‹ De la localisation dans les maladies cérébralesChapitre 19 sur 24 · INDICATIONS HISTORIQUES · texte numérisé non relu

INDICATIONS HISTORIQUES

Morgagni {Recherches anatomiques sur le siège et les causes (les maladies ; deuxième lettre : De llapoplexie sanguine, traduites du latin par A. Desormeaux et Destouët.)

P. 113. « Je commencerai par un très-grand personnage, dont l’histoire, pour cette raison, a été décrite par Valsalva avec plus de soin. Ant.-Fran. Sanvitali, cardinal S. R. E., de taille moyenne, goutteux (récit de l’attaque d’apoplexie). Ce qui pouvait faire présumer que l’apoplexie était sanguine, c’était la surabondance du sang annoncée par un teint coloré, surtout sur un vieillard dont les vaisseaux, déjà endurcis par l’âge même, et resserrés par l’approche de l’iiiver, étaient très-exposés à la rupture par cette double cause... Au contraire, on retira tout l’avantage possible de la saignée, surtout de la veine jugulaire du côté droit, comme Valsalva, qui était accouru de Bologne, la prescrivit savamment d’après ses propres observations sur les hémiplégiques, qui furent également confirmées par la dissection de ce sujet. En effet, la lésion existait dans la partie droite du cerveau, tandis que la partie gauche du corps était paralysée : vous verrez que cette disposition se trouvera aussi dans les dissections suivantes...

P. 143. Je ne conçois pas clairement comment, à l’inspection du cadavre, on peut conjecturer que la lésion existe dans le c ervelet ou dans le cerveau, quoique je soupçonne, d’après ce q ue j’ai dit, en passant de l’interruption prompte de la respiration par la lésion du cervelet, et des déjections alvines et d’autres considérations analogues qu’on puisse faire des recherches sur cet objet. Harder conclut, il est vrai, par la lividité de la face et des lèvres et par des séries de sang répandues çà et là de mille manières le long et sur les côtés de l’épine du dos, qu’il y avait eu aussi suffocation chez un apoplectique mort subitement, sur lequel on trouva du sang gru-

meleux et adhérent autour du cervelet.^ Observation que vous trouverez dans le Sepnlchretum.

Haller {Elementa physiologiæ, t. IV. Lausanne, 1762). — Ne doute pas que chaque nerf tire scs propriétés physiologiques d’un point déterminé des centres. D’après le mode d’origine des nerfs, il ne pense pas que ce point central soit nettement délimité; il comprend une portion plus ou moins considéi'able du cerveau.

Ricuerand {Nouveaux éléments de Physiologie, 7“ édition, t. II, p. 164). — « On doit conjecturer, avec beaucoup de vraisemblance, que chaque perception, chaque classe d’idées, chaque faculté de l’entendement est attribuée à telle ou telle partie du cerveau ; il nous est, à la vérité, impossible d’assigner les fonctions spéciales de chacune, de dire à quoi sont destinés les ventricules, quel usage remplissent les commissures, ce qui se passe dans les pédoncules; mais il est impossible d’étudier un arrangement aussi combiné et de penser qu’aucun dessein n’y est attaché. »

xMagendie {Leçons sur les fonctions du système nerveux. Paris, 1839). — « Magendie, s’affranchissant des théories des phrénologues, fonda ses théories sur la stricte observation des faits. En voyant les animaux progresser en avant quand on lésait leurs corps striés, il attribua à ces derniers la propriété d’enrayer la progression en avant, etc. » (Wundt, Grundzuge der physiologischen Psychologie, 1873).

Longet {Traité de physiologie, t. III). (Beaucoup d’indications.)

Béclard {Traité élémentaire de- physiologie). [Id.)

Phrénologie.

Margarita philosophica , petit ouvrage qui date des premiers temps de l’imprimerie, est un système de phrénologie aussi complet que celui de Gall ; ib contient une gravure ■sur bois représentant un crâne divisé en petits compartiments, correspondant aux diverses facultés. {Société Anthropologique, 1861 )

Gall et Spurzeeim {Anatomie et physiologie du cerveau. Paris, 1810). Volumes II-IV. — Gall a érigé l’étude delà localisation des fonctions cérébrales en véritable système. L’idée fondamentale de sa phrénologie, c’est que le cerveau est constitué par des organes internes, analogues aux organes externes des sens. Aussi appelle-t-il les différentes facultés localisées dans le cerveau des sens internes. Il en distingue 27, et pour les désigner il se sert, selon les besoins, des expressions de sens, d’instinct de talent. Quant aux facultés de l’âme, telles que la perception, la compréhension, la raison, la volonté, etc. , elles n’ont pas, selon Gall, de localisation déterminée ; elles interviennent dans le fonctionnement de tous les organes du cerveau et des sens. On connaît, d’après son récit, la circonstance qui appela son attention sur la possibilité de rattacher au cerveau les différentes facultés. Il était surpassé dans ses études par des condisciples doués d’une très-grande mémoire, qui se liait à une forte saillie des globes oculaires. Plus tard, dit-il, et après bien des hésitations, il conclut de cette saillie à une saillie du cerveau, qui la déterminât, et, généralisant son hypothèse, il eut l’idée de rattacher à d’autres saillies cérc- ' braies analogues les autres facultés de l’intelligence.

