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EXPÉRIMENTATION ET FAITS CLINIQUES

Écorce grise.

J. Hugulings Jackson. — Le D*' Jackson, depuis quinze ans (Med. Times and Gaz., 1861-62 and seq) u entrepris, à l’aide d’observations minutieusement recueillies, délocaliser les centres moteurs des groupes musculaires, des membres dans certains points des hémisphères cérébraux, et bien avant Fritsoh et Hitzig, dès 186o {London Hospital reports), dans les circonvolutions cérébrales. Dans un excellent mémoire, {West-Riding Lunatic Asylam Medical Reports 1873, vol. iii), il a récapitulé les faits principaux de ses théories, et il émet la théorie (p. 177) que les lésions limitées destructives de quelques parties des hémisphères cérébraux ne donnent naissance à aucun symptôme apparent, tandis que les lésions déchargeantes de ces mêmes parties produisent des symptômes très- frappants. Il considère ensemble l’hémichorée, l’hémispasmc, et ce qu’il désigne par l’hémicontracture (un composé de paralysie et do spasme), comme la contre-partie de l’hémiplégie, et il appelle « hémikinèses » ces symptômes moteurs unilatéraux.

Ses principales publications, à notre point de vue, sont ;

1864. London Hospital Reports.

1865. London Hospital Reports, vol. ii.

1866. Medical Times and Lancet.

— Roy. Lond. Ophth. Hosp. Rep., vol. v, part. iv.

1868. Edinburgh Medical Journal.

4870. Saint Andrews Reports, vol. iii, 4870.

4874 et 1872. Medical Times and Gazette.

4873. Lancet.

1874. Lecture on hemiplegia.

Ces publications renferment la théorie de la physiologie pathologique des affections convulsives, de l’aphasie, des autres paralysies et de la spécialité d’action des circonvolutions qui sont au voisinage du corps strié.

1874. A Physician, notes of ophthalmology.

Brochure composée de passages extraits des revues d’ophthalmologie : il essaye d’établir que l’on peut suivre les fibres nerveuses sensorielles jusque dans les circonvolutions cérébrales qui sont leur véritable périphérie.

Samuel Wilks {Guy’s Hospital Reports, 1866, vol. xii, 3® série) soutient que l’épilepsie semble toujours se rattacher à l’irritation locale de la surface convexe du cerveau (p. 227). Sans vouloir nier qu’il puisse y avoir d’autres lésions, il dit en propres termes que la substance grise cérébrale est la fons et origo mali.

Fritsch et Hitzig (ReicherVs u. du Bois-Reymond' s Arch., 1870).

Hitzig {Recherches sur laphysiologie du cerveau, — ReicherVs U. du Bois-Reymond' s Archiv., 1873). — De nouvelles expériences entreprises par Hitzig n’ont fait que confirmer les résultats obtenus précédemment en appliquant de différentes façons les pôles d’un courant à la surface du cerveau.

Hitzig a encore observé que dans le cas de narcose à la suite d’inhalations d’éther, l’un ou l’autre centre cessait de réagir pendant un temps très-court, ce qui n’a pas lieu avec les autres anesthésiques.

Contrairement à une de ses assertions précédentes, il a pu établir l’existence d’un centre distinct pour les mouvements isolés des yeux, lequel centre se confond avec cette partie du centre du facial qui préside aux mouvements des muscles qui entourent l’œil.

Hitzig {Un^ersuchungen uber das Gehirn. Berlin, 1874). —

Collection de ses Mémoires jusqu’au commencement de l’année 1874.

Hitzig {Untersuchnngen über das Gehirn, (Neue Folge? Berlin, Hirschwald, 1874). (Je ne connais ce travail que par le Med. Times and Gazette, febr. 1875). — Hitzig rapporte des expériences qu’il a entreprises dans le but de démontrer que Ferrier s’est trompé en localisant d’autres mouvements et dans des centres situés ailleurs que ceux qu’il a découverts. Il a fait ses expériences sur 9 cbiens, leur a enlevé, sur l’un des hémisphères, des portions circonscrifes de substance grise à l’endroit que Ferrier désigne comme le centre des mouvements de patte antérieure droite par exemple, et aussi d’autres points; il a refermé la plaie et, plusieurs jours après, il a examiné les animaux ; il n’a pas observé qu’ils fussent paralysés ; il a seulement remarqué que dans le cas de certaines lésions, quelques sujets avaient quelques mouvements choréiformes d’un membre, ou bien le laissaient dans une position anormale. Il attribue ces résultats, qui paraissent favorables à Ferrier, à cette circonstance que la lésion a intéressé d’autres parties que celles qu’il a voulu comprendre, ou bien qu’il y a eu de l’inflammation secondaire,

