte de la qualité de sou entendement. Elle procède par intuition, non par enchaînement de propositions; et comme l'intuition ne mèqe pas loin, il s'ensuit que la femme est forcée de s'arrêter devant les conséciuences inconnues de ses paroles ; elle se raélie d'elle-même : son défaut de franchise ne prouve donc qu'une chose, sa timidité, disons même, sa prudence. M>"« Necker, qui, après avoir posé le principe, n'avait plus qu'à tirer la conséquence, le comprend si peu qu'elle attribue la duplicité de la femme à sa servitude; de sorte qu'au lieu d'un coupable nous en avons deux, la femme menteuse et l'homme tyran. Quelle psychologie!

« Cependant» ajoute notre institutrice» ses sentiments sont plus vifs, plus indestructibles/ moins sujets à être refroidis par les sophisraes que ceux de l'homme. »

Pourquoi cela encore? M""® Necker, qui a vu le fait, n'en découvrc pas mieux la raison. C'est qu'un esprit qui n'enchaîne

IS M» idées est par là même plus , difficile à entraîner j^r ^ léii^ diftl^otique; d'eu résulte que la femme.semble tôtue^ omme on r^ iï\ de tout temps, obstinée^ indocile, tandis que Mit son crime est de vouloir ramener cette certitude tbéoré^ ique, à laquelle son intelligence répugne, à TéVidenee de Vuk" ttitîQn, Pauvre femme!

Suit cbes l'auteur une eniilada de lieuT communs sur le desr x^m^ de ces méchants sujets d'hommes, qui font» pa^ la ifflhnie de leur volonté^ perdre la franchise et la sincérité aui Temmes. Voilà toute la philosophie de M"^« Neck^ : mauvaise humeur^ dénigrement. L'homme est ceci, la femme est cela; pilsnge de vertus et de vjcasj les premières données par le ^t-^prit, les seconds contractés par la suggestion du difible. Twdjs que M"''^ Neclter, sévère Aristarque, accuse la faiblesse de la raison chez les femmes^ elle ne s'aperçoit pas qu'elle iftisQnne constamment ea fen^e, et c'est ce qui m'indispose «outre elle. Pe quoi se mêle-t-elle, femme, de vouloir raisowijsr coiAme un honime? J'aimerais autant qu'elle jurât cpmpi^O un charretier.

Ainsi, elle convient de l'inégalité intellectuelle des $ex^. « Mais, ajoute-t-elle > cette inégalité n'esl pas aussi grande « qu'on croit. » — Eh ! madame, si peu que rien c'est l'inlini, U en est ici de l'intelligence comme de la justiiication. Pour peu que l'homme ait par lui-même d'énergie justifiante, il a h sainteté ; pour peu qu'il ait de force de conception, il a la science; dans l'un et l'autre cas, il n'est pas déchu : c'est fait de votre religion. Or, la femme n'ayant de soi ni la justificalion^ni la conception ou le génie, serait positivement déchue, 8i elle n'était rachetée par son compagnon. Qu'avez-vous à répondre à cela?

«La femme est naturellement plus religieuse que Thomme. »

Certes, oui; pensez-vous lui faire de cette religion un titre àrégalllé?

< Les femmes aiment immensément ; elles aiment depuis Ten- ^ûce jusqu'à la vieillesse, sans désirer d'autre bonheur que <^lai d'aimer. Le mouvement du cœur n'est jamais suspendu belles. »

— 4li —

Pour cela eneore, tous dites ttû : b femme est iMt Mais d'abord oe coofondons pas cet amour immeose^ td^ s'obserre chez la femme naturelle ou émancipée^ et qui M autre que lascireté pure » arec ce qu'il défient sona le regnd de l'homme par la transâguratiou ooujîigale. Pois^ mettCMi» d*accord avec vous-même, et reconuaisBez que, si b femme cK douée d'une si grande puissance d'aimer, c'est qu'elle est douée d'une médiocre capacité pour la Justice, ainsi que tous leeoastatez ailleurs, ce que ne rachètent nullement ses diqNMÎtiiM religieuses.