Dans un ouvrage intitulé : Rejet de l'organologie phrénologique, Paris, 1843, et dont beaucoup de pages sont écrites dans le style d’un pamphlet, M. Lelut s’exprime sur Gall de la manière suivante :

« Il ne demanda rien à la philosophie alors régnante ; les facultés qu’il voulut relier successivement à des organes de l’extérieur du cerveau n’étaient pas autre chose que des penchants des aptitudes, des sentiments. Il voulait faire de l’organologie et aucunement un système de psychologie. Plus tard, il fallut penser au système qui, d’ailleurs, se faisait de lui même au fur et à mesure et sans règle. Bischoff mit alors de l’ordre dans cette liste j il la commença par les facultés les plus animales, la continua par celles qui présentent de moins en moins ce cai'actère, enfin la termina par celles qui sont l’apanage exclusif de notre espèce ; Gall avait déjà groupé et rapproché les unes des autres les facultés, en procécUuit des plus

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animales, aux plus intellectuelles. Les choses en étaient là quand Spurzheim donna à la psychologie phrénologiquc la forme scientifique que nous lui voj'ons. Il retoucha souvent son système, plaçant et déplaçant les attributions des organes, modifiant aussi la dénomination; il voulut donner aussi une couleur anatomique, et ce fut Niklas, un jeune anatomiste, qu’il chargea de ce travail; celui-ci s’occupa à établir le système des fibres divergentes et convergentes, et celui des fibres commissurales. Pendant ce temps, Gall vulgarisa. Il songea à publier un prodrome de ses idées « sur les fonctions du cerveau chez l’homme et chez les animaux » ; il fait connaître son but à son ami de Retzer, homme de lettres de Vienne et chef de la censure impériale (1798). Il veut prouver que l’on peut reconnaîti’e différentes dispositions et inclinations par les protubérances ou les dépressions qui se trouvent sur la tête et sur le crâne, et présenter d’une manière plus claire les plus importantes vérités et conséquences qui en découlent pour l’art médical, pour la morale, pour l’éducation et pour la législation. Il se fit vulgarisatem’, voyagea avec Spurzheim. Comme Socrate, il est joué sur la scène, on expose son système dans des pièces de théâtre. Salons, prisons, hospices, tout est visité. »

Lelot (Rejet de l’organologie j)hrénologique). — « Le premier auteur dans lequel je trouve exprimé d’une manière incontestable, bien qu’elle ne semble pas lui être personnelle, l’affectation de certaines parties du cerveau aux principales facultés intellectuelles, c’est Némésins, évêque d’Emèse, qui vivait au IV® siècle. Il admet que les cavités antérieures du cerveau sont le siège du sensoriim commune et de Vimngination, que sa cavité moyenne est celui de la raison ou de la pensée, enfin que sa cavité postérieure, située dans le cervelet, est le siège de la mémoire; et il donne, en preuve de ces déterminations, des raisons tirées de ce que nous appellerions maintenant fana» tomie pathologique.

Depuis Némésius ou, si l’on veut, depuis le temps où il vivait, ce devint une doctrine vulgaire dans la philosophie et

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dans la physiologie. Elle put varier, et dans ses détails et dans son expression, mais elle se retrouve en définitive dans presque tous les philosophes et physiologistes : dans les Arabes, Avicenne et Averrhoës ; dans les philosophes scholastiques, Hugues de Saint-Victor , Albert le Grand, saint Thomas, D uns-Scott ; dans les physiologistes, Mundini, Berenger de Garpi, Yieussens, Colombo, Willis, et cent autres de plus en plus modernes, »

P, 23. «Il n’était question, dans Galien et Némésius, que de rallier au cerveau, dans des parties plus ou moins séparées les unes des autres, les facultés de l’entendement proprement dit, depuis la perception jusqu’à la raison. C’est dans Willis que je rencontre, pour la première fois, une vue nouvelle. Cet anatomiste établit en outre et en même temps, et presque au même lieu, l’organe de l’appétit, faculté qu’il appelle active et motrice. Puis, lorsqu’il traite du cervelet et de ses usages, il place dans ce dei'nier organe le siège de divers instincts secondaires, dont cet appétit serait ainsi, dans le cerveau, le représentant et le régulateur, les instincts de la respiration, de l’alimentation, de la succion du mamelon, de la construction des nids, celui enfin de la musique.

Donc il veut réunir dans cette alTectation ses facultés alfectives et morales à ses facultés purement intellectuelles. »

Flourens {Examen de là phrénologie). — Paris, '1831.

Le catalogue de la Bibliothèque nationale {Sciences médicales. T b. -48 et seq.), renferme de plus l’indication d’une centaine de publications. J’y renvoie le lecteur désireux d’approfondir le sujet.

PI I. hg.A

Foyer ocreux

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