‹ De la liberté et du gouvernementChapitre 36 sur 59 · EXPÉRIENCE DE LA LIBERTÉ EN · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE DE LA LIBERTÉ EN

Qui ne s'arrêterait un moment ici devant le spectacle de ces soixante légions civiles, dont les destinées semblaient se préparer si glorieuses? Ce n'était qu'une union factice. La vraie est l'union des esprits lentement élaborée par l'exercice de ia liberté. Or cette éducation pratique, absolument nulle dans un pays où la personnalité n'avait jamais été émancipée, manquait tellement à tous ces membres des districts, que bientôt la plus complète anarchie régna parmi eux.

A la date du jeudi, 13 août, on lit dans le n° o du journal les Révolutions de Paris : « La mésintelligence qui règne dans les dis- « tricts, la contradiction de leurs principes, « de leurs arrêtés et de leur police , leur « désunion avec le corps municipal, offrent « le spectacle d'une épouvantable anarchie. « Qu'on s'imagine un homme dont chaque « pied, chaque membre, chaque main au- « raient une intelligence et une volonté, « dont une jambe voudrait marcher quand

« l'autre voudrait se reposer, dont le gosier « se fermerait quand l'estomac demanderait « des aliments, dont la bouche chanterait « quand les yeux seraient appesantis par le « sommeil, et Ton aura une image de l'état « affligeant de la capitale..»

Que conclure de tout ceci?

Que la liberté exige une éducation préalable, car on ne la pratique pas sans la savoir, et on ne la sait pas sans ravoir étudiée, et que la nation se préparait à jouer un rôle qu'elle ne savait pas, ne l'ayant pas étudié.

Page 1