SECTION V. * CRAINTE DE MANQUER DE CERTAINS OBJETS
La crainte de manquer , dans quelques circonstances , de certains objets, est encore un des motifs qui portent à exclure la production étrangère, afin d'encourager la nationale.
D'abord, en thèse générale /c'est un fort mauvais calcul que de s'imposer des sacrifices continuels, de peur d'éprouver quelques privations accidentelles. Ensuite, il est bien râre que le commerce, si on le laisse libre, n'apporte pas à un pays tous les articles que réclame la consommation.
Mais, admettant que les inquiétudes, à cet égard, soient fondées, il faudrait, ce nous semble, faire une distinction.
S'agit-il de choses dont on puisse s'approvisionner, qui se gardent facilement, la plus simple
prévision suflit contre les inconvéniens d'un défaut momentané d'arrivage; et quelques achats de précaution sont moins onéreux que l'habitude de payer plus cher à l'industrie nationale ce que l'étranger livrerait à meilleur marché. Mais, s'il est question d'objets absolument nécessaires, qu'on ne puisse se procurer convenables au jour du besoin , ni conserver sans .détérioration, par exemple, de chevaux de cavalerie , il faut alors se résigner à les demander à la production indigène. Toutefois, n'oublions pas que c'est là, non une mesure prescrite par l'économie politique, mais un sacrifice fait au soin de la défense du pays ; et n érigeons pas l'exception en règle.