INTRODUCTION
7. On peut définir une lettre missive : un écrit confié à un particulier ou à l'Administration des postes qui prennent l'engagement d'en effectuer le transport et la rémise à une personne déterminée ; Cvst le procédé destiné à permettre à ceux qui sont éloignés l’un de l’autre de s’entretenir. C'est, suivant l'expression de Baztole, une conversation entre absents.
2. L'échange des lettres conslitue la correspondance. Le bescin de s'écancher est l'un des plus impérieux de notre nature et la loi de dispersion, à laquelle ohéissent aujourd'hui, par suite des conditions de la vie moderne, presque toutes les familles , à donné à la correspondance épistolaire, un rôle et une importance qui grandissent chaque jour. Cet instrument précieux des rapports privés, la vie sociale s’en est aussi emparé, et les lettres missives aident puissamment aux négociations d'ordre pécuniaire ; elle ont permis la conclusion, à distance, des conventions ; elles en sont le titre et
elles en fournissent la preuve dans un grand nombre de cas.
3. La diffusion de l'usage des lettres est due, il faut le reconnaître, à la rapidité et à la sécurité de leur transport, autant qu'à la modicité de son prix.
A Rome, pour faire parvenir une missive à son destinataire, il était nécessaire de recourir à un esclave, ou à un individu envoyé exprès, et qu'un salaire rémunérait du service rendu ; il est clair qu'on n’y avait pas recours sans qu’une grave nécessité l’imposât. On pouvait encore mettre à profit l’obligeance d’un ami (1), qui faisait le voyage pour son compte, mais c'était là une occasion qui ne devait pas se présenter toutes les
fois que les circonstances rendaient nécessaires des
relations entre absents.
4. Notre ancien droit connut, à partir de Louis XI, une organisation régulière concernant le service du transport des lettres missives. Les vicissitudes qu'elle subit n'offrent plus qu'un intérêt historique, eb l'on peut en lire le détail dans le remarquable et très coïnplet travail fle M. Belloc (2).
5. Aujourd'hui, le service du transport des lettres est confié à l'Etat et constitue, à son profit, un monopole dont l'existence justifie moins par la nécessité d'assurer son bon fonctionnement, que par le désir de
(4) Ut iegi luas littéras quas a Furmio nostro acceperim (Cicero in Formiano AU. C. 765 XIV K. Aprilis).
(2) Belloc. — Les Postes françaises. — Paris, Firmin Didot. — Année 1886,
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