‹ De La Kola (Sterculia acuminata) Et Du Bitter-KolaChapitre 18 sur 18 · A GONE · texte numérisé non relu

A GONE

Is filtrent et obtiennent du premier coup, après avoir épuisé le résidu par l’eau bouillante, une solution très peu colorée qui laisse déposer des aiguilles soyeuses, dont le poids est de 0 gr. 400; or,comme la kola renferme 2,348 de caféine, il s’enon c'estrd-dire que la quantité p. 100 restée dans le résidu est 17 gr. 07. L’eau n’épuise donc pas la kola complètement, puisqu’elle laisse 17,07 p. 100 d’alcaloïde.

»Opérant sur la même quantité de poudre provenantde la préparation du vin, et par le même procédé, ils ont trouvé qu’il restait 28,38 p. 100 de caféine, c’est-à-dire plus du quart total.

»Dansla poudre provenant de la préparation de la teinture, ils ont trouvé qu’il restait encore 2 gr. 512 p. 100 d’alcaloïde. »

suit que

BITTER-KOILA (GarciniaKola)

H est une autre kola connue des noirs et des Européens dont l’usage estbien moins grand et qui par suite se trouve en moins grande quantité sur les marchés où se fait le grand trafic de la noix de kola vraie (Sferculia acuminata), c’est le bitter-kola, dont le prix est aussi élevé que celui de la kola vraie, quoique la noix soit de dimensions moindres.

Le bitter-kola, tel que les noirs le nomment, ou faux kola, ou kola mâle par opposition à la semence du Sferculia acuminata, désignée aussi sous le nom de kola femelle, avait été rapporté par Heckel et Schlagdenhauffen (1) à un Sferculia. Plus tard, ils ont recounu leur erreur et l’ont rangé dans les. Guttifères. Cette semence se rencontre sur les marchés de Gorée, Dakar, Rufisque. On la trouve sur les bords de la Casamance en assez grande quantité où son arbre croît spontanément.

Il m'a été permis de posséder plusieurs de ces semences ; mais non d’avoir entre mes mains tige, feuilles, fleurs ou fruits. Les semences servent à la confection de chapelets musulmans et cela, parce qu’à l'état sec, elles acquièrent une certaine dureté.

Heckel et Schlagdenhauffen en donnent la description botanique suivante :

« Garcinia kola, Heckel. — C’est un grand arbre de taille

(1) Heckel et Schlagdenhauffen, Acad. des sciences, 20 mars 1882.

ant GTR variable (de 3 à 6 mètres de haut), ayant à la base des rameaux des feuilles très développées et très réduites à l’extrémité des mêmes rameaux. Le limbe des grandes feuilles mesure 0",30 de long et 0",17 de large, le fpétiole relativement court n’a que 0",03 ; dans les feuilles de l’extrémité des rameaux, ce même pétiole mesure 0",015 et le limbe 0",125 de long sur 0",05 de large. Ce limbe est ovale, dilaté un peu vers la base et terminé au sommet par un mucro très accusé. La nervure médiane très apparente à la face inférieure de la feuille donne à droite et à gauche des nervures latérales qui s’en détachent à angle ouvert (presque droit) et en disposition pennée. Ces feuilles, d’un vert très accusé à la face supérieure et grisâtres à la face inférieure, sont recouvertes par un épiderme très lisse, luisant, portant lui-même sur les deux faces des glandes pluricellulaires d’un aspect fort ornemental. Ces feuilles sont opposées, privées de stipules. Les fleurs mâles et femelles nous sont inconnues. Le fruit est une baie du volume d’une pomme à épiderme rugueux, recouvert complètement sur toute la surface de poils âpres, à parois cellulosiques fortement cuticularisées, très résistants, aigus et de forme variable. Il offre de trois à quatre loges à cloisons non apparentes, contenant chacune une graine volumineuse ovale, cunéiforme, dont la face externe est arrondie et la face interne anguleuse. Cette graine est recouverte d’une pulpe très abondante, d’une couleur jaunâtre, de saveur aigrelette, qui est un véritable arille très adhérent au péricarpe et aux enveloppes séminales de la graine. Cet arille est formé de poils longs, hyalins et portant des macules jaunes qui, réunies en masse, forment l’ensemble de la pulpe. Le fruit porte sur ses deux pôles: 1° à la base, le calice persistant encore adhérent ou pédonculé et formé de quatre sépales en croix, dont deux externes

