Anln Celle, lib. 16, cap. 8. —-Et Stabr, ibiA p. is
DB l'aotbbnticité db l'organon. — ghap. iv. 44
vre^es logique^ d'Aristote : mais on ne renccHitre dans les Nuits attiques qu'un seul passage qui s'y ra[^rte directement K C'est la définition du sylIo« gisn^ y tirée des Premiers Analytiques.
A tous ces témoignages, dont l'ensemble est déjà de quelque importance , on peut en joindre^ dès la première moitié du second siècle , de beaucoup plus graves. Ce sont ceux de Galien , qui vécut de i3 1 à aïo. Au milieu de ses immenses et si profonds travaux de médecine, Galien semble avoir donné beaucoup de temps et de soins à la philosophie. Ses études paraissent avoir été complètes ^ surtout en logique : les ouvrages originaux qu'il composa sur cette matière, et dont il ne nous reste qu'un seul^nepliTOftdfi^TCdy, se montaient à plus de trente ^ , et les titres seuls suffisent pour montrer que Galien s'y était attaché aux questions les jlus difficiles et les plus importantes que discutaient alors les écoles stoïciennes et péripatéticiennes. Dans son livre Sur ses propres cuivrages ^ Galien cite des commentaires qu'il avait composés sur toutes les parties de l'Organon , excepté les Tojnques qu'il regardait sans doute comme appartenant à l'art oratoire plutôt qu'à la logique, à l'exemple de Gicéron et de quelques autres personnages.
I. AnbiGeUtf, lib. x5/cap. s6, et Analyt. Prior. , lib. i,cap. i» $5.
». Toâr Veau àt Chartier, i3 vol., folio 1679. Pré&ot.
4t mSMlApS PARTIS*
Cie {Mi#i»ge de Galien ^ trop iiQportant {X)ttr cpi'on ne le cité pas ici tout entier. Après avoir raconté la marche de ses études philosophiques, le découragenieat que li^i inspiraient les contradictions et les enieurs du Portique et (lu Lycée , son pâochapt au scepticisme dont Tétude des mathér matiques put ^eule le guérir, Galien arrive ^ parler de ses ouvrages logiquçs dont quelques- UDS remontaient à sa jeunesse* La plupart avaient #é déposés dans le temple de la Paix , et y avaient péri, eomme il le raconte lui^néine» à Fépoque de l'incendie en 173. P^is il ajoute ' : a Parmi ces ouff vrages 1 il y avait troisi livres siu* Iç traité d'Arisic tote 7«pl e^vetaç : quatre stir le premier ouvrage « relatif aux syllogismes, et un npinbr^ égal sur le « second qui traite du même obj^. Aujo^rd'hui « l'usage général veut qu'on intitule celui*là : Ana- « ly tiques premiers, de même que l'autre, qui traite 4K de la démonstration : Analytiques seconds. Aris- <c tQte lui - mçme cite les {Mremiers Analytiques « comme les ayant personnellemeat écrits sous ce « titre : du Syllogisme;^ et les seconds sous celui* a.ià,i de la Démonstrafion. Des commentaires que 9 j'ai faits sur ces ouvrages, on a sauvé les six ^vres « sur les premiers Analytiques et Jçs cinq sur les « seconds. Rien de tout cela , du reste , n'étaj^t desr « tiné à la publicité. » Plus loin, dans ce même diapitre^ Galien parle de commentaires sur les
Catégones qu'il arait composés pour sf» amis < : mais il recommandait qu'on ne les laissât lire qu'à ceox qui auraient préakbl^pent travaillé avec un maître , et qui auraient consulté les ouvrages des interprètes and^is, et surtout ceux d'Adraste et d'Aqpasius.
Ce passage de Galien mérite , comme on le voit de reste 9 la plus sérieuse attention. Le premier d>jet k y remiarquer, c'est que l'Organon s'y pré* sente i peu jptès composé comme il l'est dans les dassîficatîons d'Ammonius, de David et de SimpliduS| preuve nouvelle que ces classifications sont ÊHTt anciennes, et se rapportent sans doute à Andromcus et à Adraste. £n second lieu, ce passage nous apprend positivement à quelle époque remontent les titres des Analytiques. Selon Galien, ils n'appartiennent pas au Stagirite lui*méme f ce sont les contemporains de Galien qui les forment, oî vu», ou qui du moins les décidept et les arrêtent définkivemefit Aristote avait intitulé les Premiers Analytiques: Hepl au^^oyi^pu, et les Derniers, ou comme dit Galien , les seconds: nepl iicohi^ç. On ne peut certainement nfécoAiaitrç là les deux ouvrages que nous possédons aujourd'hui sous le litre d'Analytiques. L'incertitude même qui semble encore régner au temps de Galien , explique si^la variante du titre des Derniers Analyr
I. Calitii, ntft T&v i9(ttv PcQLiflit f^ai^^ck* it, U ftit encore
44 rBBUliEBS PAETOI.
tiques appelés alors ^etiTepa, et non point 8ç*spa^ comme ils le sont plus tard dans Diogène Laërcé ^ et définitivement da^s Ammonius , David et Simplicius.