Ferrier. Au meeting de l’association Bx’itannique, à King’s College (Londres, août 1873), il a montré publiquement, pour la première fois, sur un cerveau de singe, que des circonvolutions cérébrales de la partie antérieure du cerveau sont motrices (centres idéo-moteurs), tandis que les circonvolutions cérébrales postérieures seraient des centres sensitifs et sensoriaux. Ces expériences ont été rapportées succinctement par les journaux anglais.

Les expériences, avec le mémoire qui est édifié sur elles, ont été rapportés, — avec des figures, etc., — dans le t. III, année 1873 (oct.) du West Riding Lunatic Asylum medical Reports.

En février 1874, Ferrier a communiqué à la Royal society of London un volumineux mémoire, avec figures, etc., dans lequel il rappelle toutes ses expériences antérieures, plus

quelques nouvelles instituées sur un grand nombre d’autres sujets. Il localise dans ce mémoire, le plus précis encore, les centres sensitifs et seusoriaux, etidéo-moteürs. Il se défend vivement des critiques formulées par M. Dupuy : la preuve la meilleure de la vérité de sa doctrine, que les courants électriques dont il se sert pour exciter le cerveau n’agissent pas par irradiation, mais seulement à l’endrûit même où portent les électi'odes, est qu’il peut toujours prédire à l’avance, en irritant tel centre de telle circonvolution, quel mouvement il obtiendra. Une analyse qui ne contient guère que les conclusions de ce mémoire a été publiée dans les Proceedings of tbo Royal Society, n® d’avril 1874, et dans le London medical Record (1874). Le t. IV du West Ridinrj Lunatic Asylum medical Reports contient le dernier travail de Ferrier, dans lequel il essaye d’établir la portée pathologique de sa doctrine ù l’aide de quatre observations suivies d’autopsie (quatre observations avec lésions multiples, paralysie générale, etc.) Au meeting de l’association Britannique, ùNorwich (août 1874), il a parlé de nouveau de la localisation de l’épilepsie et de l’aphasie {Britmed. Journal. — Association papers, 1874).

Dupuy, thèse de Paris 1873.

Gaiiville etDuRET, Comptes rendus de laSociétéde Biologie, 1873-74.

Braun {Beitraege zurFrage ueber die electrische Erregbarkeit desGroshirns, —Eckard'sBeitr.zurAnat.undPhysiol. vii, 2 s.) »— En excitant la surface du cerveau à l’aide d’un courant électrique, il a confirmé les résultats obtenus avant lui. Mais il admet de plus qu’on rencontre parfois sur un même hémisphère deux centres correspondant à un même groupe musculaire, par exemple pour les muscles de la nuque. Il cherche de plus à démontrer que ce sont les faisceaux de fibres pénétrant dans la substance grise qui sont le point de départ des mouvements observés.

J. Burdon Sanderson {Proceedings of the Royal Society, vol. XXII, n® 153, p. 368) conclut de ses expériences, entrotreprises dans le but de vérifier les dénégations opposées par

FeiTÎer aux critiques de Dupuy, que les circonvolutions ne contiennent pas d’organes qui soient essentiels à l’accomplissement des mouvements musculaires. 11 est, selon lui, probable que les centres des mouvements qu’a décrits Ferrier sont situés dans les masses de substance grise qui gisent sur le plancher, la paroi externe des ventricules latéraux.

Le même (Notiz über die directe Reizung des corpus striatum. Orig. Mitt. Centralblatt, 1874, 11 juillet, n° 33) soutient la même opinion et nie particulièrement le centre du facial. — Dans le numéro du 23 juillet, il est réfuté par Hitzig qui, après avoir fait remarquer que le courant galvanique est préférable pour une bonne locabsation, invoque les paralysies expérimentalement produites par l’ablation de Fécorce.

