L'UNION BRETONNE
17 juUlet 1852.
Nous, préfet de là Loire-Inférieure,
Vu l'art. 32 du décret du 17 février 1852 sur la presse;
Vu l'article du journal VUnion bretonne, numéro du 17 juillet, signé Ernest Merson, commençant par ces mots :« Notre querelle avec V Espérance du Peuple, etc.,» et se terminant par ceux-ci : « Nous avons tout préparés des arguments et des pièces qui devront du moins la rendre décisive; »
Considérant que cet article contient, à Tégard da rédacteur d'une feuille publique, d'amers sarcasmes qui dépassent les bornes dans lesquelles la polémique doit se renfermer, et qu'il est du devoir de l'autorité d'atteindre de son blâme un tel langage.
Arrêtons :
Art. 1®^ Un premier avertissement est donné au journal VUnion bretonne, dans la personne de son rédacteur en chef et gérant, M. Ernest Merson.
Art. 2. Le présent arrêté sera, aux termes de l'art. 19 du décret précité, inséré en tête du plus prochain numéro du journal X Union bretonne.
Art. 3. M. le commissaire central de police de Nantes est chargé de Texécution de cet arrêté. Nantes, le19 juillet 1852.
Le préfet de la Loire-Inférieure,
E. DE Mentque.
L'ESPÉRANCE DU PEUPLE
19juiUetl852.
Nous, préfet de la Loire-Inférieure,
Vu l'article du journal VEspérance du Peuple, numéro, du 1 9 juillet, signé Emerand de La Rochette, commençant par ces m ots : .
< Nous ne croyons pas que jamais homme ait poussé plus loin le grotesque et le ridicule, etc., » et se terminant par ceux-ci : « Il y a des insectes que Ton ne peut écraser, parce qu'ils s'aplatissent sous le pied; »
Considérant que cet article contient, à l'égard du rédacteur d'une feuille publique, des injures et des violences de langage qui dépassent toutes les bornes de la polémique permise, et qu'il est du devoir de l'autorité Refrapper de son blâme un tel langage,
Arrêtons :
Art. 1er Un deuxième avertissement est donné au jour-
nal VEspérance du Peuple, dans la personne des sieurs Emerand de La Rochette, Tun de ses rédacteurs, et Brodu, son gérant.
Art. 2. Le présent arrêté sera, aux termes de Fart. 19 du décret précité, inséré, en tête du plus prochain numéro du journal VEspérance.
Art. 3. M. le commissaire central de police de Nantes est chargé de Texécution du présent arrêté.
Nantes, le 20 juilleM 852.
Le préfet de la Loire-Inférieure,
E. DE Mentque.
LE PILOTE DU CALVADOS
23 juillet 1852.
Nous, préfet du Calvados, chevalier de la Légion d'honneur.
Vu les art. 19 et 32 du décret organique du 47 février sur la presse ;
Vu Tarticle signé Félix Courty et inséré dans le Pilote du Calvados, au sujet de Tinauguration du chtemin de fer de Strasbourg, lequel article, entre autres observations répréhensibles, qualifie de « vaine pompe théâ-
traie, d'enUiousiasme banal au service de tous les pouvoirs, » les fétes et: les acclamations qui ont accueilli le Prince-Président;
Considérant que c'est manquer autant d'exactitude que de convenance dans Fappréciation d'une des plus grandes solennités de l'industrie nationale et d'une des plus éclatantes manifestations de la reconnaissance publique,
Arrêtons :
Art. i*'. Un premier avertissement est donné au journal le Pilote du Calvados, dans la personne de; MM. Georges Le Camus, gérant, et Félix Courty, signataire de l'article indiqué ci-dessus.
Art. â. M. le commissaire central est chargé de signi* fier le présent décret et d'en assurer l'exécution.
Fait à Caen, le 23 juillet 1852.
Le préfet du Calvados,
Pierre Leroy.