‹ De La Kola (Sterculia acuminata) Et Du Bitter-KolaChapitre 17 sur 18 · LS RE · texte numérisé non relu

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Les réactions de la caféine nous sont encore fournies par Wurtz dans son Dictionnaire de chimie.

1° Par l’action de la chaleur, la caféine dégage de la méthylamine lorsqu'elle est unie à un acide organique capable de fournir del’hydrogène (Payen, Personne). Elle en dégage également quand on la fait bouillir avec de la potasse (Wurtz) ou qu’on la chauffe avec de l’hydrate barytique (Strecker). Il se forme en même temps, dans ce dernier cas, un nouvel alcaloïde, la caféidine C'H?AztO, dont le sulfate se dépose en cristaux lorsqu'on concentre la liqueur après l’avoir débarrassée de la baryte par l'acide sulfurique et qu'on la laisse ensuite refroidir.

L’acideazotique concentré, maintenu en ébullition avec la caféine, développe des vapeurs nitreuses et donne un liquide jaune qui prend une teinte pourpre par l’addition d’une goutte d’ammoniaque.

Lorsqu'on dirige un courant de chlore à travers une bouillie de caféine et d’eau, les cristaux disparaissent peu à peu et l’on obtient un mélange de plusieurs substances dont la composition varie avec la durée de l’action. Lorsque la proportion de chlore employée est relativement faible, les produits sont l’acide amalique, la méthylamine, le chlorure de cyanogène et la chlorocaféine CH°CIAz!O?. Le liquide résultant de l’action du chlore perd d’abord de l'acide chlorhydrique lorsqu'on le chauffe au bain-marie, du chlorure de cyanogène se dégage aussi à l’état gazeux et il se dépose des cristaux d’acide amalique mêlés de croûtes ou de flocons de chlorocaféine, si l’action du chlore n’a pas été assez prolongée.

Chauffée avec de l’acide chlorhydrique et une solution de chlorate de potassium, la caféine donne de l’alloxane ou une substance analogue qui colore la peau en rouge et prend

LS ee elle-même une belle couleur rouge sous l'influence de l’'ammoniaque.

Chaufféeavec dela chauxsodée, lacaféine dégage del’ammoniaque etlaisse un mélange decarbonate potassique,de carbonate sodique et de cyanure de sodium. Cette réaction distingue nettement la caféine de la pipérine, de la morphine, de la quinine, de la cinchonine, qui ne donnent pas de cyanure de sodium lorsqu'on les soumet à un traitement semblable.

La caféine se combine avec les acides et forme des sels bien définis. Beaucoup d’entre eux, toutefois, sont instables et se détruisent par l’eau.

La caféine ne précipite pas par le protochlorure d’étain, l’acétate de plomb, le sulfate de cuivre et le sulfate mercureux. Bouillie avec du perchlorure de fer, elle donne par le refroidissement un précipité brun rougeûtre soluble dans une plus grande quantité d’eau. Le précipité est probablement un chlorure double de fer et de caféine.

La caféine ne précipite pas par l’iodure double decadmium et de potassium, l’iodure double de mercure et de potassium, l’iodure ioduré de potassium ; dans ce dernier cas cependant, la présence d’un peu d’acide chlorhydrique fait naître un précipité brun très abondant, et ainsi on peut déceler !/,,,, de caféine. Le phosphomolybdate de sodium donne un précipité et indique '/,,,N de caféine dissoute.

L’acide picrique, le bichromate de potasse, le bichlorure de platine, le chlorure d’or ne donnent rien. Le bichlorure de mercure fait naître un précipité cristallin; cette réaction est sensible dans les liquides étendus au 1/500. Le tannin précipite les solutions de caféine étendues au 1/2000. Ces réactifs sont employés pour caractériser la caféine en combinaison insoluble.

La caféine jouit d’un pouvoir réducteur considérable. Heckel et Schlagdenhauffen mentionnent ce fait les pre-

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iwiers. Si à un mélange de chlorure d’or et de caféine on ajoute de la potasse caustique, à l’ébullition il se forme un précipité noir d'or métallique; avec l’ammoniaque, le précipité ne se forme pas, et il n’a lieu que par addition d’un peu de potasse.

La caféine, en présence du nitrate d'argent acide, même à l’ébullition n’est pas décomposée. Le nitrate d’argent ammoniacal n’est pas réduit par la caféine; mais si on ajoute un peu de potasse caustique, et qu’on élève la température,

on a un dépôt noir; à l’ébullition, il se forme sur les parois

du tube à essai un miroir métallique brillant; on obtient mieux cette réaction en remplaçant la caféine par son acétate; avec de la caféine en cristaux le miroir ne se produit pas.

Du bichromate de potasse chauffé au bain-marie avec une solution sulfurique de caféine donne une coloration verte. L'’acide iodique est réduit par la caféine à la température du bain-marie. Avec de l'acide sélénieux et une solution sulfurique de caféine, toujours à la même température, on a un résidu brun rouge de sélénium.