Eckaïïd {Experimental Physiologie des Nerv ensy stems , p. 157), en coupant par tranches la partie antérieure du cerveau, aurait vu des mouvements se produire.

Westphal {Archiv. fur Psychiatrie, t. IV, 2« Heft, p. 482) fait remarquer, à la suite de la revendication de M. Dernhardt en faveur de Griesinger (voir l’Introduction), qu’il a parfois observé chez les individus ayant des cysticerques dans le cerveau, non-seulement des mouvements convulsifs, mais parfois des mouvements ressemblant à des mouvements volontaires, associés et coordonnés. Il rapporte une observation.

Huguenin [Pathologie générale des maladies du système nerveux, p. 232). — «Une de mes observations semble avoir pour signification que le centre des mouvements qui se passent dans le bras d’un côté, se trouve à la face inférieure du lobe frontal du côté opposé. Un homme reçut un coup de fleuret, qui lui traversa le bulbe de l’œil, l’orbite du côté droit, en pénétrant à travers la face supérieure de la cavité orbitaire. Il perfora du même coup la substance corticale du cerveau dans le voisinage du sommet de la circonvolution unciforrae, au point de jonction’ des première et troisième circonvolutions frontales. Le premier effet observé fut la paralysie des mouvements volontaires du bras gauche; les mouvements réflexes subsistaient encore, puis il se produisit une

abondante extravasation sanguine. Le sang pénétra dans le ventricule, et la mort s’ensuivit. Ce qui semble démontrer que les nerfs qui se rendent aux muscles du bras, ont leur centre ultime dans le point précité. »

Cette conclusion de M. Huguenin ne me paraît pas nécessairement découler du fait. On ne voit pas pourquoi il veut placer superficiellement vers le sommet du lobe sphénoïdal le centre ultime des mouvements du bras, car la blessure, qui paraît avoir été profonde, a pu sectionner, en un point quelconque, les conducteurs venant d’un autre point de l’écorce.

Bernhardt. Klinische Beitræge {Archiv., fur Psychiatrie, t. IV, p. 698). — Obs. I : Femme de 41 ans, tuberculeuse présentant des accès au début desquels on observe des mouvements convulsifs des muscles orbiCulaires des deux côtés, des fléchisseurs de la main -droite, et du sterno-mastoïdien du même côté. Peu à peu les mouveqients convulsifs se généralisent, et aboutissent à une véritable attaque d’épilepsie, avec renversement de la tête en arrière, écume à la bouche, perte complète de la connaissance durant 2 à 3 minutes, suivie d’une période de manie ; les articulations du bras droit étaient contracturées à l’issue de la crise ; la jambe droite était également un peu contracturée, et la malade avait de la peine à se soulever. Trouble intellectuel croissant, signes d’aphasie, hypéresthésie de la peau, surtout au niveau des extrémités inférieures, et qui disparut ensuite. Affaiblissement considérable du bras gauche.

Autopsie. — Néoplasmes tuberculeux dans l’épaisseur du lobe pariétal, en particulier dans la partie supérieure et latérale, et dans la partie médiane de la circonvolution centrale postérieure {Pariétale ascendante).

Id. — Obs. II : Femme de 50 ans. Faiblesse subite et considérable du bras gauche durant quelques minutes, en 1873. Quelques semaines plus tard, mouvements cloniques dans tous les muscles du membre supérieur (main, avant-bras et bras), et se reproduisant tous les 3 ou 4 jours. Jamais de perte de la connaissance ni de troubles psychiques. Parfois ces mouve-

mcnts cloniques étaient douloureux, et toujours ils étaient suivis d’un affaiblissement du bras gaucho. A la môme époque, engourdissement du bras gauche, qui finit par être complètement paralysé au commencement du mois de mars. La jambe gauche devient plus faible. Jamais on n’y a observé de spasmes. Absence complète de tout autre trouble fonctionnel à cette époque.

Quinze jours après, céphalalgie violente, vomissements; ces accès de mouvements cloniques s’accompagnent d’une légère perte de la connaissance, rotation de la tête à gauche, mouvements spasmodiques des muscles énervés par le facial gauche. Une seule fois ces mouvements spasmodiques ont été observés simultanément du côté des rruscles du membre inférieur gauche. Affaiblissement croissant de la moitié gauche du corps, articulations douloureuses, insomnie, rétention d’urine, décubitus, mort.

