CHAPITRE PREMiEH
Avaut-propos.
Nous avons examiné le jeu des organes de la personnalité ; examinons maintenant les leviers à l'aide desquels se meut cette personnalité, et qui sont les journaux, l'industrie et la conscience individuelle.
Cette considération forme le sujet de cette troisième partie.
Il est nécessaire d'observer d'abord que les journaux dégagent la personnalité de la servitude du gouvernement, en donnant la publicité aux griefs de chacun et aux affaires publiques, et sont à juste titre considérés comme les yeux de la liberté.
L'industrie, à son tour, dégage cette personnalité de la servitude delà vie matérielle, en lui enseignant les moyens d'acquérir cette honorable aisance qui crée l'indépendance véritable, car quiconque n'a rien dépend de tous , et « à un homme qui n'a rien , « dit Montesquieu, il importe assez peu en « quel gouvernement il vive. »
Ces deux organes donnent l'impulsion à la personnalité ; et c'est la conscience qui est appelée à la diriger en la contenant dans les limites du respect des droits d'autrui, c'est-àdire du devoir.
Du concours de ces deux forces d'impulsion et de direction il se forme donc eu chaque individu une personnalité, qui délibère avec
soi, arrête et exécute ses résolutions, et se gouverne.
Examinons l'un après l'autre ces trois organes.