CHAPITRE V
DÉGÉNÉRESCENCE ÉPITHÉLIOMATEUSE PRONOSTIC
Puisque la leucoplasie du gland et du prépuce est une lésion si peu fréquente, il est évident que nous aurons rarement l’occasion d’observer sa transformation en épithélioma. En effet sur 40 cas d’épithélioma leucoplasique dont parle L. Perrin au Congrès de dermatologie de 1900, 22 cas se rapportent à la langue, 8 aux joues, 8 à la lèvre, 2 à la vulve ; aucun n’a trait à la verge. Nous avons déjà parlé'du cas rapporté par M. Le Dentu à l’Académie de médecine en 1899,et qui semble le premier cas connu d’épithélioma du gland associé à la leucoplasie ; M. le professeur Reclus cite un cas d’épithélioma né sur une plaque de leucophasie balanique (1) (obs. IV).
Enfin nous avons pu retrouver dans la presse médi-
1. Recrus. Epithéliomas en surface des muqueuses leucoplasiques. Presse médicale du 2 décembre 1905,
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cale étrangère une observation d’épithélioma du pénis associé à la leucoplasie:(obs. V).
Nous ne pouvons donc pas faire de siatistique avec
si peu d'observations ; la proportion de leucoplasie du gland dégénérant en cancer nous échappe totalement. Nous pouvons pourtant nous faire quelque idée de la question en nous reportant à la leucoplasie des autres muquéusés. Fournier sur 324 cas a vu la leucoplasie dégénérer 97 fois en cancer, soit une proportion de 30 0/0 ; Perrin donne le chiffre de 29 0/0 ; d’autres auteurs donnent mème 50 0/0, mais celte proportion est certainement exagérée. Ces chiffres peuvent-ils être applicables à la leucoplasie balano-préputiale ? Peut-être, mais nous n’osons l’affirmer.
. Nous ne pouvons pas davantage étudier les rapports de la leucoplasie et du cancer sans quitter la région balano-préputiale qui nous offre si peu de ressources.
Il nous sera plus commode d’envisager la leucoplasie èn général, qu'elle siège à la langue; à la vulve ou à la verge, puisque partout nous retrouvons des caractères histologiques identiques, et puisque c’est l’histologie qui nous donne la clef de l'énigme.
Comment les différents auteurs ont-ils expliqué et interprété cette apparition fréquente de l’épithélioma au niveau des plaques de leucoplasie ?
Pour Mauriac (1), « l’hypertrophie des papilles