M"« Necker ajoute :

• De cet amour immense résulte l'amitié que les hommes oit entre eux. Il est de fait que là oùles'femmescaptÎTes et peu développées n'exercent aucune influence, les hommes Tivent solitaires ; ils ne s'aiment pas. » ^

Le fait peut être vrai; mais ce n'est qu'une coïncidence^ si l'on n'en montre le pourquoi. M°>* Necker saurait-elle le dire? Non : ceci rentre dans la raison des choses, à laqueUe ne s'élève jamais de lui-même l'esprit de la femme.

« Du moins les femmes ne sont pas toutes mariées , et cela constitue une large exception eu faveur de la liberté de la femme. »

Nous y voilà : la Liberté. Ck)mme si^ mariée ou non^ la destinée de la femme dans la société n'était pas toujours la même! L'individu suit la loi du sexe, madame : demandez à Daniel Stern.

« Un fait dont on ne tient pas assez compte est la parfaite égalité intellectuelle des jeunes garçons et des jeunes filles pendant tout le temps qu'on les élève ensemble. »

Rapportez Teffet à la cause^ et vous verrez que l'inégalité qui se développe après le premier âge vient de la masculinité, qui auparavant sommeillait. Mais quelle fenune sait rapporter les effets à leurs causes?

« L'engagement que prend l'épouse est spécial ; il a sa limite ; les droits de Dieu sont réservés, »

Holà ! Après avoir reconnu la prépondérance de l'homme,

— 411 — ^"' w Uf itmU 4§ Uum, tlM àmta ^M l'M prAna «i.»vt M>|icnean t ccui de l'époui , col «affarer m i/m

»tm$ a joM, et cluii^r It nuru^e ra coonibÎMgc.

tt Bpprl i tVfaliir in;>tii]iie eu LbriM. Elli- t«t loin de ■ter, U dfitAt ÎMtituin». du clteniio qu'on potimit ni pimHirft, at«c crllr tgaitii. Niiui n'eu uvad* ilrià Dfi (tit ; n'ra pariuiu plui. LoiuIbIum Kulenif^ot la fiU-

h loi i|ui tnàne ImuIo rcR l'iaiDcipivi : Ixio gré au] gri MDbeol touta dim l'émtinM, éntUmM kumicI, a une Mct ooQi)iE>l elle* ^ot |>erilu Ia fui reliBieiut; iroliaiM |ue, ii clin KWt ikmeur^s tlilèb». Lu TIiMh, I« kl, loi CujDii, IM Cuniuau, \et firvàtatt, étiuaàpém {lue, tuol HKim de Mdoii Ul- LurJw, de tUl~* du Chiil'^tnni, lie Tmciu, du Début, de Gontk, dr. t;KiirriD. rpm d« la pbikwophie. Touteiw tftinil, toutes «ont xnt i craiiulra [wur U Tunille et la «x-iiHé.

Keckpr de Sflu«iirre c*t « peu imiv du *cie nuarulioi I voudrait puutoir iMit aui jfuunt fiile* Irunt |irici-« lu- * rt kiin- nilmid. Kllr m- pupixii Ir [iri* rc ciillo iiniteridu i la beauté.

s cnlte de U beauté ■ des autels indeslnicliblea daoi le les femmes. Bien pitu, dii hommes ^ti-r, des penseurs es de le juger (d i|u'il est, des moralistes qui dcTraient linner l'iiiflueute, l'augmcatcnt encore. Ds semblent biiila simple idée de bcauli^. Kt ceux qu'on croirait appeléi ter aux femmes des con»cils séTùres s'arrâlent retenu* crainte de nuire à leurs cbarraes. >

