‹ De la liberté et du gouvernementChapitre 38 sur 59 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Des institutions impériales.

Passons par contraste de ces tableaux de notre inexpérience du gouvernement personnel à ceux de la grandeur du gouvernement central.

C'est ici qu'il faut se donner le spectacle, comme dit Montesquieu, de la petitesse de notre personnalité devant cette personnalité

absorbante à l'excès de Napoléon, qui planait sur tous, et sur toul, et partout, et rapportait tout à soi, et ne considérait les autres que comme des leviers de ses desseins et des instruments de sa gloire; c'est ici qu'il faut contempler notre impuissance devant la toute-puissance de cet homme pâle, à l'œil fixe, à Pair impassible, à la tête carrée fortement attachée aux épaules, une fête romaine oubliée par la mort.

Or si jamais il fut un homme de gouvernement, c'est-à-dire un organisateur, c'est Napoléon. Il a organisé la nouvelle société de la révolution, il en a agencé les pièces diverses, il a ajusté les rouages de nos machines ministérielles, il a enveloppé la France dans le vaste réseau de la centralisation administrative ; partout, à tous les degrés de l'échelle sociale, il a substitué l'initiative du gouvernement à l'initiative personnelle.

D'où il suit qu'il y eut un clergé de TÉtat, une éducation de l'État, des journaux de

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