On peut voir d'après ceci quelle est l'extrême défiance que doit inspirerle catalogue de Diogène, comme on la remarqué plus haut. Déjà dans Galien a disparu cette nomenclature confiise qu'a conservée Diogène ; c'est que Galien a mis à profit les travaux des savants péripatéticiens qu'il a étudiés, et que Diogène les ignore. Ainsi ces traditions de l'ËcoIe que nous retrouvons dans les commentateurs du cinquième et du sixième siècle , étaient à la portée du compilateur, s'il avait voulu les recueillir. Galien, non plus qu'Ammonius, ne cherche point, il est vrai, à faire le catalogue exact des livres du Stagirite : mais il serait inconcevable que dans des études aussi complètes que les siennes , il eût négligé tant d'ouvrages importants dont Diogène nous a transmis les titres si peu authentiques.
Alexandre d'Aphrodise, contemporain de Galien , le plus ancien*des commentateurs dont nous ayons conservé les ouvrages , et qui mérita , parmi tous les autres , le titre suprême de 6 è$7)Y>ïT7fç , le commentateur par excellence, Alexandre offre des témoignages qui s'accordent parfaitement avec ceux de Galien , et qui infirment également ceux de Diogène. Il reste d'Alexandre, ou dû moins sous son no^, trois commentaires parmi tous
OB L'AirrilBlITICtrÉ l^ t'OiOAlfOlf. — CHAP. IV. 45
ceux qu^il avait composés , l'un sur les Premiers Analytiques y l'autre sur lés Topiques j et le troisième sur les Réfutations des sophistes. Comme ou a contesté Tauthenticité des deux derniers , sans toutefois pouvoir nier qu'ils fussent fort anciens, on ne citera ici que le premier. Or, dans ce corn;mentaire , Alexandre est amené à parler très fréquemment des divers ouvrages, de logique , et il ne dte jamais que ceux que nous possédons et dont parle Galien. Ce sont les Catégories , raerméneia, les Premi^*s Analytiques '* les Derniers Analytiques ) les Topiques , et le§ Réfutations des sophistes. Quant k cette multitude d'autres ouvrages q[ui figurent dans le catalogue de Diogène, il n'en parle jamais. Alexandre, comme Galien, est un peu antérieur à Diogène. C'est une des lumières de FÉcole; il en a toutes les traditions, il en connaît tous les travaust. U £aut en conclure que de son temps déjà, si toutefois il en avait jamais été autrement, la Logique ou l'Oi^anon ne se composait que des six parties que nous valons d'énoncer. Cest, encore une fois, ce que Diogène parait avoir complètement ignoré.
On ne peut guère douter que Sextus Empiricus ne connût toutes les parties de TOrganon» bien qull n'en cite formellement aucune. Sa réfutation si originale et si profonde des logiciens , prouve
u Akz. d'Apbrod., Comm. tor 1m Frevien iunlytiqaM. VeoiHi tSS9,lblSo. 5, 6.S.
40 ' MÉfilOttUf MllTlS»
qpt'fl {K^édàit à fond k doctrine d'Aristote , et qii'li l'à^t étndiée sur' les tnémes documents que nous;
fi ne reste plus à liieritionner^ parmi toUtesi ces autorités dé la fin du secdÉid siècle, qu'Apulée, professeur de philosophie à Carthage y et Tun des phis w^ants^ hommes de son temps. Il admirait Vivement Aristote 9 et il l'avait étudié à Athènes. Apulée nous a laissé , dans un de ses ouvrages ' , H» extrait de THèrméneia et des Premiers Aiià-^ fytî({uesi II intitule même le livre spécial où 11 traite de ce scijet comme c^ui du Stagirite, liepl ifiùr^tla^y seu de syllogismo categorico; et ce livre a fait longtemps autorité parmi les auteurs qui suivirent; Gassiodore *, Isidore de Séville 3; le citent. Apulée joue ici un rôle important. C'est lui, on peut dire » <Jtti introduit la Logique d'Aristote chez les Romains ^ ; et son ouvrage atteste , Vl'une manière irrécusable, qu'elle était cultivée dès-lors par eux, comme elle l'était à Athènes , à Alexandrie.
Il serait inutile de pousser plus loin ces citations. Cdles qu'on a faites, appuyées de toutes celles qu'on pourrait recueillir dans les auteurs subséquents , Marcianui^ Gapella, Yictorinus, Bodce surtout, suffisent pour démontrer qu'à côté du
f. Âpôlée, opéra. Pranéfort, z6ai. De Hàbitadinè doctrinàmnt PlatoniSy Ut. 3 , p. ag et soiv.
s. Casûodoie de Dialectica.