I pourlani il lanl ^iresëTère •

rdii-t-il pas un grand malheur que les femines soient , qu'elles ajoutent, par la parure, à leur beauté, q'M

elles mêlent à tout cela un peu de coquetterie? Eb bien! ne, pubqu'il faut tous le dire, sachez-le donc : la beauté, iule la femme. Otez-luî la beauti^ , elle n'est plus rien l'homme; elle n'c^t rien mt'me devant Dieu; et votre tion soi-disant progretive, qui conduit la jeune Aile au i de l'homme et de la beauté, est une éducation à reçu-

k^ns. Il faut refaire fotre ouYragei et prier quelque henné homme^ amoureui de la beauté^ de vous aisistep de «ea eonseiJ

« Les hommes, observe-t-elle avec humeur, ne s'occupent < Téducation des femmes qu*en Tue d'eux-mêmes. »

Et en vue de qui, s'il vous plaît^ youlez-yous que nous noi en occupions, puisqu'il est avéré, mathématiquement démoi tré, reconnu par vous et par toute la chevalerie errante, qi la femme jetée parmi les hommes p*e^t rien par elle-mên» ne se soutient pas elle-même, et qu'elle n'^c()Diert de valeti et de signification que par le mariage?

Je ne pousserai pas plus loin ces citations, qui nous (pontrei la nature prise sur le fait, je veux dire la fen^me, n)é(DeI mieux élevéCi la plus instruite, celle que la fréquentation de hommes a de longue main fortifiée et aguerrie, dont un dévotion raisonnée a mi^ le cœur à l'abri dés séductions d l'amour, en flagrant et perpétuel délit de contradiction , i'k conséquence, d'absence d'idée, de faux jugemept^ et, ce qui & pis, toujours à la recherche de compensations amoureuses e dehors de son intérieur et de ses serments.

Mn™« George Sand.

Jusqu'à ces dernières années, je n'avais lu de M™« Sand q« quelques fragments saisis h la volée dans des feuilletons eld( revues; et sur la toi de ces fragments J'avais conçu, je l'avou un vif sentiment de répulsion pour Fauteur. Des amis, doi l'opinion devait être pour moi d'un grand poids, m'assurère que -mes préventions étaient injustes et faisaient tort à m( jugement. M""^ Sand, me disaient-ils, est un écrivain de géni et, ce qui vaut mieux, c'est une bonne femme. Lisez-la : vo vous devez de la connaître.

Je demandai quels étaient ses meilleurs romans? L'un m'i diqua Lélia; un autre, Indiana; un troisième donnait la prél rence à Jacques ou Mauprat; on vantait le style de Léo Leoniy etc. C'était un mauvais signe que cette divergence d pinions : j'en fus quitte pourvoir tout. J'ai donc lu de M"" Sa Jndiana, Valentine, Lélia, Mauprat, Jacques, Rose et Blawn

l0 (hn^pag^um du Uiur dei Frmmy Sj^idim^, Leoàê Lêoni^ \^ §mr4U»ir9 intimé, Tévérino, et i'HiiMr^ de fna vie ; j'ai vu, à fOd^OQ, la Champy, Ckmdie, Maitn Favella: si cet ensemble oe suffit pas à motiyer mon opinion, je suis prêt à rétracter tout ce que je vais dire.

Le premier effet de cette lecture fut de soulever en moi une réprobation terrible ; je n'avais pas asse» d'imprécations et 4'iqjures contre cette femme, que j'appelais Aypocrtie, «c^fole^y^le d^ la JiépubUque, filie du marquis de Sade, digne 4e partir le u$te de ses jours à Saint-Lazare, et que je voyais ^mirée, applaudie» Dieu me sauve 1 par les puritains de la Républiquet

