DIXIÈME ÉTUDE
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Après une histoire ridicule de pommes de lerre et de soupe aux choux, imaginée à seule fin de me représenter comme un goinfre dont la pauvreté fait toute la tempérance, M . de Mirecourt continue en ces termes le récit de mes sensualités :
tt A cette sobriété remarquable, Proudhon joignait ou semblait joindre une continence cénobitique. Ni sollicitations ni moqueries ne le décidèrenUà faire un pas avec les railleurs du côté de la débauche. Cet homme étrange écrivait sur la chasteté des ligues qu'on pourrait croire tombées de la plume d'un Père de TÉgUse. v [Suivent les citations,)
« En voyant Pierre-Joseph professer une Tertu aussi pure^ on se demande si la vertu était sa conseillère.
(I Les chefs de secte, les orgueilleux, les génies brouillons, qui de siècle en siècle s'attribuent le titre de réformateurs, cherchent toujours à passer pour chastes. Ils savent combien CD admire ceux qui paraissent au-dessus des passions et des Mblesses de notre pauvre humanité. Nous voyons là système et calcul., mais de vertu pas Tombre.
« Qu'il suflise de rappeler à M. Proudhon dans quelles mconstances a eu lieu certain mariage à Sainte-Pélagie, pour le convaincre que l'ange des légitimes amours n'a pas toijûoon veillé au chevet des plus chaleureux apôtres de la oontinenoe. Croyez- vous, sectaires menteurs, que nous allons vous laiawr intacte autour du front cette auréole usurpée? »
Comme dernier coup de pinceau, il igoute que j'ai fait bénir mon mariage par le prélre, et présenté les enfants qui en sont provenus aux fonts baptismaux.
Tout est permis à qui combat pour une sainte cause. Je veux croire cependant que lorsque M. de Mirecourt a écrit ces lignes, emporté par son zèle pour rÉgliae, il a oublié que le soupçon dont il se faisait l'écho ne tombait pas sur moi seul, qu'il atteignait une personne qoi ne rocherchc pas la célébrité, et dont la philosophie n*alla ('( rtos jamais jusqu'à mettre les sacrifices de ramaala
mot b difiifté de fépoose. Que ne remontail-il plui haut, dus Bft ne de garçon ? il y eOl trouvé son affaiiv. et il aondt échappé à llndîgnilé d'outrager une femme.
Qu'il me suffise donc à mon tour de dire, pour (*ella qui oe devait jamais figurer dans ce honteux débat, que mon incarcération a eu lieu le 4 juin 1849, ma preuii^ro sortie le 25 décembre de la même année, |H)ur uno assemblée du Peuple; ma seconde sortie huit jours apr^s, pour la célébration de mon mariage, et que mon premier enfant est venu au monde le 18 octobre 1850, comme on peut le vérifier sur les registres de la mairie du 12* arrondissement.
Quant à ce qui est de la bénédiction ecclésiastique et du baptême, je n'y eusse point répugné, peut-être, avant 1848, à une époque où l'esprit de tolérance qui animait tous les citoyens et s'imposait au clergé faisait de fiAîM cérémonie la chose la plus insignifiante pour un philosophe. Après la réactioD de 1M8, 1849, 18dO et 1851, j'ai cm qu'il m'était déCendo de tnattger avec qui me |>ro« scrivait, et j*ai nii aotaiit de rdifKio à m'aUt^nir que j'eusse mis de rnili>ar*'«<lmii'ii, dii aon^ au|iaravaot, k m*exécater.
Hon namp^ Mwiaâesiour. luw qu*ii o'aK pas été contracté dsvacDft Tt^m^ ^ yThiinymussA parue qu*j1 n*a pas été oBBttratflé âevuti ^Qe. t éié i a'Jle dtf sa vie le plus Kire. Itr lihs TéDùefa.. k: y\vk ôésiutérebt^^ le plus désigé âe ImH mnt^ f^'umbitiuL. tk»- citprioe. de pasaioa ou it conbBnite. k ii^u^ inr , ofr quelque calé que >e recTBBK. el yvat din y^ir ^tit nuMn. it piu^ di^m et le jihs méhkni». -fiw: kt aatm detiwoe k» gaianVef i«e d*Diiiiâzvidii. t'^flitilfîè mK Mtetnlt ^ U: vk- p^tv^ que fin sgœuK: d^ifiJi'^UeiaiieiM «u msiriaç*^ «ikr f^Mit saouB^, « «Ue iMK* érait ^ ia |Miff 4wef)giqu^ r-pi^ àcA. €000» il filflpt d^BB^ anilt» «êMiU\Mi\ ^m^ ^-^
mienne, et que^ malgré de grands exemples, il entre dans mes principes qu'un homme de sens n'anticipe pas sur le jour de ses noces, je me devais, je devais à la cause que je défends et au respect du peuple, de faire cette déclaration.
