RATER
pas au regard de tous les enfants, non seulement des enfants nés en mariage, mais des enfants issus d’une union libre, d’un concubinat (liberi naturales), mais de ceux nés d’une rencontre isolée (spurii, vulgo concepti), mais, dit M. Girard, des enfants adultérins et incestueux. « La base est toujours la même : la parenté naturelle attestée par le fait matériel de l’accouchement qui est égale ment certain, que la mère soit une femme mariée, une concubine ou une prostituée (1), » [l'est même à remarquer que le lien attachant la mère à son enfant est plus fort à cette époque dans la filiation naturelle que dans la filiation légitime, puisque, dans le premier cas, la parenté naturelle produit seule ses effets sans être contrariée par le lien de parenté civile avec le père.
Durant cette période, les enfants adultérins et incestueux sont! traités absolument comme les autres enfants naturels 2). Leur situation inférieure à tous, par rapport à leur père, provenait de la constitution de la famille et non d’une défaveur de la loi, de sorte qu’ils ne furent frappés d'aucune incapacité, de même qu’ils n’eurent à souffrir d'aucune infériorité sociale. Leur père pouvait leur faire toutes les libéralités qu’il lui était permis d'adresser à des étrangers, il pouvait les instituer héritiers, même les faire entrer dans sa famille en acquérant sur eux la patria potestas au moyen de l’adrogation. Sous l'Empire, l'enfant illégitime pouvait obtenir les plus hautes dignités, la questure, l’édilité, la curie et la prêture.
L’on conçoit donc aisément que la question de la légitimation ne se posât même pas, cette dernière étant inutile dans unè société qui ne faisait aucune distinction entre les enfants naturels et légitimes.