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IV. — DANS LES TUBERCULES QUADRIJUMEAUX

On est généralement d’accord pour les regarder comme les noyaux d’origine des nerfs optiques. D’après M. Vulpian, « ces bandelettes optiques s’é-

(I) On sait aujourd’hui (voir Anndske, Archiv fàr Ophthalmologie, XIX, 3® Ablh) que l’absence d’amaurose n’implique nullement l’absence de la névrite optique.

largissent en s’amincissant au niveau dés corps genouillés externes, et elles viennent se terminer en s’épanouissant dans la couche superficielle des tubercules quadrijumeaux antérieurs. Chez l’homme et chez les 'singes, leur continuité est moins facile à suivre jusque-là. 11 semble que chez eux, les fibres des bandelettes optiques cessent d’être superficielles au niveau des corps genouillés, et il est très-probable qu’elles se dissocient et s’éparpillent au milieu de ces corps, tout en con-' tinuant leur route jusqu’aux tubercules quadrijumeaux antérieurs. »

Flourens, en excitant directement un des tubercules quadrijumeaux, déterminait des mouvements dans fun des deux yeux.

Chez les mammifères, la lésion ou l’ablation des tubercules quadrijumeaux d’un côté, et chez les oiseaux les mêmes lésions d'un des tubercules bijumeaux, trouble ou anéantit la vision dans l’œil de l’autre côté (Flourens). M. le professeurVulpian, à qui j’emprunte ces résultats, fait remarquer que chez l’homme, à cause de l’entrecroisement plus parfait des nerfs au niveau du chiasma, c’est de la diplopie qu’une pareille lésion devrait produire. Cette conclusion paraît certaine, car il est peu vraisemblable que l’entrecroisement partie/ cen/ra/, dont il a été question plus haut, soit déjà effectué dans les tubercules quadrijumeaux. M. Bastian seul, à notre connaissance, a parlé d’une perte complète de la vue qui surviendrait du même côté que l’hé-

miplégie consécutivement à l’oblitération de l’artère cérébrale postérieure (?) (Lancet, 1874). Nous aurons occasion de revenir sur ce point qui demande, pour être résolu, le secours d’une observation clinique rigoureuse. Quant au cas où une altération bilatérale des tubercules est suivie d’amblyopie ou d’amaurosey ils ne sont pas rares.

Ainsi, dans un cas de tumeur de la glande pinéale dont l’observation, recueillie dans le service de M. le D" Pidoux, a été publiée par le D" Blanquinque (Gazette hebdomadaire, 1871, n° 33), il y avait cécité complète, dilatation des pupilles, atrophie des papilles (sans trouble de circulation du fond de l’œil) ; les globes étaient convulsés en bas et à droite, sans paralysie des muscles moteurs. La tumeur débordait plus à droite qu’à gauche : elle comprimait les tubercules quadrijumeaux, surtout les postérieurs, et les veines de Galien (d’où hydropisie ventriculaire). Le nerf optique gauche ne présentait pas de sclérose appréciable, le droit et les bandelettes optiques n’ont pas été examinés.

On sait que, d’après Adamück, les tubercules quadrijumeaux antérieurs régissent les mouvements des yeux ; l’éminence droite détermine le mouvement des deux yeux vers le coté gauche, et vice versa. Il faudrait donc admettre que dans l’observation de M. Blanquinque, c’étaient les tubercules du côté gauche qui étaient excités (?).

L’excitation superficielle de ces éminences ne paraît déterminer ni phénomène de sensibilité

ni convulsions, d’après les auteurs classiques. M. Ferrier, en excitant les testes, a produit la dilatation des pupilles et l’opisthotonos, en même temps que l’animal proférait des cris spéciaux. L’excitation est-elle restée limitée aux pédoncules ?

M. Bastian cite un cas de ramollissement de la partie antérieure des tubercules où la polyurie constituait un symptôme prédominant. Dans les Indications bibliographiques, je rapporte un autre cas de polyurie causée par une tumeur de la glande pinéale et qui a été recueilli avec beaucoup de soin dans le service de deux excellents observateurs, les docteurs R. Tripier et Mayet (de Lyon). 11 y a d’autres faits du même genre. Sans doute, ce n’est pas la lésion des tubercules qu’il faut accuser, mais plutôt celle des nerfs sous-jacents. J’expliquerai de même les températures fort élevées qui ont été notées dans quelques cas de tumeurs de la glande pinéale (1).

(1) voyez Ladame, Ilirngeschtoûlste, p. 104.

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