Autopsie. — Dure mère et pie-mère hypérémiées, non adhérentes. Tumeur jaunâtre de consistance molle, siégant dans la partie moyenne du lobe temporal droit, ne dépassant pas la surface du cerveau et atteignant la grande scissure. La substance blanche du centre de Vieussens â droite, est déprimée en bas et en dedans, de telle sorte que la lumière du ventricule latéral correspondant est presque entièrement effacée. La portion de substance médullaire environnant la tumeur est colorée en jaune et ramollie.

Il), — Obs. III. Femme deo4 ans. Céphalalgie subite et violente, qui persiste encore neuf jours après. A cette époque, mouvements difficiles de l’extrémité supérieure gauche, dont elle finit par ne plus pouvoir se servir. La céphalalgie persiste. Pas de troubles psychiques. Le sillon naso-labial gauche est effacé. La commissure labiale à droite est plus élevée qu’à gauche. Les paupières se ferment également bien des deux côtés. Pas de déviation ni de mouvements fibrillaires de la langue. Sensibilité intacte en tous points. Fonctionnement normal des membres du côté droit et du membre inférieur gauche. Faiblesse du membre supérieur du môme côté. Dou-

leurs dans le mollet gauche pendant la marche. Excitabilité électrique partout intacte. Sous l’influence de l’administration de l’iodare de potassium, la céphalalgie disparaît, et les mouvements deviennent plus faciles dans le membre supérieur gauche. Mort subite un an après le début de la maladie.

Autopsie. — Anévrisme de la carotide interne droite, siégeant immédiatement au-dessus de l’émergence du vaisseau dans la cavité crânienne, au niveau de l’origine de la communicante antérieure, et adhérant au lobe temporal, dans le voisinage du nei‘f optique. Infiltration hémorrhagique de la substance corticale dans une grande étendue, sans participation de la substance blanche. La fosse sylvienne, du côtA droit, est remplie de caillots sanguins qu’on trouve également en grande abondance en d’autres points du cerveau.

Callender (S.-Bartk. Hosp. Reports, 1867 et 1869, et London Med. chir. Transact., 1871, cité par ‘Wernher, Virch. Arch., LVI, p. 304).-— «Le principal but de ses travaux c’est d arriver à démontrer, à l’aide de la statistique, combien les convulsions sont plus fréquentes à la suite des lésions portant sur la moitié droite du cerveau (comme il arrive pour l’aphasie), et que, dans les cas où on observe des convulsions, ces lésions n’intéressent que les parties plus superficielles que le corps calleux. D’après ses recherches, les lésions sont suivies plus fréquemment de convulsions quand elles atteignent les membranes du cerveau aux environs de l’artère méningée, ce qu’il tente d’expliquer en faisant remarquer que l’artère méningée et ses principales branches sont entourées de nombreux vaso-moteurs dont les lésions entraînent des troubles circulatoires dans les portions correspondantes du cerveau, et que celles-ci en ressentent un choc qui se traduit par des mouvements inutiles. Callender a observé des paralysies sans convulsions, dans les cas de lésions des couches optiques, des corps striés, du pont de Vai’ole, et elles ne s’accompagnaient de convulsions que quand les parties superficielles du cerveau situées dans le voisinage de l’artère méningée étaient atteintes. On voit combien CaUender était près

de la vérité, et si les résultats physiologiques qui nous sont connus aujourd’hui étaient venus à son aide, il aurait certainement cherché l’explication de ces phénomènes pathologiques non dans la lésion des vaso-moteurs, mais bien dans celle des parties superficielles du cerveau. »

Id. (particulièrement dans S.-Barth. IIosp. Reports, 1869, vol. V, p. 26). — A toujours constaté de la douleur quand la substance corticale était lésée. Il remarque combien il est frappant que dans lès nombreux cas qu’il a analysés (XCIX), les lésions profondes des corps striés, des couches optiques ou des deux ensemble, lorsqu’elles n’intéressaient pas la substance corticale, n’ont jamais donné naissance à de la douleur. Les malades, au moins, dans ces cas, ne s’en sont jamais plaints.