J'avais tort cependant, sinon vis4<>vi» des livres, au moins à l'igard do l'auteur. Une étude plus attentive m'a calmé, et je ^oU pquvpir d'un mot justifier M»»* Sand, à qui je demande pardon de ma oplère :

nien de ce que la raison et la morale peuvent blâmer chei fAlQ a'ést d'elle) ep revanche, tout ce qu'elles peuvent approuver lui appartient. Puissante par le talent et le caractère, amante de l'bonnête autant que du beau, M°'<* Sand, dans la modestie de son cœur, a cherché un homme ; elle ne l'a pas trouvé. Aucun de ceux qu'elle a hantés, aimés, n'a su la comprendre et n'était digne d'elle) elle s^est égarée par leur faute. Elle ne demandait, ep suivant sa vocation, qu'à rester en tout «t pouF tout ce que les plus désintéressés de ses amis l'ont trouvée toujours, une bonne et simple femme : ses courtisans Wit fait d^elle une émanoipée ; que la responsabilité leur en revienne.

Si jamais t'étiqcelle du génie dut briller en une femme, ce fut certes en M°^« Sand. Son éducation lui donna tout, et malpé certain petit accès de dévotion qu'elle accuse vers sa sei- Vème années et qui ne fut que le prélude de sa vie amoureuse, tt peut dire que dès le ventre de sa mère elle fut sans préjugés, I^Tée par une grand'môre voltairienne et un précepteur athée, i vingt ans elle possédait les langues, les sciences, les arts, la fhiloiopbie; elle's'est mariée elle-même; elle a fréquenté les limilai, lei religieuses, Tancienne et la nouvelle sooiété , les

paysaos el les anstocrates; depuis 1830, elle t |Mné a n» aa sein du monde politique et littéraire. Aucun écrivain, de noin tempe, n amassa pareille provision de faits et d'idées, ne Ait a même de voir d aussi près tant d'hommes et de choses. Ajoutez une faculté d'eipression extraordinaire, qui imite i sTf méprendre la manière des plus éloquents. C'est avec ces avantages que M"*' Sand, a 28 ans, mère de famille et revenue des iilusions de la jeunesse, renonce à la vie de campagne et entre dans la carrière. Que va-t-elle donner au public? Qu'est-ee qu'il y a , dans les cent ou cent cinquante volumes qu'elle a écrits, qui révèle une idée forte? Voilà ce que nous avons i démêler, et qu'elle serait sûrement incapable de dire.

Dans VHii^toire de sa ci>, allant au-devant de certains ttproches que je ne relèverai point. M*"* Sand accuse les^lalités de sa naissance. Elle se trompe. !!■*• Sand tient de a grand nière Marie Dupin, beaucoup plus que de sa mère Victoire Delaborde , et de sa trisaïeule Aurore de Komigsmariu l.es ébullitions de sa jeunesse, de même que la mélancolie ^ceptique de M. de Lamartine, furent l'effet des impressions du dehors : elle est née caluie, de sens rassis, point sophiste et médiocrement tendre; docile jusqu'à la crédulité, d'une conception nette, et, pour le train ordinaire de la vie, d'un th*sbon jugement. Tout eu elle, tempérament, caractère, éducation, la lucidité, eU si j*ose ainsi dire le sang-froid de resprit,U prédestinait à être le contraire de ce que la firent d'impures relations : qu'elle eut dès le premier jour rencontré, comme Manou Phlipon, l'homme grave etfortdontson imagination avait besoin, et George Sand, de bacchante révoltée que nous Tavons vue, eut été la réformatrice de l'amour, Tapotre du mariage, une puissance de la Révolution.

On peut suivre dans les romans de M»« Sand le dérangement de cette âme mal équilibrée : elle est d*abord Valentine, um jeune femme placide, facilement résignée à un mariage sam idéal; puis c'est Indiana, que l'ennui, plutôt que des grief sérieux, pousse à un amour de tête où elle ne trouve que dé ceptiou: plus tard elle devient Lélia. la femme irritée conlr l'amour |)ar Timpuissance de la volupté. Quand et

cette fière Lélia est tombée sous la tyrannie des sens qui d'à* bord rayaient dégoûtée, jusqu'où elle est descendue dans cet abîme, elle seule pourrait le dire. Quel qu'ait été pour elle Fauteur de cette triste initiation^ elle a le droit de le détester; mais qu'elle n'accuse pas son sang : M°>« Sand n'est point une Phèdre ni sa mère une Pasiphaé.

