DU DÉPARTEMENX D'EURE-ET-LOIR
Causons donc ensemble de nos affaires. Je crois que ce petit pronom possessif, court, simple, mais expressif, vaut beaucoup mieux que cette pompeuse périphrase : les affaires de VEtat. Ne trouvez-vous pas que : les affaires de l'État, cela sent prodigieusement les affaires d*un maître? Or, comme Louis XIV disait : « l'État, c'est moi, » j'en conclus que ce n'es! pas nous.
Au contraire, nos affaires, voilà une expression qui sonne bien, qui, en trois lettres, dit bien que les affaires de la France se composent des affaires de chacun, si chétif soit-il, additionnées une à une; que le budget de la France se compose des sommes versées par chacun, si minimes qu'elles soient.
Causons donc de nos affaires, car qui s'en occupera, si nous ne nous en occupons? Vallons pas les remettre surtout aux mains du gouvernement, à moins que nous ne voulions que nos affaires deviennent les siennes. Or, notez bien ceci : c'est que le gouvernement a des intérêts distincts des nôtres; et, comme ce point importe, j'insiste et serai bref.
Dans toute société ou réunion d'hommes, il y a ce qu'on appelle ta nation , et ce qu'on appelle le gouvernement .
Ou la nation gouverne le gouvernement : c'est