‹ De la lithine dans les eaux minérales de Royat et dans les principales sources thermales d'AuvergneChapitre 9 sur 9 · NOMS DES SUBSTANCES · texte numérisé non relu

NOMS DES SUBSTANCES

^Nouvelle analyse.

Analyse de M.

J. Lefort.

Analyse de

M. Nivet.

Acide carbonique libre. . . ■

AlitOOK

0ut377 °u0er748

lsr128

lsr349

lsr183

— de potasse ....

— de magnésie. . .

— de manganèse . .

traces.

traces.

Iodure et bromure de sodium.

indices.

indices.

traces.

traces.

indices.

indices.

traces.

Poids des combinaisons anhydres, les carbonates étant à l'état de carbonates neutres.

4sr155

4er152

L'acide carbonique total, c'est-à-dire celui qui est combiné aux bases pour former les bicarbonates et celui qui reste libre, mais dissous, dansl'eau arrivée au griffon, a été dosé sur place au moyen du chlorure de baryum ammoniacal. C'est la méthode, reconnue excellente, qui a été employée par J.Lefort, et si nos résultats ne sont pas aussi concordants à ce point de vue que beaucoup d'autres chiffres, il faut sans doute l'attribuer à une plus ou moins grande pression atmosphérique au moment de l'analyse. L'eau de Royat dégage en arrivant à la surface du sol, par suite de la diminution de pression, une quantité considérable d'acide carbonique que nous avons évaluée approximativement, comme nous allons le dire, à 3000 litres par minute. Or lorsque la pression atmosphérique est faible, on conçoit que ce gaz se dégage en plus grande abondance et c'est ce qui arrive en effet, car nous avons vu la proportion d'acide carbonique libre s'élever de 0Br645 à 0sr661 par litre pour une diminution de pression de 2mm2. C'est, du reste, un fait bien connu qu'à l'approche des orages, alors que le baromètre baisse, la source bouillonne bien plus fortement en lançant l'eau par-dessus les bords de la buvette.

Cette grande quantité d'acide carbonique, qui se dégage au fur et à mesure que l'eau arrive à la surface du sol et jusque dans les baignoires et les piscines de l'établissement, alimentées à eau vive, peut être recueilli en grande partie, à un moment donné, au moyen d'un appareil ingénieux qui l'envoie dans une salle spéciale où il est employé en bains et en douches. C'est en mesurant ce gaz aux robinets qui le débitent que

nous avons pu constater approximativement ce que la source en émet. Nous avons recueilli 3000 litres par minute ; mais nous pensons que nous n'avions là que les 3[4 ou les 4p5 de la quantité totale à en juger par le bouillonnement qui subsistait encore au griffon, l'appareil ne pouvant recueillir la totalité du gaz qui s'échappe.

Ce gaz a été analysé et l'expérience a montré qu'il est formé d'acide carbonique ne contenant que 4 à 5 millièmes d'azote.

Quant aux autres gaz, l'azote et l'oxygène, que l'eau retient en dissolution, le tableau précédent montre qu'ils sont fort peu abondants ; on peut même dire qu'il n'y a que des traces d'oxygène et encore ces traces pourraient bien provenir de l'air atmosphérique, malgré toutes les précautions prises en puisant l'eau. On conçoit très-bien du reste qu'une eau qui renferme par litre 42 milligrammes de bicarbornate ùeprotoxyde de fer ne puisse contenir sensiblement d'oxygène. Si les gaz recueillis en 1857 par M. J. Lefort, à la source même contiennent par litre d'eau 2CC d'azote et lcc d'oxygène de plus que les quantités que nous avons obtenues nous-mêmes, nous pensons que cet excès provient de l'air atmosphérique qui avait accès dans la source alors que le captage n'avait pas encore été modifié comme il l'est depuis deux ans. Ces proportions, 2CC d'azote pour lcc d'oxygène, sont d'ailleurs exactement celles que l'on trouve en analysant l'air normalement dissous dans l'eau.

Nous avons constaté dans l'eau de la Grande-Source

de Royat la présence de l'iode, signalée par M. Gonod et confirmée par M. J. Lefort, ainsi que celle du brome indiquée par ce dernier. Mais les proportions ne nous ont pas paru suffisantes pour justifier des recherches en vue d'un dosage.

Quant à l'arsenic découvert dans l'eau de Royat par Chevalier, il a été dosé par Thénard qui a trouvé 35 centièmes de milligrammes par litre d'eau. Nous nous sommes bornés encore à en constater la présence et à l'indiquer à l'état de traces sensibles.

Quelques chimistes ont pensé que lorsqu'une eau minérale ferrugineuse et arsénicale forme un dépôt ocreux sur les bords de la source, ce dépôt contient le fer et l'arsenic dans les mêmes proportions que l'eau. Si on admettait ce fait, il faudrait en conclure que l'eau de Royat contient 40 centièmes de milligrammes d'arsenic par litre, car voici la composition centésimale de ce dépôt recueilli sur les parois de la buvette.

Sesqui oxyde de fer 70,30

Arsenic 1,38

Carbonate de chaux 5,60

Carbonate de magnésie 6,90

Eau et matières non dosées .... 15,82 *

Nous avons cherché à savoir si la composition de l'eau de Royat pouvait varier, avec les saisons et avec la pression atmosphérique. A cet effet, des dosages sont effectués chaque semaine, non pas, bien entendu, sur toutes les substances qui se trouvent dans l'eau,

mais sur quelques-unes qui s'y rencontrent en plus grande proportion et qu'on peut déterminer avec précision et célérité par l'emploi des liqueurs titrées.

C'est ainsi que nous dosons le chlore et par suite le chlorure de sodium, la chaux, l'acide carbonique combiné ou, ce qui revient au même, le degré alcalimétrique de l'eau, ce qui donne la somme des bicarbonates évalués par exemple en bicarbonate de soude.

Ces déterminations ne sont pas encore assez nombreuses pour permettre une conclusion raisonnée ; mais les résultats obtenus depuis trois mois semblent annoncer une constance parfaite dans la composition.

Analyse de l'eau d'une nouvelle source à Royal.

(Source Romaine ou du Pré St-Mart.)

Une nouvelle source, non encore captée, et qui a reçu le nom de source Romaine ou du pré St-Mart, parait devoir accroître d'une manière heureuse la gamme des eaux de Royat.

Nous en avons fait l'analyse qui nous a donné les résultats suivants rapportés à un litre.

Température 23°

Acide carbonique libre Ogr.585

Azote 5 ce 0

Oxygène 0 4

Bicarbonate de soude Ogr.380

— de potasse 0 250

— de chaux • . 0 604

— de magnésie 0 347

— de fer ...... . 0 020

Sulfate de soude 0 120

Phosphate de soude traces.

Chlorure de sodium 0 857

Chlorure de lithium 0 012

Arsenic traces. .

Iode, brome indices.

Silice. ........... 0 125

Matières organiques traces.

Résidu desséché à 200° 2 187

Cette nouvelle source, avons-nous dit, n'est pas encore captée ; mais elle le sera prochainement et une analyse définitive déterminera alors sa composition. Toutefois, les chiffres ci-dessus montrent tout le parti que Ton peut tirer d'une telle eau.

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