La fatalité qui a fait le malheur de M™' Sand est tout autre. Elle a dit je ne sais où : Je crois qu'il n'y a que nous autres artistes d honnêtes gens. Là fut le piège. Artiste, M"^ Sand a pris l'art pour la révélation de l'honnête et du juste, tandis qu'il n'en est que l'excitateur; elle n'a pas vu que cette liberté artistique, qui la séduisait, n'est par elle-même qu'un pur libertinage, tout ce qu'il y a non-seulement de moins moral, mais de moins idéal ; et elle s'est égarée, en prenant pour conseillers intimes des artistes, des poètes, les moins sûrs de tous les guides, les moins moralistes de tous les honmies.

Nous pouvons maintenant faire le thème de M°^ Sand, comme disent les astrologues :

Elle est femme, aussi femme que pas une fille d'Eve; Elle a en prédominance le goût de l'art et de la littérature; La voilà qui, emportée par son talent, quitte son ménage et ae jette à corps perdu dans le galop des artistes et des gens de lettres, vivant dans la plénitude de la liberté artistique^ c'esti-dire dans un complet arbitraire de pensée et de conscience. Bref elle devient, selon l'expression du jour, tout à fait ar liste ^ an dernier siècle on aurait dit philosophe ou esprit fort; elle n'est même plus de son sexe; elle prend des habits d'homme et ne garde de la femme que ce qui sert à l'amour : nous savons ce qu'elle va produire. L'étude de la vie de IdM'»*'* Roland^ de ^1, Necker de Saussure et de leurs pareilles nous en a instruit d'avance; la r^le est sans exception.

Par cela même qu'une femme, sous prétexte de religion, de philosophie, d'art ou d'amour, s^émancipe dans son cœur, sort ^soa 0exe,>eut s'égaler à l'homme et jouir de ses prérogatives, il arrive qu'au lieu de produire une œuvre philosophique, ^ poème, uii chef-d'œuvre d'art, seule manière de justifier Km ambition, elle est dominée par une pensée fixe qui de ce

moment ne la quitte plys, lui tient lieu de géttie et dlMe i c'est qu'en toute chose» mlMin, Tertu, talent, la femme mit l'homme, et que, si elle ne tient pas la même place dans la société, il y a violence et iniquité à son égard»

L'égalitf' des sexes avec ses conséquences înévitabtes, liberté d'amours, condamnation du mariage, contemption de h femme^ jalousie et haine secrète de l'homme, pour couromier le système une luxure inextinguible : telle est inmriabhtaient II philosophie de la femme émancipée, philosophie qui se dé« roule avec autant de franchise que d'éloquence dans las œuvra de M">' Sand.

Dès son premier roman sa protestation éclate :

€ Je ne sers pas le même Dieu que vous» écrit Indiàiià t V\A de ses amants. Le vOtre, c'est le Dien dek kimmei^ c'est Ib hri, le fondatenr et l'appui de totre race ; le mien> c*est le Dieu dé Yunivers, le créateur, le soutien et Tespotr de fobfei tet cf^ tures» Le vôtre a tout fisiit pour tous seuls; le mien a htit toutes les espèces les unes pour les autres. Vous vous crojBï les Uud-

tres du monde ; je crois que tons n'en êtes que les f jffrtiil

La religion que vous avez kiventëe, je la repousse : toute cette morale, tous vos principes, ce sont les intérêts de Votre société que vous prétendez faire émaner de Dieu même. »

Ce passage, dtfclamatoire et sans portée, est cependant remarquable à plus d'un titre. On y découvre d'abord ce fond noir d'androphûbie qui forme le ciel des romans de M°>« Sand; puis, sur ce fond noir, on voit poindre le panthéisme, l'oinnigamie et la confusion auxquelles l'auteur devait aboutUf dans Lélia. Certes, M"»" Sand n'a pas saisi ces rapports, bien qu'il soit aisé d'en suivre ciiez elle la trace; mais si la femme ne pc^nse guère, la raison dies choses pense pour elle, et cooxluit son iitiagiuation et sa plume.

