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jours dans une immobilité absolue ; mais quand on les excite d’une façon quelconque, et surtout quand on leur pince la queue, ils font un saut machinal pour redevenir inertes; ils n’ont ni anesthésie ni paralysie motrice, mais sont incapables d’exécuter des mouvements volontaires par suite de' l’extirpation des noyaux lenticulaires, tandis que les mouvements rellexes ont lieu avec la même précision que si les couches optiques étaient intactes.
Dans une 3® série d’expériences, M. Nothnagel a détruit simultanément l’un et l’autre noyau caudé, ainsi que les couches optiques, sans toucher aux noyaux lenticulaires. Dans ce cas, les mouvements volontaires sont absolument conservés; la sensibilité de la peau est intacte et l’attitude au repos ne présente rien d’anormal. Seul le défaut de réaction de la part des animaux s’observe quand on attire leurs pattes en avant ou latéralement.
Dans le cas de destruction complète de la couche optique d’un seul côté, les mouvements volontaires et la sensibilité cutanée demeurent, comme il a été dit, absolument intacts.
. Le défaut de réaction que nous avons signalé précédemment s’observe sur l’extrémité antérieure du côté opposé. Quand une portion plus ou moins considérable de la couche optique échappait à la destruction, certains animaux avaient la tête tournée d’une façon permanente du côté opposé, quoiqu’il leur fut possible de la porter du meme côté. La colonne vertébrale subissait une incurvation
, dont la concavité regardait le côté opposé à la lésion ; les animaux exécutaient un mouvement de manège dans le même sens, et on observait de plus du nystagmus.
De ces faits, l’auteur se croit autorisé à tirer les conclusions suivantes :
Les voies de conduction de Tinnervation mo-* trice volontaire ne passent point par les couches optiques ; la destruction de celles-ci n’entraîne point de paralysie motrice ;
2“ Les voies qui conduisent les impressions sensorielles à leur centre de perception ne passent pas, ou du moins ne passent qu’en partie par les couchés optiques.
Ces conclusions contredisent par conséquent l’opinion professée par la plupart des physiologistes, entre autres par Flourens, par Longet et par Schilf, qui admettent que les lésions des couches optiques entraînent à leur suite la paralysie motrice de certains groupes musculaires. Par contre, elles sont en harmonie avec les idées de Meynert, qui ' considère les couches optiques comme complètement étrangères à la conduction des impulsions motrices volontaires. Selon lui, elles se trouvent reliées anatomiquement ; 1" à la surface sensitive périphérique par voie centripète ; 2” aux muscles par voie centrifuge; 3” à la substance corticale du cerveau, prohahlement par voie centripète. Meynert construit donc le schéma suivant : les couches optiques sont les organes des
mouvements inconscients reflexes , qui se produisent à la suite d’excitations venant de la périphérie. Mais en même temps les résultats de ces excitations périphériques élaborés par les couches optiques sont transmises par voie centripète à la couche corticale du cerveau, où ils sont lixés dans les cellules ganglionnaires sous formes d'images de ces mouvements produits. Ces images rendent possible dans la suite la production de mouvements conscients volontaires. S’il en est ainsi, un animal privé dès sa naissance de ses couches optiques, devra être incapable d’exécuter des mouvements volontaires.
Le défaut de réaction observé chez les animaux privés de leurs couches optiques, et dont on place les membres dans une situation anormale, est attribué par M. Nothnagel à l’abolition du sens musculaire. D’où il résulte que la conservation de ce dernier est lié à l’intégrité des couches optiques, et que celles-ci sont le lien de production des mouvements inconscients qui correspondent aux impressions sensorielles périphériques.
Nous ne sommes pas en état de critiquer les expériences précédentes. Beaucoup d’éléments nous manquent pour cela; et nous n’avons aucune raison pour rejeter de parti pris les idées fort ingénieuses de M. Meynert sur les couches optiques. Il est possible qu’elles trouvent un jour dans la clinique un solide appui. Déjà M. Meynert a publié deux observations intéressantes sous ce rapport et
que l’on trouvera aux Indications bibliorjraphiqiies. Mais il faut bien avouer que la plupart des faiis cliniques, soit faute d’une observation bien dirigée, soit parce qu’ils sont habituellement complexes n’ont pas encore confirmé la théorie.