A nous deux, maintenant. Monseigneur.
Je connais votre thèse favorite, saisie avec tant d'à propos par mon biographe : Vide de la foi, abandonné de la grâce, le cœur de l'impie devient un abîme de corruption , et cette corruption éclate surtout par l'impudicité. Ceux qui manquent à la religion sont livrés à Asmodée, le démon de la chair, qui étrangla les sept premiers maris de Sara.
La chair et ses œuvres ! c'est un sujet que vos prêtres, voués quand même au célibat, aiment à fouiller, pour la diffamation des libres penseurs et leur propre gloire. Fouillons donc, et s'il se trouve que l'Église, avec ses airs de vierge, a fait sur ce point comme sur tous les autres rétrograder la morale, j'aurai le droit de lui dire : N'accusez pas, si vous ne voulez pas qu'on vous accuse.
Oui, Monseigneur, je suis chaste; je le suis naturellement, par inclination, par incompatibilité d'humeur, si je puis ainsi dire ; je le suis surtout par respect pour la femme. Comme je ne tiens pas le moins du monde à passer pour un héros de chasteté, je vous énumère toutes les raisons qui peuvent diminuer en moi le mérite de ma vertu.
Ceci toutefois ne veut pas dire que j'aie été toujours d'une continence parfaite. Il existe, vous le savez, une grande différence entre ces deux choses, dont l'une ne suppose pas toujours l'autre, la chasteté et la continence. J oserai même dire que la continence est la vertu de ceux
4ui ne sont pas chastes, parce que, plus Thomine est chaste, moins la continence lui est pénible, moins son dinour a besoin de réalisation charnelle. Ëpicure, en suivant cette donnée, allait jusqu à prétendre que volupté et chasteté sont synonymes.
Eh bien ! ne voilà-t-il pas un beau texte de déclamation, qu'en un siècle de libres amours, malgré mu chasteté naturelle il me soit arrivé, sans^doute plus d*une fois, de pécher contre la vertu de continence? Où donc aurais-je appris à soutenir une pareiHe lutte? Où sont les principes qui régissent la matière ? Où les exemples 7 Et quand Tincertitude est dans toutes les âmes, quand Tilicontinencerègne partout, depuis la caserne jusqu'à l'Église, est-il judicieux, est-il décent de venir remuer cette vilenie? Qu'est-ce que la virginité plus ou moins authentique d'un écrivain peut faire à la république sociale? Que font à TÉglise les fornications de ses moines et moinesses, de ses prêtres, de ses cardinaux et de ses papes? Vous me reprochez d'avoir connu ma femme avant la cérémonie : c'est la mode en Suisse et dans d'autres pays. Je répète que, quant à moi, Timputation est calomnieuse ; mais quand cela serait, quand il serait vrai qu'avant de me marier au 5* arrondissement je l'ai été, comme tant d'autres, au treizième , que pouvez- vous en conclure, en ce temps de fornication universelle, je ne dis pas contre mes principes, mais contre mes mœurs? Je connais tels et tels qui se font un point d'honneur de se passer, pour leurs unions, et de l'acte civil et de la bénédiction ecclésiastique : tant le contrat matrimonial, déshonoré par l'intérêt, leur parait contraire à la dignité de l'amour et leur inspire d'horreur. Je ne partage pas, h moins pour ce qui regarde l'acte civil, cette manière de voir ; mais je n'en tire aucune conclusion contre l'honorabilité des personnes. Ces gens-là se trompent^ à mon
avis, par l'excès même de leur délicatesse : voilà tout. Pourquoi, aujourd'hui que vous avez tant besoin d'indulgence, prêtres et évéques, n'agissez-vous pas de même? Vais-je m*enquérir si vous :ivez ou non des concubines et des hût^)^d^? Kntre honnètos gens, on se tait sur ces misères, qui ne touchent pas au fond des choses et n'accusent que I ignorancr^ où la socit^'té est encore, sur cette question des sex'-s, du droit el du devoir. Rappelez-vous ce que ré[X)nd,iil Marc-Antoine à Octave, son collègue, qui lui reprochait ses Hirces avi i: iileopâlre : Quid temutavit? quod rrfjinum inro? l'xor meu «/. S une cœpi^ an ab hine annos nornn .* Tu deinde iolam Drusillam inis? lia valeas^ vti fit h'jnc epistoiam cnm Icges, non inieris TertuUam^ aut Tcrentillam, aut BuffiUam^ auiSalviamCitiMceniam, aut omnfsP Anne refert vbi et in guam arrigas?.*. Ycilà, Monseigneur, si j'étais tel qu'on a voulu le faire entendre» ce que j'aurais le droit de dire à bon nombre d'entre \(>u>, v\ que je ne me permettrai pas même de vous traduire.
