HUITIÈME ÉTUDE
CONSCIENCF ET LIBERTÉ.
[Argument, — Quels que soient le dogme et la constitution d'une église, si cette église admet la réalité et l'efficacité de la conscience, en autres termes le principe de la Justice immaxi^nX^, ^W^'^^x^^^^t^ws^w
d'dtre et cesse d'exister ; si elle reconnaît, en dehors du commandement divin, une différence entre le bien et le mal, elle cesse d'exister ; si elle a l'intelligence et le respect de la liberté, elle cesse encore d'exister. L'Ëglise nie donc la sufOisance de la conscience et la réalité de la Justice ; elle nie la justification de l'humanité par ellemême; elle nie la distinction subjective du bien et du mal, et elle accuse la liberté, qu'elle ne comprend pas, d'être l'ennemie de Dieu. De là, en premier lieu, le pyrrhonisme moral qui, sous prétexte de sanction divine, fait le fond de toute théologie ; de là, ensuite, ce régime d'autorité et de discipline par lequel l'Ëglise entreprend de contraindre an bien des natures lâches et déchues; de là enfin, lorsque la foi religieuse vient à s'éteindre, la corruption et l'esprit de tyrannie qui s'emparent de toute nation en qui la critique, ayant tué la religion, a laissé la morale sans fondements. Comment alors relever la société affaissée? Sera-ce par la Justice, dont la notion, en dehors de la théologie, existe à peine, et qu'une si longue préoccupation du sujet divin empêche de sentir; ou par la liberté, dont le mystère est encore plus impénétrable, et que nient formellement les philosophes? Les nations anciennes ont succombé devant le problème ; et nous sommes menacés d'y succomber à notre tour. — Ici de nouveau la Révolution se lève : elle démontre contre le pyrrhonisme théologique, la réalité et l'efficacité du sens moral; contre les sophismes de la raison d'Église et de la raison d'Ëtat, la certitude de la distinction du bien et du mal; contre le fatalisme des philosophes et la mythologie de la révélation, la nature et la fonction de la liberté.]
Cbap. I*r. ^ Objections des théologiens : QoMl s^agit bien moins de donner les formules de la Justice que d'en procurer Tobservance, laquelle
ne se peut passer de religion. * * 413
Cbap. II. — Réfutation du pyrrbenisme tbéologique : réalité du sens
moral 426
CiiAp. m. — De la distinction du bien et du mal 444
Chap. IY. — Du franc arbitre. — Marche de l'idée 464
Descartes 466
Spinoza 470
Leibnitz 477
Autres philosophes 482
Chap. Y. — Nature et fonction de la liberté. ...*.... 502
PIN nm LA TABI.B.
Paris. — Imprimerie de P.-K. Bowo\w. <iXÇ>*, rafc^w.w\\«i,^.
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