COURRIER DE MARSEILLE
11 septembre 1853.
Nous, préfet des Bouches-du-Rhône,
Vu Tarticle signé L. Barile, publié dans le numéro du 44 septembre du journal le Courrier de Marseille^ commençant par ces mots : « Nous sommes loin d^avoir épuisé la série d'inconvénients quis'attachent au portdela Juliette, » et se terminant par ceux-ci : « Non moins que ceux que l'avenir tend à développer;»
Vu les art. 32 et 49 du décret du 47 février 4852;
Considérant que Tarlicle précité du Courrier de Marseille contient le récit de faits complètement faux ;
Que dans le môme article des faits sans importance ont été singulièrement exagérés ;
âl72 DE LA LIBERTÉ DÉ LA PRESSE.
Que ces récits faux et exagérés peuvent éloiper de Marseille les capitaines dont les navires, par la nature
de leur cargaison, sont astreints & décharger dans le port de la Joliette ;
Que déprécier le port de la Joliette, c'est aussi déprécier les terrains qui Tentourent et qui doivent être cédés
à la ville de Marseille, pour le prix en provenant être employé en travaux d'utilité générale et communale;
Considérant que si Tadministration peut laisser entièrement libre la discussion de toutes les questions qui se rattachent aux ports de Marseille et aux établissements destinés à les compléter, elle ne doit cependant pas tolérer que, dans cette discussion, on prétende invoquer comme arguments des faits controuvés .et de nature à compromettre à la (ois et les intérêts généraux du commerce français et les intérêts municipaux d'une des villes les plus importantes de l'Europe,
Arrêtons :
Art. 1 ®^ Un premier avertissement est donné au journal le Courrier de Marseille, en la personne de M. L. Barile, rédacteur gérant dudit journal.
Art; 2. Le présent avertissement sera inséré en tête du plus prochain numéro du Courrier de Marseille.
Fait à Marseille, le 18 septembre 1853.
Le préfet des Bouches-du-Rhône,
Crèvecceur.
ATBIITI8SE1IINT8, SUSPENSIONS BT SUPPRESSIONS. S73
LE CONSTITUTIONNEL
10 septembre 1853.
Noos, ministre de rintérieur,
Va le décret organique sur la presse du 4 7 février <862;
Vo Tarticle publié par le journal le Constitutionnel, dans son numéro du 4 9 de ce mois, sous le titre de : Bulletin hebdomadaire de la Bourse de Paris, et signé Paradis;
Attendu que» sans tenir compte des avis officieux qui loi ont été donnés, ce journal persiste, dans un but de spéculation privée, à exalter systématiquement certaines entreprises industrielles et à en déprécier d'autres, en les discréditant à Taide d'appréciations erronées et malveillantes ;
Sur la proposition du directeur de la sûreté générale,
Arrêtons :
Art. \^\ Un premier avertissement est donné au journal le Constitutionnel, dans la personne de M. Paradis, rédacteur, et de M. Denain, gérant de cette feuille.
Art. 2. M. le préfet de police est chargé de l'exécution du présent arrêté.
Fait à Paris, le 21 septembre 4853.
Le ministre de l'intérieur,
J. De Persigny.
374 DB LA LIBUTA de LA PMI8B.