‹ De la kélotomie sans réductionChapitre 19 sur 59 · OBSERVATION XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIV

Hernie inguinale étranglée. — Opération. — Réduction. — Fistule stercorale consécutive. — Péritonite. — Mort.

Guillaume Ribeaud, soixante-et-onze ans, est entré à l’hôpital Saint-André le 16 octobre 1867 et a été couché salle 10, service de M. Oré, M. Labat suppléant.

Depuis de longues années, ce malade a une hernie inguinale droite, mal contenue par un mauvais bandage. Il y a deux jours, elle est sortie à la suite d’une quinte de toux, et depuis lors le malade n’a pu réussir à la faire rentrer.

M. Labat a vu le malade le lendemain 17 octobre : la hernie occupe le côté droit du scrotum et forme une tumeur ayant à peu près le volume du poing, elle est peu douloureuse ; les téguments n’ont pas changé de coloration à son niveau ; la percussion donne de la sonorité en dedans et de la matité en dehors. Le malade dit avoir été à la selle la veille;

il a quelques éructations et des nausées ; il a vomi deux fois des matières bilieuses. Le ventre un peu ballonné, mais point volumineux ; le pouls et l’habitude extérieure normaux. Efforts de taxis sans résultats. (Frictions d’onguent napolitain, bain de deux heures.)

18 octobre. — Les vomissements ont pris le caractère fécaloïde. M. Labat se décide à opérer. L’opé" ration n’a présenté de difficultés qu’au moment de la réduction, qui a été un peu laborieuse.

Les suites paraissaient devoir être bien simples; le malade est allé à la selle le deuxième jour; la plaie abdominale marchait à souhait, lorsque, le 22 octobre , quatre jours après l’opération, on s’est aperçu que des matières stercorales souillaient les pièces de pansement. On a laissé les choses en état, pensant bien que les adhérences formées empêcheraient l’épanchement dans la cavité abdominale, et que la fistule, évidemment très-petite, se cicatriserait spontanément; mais une péritonite subaiguë s’est déclarée, et, bien que les symptômes n’aient jamais acquis une grande intensité, le malade est mort le 1er novembre, quatorze jours après son opération.

Il est sûr que, avant de réduire, M. Labat s’était assuré, par l’examen le plus minutieux, de l’état parfaitement sain de l’anse intestinale ; il n’avait donc réduit qu’à bon escient. Cependant un point ou même plusieurs de l’anse intestinale réduite étaient atteints profondément, et la preuve en est que la fis-

tule stercorale s’est montrée le quatrième jour, c’està-dire s’est produite le troisième jour, consécutivement à la chute des escarres.

Un intestin malade peut donc en imposer et être pris pour un intestin parfaitement intact , et , dès lors, le chirurgien qui a repoussé l’anse intestinale dans l’abdomen se trouve toujours sous le coup d’une perforation secondaire. Voilà ce que démontre cette observation, quelque incomplète d’ailleurs qu’elle puisse être.

OBSERVATION XIV LlS

Cette observation se rapporte à un malade qui est entré, en juin 1867, dans la salle 17, service de M. le professeur Oré. Il était porteur d’une hernie inguino-scrotale étranglée. L’opération eut lieu; la réduction fut facilement obtenue, et le malade, guéri de son étranglement herniaire, put sortir à quelques jours de l’opération.

Je n’ai pu me procurer ni le nom de l’opéré, ni la date de son entrée et de sa sortie, ni des détails suffisants sur les symptômes qu’il avait présentés, et sur l’opération elle-même. Je ne rapporte donc cette observation, tout à fait incomplète, qu’au point de vue de la statistique et de ses résultats.

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