Ils sont au moins en parfaite concordance avec elle, quant à la persistance de la sensibilité après la destruction de la partie antérieure de la couche optique. Cette restriction est importante, la lésion de la partie postérieure déterminant nécessairement de l’anesthésie à cause du voisinage du faisceau sensitif dont il a été question précédemment; c’est ainsi que s’expliquent les faits assez nombreux où l’on voit des lésions de la couche optique coexister avec une anesthésie plus ou moins complète (1). Ce n’est pas à cause de la lésion de ce ganglion que la sensibilité est abolie; c’est parce qu’en même temps, il existe une lésion plus ou moins étendue de la partie de l’expansion pédonculaire qui comprend tout le faisceau sensitif. S’il pouvait à cet égard rester quelques doutes, il me suffirait de rappeler les résultats fort nets des expériences de M. Veyssière, et surtout les faits cliniques qui montrent avec Vintégrité de la couche optique une hémianesthésie très-accusée.
Les observations suivantes, publiées dans les Bulletins de la société anatomique, la première par 'M. Pierret et la seconde par M. Raymond, sont
(1) Voyez Luys, Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal p. SS-i et suivantes.
importantes sous ce rapport; les malades apporte*' naient au service de M. Charcot.
Obs. VII. — Femme bien portante jusqu’alors. Le matin, sans prodromes, en faisant son lit, la malade fut frappée d’hémiplégie complète dans le côté gauche du corps et de la face. Point de perte de connaissance; pas de mouvements convulsifs dans les parties atteintes.
La sensibilité est abolie dans tous ses modes, à la jambe, aü bras, à la face, mais les organes des sens paraissent intacts. La langue perçoit des saveurs; le voile du palais est excitable, ainsi que la narine gauche. La vue et l’ouïe sont intactes, et la pupille réagit normalement, mais la conjonctive et la cornée sont insensibles. Pas de troubles vaso-moteurs apparents dans les membres paralysés.
Mort, au bout de trois jours.
Autopsie. — Foyer hémorrhagique présentant le volume d’un œuf de pigeon, et occupant tout le noyau extra-ventriculaire du corps strié ainsi que la capsule interne; celle-ci n’est altérée qu’à sa partie postérieure; partout ailleurs elle est comprimée, La couche optique est saine, ainsi que le noyau caudé,
Obs. VIII. — Attaque apoplectique dans la soirée, avec perte de connaissance.
Le lendemain matin, hémiplégie droite, avec flaccidité des membres ; mains en supination ; la malade exécute encore quelques mouvements avec son bras.
Perte absolue de la sensibilité, sous tous ses modes, dans le côté droit du corps.
A la face, la sensibilité est très-obtuse à la douleur.
La langue, le nez et la conjonctive, dans leur moitié correspondant, sont beaucoup moins sensibles que du côté opposé.
A gauche, le mouvement et la sensibilité sont parfaitement conservés.
Mort, au bout de trois jours. *
Autopsie. — Foyer linéaire d'hémorrhagie récente, il a G centimètres de longueur et 2 centimètres do profondeur; sa largeur est do quelques millimètres, quand les deux lèvres de la solution de continuité, creusée par l’irruption du sang, sont rapprochées.
Ce foyer s’étend de l’extrémité antérieure du noyau caudé, jusqu'à 4 centimètres environ de l’extrémité occipitale du lobe cérébral ; il est dans l’épaisseur de l’insula de Reil qu’il traverse dans toute sa longueur, entre la capsule externe et la capsule interne détruites, jusque dans la troisième partie du noyau lenticulaire du corps strié.
11 n’y a lien, ni dans la couche optique, ni dans le noyau caudé.
D’après M. Vulpian^ les lésions des couches optiques ne paraissent pas avoir d’influences directe et constante sur la vision (Leçons citées, p. G56). M. Galezowsky, sur soixante-deux observations do lésions de la couche optique, a trouvé l’amaurose dix-sept fois seulement (1). Dans ces cas le bord postérieur de la couche optique participe à l’altération, et agit sans doute sur les parties voisines (corps genouillés et tubercules quadrijumeaux),