Le molybdate d’ammoniaque chauffé au bain-marie avec de la caféine en présence d’acide sulfurique libre, donne une coloration bleu intense, ce qui indique la réduction de l’acide molybdique.

De l’hypermanganate de potassium en présence de la caféine et d’un peu d’acide sulfurique ou chlorhydrique est réduit. Par évaporation, on obtient un résidu sec et jaune qui se dissout dans l’eau avec une teinte pourpre, laquelle est augmentée par addition d’ammoniaque.

Du peroxyde de plomb bouilli avec de la caféine et de l’acide sulfurique dilué donne un liquide incolore qui, traité par l’ammoniaque, devient d’un pourpre intense.

Si on ajoute de l’eau bromée à de la caféine en suspension dans l’eau, les cristaux prennent une coloration rouge brique,

LT et se dissolvent peu à peu à la température du bain-marie. Par l'addition de l'ammoniaque à cette solution, on obtient un précipité floconneux de bromo-caféine.

Le brome et le chlore peuvent servir à déceler 1/4000 à 1/5000 de caféine.

Toujours d’après le Dict. de Wurtz, la caféine n’est que de la méthylthéobromine. C’est M. Strecker qui l’a démontré en en faisant la synthèse au moyen de la théobromine :

CEA 70? — C'H(CHS)Az 0?

Caféine Méthyl-théobromine

Le procédé qu’il a employé est le suivant :

On traite la théobromine par une solution ammoniacale d’azotate d'argent. Il se forme un précipité blanc cristallin qui, séché à 120°, renferme CTH7AgAz'0?: c’est la théobromine argentique. Chauffé pendant longtemps à 100° avec de l’iodure de méthyle, ce corps donne de l’iodure d’argent et de la méthyl-théobromine selon l’équation:

C'H'AgAz'O? + CHFI — Agl + C'H(CH*)Az'O* .

Théobromine argentique lodure Méthylthéobromine de méthyle

La méthylthéobromine ainsi obtenue est identique avec la caféine naturelle.

Strecker, en considérant que la xanthine répond à la formule CSH'Az!0?, avait pensé que la théobromine elle-même pourrait être de la xanthine diméthylée :

CHHO ) AZO CTP AZ 0?

Ce qui aurait fait de la caféine une xanthine triméthylée; mais la supposition n’était pas fondée. Il a préparé en effet de la diméthylxanthine, en soumettant à l’action de l’iodure de méthyle la xanthine diargentique C’H*Ag*Az0". La xan-

thine diméthylée qu'il a obtenue présente bien la composition, mais non les propriétés de la théobromine dont elle

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est un simple isomère. M. Strecker propose de représenter la xanthine, la théobromine et la caféine par les formules rationnelles suivantes :

C?A7? C?’Az°) CEA (CO) a (CO), CON (RO T VACGIE ON A CO O AS

H HCE*. (CE

Xanthine. Théobromine. Caféine.

La xanthine reufermerait donc 1 molécule de glycollylurée, la théobromine 1 molécule de méthyl-lactylurée, et la caféine 1 molécule de diméthyl-lactylurée unies toutes trois à 1 molécule de cyanogène C?Az.

Pour terminer cette étude chimique de la noix de kola, nous comparerons sa valeur nutritive avec celle du cacao. du café et du thé. Dans les tableaux analytiques fournis par Heckel et Schlagdenhauffen (1), Dujardin-Beaumeiz (2), nous voyons que l'existence de tous les produits n’est pas constante dans les substances examinées. Cependant de tous les quatre, la kola est la plus riche en caféine. Pour les matières grasses, elle occupe le troisième rang, le cacao occupant le premier rang. Pour les matières protéiques,elle est égalementau troisième rang. Donc, à ne considérer que l’azote, elle serait moins nutritive que le café et le cacao, mais supérieure au thé. La torréfaction de la kola fait naître une huile essentielle. La kola ne contient pas de résine de même que le cacao; le thé ne renferme pas de sucre, mais en revanche possède deux fois plus de gomme que la kola. Le café contient- beaucoup de. sucre; donc, pour l'alimentation au point de vue hydrate de carbone, le café serait au premier rang et le cacao au

(1) Heckel et Schlagdenhauffen, loco cilato.

(2?) Dujardin-Beaumetz, loco citato.

2 7 00) des

dernier. La cellulose est en très grande quantité dans la noix de kola; on en trouve moins dans le café, le cacao et le thé. Mais la cellulose est une non-valeur au point de vue aliment. Quant aux autres principes, dans l'alimentation ils n’ont aucune action. Donc, en se plaçant au point de vue exclusivement nutritif, etne prenantenconsidération que les matières protéiques et les hydrates de carbone, le café se trouve occuper le premier rang; mais en n’envisageantque les matières grasses, c’est le cacao.

