‹ De la liberté de la presseChapitre 29 sur 112 · JOURNAL DE BÉZIERS · texte numérisé non relu

JOURNAL DE BÉZIERS

6 août 1852. /

Nous, préfet de THérault, chevalier de la Légion d'honneur,

Vu les articles 19 et 32 du décret du 17 février 1852 sur la presse;

Vu le numéro 32 du Journal de Béziers, en date du 6 août, contenant un article signé E. Millet, et intitulé : Collège communal;

Considérant que, dans cet article et à roccasion d'une délibération prise par le conseil municipal de Béziers, le rédacteur dudit journal s'est permis de supposer que le débat occasionné par cette délibération a été empreint « d'irritation et de peu de bonne foi ; » que, selon lai, des « combinaisons savantes, des calculs, suite de longues méditations, avaient échoué contre l'attitude ferme et résolue de la majorité ; » qu'enfln il n'a pas craint de signaler «la participation du chef de Tautorité municipale à la lutte contre ce même collègue, que le préfet recommandait naguëres si vivement à sa sollicitude; »

Considérant que le sieur Millet s'est ainsi rendu l'organe d'insinuations malveillantes contre une partie du conseil municipal et contre le chef de l'administration delà ville de Béziers ; qu'il s'est plu à supposer un antagonisme entre ce magistrat et les représentartts de l'au-. torité supérieure dans le département; qu'il a ainsi. excédé les bornes de la modération et de la convenance, etqu^il est d'autant plus répréhensible qu'il lui avait été communiqué de la sous-préfecture un compte rendu officiel de la délibération du conseil municipal, compte rendu qui a été inséré le même jour dans les journaux de Béziers, tandis que le sieur Millet a cru devoir l'ajourner à un prochain numéro;

Considérant que déjà le sieur Millet s'était fait remarquer par* une polémique ouvertement malveillante à l'égard du maire de Béziers, et qu'il lui avait été adressé

en DOtre nom un avertissement ofBcieux dont il n'a tenu nul compte,

Arrêtons :

Art. i ®^ Aux termes de Tarticle 32 du déeret orga« nique sur la presse, un premier avertissement est donné au Journal de Béziers, en la personne du sieur E. Millet, propriétaire gérant dudit journal.

Art. 3. Le présent arrêté sera textuellement inséré en tète du prochain numéro du Journal de Béxiers.

Fait et arrêté en Thêtel de la préfecture, & Montpellier, le 7 août 1852.

Le préfet de l'Hérault,

A. Durand de Saint*Amand,

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