Lee

plus grands et deux internes plus petits, les uns et les autres couverts de poils semblables à ceux de l'épicarpe. On trouve : souvent la corolle persistante aussi et formée de quatre pièces pétaliques en croix, plus longues que celles du calice mais aussi plus étroites et non pourvues de poils durs et. acérés ; 2° au sommet, le stigmate persistant aussi, divisé em quatre lobes et ombiliqué au centre, sa surface supérieure est couverte, non de tubercules ou de poils âpres, mais de papilles bien développées. Ce végétal, d’après les renseignements de M..Voshen, représentant de la Compagnie occidentale d'Afrique et du Sénégal (Maison Verminck, de Marseille), se trouve sur toute la côte mêlé au Slerculia acuminata dont il partage les conditions d’existence. Seulement il y est moins répandu. Je propose de le nommer Garcinia kola, en raison de l’application spéciale de ses graines en Afrique, où elles sont employées de la même façon que celles du Sferculia acuminata. Par ces caractères connus, ce végétal se rapproche beaucoup du Garciniamorella,quiest essentiellement asiatique.

«La seule partie de laplante qui nousintéresse est lagraine. Celle-ci, dégagée de son arille, nous présente trois faces dont. une convexe et deux autres planes; la première regarde l'extérieur du fruit, les deux autres l’intérieur de la loge, et sur la ligne d’intersection de leur plan, présentent le point hilaire. Un épisperme jaune abricot recouvre cette graine. Il

est formé de deux enveloppes dont l’externe est sillonnée de

faisceaux fibro-vasculaires très apparents. Au-dessous on trouve un gros embryon macropode dépourvu de cotylédons, qui constitue la matière médicamenteuse et bromato-

logique. Cet embryon est d’une couleur blanc-jaunâtre ; à

l’état sec, il acquiert la dureté du bois et nous avons vu son emploi. Il est couvert de sinuosités et son tissu dense et serré,

craque sous la dent.

Son tissu cellulaire, très homogène et en masse compacte,

FO est traversé par des vaisseaux laticifères gorgés de résine, - qui en remplissent ou non tout le calibre. La dimension des vaisseaux résineux n’est pas constante. L’embryon est composé de cellules gorgées de grains de fécule, de forme semblable à ceux des cellules de la vraie kola, mais de dimensions plus considérables (028 de long sur0"#17 de large). L’épiderme est dépourvu de stomates, il n’en estpas de même dans la vraie kola. Lorsqu'on mâche du bitter-kola, on perçoit une saveur fortement amère, astringente et aromatique tout à la fois. Les noirs n’en usent que lorsque les noix de kola vraie leur font défaut. Les noix de bitter-kola, dont le poids varie de 2 à 5 grammes, soumises à la dessiccation, perdent de 25 à 50 °/, d’eau.

Érure camique. — Les noix de bitter-kola fraîches, traitées par le chloroforme à chaud dans un appareil à déplacement continu, ont fourni un liquide jaune qui par évaporation à laissé un extrait brunâtre correspondant à 3,833 pour 100 de matière employée. Cet extrait ne cède rien à l’eau bouillante. La solution aqueuse évaporée, laisse un résidu imperceptible dans lequel on ne constate pas la présence de la caféine. Si on traite par l’éther au lieu du chloroforme les noix de kola-bitter, la solution obtenue est plus colorée, l’extrait éthéré plus foncé et le rendement plus grand. 4 gr. 525 p. 100 au bout de 12heures de contact. Dans le résidu éthéré, on ne trouve non plus de la caféine. Dans l’extrait, on constate la présence de deux composés distincts, isolables l’un de l’autre par la benzine. L'un de ces corps est une résine brune soluble dans la benzine; l’autre une résine blanche qui y est insoluble, mais soluble dans l'alcool, l’acétone et l’acide acétique. La résine brune est fusible à la température du bain-marie, hygrométrique et se ramollit au contact de l'air. La résine blanche est dure, fond difficilement. Le traitement

de noix fraîches de kola-bitter par l'alcool donne, au bout de 24 heures de contact, un liquide d’un beau jaune avec lequel on obtient un extrait jaune-paille. L’addition d’eau précipite une matière résineuse jaune et dissout du glucose et du tannin. On obtient par ce procédé à l'alcool 14,518 pour 100 d’extrait contenant 5,315 d’une résine analogue à celle trouvée dans l'extrait éthéré. La caféine n'a pas été trouvée également dans cet extrait. L’enveloppe de la noix n’en contient pas également, car dans les extraits obtenus soit au moyen du chloroforme, soit de l’éther ou de l’alcool, les réactifs ne l’ont pas décelée.

Le kola-bitter est cependant employé par les noirs comme aphrodisiaque.

FIN. Permis d'imprimer: | Vu:

Pour le Recteur cn congé, Pour le Directeur en congé. Le Doyen de la Faculté de droit délégué, L'Assesseur délégué,

VIGIÉ. PLANCHON.

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