‹ De La Kola (Sterculia acuminata) Et Du Bitter-KolaChapitre 13 sur 18 · ÉTUDE CHIMIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CHIMIQUE

Attfield en constatant l’amertume de la noix de kola à l’état frais, pensa que cette semence devait contenir un principe analogue à celui qui existait dans le café et le thé. Il en fit l'analyse et en retira un corps cristallisé sous forme de fines aiguilles et jouissant des propriétés physiques et chimiques de la base extraite du café et du thé. Il en obtint 2 p. 100.

Voici du reste les résultats de l’analyse de la noixde kola par Attfield :

Cane Te Ru TS PURR RTE Leere 2 Matières sucrées et gommeuses.. 10,67 Substance albuminoïde analogue

AMI CURE RNA 01 0:00 Huile essentielle et corps gras... 1,52 Cellulose et matières colorantes. 20,00 TAROT ner En EU Re 42:00 DCR ES APE RO RE Ne 5,20

MM. Heckel et Schlagdenhauffen ont repris cette analyse et ont trouvé des résultats un peu différents.

Avant de donner cette mémorable analyse, nous exposerons, d’après Wurtz (1), les divers procédés en usage pour l’extraction de la caféine:

l°Le premier procédé, le plus généralementemployé, consiste à faire avec le thé ou le café une infusionque l’on précipite par le sous-acétate de plomb. On ajoute ensuite un peu

{1) Vurtz, Dictionnaire de chimie, 1876.

NUE (ALES d’ammoniaque au liquide, on filtre, on débarrasse la liqueur filtrée de l'excès de plomb au moyen de l’acide sulfhydrique, on filtre de nouveau et on évapore lentement. Par le refroidissement, il se dépose d’abondants cristaux de caféine presque pure, dont on peut obtenir une nouvelle quantité par la concentration des eaux-mères.

20 Un autre procédé consiste à saturer les acides libres du café par du carbonate de soude et à précipiter la liqueur par une infusion de noix de galle, Il se dépose du tannate de caféine que l’on dessèche, que l’on broie avec de la chaux et que l’on épuise par l’alcool. Le liquide alcoolique est ensuite distillé et le résidu purifié par cristallisation dans l’eau ou dans l’éther.

3° Une troisième méthode consiste à broyer avec 2 p. de chaux 5 p. de café moulu et àépuiser le mélange par l’alcool dans un appareil à déplacement. L'alcool est ensuite distillé. On reprend le résidu par le même liquide et l’on distille de nouveau jusqu’à ce qu’il se forme deux couches. On sépare alors l’huile qui surnage, on évapore convenablement la couche aqueuse en la laissant refroidir, et l’on voit s’y déposer des cristaux de caféine que l’on purifie en les exprimant entre plusieurs doubles de papier Joseph, en les redissolvant dans l’eau et en décolorant leur solution par du noir animal (1).

4° On épuise le café pulvérisé par la benzine, on évapore le liquide et l’on reprend le résidu par l’eau qui dissout la caféine et laisse l’huile de café. On pourrait également traiter ce résidu par l’éther qui dissoudrait l'huile et laisserait la majeure partie de la caféine.

9° Payen épuise le café en poudre par l’éther pour dis-

(4) Versmann, en employant cette méthode, a retiré de 50 kilogr. de café jusqu’à 250 gr. de caféine.

AA U eue

soudre l'huile, puis par l’alcoo! à 60°. La solution alcoolique étant évaporée en consistance sirupeuse, il y ajoute deux ou trois fois son volume d’alcool à 85°. Il se forme alors deux couches dont la supérieure renferme la caféine. On évapore celle-ci en consistance de sirop etonla mêle avec son volume d’alcoo!l à 90°. Il s’y dépose des cristaux de chlorogénate de caféine et de potassium, lesquels donnent un sublimé de caféine lorsqu'on les chauffe.

6° On peut extraire la caféine du thé ou du café par sublimation. A cet effet, on chauffe le thé de rebut dans un appareil semblable à celui dont on se sert pour sublimer l’acide benzoïque. Si les cristaux que l’on obtientine sont pas purs du premier coup, M ie en les dissolvant dans l’eau et décolorant la liqueur par le charbon animal.

7° Pour extraire la caséine du guarana, il existe deux méthodes :

a. — La première consiste à épuiser par de l'alcool la poudre de guarana intimément mélangée avec de la chaux.

Le liquide est ensuite évaporé, on enlève l’huile verdâtre qui vient surnager à un moment donné, on achève d’évaporer la liqueur restante et l’on chauffe modérément le résidu pour sublimer la caféine.

b.— Dans la deuxième méthode, on opère comme lorsqu’on veut extraire la caféine du café par le premier procédé. Seulement la liqueur privée de plomb par l'hydrogène sulfuré est évaporée à siccité, et le résidu est repris par l'alcool, qu’on abandonne à l’évaporation après l’avoir filtré. Les cristaux ainsi obtenus sont purifiés par expression et cristallisation nouvelle.

Liewenthal (1) extrait la caféine du thé par le procédé suivant : On fait bouillir pendant quelques minutes duthéen

(1) Liewenthal, Bulletin de lu Sociélé chimique, 1872. t. u, p. 467.

PAROLE poudre avec trois fois son poids de chloroforme, en faisant refluer les vapeurs. Après refroidissement, on filtre et on lave le dépôt avec du chloroforme jusqu’à ce qu'il soit incolore. On distille le chloroforme au bain-marie et on épuise le résidu sec par de l’eau bouillante; on filtre, on évapore et on obtient de la caféine à l’état cristallisé.

Thomson (1) propose de recueillir la caféine qui se dégage pendant le brûlage du café, dans un tube de quelque pied de long, terminant l'axe du brûloir. La caféine est tout à fait insoluble dans une solution concentrée de carbonate de potasse. Après avoir précipité le tannin par le sous-acétate de plomb dans une infusion de café, on peut en précipiter la caféine par l'addition de carbonate de potasse, après concentration. On la purifie par la redissolution dans l’alcool.

Commaille (2) l'extrait de la façon suivante: On ttriture 1 gr. de magnésie avec 5 gr. de café en poudre passé au tamis de soie N° 60; la pâte obtenueest abandonnéeàelle-même pendant vingt-quatre heures; au contact de l’eau, elle devient d’abord jaune puis verte. On l’étale ensuitesur une soucoupe qu’on chauffe au bain-marie, puis on l’épuise à trois reprises dansun petit ballon par du chloroforme bouillant (110 gr. en tout), en faisant bouillir chaque fois une demi-heure au réfrigérant ascendant. On filtre après refroidissement, puis on distille le chloroforme. Le résidu, à peine coloré, est formé de matières grasses et cireuses et de caféine. On verse de l’eau sur ce résidu, parfaitement débarrassé de chloroforme et mélangé de 10 gr. de verre pilé; on fait bouillir et l’on agite fortement le ballon; la matière grasse s’agglutine au verre pilé et la caféine se dissout; on renouvelle trois fois l’action de l’eau bouillante et on filtre la solution sur un filtre

(1) Thomson, Bulletin de la Société chimique, 1872, i. 1, p. 367. (2) Commaille, Bulletin de la Société chimique, 1876, p. 261,

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