‹ De La Leucoplasie Balano-PréputialeChapitre 20 sur 29 · Pratique dermalologique, t. Il, page · texte numérisé non relu

Pratique dermalologique, t. Il, page

DB faire apparaître le signe de la rosée sanglante; de plus l’état de macération des squames donne aux lésions une apparence qui ne permet guère la confusion.

L’ichthyose peut-elle siéger surla muqueuse balanopréputiale? Nous n’en avons pas trouvé d'exemple ; d’ailleurs l’ichthyose est héréditaire, elle apparait à

Ja naissance ou peu de temps après, et cela permet de faire le diagnostic.

Le lichen plan de la muqueuse bucco-linguale peut ressembler parfois d une façon surprenante à la leucoplasie. Celui des AC du gland et du prépuce présente les mêmes caractères qu’à la peau. Les squames qui recouvrent les papules sont adhérentes ; au-dessous d’elles se dessinent des stries blanchâtres, plus ou moinsirrégulières, en feuilles de fougère, reposant sur un fond rouge ; de plus le lichen plan est rarement localisé, on retrouve presque toujours dans le voisinage des papules isolées typiques qu'il est facile de reconnaître.

La sclérodermie en plaques peut ressembler à la leucokératose ; elle donne une tache d’un blanc nacré au centre, mais la périphérie, ou zone d'extension, garde sa teinte lilas ; de plus la peau est infiltrée, indurée, lardacée.

L’eczéma et l’eczéma séborrhéique surtout est assez fréquent sur le tégument du gland et dans la rainure balano-préputiale. L’éruption est le plus souvent aiguë, la muqueuse est irritée, rouge, saillante ; on y

voit des vésicules éphémères et qui suintent,ou bien

BAT / de, minces squames reposant sur des taches rouges, mais jamais rien qui ressemble à des plaques.

À peine faut-il songer à l’herpès qui apparaît presque instantanément, qui disparaît en peu de jours, avec ses vésicules typiques, non indurées, mais qui peut, il est vrai, donner souvent des érosions polycycliques recouvertes de fausses membranes diphtéroïdes, blanchâtres, mais jamais adhérentes. |

Plus souvent on pourra être embarrassé par les plaques muqueuses syphilitiques opalines, d’autant mieux que, nous l'avons vu, celles-ci se-transforment souvent en. plaques leucoplasiques. Mais l’exsudat blanchâtre de la plaque muqueuse opaline est peu adhérent, il se reproduit très vite ; la plaque disparaît rapidement par le traitement mercuriel. Mais ces caractères sont bien moins nets si la plaque muqueuse est en train de se transformer en plaque de leucokératose.

Ces mêmes caractères permettront d'éliminer les plaques muqueuses hypertrophiques végétantes qui ‘pourraient faire penser à une leucokératose en voie d’épithéliomatisation.

On peut aussi rencontrer à la base du gland ou dans le sillon balano-préputial des végétations ou papillomes, tantôt durs, cornés, tantôt beaucoup plus rouges, vasculaires, saignants. Ces proliférations peuvent ressembler à un épithélioma, mais l'examen histologique lèvera les doutes. Ces végétations coexistent souvent d’ailleurs avec les plaques deleucoplasie.

N’ont-elles pas une grande analogie avec ces plaques

Æf. Re

qui ne sont que des papillomes cornés histologiques.

On ne confondra pas non plus avec une leucoplasie cornée ou avec un épithélioma post-leucoplasique certaines cornes du gland ou du sillon balanopréputial, proliférations dures, de dimensions variables, histologiquement identiques aux autres cornes du corps, rugueuses, fendillées, mobiles sur les plans sous-jacents, à base non indurée, susceptibles il est vrai de se transformer en cancroïdes. Elles viennent à tous les âges, et résultent elles aussi de l’irritation répétée du gland.

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