Tn. Simon (Berliner kl. WocJiensch., 1873). — Une observation peu probante parce que les lésions étaient trop étendues.

Menzel. Un Caso diafasia traimatica. {Il Morgagni, 1873). — Mouvements convulsifs; lésion probable de l’écorce; pas d’autopsie.

Hebtzka (de Pesth). — Une observation sans autopsie {Deutsches Archiv., XIV).

Lucas-cuamponnière (Union médicale, 2 février 1875.) — Con vulsions; trépan. Gnérison.

Stark (Berlin Jeliniseke Wochenschrift, 1871, n” 33). — Convulsions dans un cas de lésion ancienne de la circonvolution, frontale ascendante.

Bateman (on Aphasia or Loss of speech, etc., 1870) ne considère pas le centre cérébral du langage comme démontré. Cet ouvrage, qui renferme beaucoup d’observations, a eu une deuxième édition l’année dernière.

Broadbent. On the cérébral convolutions of a Deaf and Dumb Wonian, (Journal of anatomj and physiology, Camb. and Lond., 1870, vol. IV, p. 223) a trouvé à l’autopsie d’une femme sourde et muette que le cerveau pesait le poids normal, mais que la circonvolution frontale gauche était comparativement de fort petite dimension et de forme rudimentaire.

Couches optiques.

Meynerï (i|/(?rfidn. Jahrbücher, 1872, p. 188). — Dans un cas de maladie mentale, Meynert a en outre diagnostiqué une affection de la couche optique.il s’agissait d’une jeune fille de 14 ans, démente, qui du 23 février au 5 avril, présenta une attitude singulière. La tête était tournée en arrière et à droite, et inclinée en même temps en bas. L’avant-bras droit était fléchi à angle droit, de même que les doigts, qui saisissaient un pan de la robe. Le bras gauche était dans l’extension, saisissant un autre pan de la robe. Cette attitude était-elle le résultat de la démence ou plutôt celui d’une complication dont il était possible de localiser le siège d’une façon plus précise? En raison de la durée de cette attitude, il pensa qu’elle devait être attribuée à une cause matérielle plutôt qu’à une idée fixe, et sa ressemblance avec l’attitude obtenue expérimentalement chez certains mammifères, à la suite de lésions de portions déterminées du cerveau, le confirme dans cette idée.

Les expériences en question sont celles de Schiff. Après une section intéressant la couche optique gauche, l’animal, s’il veut exécuter un mouvement volontaire, laisse tomber sa tête à droite, tandis que ses pattes de devant se portent à gauche, de telle sorte qu’à droite ce sont les fléchisseurs et à gauche les extenseurs qui semblent entrer en jeu. Meynert n’adinet pas l’explication de Schiff, qui croit que l’attitude de l’animal résulte de la paralysie des rotateurs gauches de la colonne vertébrale, des muscles fléchisseurs du membre antérieur gauche, et des extenseurs du membre antérieur droit. D’après lui, les couches optiques ne déterminent que les mouvements inconscients, réfléchis du dehors. Toutefois ces actes réflex;es ne peuvent se produire, sans avoir pour témoins les hémisphères, de telle sorte que les mouvements réflexes s’accompagnent de sensations du mouvement, lesquelles sensations sont conservées dans les hémisphères comme des images de

ees mouvements. Ainsi s’expliquent les larges communications existant entre la couche optique et la substance corticale du cerveau, lesquelles doivent être considérées comme centripètes, déterminant des sensations d’innervation tandis que les impulsions partant des lobes du cerveau ne sont point transmises aux couches optiques. Goltz ayant démontré que des grenouilles, qui ne conservent intacts que les tubercules quadrijumeaux et les couches optiques, peuvent reprendre leur position d’équilibre, il faut admettre que ces ganglions, y compris les couches optiques, sont les centres d’innervation des muscles qui entrent en jeu pour maintenir le corps dans une pareille attitude; et en cela la conscience n’entre pas en question activement. Mais puisque la couche optique corrige ^es attitudes dans lesquelles l’équilibre est rompu, il doit être un centre impressioné par la sensation musculaire qui annonce cette perturbation de l’équilibre; ses altérations doivent induire en erreur la conscience dans l’orientation des attitudes du corps. Se basant sur ces considérations, l’auteur admet que le sens musculaire normal fait défaut à la malade dans certains groupes de muscles (extenseurs gauches, fléchis seurs et rotateurs droits), elle cherche donc à l’obtenir par la contraction forcée de ces mêmes muscles. Pour ce qui est des relations tantôt croisées, tantôt directes de la couche optique avec les muscles en question, Mcynert suppose que les altérations de la couche optique gauche alTectent la sensation musculaire correspondant aux rotateurs de la tête, et aux. fléchisseurs du bras du côté droit, et aux extenseurs du bi’as du côté gauche. Les connexions de ces derniers avec la couche optique sont donc directes, et celles des premiers avec cette même couche optique sont croisées.

