POUR 100 GRAMMES DE TEINTURE
I’ar lixiviation.
Par macération.
3 gr., 12
1 gr., 60
Qnina rouge. f . . . T .
Colchique (bulbes)...
0 gr., 90
0 gr., 66
0 gr., 31
0 gr», 30
Noix vomique.- ..
1 gr., 90
1 gr., 50
Qiiina jaune (3 parties d'alcool seulement).
4 gr., 20
3 gr., 12
Ces résultats montrent clairement qu’à poids égal les teintures par lixiviation contiennent plus de principes actifs que les teintures par macération. Le dernier nombre indique en outre que si l’on employait seulement trois parties d’alcool, quantité suffisante pour épuiser une substance par déplacement, on aurait sous la main des préparations plus énergiques que celles dont on fait usage aujourd’hui.
Aux chiffres donnés par Buignet, je puis en ajouter de nouveaux; certains ont été obtenus avec les mêmes substances ; d’autres portent surjdes matières différentes. Voici le mode opératoire que j’ai suivi.
Dans une même quantité de substances réduites en poudre, sauf la noix vomique, j’ai prélevé deux échantillons égaux, que j’ai soumis l'un à la lixiviation, l’autre à la macération.
Pour la lixiviation, ainsi que l’indique le tableau,
j'ai tantôt humecté la poudre avec la moitié de son poids d’alcool, tantôt je l’ai mise sèche dans l’appareil. Mais, dans les deux cas,, j’ai lixivié d’une manière immédiate et continue, sans macération préalable, jusqu’à ce que j’aie recueilli cinq parties de teinture. Je n’ai pas employé d’eau, bien entendu, pour déplacer les dernières portions d’alcool et le marc n’a pas été pressé.
La teinture obtenue et bien claire, j’en ai prélevé 2o grammes; je les ai évaporés au bain-marie jusqu’à ce que l’alcool eût disparu. Le résidu a été repris par l’eau acidulée, ainsi que l’a indiqué M.Personne dans son travail (1). La liqueur limpide a été ensuite précipitée par une solu tion récente de tannin à 4 0/0, comme celle dont s’est servi Buignet. Le précipité était recueilli sur un filtre- sans plis, lavé, séché et pesé.
Une difficulté s’éleva cependant; M. Régna nid, dans un travail sur le ta nu a te de quinine, a démontré (pie ce dernier est soluble dans un excès de solution tannîque, limite dangereuse à dépasser. De plus, en admettant qu’on n’ait pas dépassé ce point, il a démontré que l’eau décomposait le précipité ; en continuant le lavage jusqu’à ce que Peau n’entraînât plus rien, on finirait par ne conserver sur le filtre (pie de la quinine. Pour ce cas particulier, comme le
(1) Journal de Pharmacie, 1845, tome YMI, p. 104.
recommande M. Regnauld (4), j’ai ajouté du tannin jusqu’à redissolution du précipité, puis j’ai neutralisé par l’ammoniaque. Le précipité reformé a été recueilli sur un filtre et lavé jusqu’à ce que le liquide devînt louche. 11 fut alors séché une première fois, puis lavé à nouveau jusqu’à ce qu’il ne cédât plus rien à l’eau ; enfin il fut séché et pesé. J’ai pu obtenir ainsi des nombres concordant avec ceux de Buignet; les premiers que j’avais trouvés, ignorant le travail de M. Regnauld, tout en me donnant un rendement constamment plus fort pour la lixiviation, n’étaient formés que de centigrammes, alors que Buignet avait trouvé des grammes.