‹ De la liberté et du gouvernementChapitre 40 sur 59 · DO GOUVERNEMENT IMPERIAL · texte numérisé non relu

DO GOUVERNEMENT IMPERIAL

Il voulut en Europe une armée, une flotte, une langue, an code, une capitale, car il n'\ voulait qu'une volonté. Ainsi plus d'Allemagne : la pairie de Schiller et de Goethe, de Kant el de Leibniz, effacée de la carte. Plus de Hollande : la patrie de Guillaume et de Barneveld, effacée. Plus d'Italie, plus d'Espagne. Mais l'Europe, capitale : Paris.

Celte unité est aux yeux d'un peuple libre un sisne de la décadence, car. si ce rêve d'une domination presque universelle s'était réalisé, le terme de ces conquêtes eût été l'asservissement en Europe de toutes les volontés.

Napoléon, en effet, était tout imprégné d'idées romaines: il avait le crâne d'un Romain sur les épaules, toujours Rome aux lèvres et les légions romaines à donner en exemple à ses légions, et en politique le souvenir incessant de l'empire des césars, ce chefd'œuvre de l'omnipotence gouvernementale.

Cet homme des batailles, ce nouveau César,

eut donc la pensée de refaire une copie de la monarchie universelle.

Mais ni Rome, ni César ne sont plus heureusement de ce monde. Un journal porte maintenant plus loin qu'un boulet. Les véritables conquêtes sont celles du commerce et de, l'instruction, qui développent en nous le sentiment de notre personnalité, et nous enseignent que les nations maîtresses d'ellesmêmes n'ont jamais eu de maître.

Page 1