‹ De La Kola (Sterculia acuminata) Et Du Bitter-KolaChapitre 4 sur 18 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

La noix de Kola (Sterculia acuminata) GOUROU, OMBÉNÉ, NAN- GOUÉ, KOKKOROKOU, KULA, est depuis fort longtemps connue des Européens. Elle a été décrite par la plupart des*botanistes, et tous les voyageurs africains en ont parlé dans leur journal de voyage. Bosc (1), membre de la Société d'histoire naturelle de Paris et de la Société linnéenne de Londres, la décrit ainsi :« Kora, fruit d’un arbre d'Afrique, de la forme et de la grosseur d’une pomme de pin, qui contient plusieurs noix semblables à des châtaignes, mais amères. Ces noix, mâchées et conservées dans la bouche, éteignent la soif, for-

(1) Bose. art. KoLa, in Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle appliquée aux arts, principalement à l'agriculture et à l’économie rurale el domeslique, par une Sociélé de naturalistes et d'agriculleurs, 1803, t, xu, p. 399.

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tifient les gencives et conservent les dents; elles donnent un très bon goût à l’eau, dans laquelle on les fait tremper.»

Bory de Saint-Vincent (1), après lui, dit:« Koza, Couss, Kuza et Goza, Bot. phanerog. Fruit qui, dans les premiers voyages des Européens, avait une certaine célébrité comme stomachique, et que Beauvois a reconnu provenir d’une espèce de Sterculier. Selon Brown (Botany of Congo, p. 48), c’est la graine du Sferculia acuminala qui est désignée sous ce nom dans la narration des voyageurs au Congo, et il est à remarquer qu’on se sert de la même expression dans la Guinée, la Sierra-Leone et toute la côte ouest de l'Afrique. L'usage de ces graines'est d’ailleurs très général et précieux pour ces climats brûlants, s’il est vrai qu’elles jouissent de la propriété de rendre potables les eaux les plus fétides.»

Merat et Delens (2) font aussi mention de certaines propriétés de la kola.

Réné Caillié (3), le célèbre voyageur du commencement de ce siècle, nous apprend que colat est le nom donné à cette noix par les Européens dans les colonies d'Afrique et que les Mandingues l’appellent orou.

Virey (4) nous fait savoir que les Maures du Soudan la désignent sous le nom de doura; il en donne les usages, le: prix, la saveur et ajoute que celle-ci étant comparable à celle du café, la kola est désignée sous le nom de café du Soudan (5). «Ces noix de koladites aussi de goura ou notta sont apportées de l'Afrique centrale et particuhèrement du pays

(1) Bory de Saint-Vincent, Dictionnaire classique d'Histoire naturelle, 1823, t. 1v, p. 301.

(2) Merat et Delens, Diclionnaire universel de matière médicale.

(3) Caillié, Journal d'un voyage à Tombouclou el à Jenné, 1825, t. 1.

(4) Virey, Journalde pharmacie, 1827, t, xux, p. 506.

(5) Dans l'Officine de Dorvault, on trouve aussi cetie désignation. C’est une erreur, car le nom de café du Soudan s'applique à une légumineuse, la'graine de l’énga biglobosa.

La a des barbares Achantins (Ashantées.)» Leur emploiest énorme au Fezzan, à Tripoli et dans toute l'Afrique septentrionale

à cause de leur vertu contre l’impuissance, car les jouis-

sances de l’amour sont le premier besoin de ces peuples polygames. Le même Virey (1), plustard, la désigne sous un autre nom, celui de gola.

Nous la trouvons également indiquée par Thiébaut de Berneaud (2): «Noix de kola, le même fruit que la noix de Gourou. Noix de Gourou, graine du Sterculier à aiguillons, Sterculia acuminata, dont les nègres du Soudan, en Afrique, se nourrissent avec une sorte de délices.»

Le D' Schweinfurth (3), dans le récit de ses longs voyages au centre de l’Afrique, en parle à plusieurs reprises.

Comme nous le disions, nous voyons très bien que la kola est connue depuis un certain temps et que beaucoup de savants et de voyageurs en ont parlé.

La kola, cette semence si recherchée par les noirs, à une origine et un aspect fort différents et est fournie par deux familles de végétaux suivant qu'on considère et étudie la vraie ou la fausse graine. La vraie kola, celle qui est désignée dans le pays où elle naît, sous le nom de kola ou encore gourou (Sterculia acuminata), est de la famille des Sterculiacées. L’autre, la fausse kola, bifier-kola ou kola mâle, appartient à la famille des Guttifères.

Nous allons étudier chacune de ces semences, mais nous donnerons dans notre étude la priorité à la noix de kola vraie.

(A) Virey, Journal de pharmacie, 1832, L. xvinr, p.702. (2) Thiébau t de Berneaud, Dictionnaire pilloresque d'histoire naturelle et des phéno-

mènes de la näture, sous lu direction de Guérin, 1834, t. vr, p. 104. (3) Schweinfurth, Au cœur del’Afrique, 1868-1871, lrad. M. Loreau.

LAOUES

DIE ELA KOIA (Sterculia acuminata)

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