Considérée au contraire comme médicament, au point de vue des effets physiologiques produits par des poids égaux de ces substances, la kola contenant véritablement le plus de principe actif, la caféine ou son homologue la théobromine, c’est elle qui doit occuper le premier rang.

Tout ce qui a été dit jusqu'ici n’a porté que sur la noix sèche du Sterculia acuminata ; mais Heckel et Schlagdenhauffen qui ont opéré sur des noix fraîches, ont publié également leurs résultats. Ils ont constaté qu’à 105° elles perdent entre 40 et 50 p. 100 d’eau. Les noix sont rouges ou blanches jaunâtres. Leur matière colorante est insoluble à froid dans le chloroforme, le sulfure de carbone et le pétrole ; la benzine, l’acétone et l’alcool la dissolvent mieux. L’acide acétique cristallisable prend une teinte cochenille superbe, et après deux jours de contact, il a dissous en entier cette matière colorante. Si on évapore, on obtient un beau résidu rouge.

On retire par le chloroforme la caféine, et le résidu est dissous dans l’eau. La solution acétique de la matière colo-

rante traitée par les alcalis devient bleue, puis verte, puis

brun-sale. Les acides minéraux dissolvent également cette matière colorante et prennent des teintes rouges variant d'intensité.

« Pour rechercher la caféine, on laisse digérer 5 grammes de noix fraîches râpées avec de l’alcool et on évapore la solution jaune au bout de deux jours. À cet extrait alcoolique d'aspect résineux, on ajoute. de l’eau qui sépare des flocons jaunes et nous filtrons. La solution ne présente aucune apparence cristalline au bout de 24 heures de repos. Elle est soumise à l’évaporation à siccité et le résidu est traité par le chlore.

» Une autre solntion faite avec la même quantité de matière est destinée à être soumise à l’action du brome. Les deux liquides évaporés au bain-marie prennent une teinte rouge, semblable à celle donnée par la caféine pure dans les mêmes conditions; mais aucun de ces deux résidus, repris ultérieurement par l’eau, ne se colore en violet au contact de l’ammoniaque. Il n’est donc pas possible de démontrer de cette façon la présence de la caféine dans les noix fraîches. Une nouvelle expérience faite avec la même quantité de matière et la solution alcoolique primitive étant évaporée au bain-marie, on reprend le résidu par l’eau et on le traite convenablement par de la chaux. Le résidu parfaitement desséché a été traité ensuite par le chloroforme qui, après évaporation, a abandonné une superbe cristallisation d’aiguilles fines constituées par de la caféine entièrement pure. L’insuccès de la première expérience était dû nécessairement à la présence d’une petite quantité de matière résineuse, qui à été fixée dans la nouvelle expérience au moyen de la chaux.» Ainsi parlent Heckel et Schlagdenhauffen. Ils ont opéré alors en traitant directement les noix fraiches par du chloroforme, et dans deux essais, l’un fait avec de la poudre desséchée, l’autre avec de la noix de kola concassée, après deux heures de macération, ils ont obtenu de la caféine. Pour eux, le meilleur mode de traitement pour l'extraction de la caféine de la noix de kola est le

ee ET procédé par le chloroforme. Ils ont également recherché le tannin dans les noix fraîches et l’ont mis en évidence dans des coupes microscopiques par les réactifs : perchlorure de fer, perchlorure de fer et carbonate d’ammoniaque, nitrate d’urane et carbonate d’ammoniaque. Leur travail a également porté sur les feuilles, Pécorce, le bois du Sferculia acuminata. Dans la quantité (5 gr.) sur laquelle ils ont opéré, ils n’ont pas constaté la présence de la caféine. Le péricarpe du fruit du Séerculia acuminata en contient mélangée à de la cire; la cire et la caféine par leur mélange constituent une matière verte. ÿ

Les matières étrangères contenues avec la caféine dans la noix de kola, cachent la réaction cbtenue par l’eau chlorée avec une solution de caféine au 5/10000. Aussi, pour constater la caféine, Heckel et Schlagdenhauffen recommandent-ils de traiter l'extrait par le chloroforme qui lui cède l’alcaloïde en totalité. On évapore cette solution chloroformique et on obtient un résidu cristallin qui, après un premier traitement par l’eau chlorée, se colore en violet par addition d’ammoniaque. Ils ont pu ainsi déceler la caféine dans 0 gr. 5 de poudre dé kola, et ils ont constaté que cette quantité en contenait O gr. 001174.

Les différentes préparations pharmaceutiques n’épuisent pas la graine de kola; Heckel et Schlagdenhauffen ont cherché quels étaient les principes actifs qu'on pouvait trouver dans les résidus.

«Opérant sur 100 gr. de poudre de kola, provenant de la préparation de l’extrait aqueux, ils épuisent au chloroforme dans l’appareil à déplacement continu. Ils obtiennent un liquide jaune qui, évaporé, laisse un résidu cristallin mélangé de corps gras, fusibles à la température du bain-marie.

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