Donc M"*' Sand, (émancipée, célébrera l'amour, toujours l'amour, puisqu'on déllnilive, sainte ou pécheresse, la femme ômancipiie ne rêve plus d'autre chose. La collection dfes romani de M"»« Sand est irtie guirlande offerte à l'amour.

« Ce qui fait rimmcnsc supc^riorité de Tamour sur tous les antres sentiments, co (jui prouve son essence' divine, c*est qu'il

llfÊÊméol'kBtmf mtwm-.t'mifmY^Bmm IH Ktat tft'U M l'Hvanla |«c |iIm fmll M )'«» |« ' I k vabM^ : c'cai qM tt cm Imbûb U n^ ««r MM^MtofMr k tvp«itwr ivk ctfcttw «fcaUii wW

B, c'hI a» nà» fw lM*n Im wnatéfolh— IrasdtMt livl I» VM> |«iir l« déiniitv : il «uImmb wad M parn l|akMa«. • (CaJniiriw. di. *fii.| 1 b hdlF, tim «Nnni« b- rnowl^, MtarttMr enmn» Éitl, qrit ncmpp k Ui» p( nwiMHw m |>hil(MDfilitp t ïMi Htfr ér la fMiMW, i|itr ii^mr^ tMi6 dHan ea ptprÊ dnUe*, MMH pmtTolr Jam»!* caiafinmlrv ^m* t«l aaiMir) rfa Ans, ■'m rira dv plu qm im hUtarr, ifuHqiM ' m MM b) «ofi <• U libfftf M da drert ; qui ptr .

t. ft pMixln ranoM-, eoMBr Oim, pour |irianp» 4« in et de loule vefla, il b*; ■ iia'ufl pu : îpDii tpiej'MiiisVilntine, ilit BénHict. j(^ «uii un mire c; je me ««Il riijirr. [Stii»ei Ir nmiuet tum \crteteé «rt-ui •»■ fK'tliiÎMr Jï pluf mi |>ltu.) I<e «oilc mudIt; qm àl ma deetiDée bc i6A\re de toutei ptrU [il roil del la» ); je ne sait plus teul sur la terre (eo eÎTcl, it est prit], m'cnnaie plus de ma oullilé; je me sens grandir d'heure ire arec cet amour. (Un hooime qui lombe h lële U pncroit monter.]

i sais que l'amour seul esl quelque chose, je sais qu'il n'y autre sur la terre. Je sai<> qnc c« serait une Mcbet(> de le IT ciainlc des UouleuTs qui l'expieol, etc. • (Jacquet.) Due i\at Tx baiardar^ me rause un prodi^eux ennui; Kaucoup dp pens aimwt cette eicitation erotique, plus «os parée et Tardée, sans laquelle l'amour se présentaot uralibtu, le dégoûf seiait par trop grand. Peut-être ne ce que demi-mal, si l'auteur s'en tenait là : nous avoDS té nous-mPme que l'idéal avait -été donné à t'hpmtne l'eug^er h l'^monr. et que l'amour el l'idéal font lel

daux éléments au moyen desquels la femme exerce d'influence dans Téducation de l'humanité et le progi Justice.' Mais M"*® Sand ne l'entend pas ainsi : point d pour elle, point de société, tant que la femme ne libre, libre dans son amour, libre en tout. L'amour, étant souverain, absolu, dieu, ne connaît pas de loi; J quençe sera donc, en premier lieu, la réprobation du i

