‹ De la liberté religieuse selon de CharteChapitre 20 sur 22 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Ma tâche est terminée. Sans doute je n'ai pas examiné toutes les questions embrassées par le sujet important que j'avais à traiter : mais en combinant les principes que j'ai posés avec les diverses applications que j'en ai faites, j'ose croire qu'on ne se méprendra pas sur la solution que je donnerais aux difficultés que j'ai pu ne pas prévoir.

Toujours de bonne foi dans les opinions que j'ai émises , j'ai cherché à démontrer ce qui m'a paru la vérité ; un amour sincère de la liberté me l'a fait désirer, même pour ceux dont les idées sympathisent le moins avec les miennes. Je crois pouvoir me rendre témoignage qu'aucune haine, aucune prédilection particulière, ne m'ont dirigé dans mes travaux; j'ai voulu l'égalité de tous les cultes devant la loi, j'ai souhaité

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riii(l(''poiu]ance mutuelle «le l'ordre civil et de l'ordre religieux , j'ai défendu de loul mon pouvoir la liberté de conscience.

Si quelques hommes, regrettant, pour un culte qui fut jadis dominant, la splendeur et la puissance qu'il a perdues, se plaignaient de ce que j'accorde trop peu à cette leligion qui pendant tant de siècles fut celle de toute la France, je les renverrais aux leçons de l'histoire, et je leur dirais :

La religion chrétienne, jetée au milieu d'une société barbare , fut un immense bienfait. Dans l'origine, les ministres de cette religion, seuls dépositaires des sciences et des arts , précédèrent la civilisation ; plus tard , les lumières se répandirent hors de l'église, qui n'en prit pas moins une part active à leurs progrès; arriva enfin l'époque où la civilisation fut assez forte pour se continuer sans le secours du clergé. De ce moment la mission de la religion a changé de nature: elle n'est plus appelée à organiser la société; elle ne l'est même plus à seconder directement le mouvement progressif de l'humanité. Mais il lui

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