‹ De la justice la révolution et dans l'église;Chapitre 31 sur 45 · TOI · texte numérisé non relu

TOI

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En ce qui touche la substantialité et rorganisation de rétre social, j*ai montré la première dans ce surcroît de puissance effective qui est propre au groupe» et qui ex* cède la somme des forces individuelles qui le composent; j'ai donné la loi de la seconde, en faisant voir qu'elle se réduit à une suite de pondérations des forces, des services et des produits, ce qui fait du système social une équa« tion générale, une balance.

En tant qu'organisme, la société, l'être moral par excellence, diffère donc essentiellement des êtres vivants, en qui la subordination des organes est la loi même de l'existence. C'est pourquoi la société répugne à toute idée d'tiiérarchie, ainsi que le fait entendre la formule : Tous les hommes sont égaux en dignité par la nature, et doivent devenir équivalents de condition.« par le travail et la Justice.

Or, telle est l'organisation d'un être, telle sera sa raison : c'est pourquoi, tandis que la raison de l'individu affecte la forme d*une genèse, comme on peut le voir par toutes les théogonies, les gnoses, les constitutions politiques, la syllogistique ; la raison collective se réduit, comme l'algèbre, par l'élimination de l'absolu, à un système de résolutions et d'équations, ce qui revient à dire qu'il n'y a véritablement pas, pour la société, de système.

Ce n'est pas un système, en effet, dans le sens qu'on attacher ordinairement à ce mot, qu'un ordre dans lequel tous les rapports sont des rapports d'égalité; où il n'existe ni primauté, ni obédience, ni centre de gravité ou de direction ; où la seule loi est que tout se soumette à la Justice, c'est-à-dire à l'équilibre.

Les mathématiques forment-elles un système? Il ne tombe dans l'esprit de personne de^ le dire. Si dans un traité de mathématiques quelque trace de systématisation se décèle, elle est du fait de l'auteur ; elle ne vient point

de la science même. 11 en est ainsi de la raison sociale.

Deux hommes se rencontrent, reconnaissent leur dignité , constatent le surcroit de bénéfice qui résulterait pour tous deux du concert de leurs industries , et se garantissent en conséquence Tégalité^ ce qui revient à dire, l'économie. Voilà tout le système social : une puissance de collectivité, une équation.

Deux familles, deuy cités, deux provinces, contracleiit sur le même pied : il n'y a toujours ({uc ces deux choses, une puissance de collectivité et une équation. 11 impliquerait contradiction, violation de la Justice, qu'il y eût autre chose.

G^est pour cela que toute institution, tout décret qui ne relève pas exclusivement de la Justice et de Tégalité, succombe bientôt aux attaques de la critique, aux incursions du libre examen.

Car, de même que dans la nature toute existence peut être récusée par Thomme au nom de sa dignité et de sa liberté, de même dans la société tout établissement peut être par lui récusé au nom de la Justice; il n*y a que la Justice qui ne puisse être récusée au nom de rien.

La Justice est inamovible, immodiflable, éternelle; tout le reste est transitoire.

Et voilà comment les religions, les constitutions politiques, les utopies de toute espèce, imaginées pour la conciliation de Fintérêt individuel et de l'intérêt coUectif , mais ayant toutes la prétention de partir de plus haut que la Justice, de faire plus ou mieux que la Justice, de se servir de la Justice au lieu de la servir ellemême, ont fini par être trouvées toutes contraires à la Justice, et au nom de la Justice éliminées. Ce sont des créations de l'absolutisme individuel, déguisées sous le masque de la divinité.

Et il en sera de même aussi longtemps que la pensée

th VâU%oiu restera pré|ioiidéraDta dam le goinremeiiieiil lies soctétéi. Il n'est combinaison de la forée el de la ruse, de la superstition et du machiavélisme, de Taris* lr>eratic et de la mis/ïre, qui puisse avoir définitivement rais^>ri de la imi'wAi, VA si cette Justice est armée de la t;riti<|iie, si vous lui donnez pour appariteur la discussion ({uotidicmm;, universelle, des institutions et des idées, des jugements et des actes, la conspiration ne saurait tenir un instant. Au grand jour de la controverse, les monstres que le scepticisme et la tyrannie enfantent se* ront forcés de fuir et de cacher sous terre leurs faces ridiciilcH.

Autre est donc la raison individuelle, absolutiste, procédant par genèses et syllogismes, tendant constamment, par la subordination des personnes, des fonctions, d^ caractènm, & systématiser la société; et autre la raison c'olloctivo, faisant partout élimination de l'absolu, procé- (lont invariablomont par équations, et niant énergiquemunt, (|uant à la société qu'elle représente, tout système. Incouipalibililé do formes, antagonisme de tendances: ({uu vout-on do plus pour affirmer la distinction de ces doux ualurcslf

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