c Je ne suis pas réconcilié avec la société, et le ma toujours, selon moi, une des plus barbares institution ait ébauchées. Je ne doute pas qu*il né soit aboli , si humaine fait quelque progrès yer^ la justice et la ra lien plus humain et no9 moins sacré (quel lien?) rei celui-là, et saura assurer Texistence des enfants qui d*un homme et d'une femme, sans enchaîner à jamais 1 de l'un et de l'autre. Mais les hommes sont trop gro les femmes trop lâches pour demander une loi plus u celle qui les régit ; à des êtres sans conscience et sai il faut de lourdes chaînes. > (Jacques.)

Plus loin le même personnage écrit à sa fiancée :

€ La société va vous dicter une formule de serme allez jurer de m'être fidèle et de ni'être soumise, c'estn'aimer jamais que moi et de m'obéir en tout. L'un de ments est une absurdité, l'autre une bassesse. Vous n pas répondre de votre cœur, même quand je serais le pi et le plus parfait des hommes ; vous ne devez pas proi m' obéir, parce que ce serait nous avilir l'un et l'autn

Et la jeune fille de répondre :

€ Ah ! tenez, ne parlons pas de notre mariage; parloi si nous étious destinés seulement à être amants. »

Pourquoi, alors, se marier?

« Parce que la tyrannie sociale ne nous permet pas posséder autrement, » dit Jacques.

Jacques et Fernande mariés, le roucoulemeut contii le moindre respect de la dignité conjugale :

c II n*est qu'un bonheur au monde, c'est Tamour : tout le reste n'est rien et il faut l'accepter par vertu. »

Puis arrive Tamant qui dit :

« Si je ne suis pas né pour l'amour, pourquoi suis-je né, et à quoi Dieu me destine-t-il en ce monde? Je ne vois pas vers^quoi ma vocation m'attire... Je ne suis ni joueur, ni libertin, ni poëte; j'aime les arts, mais je ne saurais en faire une occupation prédominante. Le monde m'ennuie ^n peu de temps ; je sens le besoin d'y avoir un but, et nul autre but ne m'y semble désirable que d'aimer et d'être iimé. Peut-être serais-je plus heureux et plus sage si j'avais une profession ; mais ma modeste fortune, qu'aucun désordre n'a entamée, me laisse la liberté de m'àbandonner à cette vie oisive et facile ».

Que dites-vous de cette délibération d*un jeune homme qui, cherchant sa vocation, hésite entre le jeu, la poésiey les paires et V amour! Quel gâchis! et comme se trahit ici la femme émancipée qui, rendue à la lasciveté de sa nature^ •3e peut plus s'affranchir de ses pensers obscènes !... hï^i elle n'en sortira plus^ elle en a pour la vie. Dans ses Mémoires y publiés en 1857, vingt-cinq ans 'après Indiana, ^^ Sand, qui a eu le temps de réfléchir et qui n'est plus jeune, conclut sur le mariage par cette formule dont tout It iQérite est d'être calquée sur une phrase de Rousseau :

• L'indissolubilité du mariage n'est possible qu'à la condition d'être volontaire; et pour la rendre volontaire, il faut la rendre possible. »

On le voit, quand M*»* Sand parle du mariage, c'est toujours

l'amour qu'il faut eutendre. Par lui-même, en effet, l'amour

n'est que passager, et les deux lignes qu'on vient de lire lui

sont directement applicables. Adressée au mariage la critique

porte à faux, et pourquoi? parce que le mariage n'est pas rien

que l'amour; c'est la subordination de l'amour à la Justice,

subordination qui peut aller jusqu'à la négation même de

l'amour, ce que ne comptend plus, ce que repousse de toute

réoergie de son sens dépravé, la femme libre.

Saos doute cette réprobation du mariage, si lestement ex-

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