LOCALISÉES
Je ne saurais, sans redites nombreuses, -développer ce paragraphe dont les éléments sont tous implicitement ou explicitement renfermés dans le chapitre premier et dans les paragraphes précédents de ce chapitre. Je tiens cependant à répéter que c’est presque exclusivement par le groupement seul des signes dont je viens d’exposer longuement la -source qu’on arrivera à un diagnostic correct. On a vu, qu’en somme, les localisations cérébrales, si nombreuses, et qui le seront davantage avec les progrès de nos connaissances, ne s’accusent que par un très -petit nombre oe symptômes; cela ne saurait d’ailleurs nous étonner puisqu’on sait combien de combinaisons peuvent réaliser quelques lettres de l’alphabet ! C’est donc une illusion de rechercher un symptôme spécial à chacune des localisations; réciproquement on peut dire qu’il n’y a guère de localisation qui puisse être affirmée à l’aide d’un seul signe, quelque pathognomonique qu’il paraisse; nous savons assez de physiologie cérébrale pour le comprendre : Supposons un faisceau de fibres assez longues, celles de la couronne de Reil, par exemple : qu’il soit interrompu à son origine ou à sa terminaison, si la
lésion ne dépasse pas son territoire, les symptômes seront évidemment les mêmes. Prenons pour préciser davantage Fhémianesthésie que nous avons étudiée plus haut et qui reconnaît pour cause, dans les faits connus jusquhà ce jour, une lésion de la partie postérieure du pied de la couronne. Peut-on affirmer qu’un jour on ne la rencontrera pas fiée dans l’hémisphère à une altération située plus haut que le pied de la couronne, mais assez large pour intéresser l’épanouissement du faisceau ? De telles exceptions aux principes que nous avons essayé de formuler ne sauraient nous déconcerter. Ce sont des exceptions prévues, inévitables, et qui confirment sinon la-lettre au moins l’esprit d’une loi. D’autres se rencontreront, sans doute plus paradoxales, mais elles cesseront, de l’être quand viendra un progrès ultérieur qui les fera rentrer dans la règle. Nous tenons à le dire ici, une fois pour toutes, car c’est ici la vraie place : si dans le courant de cette thèse nous avons donné une forme didactique à des propositions qui ne sont encore qu’à l’état d’ébauche, ce n’est pas que nous nous fassions illusion'sur leur caractère contingent. Dans notre science, tous les premiers pas sont incertains. Sans vouloir le dissimuler, on peut, honnêtement, leur donner un air d’assurance pour indiquer au moins dans quelle voie il faut marcher. Admettons que beaucoup des assertions que nous avons émises soient encore, dans le sens scientifique du mot, des hypothèses, je dis que ce sont
des hypothèses nécessaires au progrès ultérieur. Pour chercher il faut avoir un point de départ.
Je ne rappellerais pas ces vérités, qui sont vulgaires si elles n’étaient l’excuse, je puis dire la justification, de la méthode que j’ai suivie.
En résumé, nous diagnostiquons avec certaines probabilités des lésions circonscrites et localisées :
A la surface convexe : dans la région sylvienne et dans une partie de la région temporale.
A la base : au niveau des bulbes olfactifs et au niveau des bandelettes optiques.
Dans la profondeur : au niveau de la partie postérieure de la couche optique et de la couronne de Reil.