‹ De La Leucoplasie Balano-PréputialeChapitre 11 sur 29 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Étant donné la rareté de la leucoplasie balano-préputiale, on n’a pu en faire qu'un très petit nombre d'examens histologiques, les malades ne se prètant pas volontiers à labiopsie. Nous avons pu en trouver deux cas qui sont probablement les deux seuls publiés, l’un en 1897 par MM. L. Perrin et Leredde (1). l’autre en 1899 dans le rapportde M. Le Dentu (2) à l’Académie de médecine. Les observateurs ont, dans les deux cas, constaté les mêmes altérations microscopiques.

Avant tout il faut savoir que le gland et la face interne du prépuce sont des muqueuses du type dermo-papillaire, c’est-à-dire montrant un chorion hérissé de papilles et un épithélium pavimenteux

stratifié sans couches cornées à l’état normal. Nous

1. Ann. de dermato. et de syphiligr., 1897, page 1286. 2. Bulletin de l’Acad. de médecine, octobre 1899.

retrouvons la même structure sur les téguments des organes génitaux externes de la femme.

Quelles sont maintenant les modifications histologiques que subit cette muqueusedans la leucoplasie. Tout d’abord le revêtement épithélial est très épaissi ; il est trois fois plus épais qu'à l’état normal.

A la surface il existe, égale au quart environ de l’épaisseur totale, une couche de cellules cornées, à peu près uniforme ; elle est formée de cellules tassées en lamelles ; la plupart sont dépourvues de noyaux ; beaucoup présentent des granulations colorables en violet par l’hématoxyline: ce sont des grains d’éleïdine ou kératohyaline, Cette couche cornée est légèrement striée longitudinalement ; elle s'arrête presque brusquement sur les bords de la plaque leucoplasique. |

Au-dessous, la couche granuleuse est très épaissie ; elle est formée de six ou sept rangées de cellules, au lieu de trois ou quatre comme à l’état normal. Ces cellales granuleuses sont parfois un peu aplaties, losangiques ; elles sont d’autant plus bourrées de grains d’eléidine qu'elles sont plus superficielles.

Les cellules des assises polyédriques du corps muqueux de Malpighi sontpolygonales, deux ou trois fois plus larges qu'à l’état normal ; les fentes intercellulaires sont dilatées. IL y a donc de l'œdème du corps muqueux, mäis le nombre des assises cellulaires ne paraît pas sensiblement augmenté.

La couche génératrice est constituée par des cel-

lules moins volumineuses, cubiques ou cylindriques,

Eu tassées ; on trouve souvententre elles des cellules migratrices.

Dans les couches profondes du corps muqueux L. Perrin et Leredde signalent des formations cavitaires arrondies que l’on pourrait confondre avec des vésicules ; mais elles sont formées par du tissu conjonctifet quelques cellules migratricesou fixes; pour les auteurs, elles sont dues à une évolution des papilles qui ont végété ; réciproquement il existe en quelques points des cônes épidermiques qui s’allongentobliquement dans le derme ; « en somme, disent Perrin et Leredde, il existe un état papillomateux fruste à peine marqué. »

Le derme muqueux est très infiltré ; sa partie supérieure est œdématiée au point qu'il y a dissociation des fibres conjonctives ; il y a des altérations des vaisseaux sanguins. Dans tout ce tissu infiltré on distingue une grande quantité de mastzellen, de cellules fixes, de polynucléaires, de mononucléaires, mais surtout de plasmazellen.

Mais ce qu'il faut surtout retenir c’est que la disposition papillaire du derme muqueux est exagérée, les papilles sont hypertrophiées dans tous les sens. Nous verrons tout à l’heure combien cette notion est nécessaire pour comprendre le passage de la leucoplasie à l’épithélioma.

En somme les lésions du derme muqueux sont des lésions d'ordre inflammatoire aboutissant à la sclérose.

Toutes ces modifications anatomo-pathologiques

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que nous venons de décrire sont identiques à celles que l’on constate dans les plaques de leucoplasie des autres muqueuses ; toutes les lésions de leucoplasie sont donc bien identiques au point de vue histologique comme au point de vue clinique.

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