A partir du 5 avril, le bras gauche, jusque-là dans l’extension, se mit également dans la flexion, ce que Meynert explique en admettant que la lésion a dépassé la ligne médiane pour envahir la couche optique du côté droit. Les connexions des fléchisseurs avec là couche optique étant croisées, et de plus, les fibres entre-croisées étànt voisines de

la ligne médiane dans les couches optiques, on comprend que l'extension de la lésion ait son retentissement en premier lieu sur les muscles du côté opposé. Meynert prévoit également l’objection qu’on lui fera, relative aux nombreuses autopsies dans lesquelles on trouva des altérations de la couche optique, sans que pendant la vie on eût observé l’attitude décrite par Schiff. 11 pense que chez un individu dont le fonctionnement des hémisphères est normal, les effets des altérations des couches optiques peuvent être effacés, alors qu’il y a d’autres motifs capables de déterminer des mouvements (volontaires). Chez la malade torpide en question, dans le courant d’une mélancolie atoniqne, il n’y a plus assez de force vitale dans les hémisphères pour provoquer des mouvements voulus. Dès lors prédominent les effets produits par le trouble du sens musculaire.

Pour ce qui est de la nature de lésion, Meynert croit, vu la complication de phthisie pulmonaire, que c’est une tumeur tuberculeuse. Il y a de plus à noter qu’il y avait à droite de la névrite retro-bulbaire, atrophie complète des vaisseaux, surtout dans la moitié externe de la papille, perception de la lumière affaiblie.

Autopsie. — Sclérose avec induration des pédoncules cérébraux et des couches optiques avoisinantes.

lu. {Virchoic's Jahresbericht, 1873. Il, p. 70). — Obs. II : Jeune garçon de 4 ans, chez lequel la maladie débuta par de la céphalalgie occipitale. Plus tard la céphalalgie siège dans la région frontale, elle s’accompagne de vertiges, de ptosis intense avec paralysie du nerf oculo-moteur et du pathétique. De plus, légère parésie des membres du côté gauche avec tremblement.

Il porta le diagnostic des tubercules dans le cerveau; et vu la paralysie croisée des muscles de l’œil et des membres, il localisa le siège de la maladie dans le pédoncule cérébral, tout en prévoyant que la lésion devait avoir envahi la couche optique, en considération de ce fait que le jeune

malade avait, pendant Tin temps assez long, tenu tête tournée à gauche, le bras gauche dans la flexion, le bras droit dans l’extension.

Dès que son attention venait à être fixée sur cette attitude, résultat d’une sensation musculaire trompeuse, il la corrigeait.

L’autopsie confirma le diagnostic.

Rehy. — Foyer ocreux de la couche optique (Bulletin de la Société Anatomique, 26 février 1875).

Tubercules quadrijumeaux.

Massot [Lyon médical, 1872, t. X, n“ 15) a puJilié ùn cas intéressant de cancer de la glande pinéale avec polyurie.

Nous le résumons ici.

Le 4 avril 1871, entrait à l’hôpital de la Croix-Rousse dans le service de M. Tripier, auquel succéda M. Mayet, un garçon de 19 ans. Il était manifestement atteint de polydipsie et de polyurie. Il buvait de 25 à 28 litres par jour et rendait la même quantité d’une urine claire sans sucre ni albumine.

La maladie s’était développée progressivement depuis un an.

