De la lithotripsie
Lorsqu’en 1825, je publiai l’ouvrage intitulé des Moyens de guérir de la pierre sans pratiquer V opération de la taille , la lithotrilie était dans l’enfance; quelques opérations en avaient démontré la possibilité, mais il était impossible d’en tracer les règles. Pendant les dix années qui se sont écoulées depuis, j’ai vu et opéré un assez grand nombre de malades ; dans cette observation continuelle , je n’ai pu manquer d’acquérir une certaine expérience que je veux m’efforcer de rendre profitable , en traçant quelques préceptes pour l’application d’une méthode que le premier j’ai rendue possible, par l’invention de la pince à trois branches.
Oq ne doit pas s’attendre à me voir dans ce livre établir une comparaison entre la (aille et la lithotritie, mettre en balance les avantages et les inconvéniens de l’une et de l’autre méthode: cette manière de considérer la question ne peut conduire à aucun résultat , comme l’a prouvé la discussion suscitée naguère devant l’Académie de médecine : en effet, les adversaires de la lithotritie ne repoussent plus absolument cette méthode; ils conviennent qu’au début de la maladie, lorsque la pierre est petite, la vessie saine et dilatable , il ne peut y avoir de doute sur la préférence qu’elle mérite. Une fois cette concession faite tout parallèle devient impossible ; les deux méthodes ne sont plus que deux modes de traitement applicables à deux périodes différentes d’une même maladie; il ne s’agit que de faire la part de chacune.
Mais, a-t-on dit, l’opération de la taille est bien plus souvent applicable; c’est elle qui est la règle, la lithotritie n’est que l’exception. Cela sera vrai lorsque par hasard soixante ou quatre-vingts malades sur cent se présenteront avec des pierres volumineuses : mais si par un autre hasard plus fréquent encore la proportion est inverse, n’est-ce pas la lithotritie qui devient la règle et la taille l’exception. Que nous importe, après tout, de savoir quelle est l’importance relative des deux méthodes. Force nous est d’accepter les maladies avec les conditions dans lesquelles la nature nous les offre; noire devoir, notre étude, c’est «le leur appliquer le mode de traitement qui leur convient le mieux.
Vous prétendez établir que la lithotritie est loin d’être toujours exemple de douleur cl de danger; mais quel chi-
rurgicn de bonne loi a jamais prèle à celle opération une (elle innocuité! Le public la lui suppose: eh bien! vous lui rendrez mieux service , lorsqu’au lieu de l’effrayer en ne lui montrant qu’un des côtés de la vérité vous la lui présenterez toute entière; lorsque vous lui direz : « Pour une pierre récente et petite le broiement est ordinairement facile, peu douloureux , presque sans danger, tandis que plus tard celte opération est grave et souvent plus douloureuse que la taille elle-même. » Que prouvent en effet les insuccès de la litlio- Irilie, que vous prenez tant de peine à rechercher? rien autre chose, sinon que cette opération a souvent été pratiquée pour des calculs qui se trouvaient hors de sa puissance ; si donc il était possible d’établir le point où se termine le domaine de la lithotrilie, et de préciser où commence la taille, il est incontestable que l’on se placerait toujours dans la condition la plus favorable au succès : telle est la pensée qui a présidé à la rédaction de ce mémoire, tel est le but auquel je me suis efforcé d’atteindre.
Je crois devoir, avant de terminer celte préface, m’excuser de la manière un peu vive avec laquelle, dans certains passages de ce mémoire, j’ai abordé la discussion ; il m’importe de persuader que ma plume n’a point été guidée par une rivalité envieuse; en toute occasion j’ai manifesté mon estime et mon admiration même pour les travaux de MM. Heurteloup, Jacobson , Amussat,etc. Parce qu’il y a là en effet des choses neuves et utiles : loin de m’efforcer de faire prévaloir mes propres inventions,
I on m’a vu abandonner ma pince à (rois branches, ainsi que les systèmes de l’évidement et de l’éclatement que