Attachons- nous donc à la question : je n*ai eu d*autre hut, en ni't^xécutant de bonne grâce, que d*y arriver plus vitt».
Or, la question, puisque vous prétendez tirer une induction contre la pliiloso[ihie de l'incontinence dans laquelle peuvent tomber les philosophes, bien qu'ils n'y tombent pas tous, bien que ceux qui tombent soient en général dans leurs chutes, les plus réservés des hommes; la question, dis-je, est de savoir si cette incontinence, telle quelle, qui leur est reprochée et qui leur est oommi}ne avec tant de prêtres, provient de l'esprit philosophique ou de l'esprit de religion; si par conséquent le chriatift^ nisnie , bien qu'il prêche le mariage» et en dehors dn mariage la continence, est à l'abri de tout reproche; û ses maximes officielles répondent à la dignité de 11 Avr
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u ffinnnir qiu lui ktmI m««t cou rétncnié; ù m fnà y ftmèn e pour rrfie An rrlalini» ■Mniiii—i, B. dast Mlle partie île la nionW, il or itttt pai ^ud^aa progria à léalber. qiie le [ufnniimr iikliquaii, irais fm le chmIianîsiM a'a paa rorapm, qu'il aie m (-«ntraif», au liiqae de perdre, par la di^ilulion tlmii il ni rame. U fanilla al U aooéur
L'Égliie a'eat toujours nnttt de pnwMrr «ur l'amONr et le mariage, comme lur rMuralion et tant tl'atHm dnaea, tue morale bors ligne. La uiulliiuda l'a crw, aant ; ilkr voir, quitte i rencoutrer Jan« U pratique le* plva dnfibkt mécoiniitea, l'our nui, tnrprii Je Toir. tout ■e loi KM-dûant parfaite, l'inputlidto en proj^rèi, j'ai nalo paaier à l'iUminc la loi cllc<nHÏnie ; cl j'afllma qut le cbriiliaDiaiiw , lonqu'il a eutn-prii de n'Iurmer In tMwn el de réglcncnter le mariage, n'ii riJuui qu'à dèuturer rinstitution , dt'voler les «nin et enflammer la luiuri'. Im clii'iïliiiriÎMiK; ne sait i iL-n ilu s)' irim-iil < imju^al, rien du (irinri|-i' i-l du l'ubjit il<' l.i r.iniillt'; il u* \ai même rvtrnii ti qii<; lui vil 4t.(iL-iil li-^iui vs aii- Uiiis. Ah! cliriliciiA li]|iorritea, qui acoiM.*! les plulosoph» Xincuiiliiiciin', LTum-viHi» que nwuaalliaaiaiiia eiaui- n u^iti lai^r julacle auluur du frufit crlta a
Ttlk- ^ra duiu la iiuichu de ntlc coiilroiAi Km Kr <)>it • oiK^ri-c h T^iiilK d W reU tonanl étal le itii intianisme a-l-il iiuh^
•j<>:i:>: 'J-:Vi.I i\f Hi RlisBÎOn. cl a
l-il (,•>.;•; i : ii-mU^e inoriil de I'Iiih
ffir .i,±.~.-'. d i. r-ire j la Rôolutiwf^
il i.i.s i.jmti.';! l'uiidês à «Ipiir ai U-ii, n fi :>riie 'im nœ ce soil d'« ^li i.iu :i! {ui rualera tout à l'k
tiùrc si peu connue du mariage, de la pureté du cbristmnisinc cl des roses de TËglise.