Pendant l’administration de la teinture de castoréum, la soif diminua et tomba à 12 litres, quant tout à coup, le 5 juillet, au moment de la visite, le malade fut pris d’une crise épileptiforaie dont on ne vit que la fin ; le malade s’était assez agité pendant dix minutes; il avait un sentiment de constriction à la base du thorax qui remontait le long du sternum et ses mâchoires étaient spasmodiquement serrées. Pareil accident s’était produit quelques jours avant.

Le 12 juillet, le malade ne buvait plus que cinq ou six litres; quelque temps après, le malade ne buvait plus que deux litres.

Pendant cette diminution si rapide de la soif et même quelque temps avant, le malade ressentait une céphalalgie qui, sans être très-intense, était cependant assez notable.

' jo2 —

Le 13 septembre, on constatait une violente céphalalgie siégeant de chaque côté à l’union de la région frontale avec les régions temporales; continue, gravative, exacerbante, elle fait pousser au malade des plaintes continuelles.

Les paupières clignotent continuellement; 1 œil gauche présente du strabisme interne ; si le malade essaye de regarder en haut, ce qu’il fait avec peine, il y a un peu de diplopie; la vue est distincte, mais elle a faibli. Le malade a maigri, perdu ses forcés; la peau est sèche, écailleuse ; 1 intelligence est saine, mais la parole est lente; il traîne sur les mots.

Immobile dans son lit, le malade ne se déplaçait qu avec une extrême lenteur.

Les forces déclinèrent rapidement, et six jours après, les membresinfcrieurs, notablement plus faibles queles supérieurs, refusaient de le soutenir.

Toutes les variétés de la sensibilité furent trouvées normales. Bientôt le malade eut des vomissements, d’abord peu nombreux, puis plus fréquents, après l’ingestion de liquides. Le premier de ces vomissements remontait à l’apparition de la céphalalgie.

La soif diminua encore et le malade ne but même plus son litre de tisane; mais aux douleurs de tête sus-indiquées s’en ajouta une autre occupant l’occiput.

Les facultés intellectuelles se troublèrent; le malade perdit la mémoire et ne savait plus bien ce qu’il voulait ni ce qu’il disait, mais il le reconnaissait lui-même ; les réponses étaient encore plus lentes. Le 23 septembre, il eut une absence et malgré sa faiblesse il put se promener à peine vêtu dans • l’hôpital.

Au commencement d’octobre, cet état s’aggrava encore, le malade était somnolent et plus abattu; le clignotement des paupières était continu; le pouls petit et très-lent; la perversion des facultés intellectuelles fut totale, et le 9 octobre le malade mourut dans le coma.

lo3 —

Autopsie. — Le moteur oculaire commun gauche est soulevé, le droit va directement en avant.

La pie-mère est assez injectée, très-adhérente au cerveau dont on ne peut la séparer; la consistance de celui-ci est normale ; les ventricules latéraux, surtout le gauche, sont distendus par un épanchement d’un liquide blanchâtre. Un peu en avant des tubercules quadrijumeaux, on trouve une masse dure que l’on incise directement d’avant en arrière ; c’est une tumeur d’une consistance un peu, inégale, mais toujours supérieure à celle du cerveau. Les tubercules quadrijumeaux antérieurs la recouvrent un peu en arrière vers sa partie médiane, et elle les dissocie quelque peu; elle occupe la place de la glande pinéale, un peu à droite delà ligne médiqne; sa forme générale est ellipsoïde ; elle présente à sa surface des bosselures relativement assez volumineuses.

Diamètre antéro-postérieur 33““

— transversal 30'““

— vertical 28“”

• Lr’examen histologique a montré que la tumeur cérébrale était un carcinome.

Pédoncule cérébral.

Hermann Weber. — A contribution to the Pathology of tJie crura-cerebri. (Médico-Chirurgical Transactions, vol. XLVI. 18G3, p. 121 et seq.)

Observât. — L., âgé de 52 ans, atteint d’une maladie des valvules de l’aorte. Le 8 mai 1862, peu après un dîner modéré, on le vit se lever, pâle, de la chaise et tomber sur le côté droit. Il paraît avoir perdu connaissance durant quelques minutes. La bouche était tirée à gauche. Quelques h'eurea après, on le trouva en pleine connaissance, mais atteint d’une paralysie complète du côté droit depuis la figure jusqu’aux orteils, avec chute de la paupière supérieure gauche et strabisme. Quelques jours après, on observa que lorsqu’il mon-

trait la langue, elle déviait à droite; la moitié droite est chargée, la moitié droite du voile du palais est pendante, les muscles du côté droit du thorax, bien que non paralysés, agissent moins bien que leurs congénères de gauche.

Avec l’œsthésiomètre de Sieveking, on interroge la sensi* bilité et l’on trouve ;

A gauche.

A droite.

Menton

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mm.

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Surface palmaire de l’in-

dey

mm.

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Milieu du dos de la main.

diamètre transverse . .

mm.

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Milieu du coup de pied, diamèt. longitudinal . .

Milieu du coup de pied,

mm.

mm.

diamètre transverse . .

mm.

mm.

La sensibilité sur les autres parties du corps a toujours paru au moins trois fois plus obtuse à droite qu’à gauche. La pupille gauche est trois fois plus large que la droite. . . .

Après de légères améliorations générales, le malade est pris de broncho-pneumonie. Mort.

Aiitopsie. — Les muscles du côté droit sont plus grêles que ceux du côté gauche. Le crâne, les membranes, etc., sont normaux. A la base du crâne, on voit que l’artère basilaii’o est plutôt rigide, et contient plusieurs points d’athérome ; on , voit la même chose sur les portions cérébrales de la carotide interne, et aussi sur les artères cérébrales moyenne et postérieure gauches. I<a substance des hémisphères et celle de leurs ganglions et commissures, les ventricules et leur contenu ne présentent rien d’anormal. Le pédoncule cérébral gauche paraît très-légèrement plus large que le droit, la couleur étant à peine dissemblable entre les deux cependant. Le nerf (3®) gauche paraît sensiblement dévier vers la droite. En faisant une coupe horizontale à travers la partie inférieui’c du pédoncule, on voit un caillot oblong, logé dans la moitié interne, lequel mesure à peu près 15 millimètres de long, sur 6““,3 de

large et autant de profondeur. Il est situé très-près de la surface interne et inférieure, n’en étant séparé que par une mince couche de substance nerveuse; il commence immédiatement en avant du pont de Varole. Le caillot est noir et sec (c.-à-d. non récent). Le tissu ambiant est coloré en ocre dans l’épaisseur d’à peu près et plus consistant que le reste

du tissu nerveux.

A l’œil nu, il n’y a pas de dilférence entre les deux nei’fs de la troisième paire. Le cervelet, le pont de Varole et la moelle allongée n’ont rien d’anormal.

Fleischîians. — Un cas de lésion du pédoncule cérébral. Wiener med Wochenschrift, 1871.

Chez un garçon de 2 ans, tubercule développé d£ms la couche optique du côté gauche, transformée en une masse dure, caséeuse, et ayant envahi le pédoncule cérébral du même côté en détruisant coriiplétement les fibres du boid interne de ce dernier, tandis que les fibres du bord externe s’étendaient en voûte au-dessus de la tumeur pour pénétrer dans la .substance du cerveau. Les symptômes étalent : 1® paralysie partielle du moteur oculaire commun gauche, l’œil gauche était en rotation externe, la paupière supérieure gauche était abaissée, la pupille dilatée, et ne réagissant plus sous l’influence de la lumière ; 2° paralysie des rameaux du facial, qui innervent les muscles de la commissure labiale, avec conservation de l’excitabilité électrique; 3“ paralysie des muscles du tronc et des extrémités du côté droit, tremblements dans la main droite ; 4® diminution de la sensibilité cutanée du côté droit, la tête exceptée ; 5® ophthalmie avec troubles de nutrition de la cornée; 6® oscillations sthermométriques quotidiennes anormales : (l degré à 2®,1 de difféi-ence, du matin au soir 36'',! à 40®. 7). D’une façon générale la température dépassait la normale, circonstance qui, jointe à la coloration fréquente de la face et de la peau, indiquait le relâchement des muscles vasculaires. La rétine et la

choroïde de l’œil gauche étaient hypéréraéies ; il y avait, de plus, hypérémie capillaire de la papille du nerf optique ; 7“ selles et urines involontaii’es.

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